
(Shonen Knife @ Pure Groove Records, 25 juin 2009)

Vous vous en doutiez probablement : la magie de Noël me laisse de marbre.
Pire : elle me déprime !
Ma déprime de Noël s'installe progressivement dès l'apparition des premières décorations (en général au lendemain d'Halloween) pour prendre fin, au mieux, le jour de l'an, au pire, à la fin des soldes (d'hiver, comprenons-nous bien).
Il y a certainement de nombreuses raisons à cela, aussi n'en citerai-je que quelques unes, car d'une part je ne veux pas vous endormir avec mes jérémiades, et d'autre part, celles que je passerai sous silence ne regardent que moi.
Parmi les choses qui me cassent le moral, il y a le fait que Noël, comme beaucoup de fêtes religieuses, soit passé du stade de rituel chrétien à celui de tradition, puis de tradition à l'habitude. Et il n'est pas bien vu de vouloir y échapper.
Alors, une fois l'an, on fait un effort de courtoisie avec des personnes perdues de vue depuis douze mois, prétendant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, car, à Noël, il n'est pas permis d'être de mauvaise humeur... quand bien même on viendrait de s'épuiser dans les magasin à la recherche d'hypothétique cadeaux.
Parce que la course aux cadeaux est un véritable marathon : outre la préparation psychologique (mais qu'est-ce qui pourrait bien leur faire plaisir ?), l'effort physique n'est pas des moindres puisqu'il s'agit de braver la foule qui, elle, semble y prendre plaisir.
Déjà que j'ai du mal à faire les magasins en temps normal, en période de Noël, ça frôle la torture. Et n'allez pas croire que mes raisons sont nobles, dans le genre altermondialisme ou autres : non, dans mon cas, cela s'appelle tout simplement de l'agoraphobie.
De plus, les fêtes de fin d'année réunissent à chaque fois toutes les conditions pour me mettre le nez dans mon caca : les dépenses liées aux cadeaux me rappellent chaque année à quel point je vis dans des conditions précaires, et les repas de famille ravivent en moi la désagréable impression d'être une sœur, une fille, une nièce, une petite-fille, une cousine indigne.
En outre, cette période festive étant aussi celle des bilans, je ne peux m'empêcher, année après année, d'avoir la douloureuse sensation d'avoir complètement raté ma vie.
À 32 ans, qu'ai-je accompli ?
Pas grand chose, il me semble : ni gosses ni relation stable à l'horizon (ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé), toujours le même 35 m² dont le loyer est toujours payé avec le même boulot à mi-temps (que j'adore, ceci dit en passant), une vie sociale et artistique en suspend depuis plusieurs mois pour manque d'envie et d'inspiration, et je ne vois pas vraiment de possibilités d'évolution à moins que je n'y mette du mien.
C'est d'ailleurs là que le bât blesse, car ma vie, depuis le début de l'année, est en stand-by : je n'ai pas l'énergie de faire de gros efforts ni de me plier à ce que les autres attendent de moi, et en attendant de me sentir à nouveau assez solide et confiante, je préfère m'enfoncer dans ma solitude de misanthrope plutôt que de m'entourer de personnes que mes sautes d'humeur et mon manque d'enthousiasme risqueraient de blesser.
J'ai déjà peu d'amis, alors je ne voudrais surtout pas les perdre à cause de ma mauvaise humeur...
Et je prie pour que tout ceci ne soit que passager, mais il ne tient qu'à moi de changer la donne.
Fond sonore : Trey Parker & Matt Stone, "Merry f***ing Christmas".
...mais à part ça, tout va bien ;)