mardi 22 août 2017

Pavé (dans la marre)

Alors que je mettais la touche finale à un article sur les riot grrl et leurs héritières pour le prochain numéro du magazine C4 ce weekend, le chanteur du groupe ARCHITECTS, Sam Carter, fit parler de lui en interrompant un de leurs concerts après avoir aperçu une jeune femme se faisant peloter les seins à son insu alors qu'elle faisait du crowdsurfing.
"I saw a girl—a woman—crowdsurfing over here, and I’m not gonna fucking point the piece of shit out that did it, but I saw you fucking grab at her boob. I saw it! It is fucking disgusting, and there is no fucking place for that shit.
It is not your fucking body. It is not your fucking body, and you do not fucking grab at someone! Not at my fucking show! So if you feel like doing that again, walk out there and fuck off, and don’t come back. Let’s keep this a fucking safe place for everybody."

Ces histoires ne sont pas rares.
Elle sont même tristement banales.

Je sors seule depuis que j'ai 14 ans. J'en aurai 40 dans quelques jours. Des concerts, j'en ai vu des tas, en salle comme en festival. Et je m'y sens de moins en moins en sécurité.

Il y a trois ans, et pour la première fois de ma vie, j'ai subi une agression physique en festival. De la part d'un agent de sécurité.
La colère apaisée, j'ai récemment pris mon courage à deux mains pour en parler de vive voix à l'un des organisateurs.
Sa réponse ? Je cite : "Arrête de nous péter les couilles avec cette histoire".

Une femme qui se fait agresser est donc une briseuse de couilles.

Pourtant, ces agressions sont bien réelles, et là, j'en ai marre. Vraiment marre.
Marre que l'on mette systématiquement en doute la parole des personnes lésées – comme si l'on cherchait à se faire agresser pour le simple plaisir de "péter les couilles".

Et le fait que les agressions dans "l'industrie des loisirs" soient peu chiffrées en Belgique ne les rendent pas moins réelles pour autant. Mais ça n'est pas bon pour le business.

L'année prochaine, ce sont les élections, et ce que je veux, c'est un réel débat à ce sujet.

Je veux que les organisateurs et les élus prennent leurs responsabilités, qu'ils (et elles) fassent en sorte que les événements qui drainent de la foule  qu'il s'agisse de festivals, de fêtes populaires ou d'événements sportifs  ne soient plus une source d'inquiétude pour les femmes, comme pour certaines minorités (à plus forte raison si ces foules sont sous l'effet de l'alcool).

Je veux une réelle sensibilisation, pas des clips mignons-mignons pour dire "Ouh la la, ce n'est pas gentil". Et un réel dialogue au cours duquel on ne se fera plus traiter d'emmerdeuses.

Si pour cela, je dois continuer de "péter des couilles", je le ferai. Et avec le sourire !

N'hésitez pas, si le sujet vous touche de près ou de loin (quand bien même ce serait pour en toucher une sans bouger l'autre), à commenter et à faire circuler ce coup de gueule : plus nous serons nombreuses et nombreux à nous sentir concerné/es, plus ces questions seront prises au sérieux par les pouvoirs publics et par les organisateurs d'événements.

À vous les studios...

Fond musical : Bikini Kill, "Rebel Girl".

P.S. Pardon pour le double emploi ici et sur facebook : le sujet me tient énormément à coeur.

vendredi 9 décembre 2016

Petit Papa Noël

Cher Papa Noël,

Pour mes fêtes et celles de mes concitoyens, voudrais-tu, s'il-te-plait, réduire les salaires de nos ministres de moitié, supprimer tous les postes inutiles au sein de nos administrations et réinjecter les économies ainsi faites dans la santé, l'éducation et la culture ?

Merci d'avance et gros bisous,

Mademoiselle Catherine

P.S. Un boulot pour 2017, ce serait chouette aussi, et 20m² supplémentaires, merci. Sinon, je n'ai besoin de rien. Quoi que, éventuellement un dictionnaire récent : le mien date de 1991 est un un peu obsolète...

samedi 15 octobre 2016

Lettre ouverte à une dame en colère

Madame,

Étant polie, je tairai votre nom, mais vous vous reconnaîtrez aisément puisque vous avez comme moi assisté à la Journée d'études "Ne pas avoir d'enfant: Mythes, Réalités, Questionnements" qui s'est tenue hier à Liège.
Parmi les invitées, la docteure en sociologie Charlotte Debest qui fut l'une des premières en Europe francophone à se pencher sur l'infertilité volontaire (cf. sa thèse "Le choix d’une vie sans enfant : des individus confrontés aux normes sociales et de genre", 2012, publiée en 2014 aux Presses Universitaires de Rennes).

Après sa passionnante intervention, quelle ne fut pas ma surprise (et celle, à n'en pas douter, de nombreuses autres personnes présentes) quand vous lui avez reproché un procès d'intention parce qu'elle n'a interrogé pour sa thèse que des... non-parents.
Et moi de me demander si, pour votre propre thèse, vous aviez pensé à aborder la question de la migration des sauterelles en Asie du Sud-Est.
C'eut été hors sujet ? Ben voilà !

Non contente de cette remarquable sortie en fin de matinée, il vous a fallu une nouvelle fois marquer votre désaccord avec la sociologue en lui reprochant en cours d'après-midi (alors que son intervention était terminée depuis plusieurs heures déjà) une offense au mères de familles qui – parce que vous n'avez de toute évidence rien compris aux propos tenus et que vous teniez visiblement à ce que tout le monde le sache – seraient moins libres que les autres. C'est ici, chère madame, que je me permets un conseil d'amie : pensez donc à vous laver les oreilles de temps en temps puisqu'à aucun moment cela n'a été ne serait-ce que sous-entendu.
Par ailleurs, apprenez qu'il est extrêmement grossier de quitter une salle en pianotant sur son téléphone alors que quelqu'un, avec calme et bienveillance, est en train de répondre à une question que vous avez posée.

Ce comportement qui fut le vôtre hier m'aura hélas confortée dans l'idée que certain/es de mes aîné/es sont tellement terrifié/es à l'idée de céder leur place que la grossièreté et la condescendance ordinaires leurs semblent plus pertinentes que l'écoute et l'échange.

Heureusement qu'en début de soirée, et dans un autre lieu, Dr. Catherine Markstein m'a apporté la preuve que les femmes de votre génération ne sont pas toutes de vieilles dames en colère, bien au contraire, et c'est finalement cela que j'ai envie de retenir de cette journée.

Fond sonore : Bob Dylan, "The Times They Are A Changin'".

jeudi 31 décembre 2015

2015 : le bilan

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- un colloque
- un bilan ORL 
- mon premier scanner
- des protections sur mesure
- cinq pièces de théâtre
- un festival de cinéma
- deux ateliers vidéo
- deux ateliers d'écriture
- une ébauche de fiction
- quatre jours à Montreuil
- des coïncidences heureuses
- des rencontres providentielles 
- des embuscades bienveillantes
- deux séances de pose
- une admission ratée
- un mot d'excuses
- un kit a makis
- une fée rose
- Eve et le serpent
- cinq jours à Brighton
- une liseuse et un chaton
- des recettes végétariennes
- neuf jours dans le Grand Ouest
- mes premières séances de kiné
- beaucoup de candidatures pour rie
- mon premier smartphone 
- mon premier passeport
- de très belles chansons
- de l'encre sur les doigts
- un massacre de Noël
- une rafale de haikus
- un carnet de films
- un coffret Kubrick
- dix Célestine

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...et tenir le cap avec le sentiment agréable d'arriver à bon port.

2016 sera une belle année !

Fond sonore : Tears For Fears, "Sowing The Seeds Of Love".

lundi 2 novembre 2015

Mens sana in corpore sano

Par un beau dimanche d'automne, l'équipe de Caducea a déposé ses caméras à l'ancien sanatorium de Borgoumont qui n'est pas totalement sans rappeler l'Overlook Hotel de The Shining...
La vue depuis l'intérieur du bâtiment n'est pas mal non plus...
 À l'intérieur, il y a beaucoup de couloirs...
...plein de fenêtres...
J'ai aussi vu des fenêtres condamnées...
...des portes...
...et des escaliers, bien entendu...

Comité de visionnage : "American Horror Story: Asylum".

P.S. Il est toujours temps de nous donner un coup de pouce à Mefamo pour finir le film.
Nous avons vraiment besoin de vous !