mardi 27 mai 2008

Confessions d'une rancunière

C'est très handicapant d'avoir, comme moi, la rancune tenace, même si je ne pense pas avoir la susceptibilité à fleur de peau (cela dit, je peux me tromper).

Mais je n'aime pas qu'on se moque de moi. Alors, quand ça arrive, ça me travaille bien plus longtemps qu'il ne faudrait. En fait, ça ne me travaille pas : c'est moi qui ressasse. Pas que j'aime spécialement ça ; c'est tout simplement plus fort que moi.


J'ai le pardon difficile, et paradoxalement, ça concerne surtout les personnes que j'apprécie. J'ai beau savoir que la morale judéo-chrétienne nous invite à tendre charitablement l'autre joue, il y a des personnes avec lesquelles je n'y arrive pas, et celles-ci me sont particulièrement proches. Ce n'est pourtant pas faute de laisser à chacun une chance de se "racheter" (quel horrible mot !), mais à force de laisser passer une chance après l'autre, je finis par avoir l'impression qu'on se moque de moi. Ce n'est bien sûr qu'une impression, mais c'est incontestable : allez dire à mon inconscient qu'il exagère... C'est bien simple : mon inconscient exagère toujours !


Je fais pourtant des efforts, et, périodiquement, il me semble qu'ils portent leurs fruits... jusqu'à la prochaine fois. Et cette rancune tenace revient à la charge, transformant mon cerveau en machine à remonter dans le temps, à la recherche de la moindre parole blessante, du moindre faux pas, emplissant mes tripes d'une colère sourde et perfide. S'ensuit alors un trip que l'on peut qualifier de paranoïaque, car une méfiance sans précédent me tombe dessus comme une pluie battante, acide et poisseuse. Une de ces pluies qui brûle les yeux et empèche d'y voir clair. Seulement voilà : le parapluie anti-parano n'existe pas. Et de toutes façons, les parapluies ne sont plus ce qu'ils étaient. Tu parles d'une métaphore !

J'aimerais bien pouvoir passer l'éponge, me convaincre que ce n'est pas grave, que personne n'a voulu me faire de mal... C'est plus facile à dire qu'à faire, et c'est sans doute le travail de toute une vie.


À vrai dire, j'ai la fâcheuse tendance à oublier que la vie passe trop vite que pour se la laisser gâcher par les cons, le stress, les remords et les actes & paroles irréfléchis.

(propos attribués à un pilier de bar anonyme : On savait que la vie est une tartine de merde, mais le pire, c'est que ça dure longtemps !)


Allez : demain, j'arrête !


Conseil de lecture : Kurt Vonnegut, "Timequake".

5 commentaires:

Ada a dit…

On me dit aussi susceptible...je pensais que non, pas tant que ça...mais puisque des tas de personnes me le disent...boh...ceci dit, j'aime pas non plus qu'on se moque de moi :-)

Mademoiselle Catherine a dit…

Attention, Ada : rancunière ne veut pas dire susceptible ! Rien à voir, que du contraire.
La susceptibilité vient avant la rancoeur, et rien ne sert de pleurer avant d'avoir mal.

waldorf a dit…

Rester en colère, c'est comme saisir un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un ; c'est vous qui vous brûlez.
[Bouddha]



ouais des fois, j'arrête de faire le con... mais ça passe vite... :)

bibi a dit…

voilà que je te lis et que je me lis par la même occasion... dis moi c'est dans les gênes ou quoi d'être rancunière ?

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est une tare familiale ;)