mardi 6 mai 2008

Querelles de voisinage

Il est de ces voisins fatiguants, et ma voisine du rez-de-chaussée en fait partie : une retraitée qui s'ennuie tellement qu'elle ressent le besoin de jouer aux concierges, ouvrant sa porte d'entrée dès qu'un bruit se profile dans le couloir.

Depuis quatre ans que j'habite là, c'est le même cinéma : je tourne la clé dans la porte pour rentrer chez moi, et j'ai droit au comité d'accueil. Si encore elle se contentait d'apparaitre sur son palier, mais non, il faut qu'elle me tienne le crachoir pendant un temps indéfini. Au début, je compatissais, me disant naïvement qu'elle est seule et ressent le besoin de se confier. Au bout de quelques semaines, ses histoires (en vrac : les potins de quartier, les problèmes de plomberie, les soucis de santé, les remarques sur la propriétaire, les histoires de famille, etc.) me sortaient littéralement par les trous de nez. C'est alors que je lui ai fait remarquer, poliment mais fermement que, si nous sommes voisines, nous n'avons pas besoin d'être amies et que ses propos ne m'intéressent aucunement.

Ce commentaire sembla faire son chemin, car elle se fit discrète pendant un temps. Mais il faut se méfier d'une eau qui dort, et elle revint à la charge de plus belle, s'imaginant sans doute que j'ai la mémoire courte (alors qu'il n'y a pas plus rancunière que moi !).

Là, ça fait quatre ans, et je commence à percevoir les limites de ma patience (j'en appelle ici à ceux et celles qui me connaissent bien et savent pourtant à quel point je peux prendre sur moi). Ayant une aversion naturelle pour le manque de respect sous toutes ses formes, je me suis efforcée jusqu'ici de rester polie, parfois amusée par le surréalisme de la situation, peut-être un peu énervée par moments, voire même totalement indifférente à ses propos... Je n'en suis pas moins arrivée à un point où je ne sais plus quoi faire. L'engueuler franchement et la traîter d'emmerdeuse ? Lui foutre un pain dans la gueule ? Déverser un sac de fumier devant sa porte ? Condamner sa porte pour qu'elle ne sorte plus jamais de chez elle ? Ou tout simplement changer d'appartement ?

Car j'en suis bel et bien arrivée au stade où seules deux personnes au monde pourraient me faire quitter les lieux : mon amoureux, et cette vieille bique.

Et je trouverais bien dommage de lui laisser ce privilège.

Comité de visionnage : La Comunidad.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

T'as qu'a aller chier devant sa porte, pour moi, ca a marché...

Mademoiselle Catherine a dit…

Je comprends que tu cherches à rester anonyme, avec de manières pareilles ;)

Cela dit, vu l'état de mon transit en ce moment, c'est une éventualité...

Didi a dit…

Ah oui, je vois que tu es bien servie aussi! Lol!