vendredi 29 août 2008

Téléphone arabe

Combien de temps est-ce que je passe à parler des autres (en bien ou en mal) ?
Beaucoup trop, pour être honnête. Trop à mon goût, en tous cas.
Et régulièrement, je me surprends à me trouver égocentrique lorsqu'il m'arrive de ne parler que de moi, mais ne suis-je pas la personne la mieux placée pour le faire ?
Pourtant, tout nous pousse au contraire – les potins, la presse people et le malheur des autres, voilà des sujets qui semblent passionner les foules, et je me sens extrêmement mal à l'aise lorsque la conversation dévie sur les déboires d'une tierce personne, que je la connaisse ou non. D'ailleurs, moins je la connais, moins je suis à l'aise : comment, en effet, me faire mon opinion au sujet d'un individu lorsque j'ai appris par l'un ou par l'autre que l'individu en question est hypocrite, arrogant, bête à manger du foin, drogué jusqu'au yeux ou psychologiquement fragile ? Avouez que c'est un mauvais départ pour faire connaissance et que ça nourrit pas mal de préjugés. Et ce ne sont pas des débuts de phrase nuancés comme "Je trouve que..." ou "Je l'aime bien, mais..." qui vont y changer quoi que ce soit.

Bien sûr, il y a des ordures finies et d'authentiques psychopathes, dont les actes sont parfaitement inexcusables, et il n'est pas nécessaire de rencontrer un Landru ou un Hitler pour s'en convaincre. Là n'est d'ailleurs pas le propos : je parle de "tares" subjectives, celles qui naissent de l'impression que l'on a de quelqu'un et, de ce fait, de l'image que l'on renvoie.
Il arrive à chacun d'être fatigué, de mauvais poil, d'avoir les cheveux gras ou de manquer de savoir vivre. On en a brûlé pour moins que ça. Et, contrairement à une idée reçue, je crois qu'il est tout à fait possible de passer outre la première impression.
Que celui qui n'a jamais révisé son opinion sur quelqu'un me jette la première pierre.

Évidemment, ce n'est pas aussi simple que ça : à force d'entendre parler d'untel et de ses problèmes d'alcool ou d'un autre, interné en HP pour telle ou telle raison, on finit par se faire une idée qui, généralement, est très éloignée de la réalité.
Pourquoi vouloir décrire une personne en fonction de "particularités" comme celles-ci ? Est-ce que ça fait d'elle quelqu'un de mauvais, d'asocial ou d'antipathique ? Non, bien sûr, mais il faut croire que c'est nettement plus intéressant (en tous cas plus "croustillant") que son intelligence, sa sensibilité ou son savoir-faire.
Et pourtant, le mal est fait : bien avant une éventuelle rencontre, notre cerveau a casé la dite personne dans une catégorie à laquelle elle n'appartient peut-être pas. D'où bon nombre de surprises lorsqu'on se rend compte qu'elle ne correspond pas au cliché que l'on s'était fait.
À ce propos, je tiens à préciser qu'une consommation excessive de substances plus ou moins légales, une dépression ou n'importe quel autre trouble mental ne sont pas des traits de caractère. Je pars du principe que cela regarde tout un chacun et trouve de très mauvais goût de parler des maladies d'autrui en public, a fortiori quand l'auditoire ne sait pas de qui il s'agit.

Se méfier des apparences et ne pas oublier, pour paraphraser Gabriel Garcia Marquez, que celui qui parle derrière le dos des gens se voit répondre par le cul.

Comité de visionnage : "Forrest Gump".

7 commentaires:

Alain a dit…

parfois le "problème" est différent. dans mon cas et ça n'a pas tjs été ainsi, quand je suis à l'aise avec des gens, je sens et je sais que je parle beaucoup. je sais que ce n'est pas trop grave car je suis capable d'arrêter mon flot de paroles pour laisser la parole aux autres.

en général, je parle beaucoup pour démarrer des conversations. ce que je souhaite, c'est que les gens parlent de leurs passions ou de ce qu'ils font, ont vu au cinoche, en dvd, ce qu'ils ont lu mais ici, à Bxl, en tous, c'est très dur et on en reste à des banalités

du coup, j'ai parfois l'impression d'en dire bcp, d'étaler ma vie privée.

pourtant, si je faisais pas cela, comme durant la petite semaine de vacances que nous nous sommes offertes, je n'aurais pas sur que des gens de "mon groupe" étaient passionnés de.. et de...

mais c'est vrai que ça me travaille et je suis pas sûr que c'est la bonne méthode.

disons que c'est un peu différent de ta position et pourtant :)

@lain

spock27@gmail.com

Mademoiselle Catherine a dit…

Comme je le dis dans ma longue tartine : on est toujours le mieux placé pour parler de soi, des ses goût, de ses envies, de ses expériences, etc.

Quant aux banalités, je les préfère aux potins et ragots en tous genres, et ça ne me gêne pas d'échanger des lieux communs avec les uns et les autres. Je trouve même cela apaisant, quelque part...

Alain a dit…

c'est vrai, c'est difficile.

quand commence le ragot et qu'est-ce qu'un ragot ! parfois, si je n'avais pas entendu deux personnes parler d'une tierce personne qui était gravement malade et depuis longtemps, je serais "tombée des nues" si j'avais appris que cette tierce personne quittait son job/place/etc. pour un grave problème de dos ou maladie; ainsi comment trancher?

on dit souvent : les gens sont indiférents. mais non, tout le monde ne veut pas étaler sa vie privée mais et là, on peut en débattre pendant des heures, je l'avoue, considère que sa vie privée est sacrée. noble cause, j'en conviens. mais la même personne de toute bonne foi, sera toute étonnée de devoir partir en pré-pension pour cause de... devant l'étonnement général de ses collègues professionnels. elle ne parle de rien, cache tout et s'étonne qu'on soit trop étonné pour trouver les mots justes.

n'y a-t-il pas là un hiatus. si on parle qu'un tel a des problèmes nerveux, je pense que ça devient un ragot quand on éprouve pas de la compassion pour la personne. autrement dit, quand c'est dit pour démolir la personne plutôt que pour expliquer une situation. elle (la personne) qui travaillait avec bcp d'abnégation ne peut plus le faire parce que... là, on comprend, on a une idée plus claire de la situation. si on s'en tient au schéma (la vie privée est sacrée): la porte est ouverte à toutes les interprétations. mais j'admets que mes arguments ne sont pas très solides, lol

sinon, je voulais juste dire que parfois, il faut commencer à parler de soi pour mettre les gens en confiance et qu'ils commencent à parler. pour ma part, je sens tout de suite quand une personne préfère préserver son intimité, là, j'arrête tout de suite. l'équilibre est subtil mais il est possible.

tu n'as pas écris une tartinne, je ne sais pas pratique la concision. écrire me permet de mettre sur papier mes idées, je m'exerce également, j'y prends plaisir et je continue à apprendre à
m'exprimer :)

@lain

Aurélie a dit…

On aime tous pouvoir baver sur les "tares" des autres, cela nous rassure sur les nôtres... ;)

Anaïs a dit…

C'est pour cette raison que je préfère parler de moi... au moins je peux dire tout le mal que j'ai envie sans me sentir coupable... et c'est très marrant parce que là, il n'y a plus de limites ! Je peux dire que je suis une égocentrique insuportable, une personne effroyablement narcissique, une épouventable flemmarde, une emmerdeuse... et personne n'y trouve rien à redire. Aaaaah, c'est tellement cool !

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: Plutôt que de "baver" sur les tares des autres, il est bon, en effet, de les repérer pour éviter, si possible, de les reproduire.
Or, j'ai l'impression que parfois, les choses que l'on apprécie le moins chez les autres sont nos propres défauts ;)

@Anaïs: Personnellement, je ne dis pas plus de mal de moi-même que des autres. Appelle cela de la maturité ou que-sais-je, mais j'ai appris, sinon à m'aimer, du moins à être satisfaite de ce que je suis et de ce que je fais, et à plus ou moins savoir ce que je vaut (et c'est sans doute le travail de toute une vie).
Par contre, je suis la championne des insultes amicales avec mes amis, même que parfois, c'est vraiment trash ;)

Anaïs a dit…

Je plaisante bien sûr... Quoique ! ^^