jeudi 11 septembre 2008

Bande à part

Vous avez dû le remarquer comme moi : depuis quelques années, les "bandes de potes" ont la cote, que ce soit dans les livres ou à la télévision. Du Journal de Bridget Jones à Sex and the city, il est de bon ton de s'afficher en groupe, et cela me laisse perplexe.

J'ai, bien sûr, une poignée d'ami/es sur qui compter et quelques copains/copines avec lesquels faire les 400 coups, mais jamais il ne me viendrait à l'idée de les rassembler tou/tes autour de moi pour créer une "bande de potes", tout simplement parce que leurs affinités ne sont pas forcément les mêmes et que cette "bande" sonnerait faux. Je me rends compte que ce qui rapproche les gars et les filles (surtout les filles, en fait) de ces séries télé et autres livres (féminins pour la plupart) sont des choses qui me paraissent futiles et à dix mille lieues de mes préoccupations quotidiennes. Deux exemples parmi d'autres : le shopping et les mecs. Dans un cas comme dans l'autre, je ne dois pas faire partie de la cible.

Concernant la première chose, elle ne fait définitivement pas partie de mes loisirs. Certes, j'achète des vêtements, mais c'est moins par plaisir que par nécessité. A vrai dire, je n'aime pas faire du shopping, et lorsqu'il m'arrive – rarement – d'avoir de l'argent en trop, je préfère m'en servir pour acheter des livres (ce qui peut rapporter gros !) et des CDs ou prendre des vacances bien méritées. Jamais il ne me viendrait à l'idée de dépenser un demi mois de salaire en vestes, blouses, jupes et chaussures de marques. D'ailleurs, s'il y a bien une chose qui m'horripile, c'est cette débauche de publicité sur les textiles. J'ai toujours trouvé idiot de payer (cher) le luxe de faire de la promotion (gratuite) pour une marque de prêt-à-porter.

No logo, telle pourrait être ma devise. Mes quelques t-shirts de groupes et salles de concerts m'ont été gracieusement offerts par les groupes et salles en question, et depuis l'adolescence, je n'ai pas déboursé un centime pour afficher sur mon opulente poitrine le nom d'un artiste, quel qu'il soit.

Ce que j'aime, par contre, c'est chiner aux puces – en général pour des livres – et tomber par hasard sur un magnifique débardeur en camaïeu-camping© ou une jupe rose bonbon tout droit sortie de Grease. Ça fait toujours plaisir, et puis j'aime bien porter des vêtements qui ont une histoire.

En ce qui concerne les mecs, j'avoue être totalement hors-concours puisque je suis du genre monogame à long terme. Comme au musée, je regarde sans toucher, et le musée en question serait plutôt de ceux qui me donnent envie de rentrer chez moi au plus vite pour retrouver mon décor familier. À moins d'avoir George Clooney en face de moi (et encore – je me contenterai sans doute de lui dire que j'ai beaucoup aimé Le retour des tomates tueuses), il est peu probable que je me mette à glousser bêtement à la vue d'un beau mec, surtout en public. De même que je me vois mal abreuver une "bande de copines" de détails sur ma vie sexuelle. Question de pudeur.

Peut-être que je ne comprends tout simplement pas ce phénomène de "meute" ?

Apparemment, elles ont toujours plein de choses à se raconter, mais j'ai l'impression qu'elles parlent surtout beaucoup des autres. S'il m'arrive d'être une véritable langue de pute à mes heures (et d'y prendre plaisir !), je ne m'imagine pas en faire une activité à temps plein, et avoir pour seuls sujets de conversation les mecs, la mode et les potins mondains me semble être un destin pire que la mort. Tout comme je me sentirais bien punie de traîner en permanence avec les mêmes gens (j'ai failli écrire "individus", mais je ne vois pas ce qu'ils ont encore d'individuel...).

Tout comme j'aime Abba et Diamanda Galás, j'aime fréquenter des personnes différentes et prendre le temps de les connaître quand le courant passe. Je trouve idiot de passer à côté de personnes remarquables parce qu'elles ne font pas partie du même milieu. D'ailleurs, faire partie d'un milieu, c'est en accepter les codes et les normes, et je ne crois pas être bonne à ce jeu-là.

Je préfère me sentir libre de fréquenter qui je veux, d'écouter la musique que j'aime, de mettre les vêtements qui me plaisent et de regarder les films qui me parlent.

Et, non, je n'ai pas vu Bienvenue chez les Ch'tis !


Fond sonore : Renaud, "Je suis une bande de jeunes".

4 commentaires:

Alain a dit…

tu vas te rendre compte qu'avec le temps (j'allais dire... avec l'âge), tes amis/es vont se disperser, vont s'éloigner l'un de l'autre, de toi mais des autres également et effectivement, la bande, les copains, unis par un monde bien à soi (ou à nous), ça ne dure pas longtemps

y a beaucoup de cassure. la première, c'est le fait de se fixer avec un copain/copine puis ça devient plus sérieux et on emménage, puis le premier boulot, le deuxième, etc. puis la toute grosse cassure, c'est l'enfant qui naît !

et puis, les amis parfois se cherchent, on pense qu'on a construit une amitié solide... et puis, ben non. drôle d'impressions

pour les potins sur les autres ou le shopping, c'est pareil. j'ai jamais eu bcp de fric donc ça passait exactement comme toi en budget vacances ou dans des objets culturels, disons, pour employer des vilains mots :)

alain°

Mademoiselle Catherine a dit…

Figures-toi que je m'en suis déjà rendue compte ;)

Quant aux cassures, en plus d'une relation solide, du boulot, des enfants, il y a aussi l'aspect géographique qui n'est pas anodin.

Et puis, les gens changent, et il faut l'accepter.

Didi a dit…

Pareil pour moi! Sauf pour un petit peu de shopping de temps en temps... J'aime pas trop l'effet de bande. Y'en a toujours un pour te couper la parole ou pour faire l'intéressant...

Mademoiselle Catherine a dit…

...quand ce n'est pas toi qui coupes la parole ou qui fait l'intéressant ;)