lundi 1 septembre 2008

E-consommation

C'est parti d'un spot télé pour Total vu lors de mon récent séjour à Paris : sur des images mi-ville, mi-campagne, une voix-off mielleuse à souhait conte les formidables avancées écologiques (!) du géant de l'industrie énergétique. L'indécence de ce spot me fait l'effet d'une mauvaise blague et je ne peux m'empêcher d'en rire (jaune).
Pourtant, voilà plusieurs jours que je feuilletais Elle, Voici et autres Glamour, en quête d'une détente morale bien méritée (vacances, quoi !), et, au beau milieu de cette débauche de chair et de pub, tout le monde s'accordait à dire que l'environnement va mal, très mal, mais que nous pouvons faire quelque chose pour le sauver : con-som-mer ! Mes yeux en sont sortis de la tête.

Sans vouloir me considérer comme une écolo pure et dure, je n'en suis pas moins consciente de l'environnement. Depuis que je vis seule, je fais attention à ma consommation d'eau et d'énergie, me passant allègrement de machine à laver, de télévision et de téléphone portable. En dehors de ça, je ne suis pas adepte du shopping, préférant aux centres commerciaux les concert et le cinéma, les après-midi lecture/écriture et les promenades au bord de l'eau. J'ai pris l'avion cinq fois dans ma vie (aller-retour), n'ai jamais possédé de voiture, utilise des ampoules à basse consommation & des sacs réutilisables et ne chausse que des Kickers depuis que je me suis rendue compte que les souliers bon marchés ne tiennent pas deux mois au rythme de mes virées pédestres.
Ces choix qui n'en étaient pas au départ puisque j'étais pauvre comme Job se sont mutés, au fil des ans, en habitudes, puis en véritable style de vie.

Non, je ne suis pas ce que je consomme. Je mets les mêmes vêtements plusieurs années de suite (je les lave, quand même), achète mes livres en seconde main et prends soin de ma peau archi-sensible avec un minimum de produits (bio pour la plupart, car sans parfums ni colorants artificiels). Il n'y a qu'en faisant les courses que ma mauvaise conscience reprend le dessus, car je n'ai ni le temps ni les moyens d'aller de magasin bio en magasin bio pour remplir mon frigo.

L'éco-consommation est un leurre : être "écolo", ce n'est pas consommer plus de produits "eco friendly", mais, au contraire, consommer moins mais mieux. Dans les magazines, une pub sur deux vante les mérites de produits "verts" dont on pourrait parfaitement se passer. C'est d'ailleurs à se demander comment on faisait avant, avec un savon, un shampoing et un dentifrice. À en croire la presse féminine, il faudrait avoir une salle de bains grande et encombrée comme le Château de Versailles pour faire face au vent, au soleil, à la pollution et aux soirées mondaines.

Selon moi, consommer bio pour se donner bonne conscience, c'est vraiment un truc de trous du cul. Qu'on se le dise !


Conseil de lecture : Henry David Thoreau, "Walden ou la vie dans les bois".

2 commentaires:

Didi a dit…

Bien dit! D'ailleurs je vais faire plus d'efforts à ce sujet!

Mademoiselle Catherine a dit…

Oh, je ne pense pas que tu fasses partie des gros consommateurs, si ?! :)