mardi 9 décembre 2008

No Life

Lorsqu'en septembre dernier, on me proposa des heures supplémentaires pour remplacer une collègue partie en crédit-temps, je n'y voyais que des avantages : j'étais heureuse et flattée de la confiance accordée par mon employeur et me réjouissais à l'avance de mes fiches de paie pour les six mois à venir.

À mi-parcours, j'avoue que je déchante un peu : ces 33 heures et demie hebdomadaires eurent été l'horaire rêvé si j'avais vécu à proximité de mon travail, ce qui n'est, évidemment, pas le cas, et les allers-retours mangent une bonne partie de mes journées. J'ai beau observer les autres navetteurs qui partagent mes voyages en train, de même que des collègues dont les horaires (et les distances parcourues) sont nettement supérieurs aux miens, j'ai beaucoup de mal à m'y faire, d'autant plus que je culpabilise énormément, car je ne suis pas en position de me plaindre : j'ai un emploi, et qui plus est un emploi (et des collègues) que j'aime !

Ma honte est doublée du fait que mon travail pâtit de mon état de fatigue physique et mental : je me rends compte que je perds beaucoup de temps à chercher des erreurs qui n'existent pas et m'efforce tant bien que mal de rester alerte et efficace alors qu'il n'y a que bien peu de choses, actuellement, pour nourrir mon esprit ; il fait noir quand je rentre chez moi, et je n'ai pas le courage de ressortir dans le froid, ni même de regarder un film, de lire ou d'écouter de la musique... Ce serait plutôt "une tisane et au lit", et en dehors de quelques répétitions et passages au ciné-club de mon quartier, mes soirées de glandeuse solitaire se passent généralement sur l'oreiller, week-ends inclus.

J'en suis arrivée à un stade où j'ai la désagréable sensation de devenir, petit à petit, une "no life", une de ces personnes ayant relégué leur vie à l'arrière plan, loin derrière leur travail, leurs activités virtuelles, jeux vidéo, jeux de rôles, trains électriques ou autres sujets d'étude compliqués et monomaniaques...

C'est que je manque cruellement de stimuli externes pour me botter les fesses et sortir de mon cocon, et en dehors du concert de vendredi, je peine à m'enthousiasmer pour quoi que ce soit, ce qui rend la situation aussi difficile, j'en ai conscience, pour mon entourage proche que pour moi...

Comité de visionnage : "Un jour sans fin".

12 commentaires:

popupmonster a dit…

Quand j'ai travaillé à LLN j'étais dans le même état que toi, les trajets me pesaient beaucoup (une heure de train juste parce que je le prenais au Midi, ou alors deux changements de métro pour le prendre à Schuman). Il n'y a pas de solution miracle malheureusement... moi j'ai d'abord pris congé une semaine, et puis j'ai reçu la voiture de ma mère à prêter, ce qui a raccourci mon voyage, mais qui n'est pas une solution pour toi, je m'en rends bien compte.
Un point positif, comme dirait mon père, dans environ 10 jours, les jours se rallongent !
Et je pourrais encore écrire plein de choses, mais l'oral sera plus facile.
Concentre toi sur le concert vendredi et plein de bisous de mes petites pluches...

Melle Sam a dit…

J'ai eu le meme probleme et j'ai quitté mon travail en periode d'essai. Moi, je ne peux pas

Mademoiselle Catherine a dit…

S'agissant d'un contrat à durée déterminée, ça facilite un peu les choses : je sais que c'est provisoire. Et pourtant, j'aime profondément mon travail et l'ambiance qui y règne !
Les trajets et le temps qu'ils prennent sont le seul et unique aspect négatif, mais un aspect négatif qui commence à ronger le positif...
Et puis, le froid et l'obscurité n'aident pas beaucoup non plus :(

Ada a dit…

Je te comprends tout à fait, durant 8 ans, j'ai fait les navettes Huy-Bxl (3h45 aller retour qd tout allait bien...hum...). je commencais à 9h et je terminais, suivant les jours, entre 17 et 19h. Les soirées sont effectivement très courtes et on est très vite fatigué. Il faut bcp de stimulis pour se remuer.
Je t'avoue, qu'avec Chou, on ne trouvait pas toujours la force de de se "booster" :).
C'est un peu aussi une question d'habitude, même si on ne s'y fait pas. Il faut un peu d'organisation aussi... mais, c'est vrai et je le clame haut et fort : c'est pesant !
Courage en tout cas...ce n'est que provisoire et concentre-toi sur vendredi ;)


PS : A l'heure actuelle, je travaille plus près et mon temps de trajet est diminué de moitié. Celui de Chou aussi. Ca compte. :-) Même si parfois on ne s'en rend pas toujours compte.

Mademoiselle Catherine a dit…

L'habitude et l'organisation, c'est ce que m'ont dit plusieurs navetteurs... Cela dit, j'imagine qu'il y aura toujours des jours avec et des jours sans.

Mais faire les trajets pendant huit ans... chapeau bas !

popupmonster a dit…

L'autre solution, c'est déménager ! Evidemment pour 6 mois, c'est un peu court.

Mademoiselle Catherine a dit…

Aarrgghh ! Tu veux ma mort ou quoi ???
Déjà que je serais horriblement malheureuse de quitter Liège... si c'est pour m'installer à Bruxelles, tu parles d'une tragédie !

popupmonster a dit…

Arrgghhhh, Liège, mais c'est horrible ! Moi au moins j'habite la capitale !
Vu mes origines j'aurais vraiment du mal à habiter en Wallonie, si je dois quitter Bruxelles, à la limite Gand pourrait me plaire.
A part ça, Bruxelles n'est pas si mal...

Mademoiselle Catherine a dit…

Vu mes origines, Liège, c'est la jungle pour moi ;)

Sérieusement: rien contre Bxl., mais ça manque cruellement d'air et d'eau (même si la Meuse est glauque et poisseuse, au moins "au milieu coule une rivière", comme dirait l'autre). Je ne saurais pas vivre dans une ville sans eau (et ne me parles pas de votre petit canal tout puant, s'il-te-plait ;) ).

popupmonster a dit…

Il suffit de sortir du centre et il y a tout ce qu'il faut. Il suffit de prendre le tram et on peut aller se perdre dans la forêt, ou d'aller admirer les vaches, ou de se promener le long de la Woluwe (bon d'accord, c'est un ruisseau). Et même au centre, il y a des parcs cachés avec des fontaines. Et même le canal peut avoir son charme (en tous cas, la ville y travaille très fort !)

Ada a dit…

Aaaaaah, non, je ne pourrais pas vivre en ville ! Et surtout pas à Bruxelles.
La ville, c'était sympa pour faire les boutiques sur le temps de midi :), à part ça...

Z'ont pas tort les navetteurs qui t'ont dit ça, mais comme je l'ai dit aussi : on s'y fait pas vraiment. On fait avec :-), surtout.

Mais il y a des périodes avec et des périodes sans... Essaye de profitez un peu et que ton Chéri te booste un peu aussi ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

Je n'attends que ça, un peu de "boostage" de la part de mon entourage, mais faut pas trop en demander: mon entourage fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, lui aussi, notamment beau gosse.

Quant à vivre en ville, j'aime bien. N'ayant pas de voiture, ça facilite quand même la vie d'avoir à peu près tout à portée de main (enfin, de pieds). Et puis surtout, j'aime Liège pour ses contrastes et son esprit populaire. Alors, partir? Peut-être un jour, mais pas tout de suite!