lundi 26 janvier 2009

Mise à nu

Voilà un sujet casse-gueule et bien souvent – trop souvent – passé sous silence.
Un sujet qui me touche d'autant plus que j'y ai été confrontée par deux fois.
Cette confrontation, je ne la souhaite à aucune femme, car il n'est pas facile de vivre avec ni même d'en parler. Si l'on en parle, le regard de son interlocuteur change immédiatement, systématiquement : de personne, on devient victime alors que c'est exactement ce que l'on cherche à éviter. Tout ce qu'on veut, c'est se débarrasser du poids de la honte que les regards compatissants ne font qu'alourdir davantage.

Par deux fois, mon chemin à croisé celui de prédateurs.
Ne vous attendez pas à des détails ; je n'en donnerai pas, car ils ne regardent que moi.
Au sujet de ces agressions, je ne dirai qu'une chose : par deux fois, j'ai eu la chance (et la présence d'esprit) de pouvoir me défendre et d'échapper ainsi à l'innommable. Je ne saurais dire ce qui s'est passé au juste, quel a été le déclic, si ce n'est qu'à aucun moment, je n'ai accepté d'être une victime. L'instinct de survie a, semble-t-il, fait le reste.
De proie, je suis devenue moi-même prédatrice, défendant bec et ongles mon intégrité physique. Sans réfléchir, j'ai trouvé les mots, les gestes qu'il fallait, usant de la même violence que mes agresseurs.
Le premier était trop soûl pour arriver à ses fins. J'ai eu de la chance dans mon malheur.
Le second se souviendra longtemps, je l'espère, des poings qui ont frappé sa sale petite gueule de minet.

Comment se fait-il que je ne me sois pas laissée forcer ?
D'où m'est venue la présence d'esprit, l'urgence de me défendre spontanément ?
Après avoir été violemment empoignée par derrière, en pleine nuit, à quelques centaines de mètres de chez moi, où ai-je trouvé la force de crier et de me retourner pour mettre un poing dans la figure d'un inconnu ? Et s'ils avaient étés plusieurs ?

Ces questions resteront sans réponse.
Tout comme on ne saurait expliquer pourquoi tant de femmes restent paralysées par la peur. Sans doute que la peur m'aura servi de moteur. La peur et un respect de moi-même peut-être exacerbé : il est très rare que l'on me fasse faire des choses que je refuse. Dans ces cas-ci, il n'y avait rien à attendre de moi. Si ce n'est de la violence, une violence extrême dont je ne me serais pas crue capable.
Quand bien même je serais passée à la casserole, au moins me serai-je défendue.

Malgré tout, je me sens étrangement privilégiée, comme doit se sentir le seul survivant d'un crash aérien : j'ai eu la "chance" de tomber sur des agresseurs isolés ; probablement des pauvres types qui ont tenté le coup avant de repartir la queue entre les jambes. Sans doute ont-ils eu plus peur que moi.

J'ai pu sortir toute seule dès l'âge de quatorze ans sans avoir à me sentir une proie potentielle. Je n'ai pas grandi dans un endroit où les filles se font traîter de pute dès qu'elles se mettent en jupe. Je n'ai pas eu à subir d'agressions verbales ou physiques risquant de dégénérer en viols collectifs à répétition.

Mais où se situe la "norme" ?
Une agression reste une agression !
Certaines femmes se relèvent la tête haute après être passée par l'enfer des tournantes, pansent leurs plaies comme elles peuvent et poursuivent leur vie tant bien que mal pour ne pas donner à leurs agresseurs le plaisir supplémentaire de rester brisées, du moins en apparence. Rester debout pour témoigner.
D'autres endosseront à jamais le rôle de victime, osant à peine sortir de chez elles après une mauvaise rencontre.

Les femmes, les enfants ne sont pas sur Terre pour assouvir les besoins de quelques mâles "dominants". S'ils ne sont pas en mesure de le comprendre, à nous de le leur faire savoir, par des mots, des cris, des gestes, même par la violence.
Si un enfant est sans défense, le sexe "faible", lui, ne l'est pas. Pas toujours, tout du moins.
Une femme est en droit de se défendre. Je pense même que, si elle en à l'occasion, il est de son devoir de le faire, verbalement ou physiquement, car il me semble que c'est souvent la seule façon de faire valoir son droit à la liberté et de faire comprendre à ces connards qui cherchent à se vider les couilles que les femmes ne sont pas des objets à leur disposition.


Conseil de lecture : Virginie Despentes, "King Kong Théorie".

18 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

Bravo pour ce billet !
J'espère que si ça m'arrive, je réagirai comme toi... mais on ne peut pas prévoir.

Mademoiselle Catherine a dit…

Honnêtement, je ne le souhaite à personne !

Par contre, je souhaite à chaque femme ayant subi des actes de sauvagerie de trouver en elle et autour d'elle les ressources nécessaires à s'en sortir, même si l'on ne s'en sort jamais complètement.

Et à destination de l'entourage, j'ajouterai ceci: la pitié et la fausse compassion ne servent à rien. "Compassion" signifie "souffrir avec", et l'on ne peut honnêtement souffrir avec quelqu'un sans avoir soi-même vécu cette souffrance. Par contre, on peut être présent, disponible et à l'écoute. Même si cela semble peu, c'est énorme.
Mais ne changez pas de comportement, car tout changement d'attitude à l'égard d'une personne en souffrance ne fera qu'exacerber son sentiment d'être anormale.

Anonyme a dit…

Bonjour Miss,

Je repassais voir ton blog.

Là c'est un sujet complexe que tu soulèves.

Ca m'évoque bcp de réflexions. Sur la notion de "norme" entre autres.

A te réentendre et revoir bientôt.
Clym'

dianecairn a dit…

Bon c'est un peu cliché et violent mais ça peut toujours servir:

http://www.youtube.com/watch?v=D3K-mrlYG7Y

à part ça j'inscris ma fille à l'aikido dès que possible

dianecairn a dit…

Quoique s'il veut vraiment se vider les couilles une bonnes paires de talons placés au bon endroit et elles seront vides pour toujours, na ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

Clym' - Si ce texte pousse à réfléchir, tant mieux.
N'hésitez d'ailleurs pas à partager vos réflexions.
En ce qui concerne "la norme", je crois que l'on en développe chacun une notion propre de part notre éducation et, à plus juste raison, de notre vécu. Ce qui est normal pour moi ne le sera peut-être pas pour le voisin et vice-versa.

diane : Tu remarqueras tout de même que ton streetfighter est un Monsieur Muscle bien baraqué... Cela dit, merci pour le tuyau !

Quant au coup de talon bien placé, encore faut-il avoir l'occasion et la place de le faire. Personnellement, je remercie mes petites et frêles mains d'avoir eu de bons réflexes.
Depuis, un ami m'a montré comment faire un coup de poing américain avec un trousseau de clés.

dianecairn a dit…

une des premières choses que j'ai apprise dans ma vie de garçon pas très musclé le coup du trousseau de clé.

il est vrai que le gars en question est baraqué mais les techniques qu'il propose s'inspire de l'aikido et du tae kwon do qui sont censés nécessiter moins de force, c'est clair que c'est plus facile quand on est musclé mais savoir se défendre et frapper tout de suite là où ça fait c'est quand même plus efficace.

Je te félicite au passage pour ta réactivité, à lire virginie et de manière sous-jacente, il semble que se défendre d'un homme, le frapper et de manière plus large se battre semble encore proche du blocage pour bcp de femmes

mais on ne devrait pas en arriver là. qu'est-ce qui foire dans l'éducation des jeunes mâles pour qu'ils en arrivent à ça, j'ai bien des pistes mais elles ne justifient rien.

enfin comme il dit "never underestimate a kick in the groin"
http://en.wikipedia.org/wiki/Groin_attack
et au passage ça les empechera de se reproduire

il y en a des techniques sur youtube:
http://www.youtube.com/watch?v=DniovHHfAFA
une simple recherche woman self defense


et si ça peut te reconforter, je ne peus qu'admirer ta façon de réagir. sans compassion mais avec sympathie

Mademoiselle Catherine a dit…

La peur est immense.
Et la plupart des hommes ne se rendent vraiment pas compte de ce que c'est!

Pourtant, comme l'explique Virginie Despentes dans son essai, la peur est le prix à payer pour être libre de sortir seule, de circuler, tout en gardant à l'esprit l'éventualité d'une agression. C'est un risque à prendre. Une femme adulte doit être préparée mentalement au danger.
Un homme adulte non.
D'où ma peur d'être un jour mère d'une fillette.

J'ai pu sortir sans chaperon très tôt, et franchement, je trouve que deux mauvaises rencontres en seize ans de sorties, ce n'est pas trop cher payé. Ç'eut été mieux sans, bien sûr, mais je m'en sors plutôt mieux que bien.
Et ce n'est pas ça qui va m'empêcher de continuer puisque, statistiquement, je ne risque plus rien (et non, ça n'a pas entamé mon sens de l'humour!)...

madeleinemiranda a dit…

Oui, heureusement que l'instinct de survie s'est manifesté au bon moment! Je n'ai jamais été victime de quoi que ce soit du genre, mais je ne sais pas si j'aurais été aussi "forte" que toi...

Gros bisous!

dianecairn a dit…

Je comprend parfaitement cette peur, je l'ai vécue et subie pendant 6 mois de ma vie à 19 ans, éphèbe laché et enfermé avec les "hommes", je n'ai subi que la violence pas le viol, mais je connais le sentiment de rage et d'impuissance, le dégoût et l'incompréhension, j'en parlerai un jour.

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est étrange, cette distinction entre violence et viol, car, à mon sens, le viol n'est autre qu'un acte de violence extrême. Il y en a d'autres, bien plus traumatisants que ce que j'ai eu à vivre: je m'en sors beaucoup mieux que quelqu'un (homme ou femme) qui se serait fait battre, par exemple.
Physiquement, mes séquelles furent minimes sinon inexistants. J'ai eu bien plus de coups bleus en me disputant avec mon grand frère.

Mais les séquelles morales liées à une agression sexuelle collent à la peau comme quelque chose de honteux, de poisseux. On n'en parle pas, car ça touche trop à l'intime.
C'est surtout le regard des autres (quand ils sont au courant) qui est dur à affronter, car, quand il ne déborde pas de pitié, il peut y avoir comme une lueur de satisfaction, du genre "Tu as dû le chercher".

C'est d'ailleurs précisément ce qui m'a empêché de porter plainte (je le regrette d'ailleurs amèrement): je n'aurais pas supporté et n'accepterai JAMAIS de passer pour celle qui l'a voulu. Je n'ai pas à me sentir coupable ni à me justifier de ce qui s'est passé, car ce n'est pas moi qui suis en tort.
AUCUNE femme ne cherche à se faire agresser, même diablement séductrice ("allumeuse", comme on dit), même ivre morte, même prostituée, même en minijupe et bas résille (dans mon cas, rien de tout cela: moi ou une autre, ç'eut été du pareil au même pour mes agresseurs).

Les hommes sont bien plus "allumeurs" que les femmes, sauf que, quand une femme se met à séduire, même subtilement, elle passera plus facilement pour une salope qui a le feu au cul.
Comment faire comprendre une bonne fois pour toutes aux hommes "virils" que quand une femme dit "Non", ça veut dire "NON!" et pas "Oh ben tiens, pourquoi pas, tout compte fait"?

dianecairn a dit…

Que te dire... Ton témoignage est là et j'espère que d'autres relèveront la tête pour dire non, que certians y reflechiront, que les papas/mamans inculqueront ce respect d'autrui fondamental.

Mes liens de self-defense ne sont que des pis-allez, pas des solutions.

Tu n'as pas à te sentir coupable, de quoi d'abords ? d'être née femme ? Tu nous prouve à tous et toutes que tu sais prendre les choses en main, contre les préjugés et les à priori que tu soies une petite "chose" sans défense. Tu peus être fière de toi.

Petit truc transmis par de vieux punks manifestants, tu peus toujours fixer des lames de rasoir aux revers de ta veste, ça fait très mal si on essaie de t'aggripper par là.

Mademoiselle Catherine a dit…

J'ai bien peur que des lames de rasoirs sur ma veste me blessent davantage qu'un éventuel agresseur...

Et j'aimerais vous remercier, tou/tes, pour vos réactions.
J'espère qu'il y en aura d'autres, que ça ouvrira un débat, pour peu qu'il puisse y avoir "débat" à ce sujet (aujourd'hui, Jean-Luc Delarue présente "Pour ou contre les agressions sexuelles"...)

Voyez-y un lieu ouvert pour partager vos témoignages et réflexions. Ou tout simplement pour lire ce qu'en pensent les autres.
Tous les commentaires sont les bienvenus, même s'ils vont à l'encontre de mes propres opinions: c'est cela qui ouvre le débat.

Anonyme a dit…

Re-

Hier j'ai pensé à toi miss car il y avait un documentaire sur l'assoc' "Ni Pute Ni Soumise", je sais que tu apprécies (ou je me trompe) ces "activistes" du droit féminin. Pour info, l'assoc' est mixte! (pour celles et ceux qui ne le savent pas!)

Ce que je voudrais dire au passage, c'est que dans cette problèmatique et/ou thématique, joue aussi le fait que la société est devenue consumériste pour tout et n'importe quoi et que la sexualité ne coupe pas à la frénésie. Ainsi les jeunes cons au taux de testostérone un peu élevé (quoique...) imaginent que la femme est un sextoy ("c'est une poupéeeee qui dit oui oui ouiiii ouii") Je sais que ce n'est pas neuf mais ça entre dans le truc je pense.

Autre point, à mon avis tu aurais tout de même du déposer plainte. A taper sur le clou, il s'enfonce, ça retire l'impunité! (Je ne sais pas si toi à titre intime ça t'aurait apporté quelque chose donc je ne dis rien sur ce point là) Il faut savoir qu'un policier n'as PAS le droit de refuser de prendre une plainte! Il n'en a pas l'autorité. C'est au procureur du roi qu'il revient de dire si une plainte est recevable ou non, pas un flic (Bon à savoir!)

Voilà, et il est grand temps que la violence tout court cesse. Un humain qui en use se tire une balle dans le pied!

Bien à toi Miss
Clym'

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est vrai que j'ai de la sympathie pour le mouvement "Ni putes, ni soumises", comme pour beaucoup de mouvements mixtes luttant contre les sexismes (cf. "Les Notes" du 19 mai 2008 >>> "La Fée Ministe").

Il est vrai aussi que je regrette amèrement de ne pas avoir porté plainte: j'ai eu peur - peur d'avoir à décrire ma tenue, peur d'avoir à me justifier, peur de ne pas être prise au sérieux puisque, physiquement, rien ne prouvait que j'avais été agressée. Ç'eut été ma parole contre la leur, et je ne veux pas entrer dans ce jeu-là.
Pour avoir lu de nombreux témoignages, les démarches m'apparaissent comme un véritable parcours du combattant (je laisse volontairement le masculin, car les agressions sexuelles concernent aussi les hommes).

Mais je suis entièrement d'accord avec toi pour dire qu'un crime ne doit pas rester impuni.
Il faut croire que ma "force" m'a quittée quand il en a été question...

Merci pour ton intervention au sujet de laquelle il y aurait encore beaucoup de choses à dire, notamment sur les questions d'éducation.
J'ai commencé un article à ce propos. En ligne dès que j'en serai plus ou moins satisfaite...

IsaB a dit…

En plus de 15 ans de sortie et de retours à pas d'heure, j'ai été également confrontée à deux agressions (pas tant que ça finalement, mais toujours de trop).
Pour l'une des deux, ce qui a été surprenant, mais qui m'a sauvé de conséquences fâcheuses, c'est que j'ai vraiment eu peur, mais moins de mon agresseur que de ma propre violence potentielle. Je lui ai dit à 3 fois de ne pas me toucher (en me rendant compte que s'il le faisait je n'aurais plus de limites dans la sauvegarde de ma vie). Je crois que cela s'est senti dans ma voix (ce n'est pas mon mètre 50 qui a du l'effrayer). Le mec a reculé et s'est... excusé! Je pense qu'il ne pouvait pas continuer si je n'étais pas une victime justement. Cette expérience a été très dure à vivre, mais m'a aussi beaucoup appris.

dragrubis a dit…

La norme de chacun est différente, par contre il faut absolument que chacun garde son libre arbitre.

J'ai tiqué aux termes de "mâle dominant". Il n'est sont pas il sont des mâles violents mais certes pas dominants. Le mâle dominant est rare, et je crois à ce jour ne pas en avoir croisé un seul qui réponde à cette définition, certains s'en approchent, mais aucun ne l'atteint. Être dominant c'est avoir un tel charisme naturel qu'aucune objection ou discussion n'est possible, seule la reddition ou l'acceptation, par ailleurs le dominant prends soin des siens car tel est son rôle...

La reddition est une forme de violence imposé aussi mais dans le cas d'un vrai dominant, c'est un acte de violence rédempteur et protecteur, on le digère mal parce que ce n'est pas notre choix, mais ce choix est le plus sain...

Les violents (et violeurs) ne cherche pas à protéger les leurs ils échappent donc à la définition du dominant qui est avant tout un protecteur et un guide.

Pour moi les violents sont des sous-animaux qui n'ont pas encore atteint l'évolution requise même dans les société les plus simples du règne animal. Détruire un membre de sa propre communauté chez les animaux sociaux se finit en générale de deux façon : exil ou mise à mort, et je suis tout à fait pour ces deux choix dans le cas d'individus pathologiquement inadaptés à notre société pas si évoluée...

Je ne me considère pas comme dominant, ni comme "violent" mais je peux facilement devenir agressif ou enragé dans ce genre de discussion...

Mademoiselle Catherine a dit…

@IsaB: Le fait d'être poussés dans nos derniers retranchements nous amène bien souvent à avoir des comportements dont on ne se savait pas capables. Et, comme tu le dis, ça peut être très effrayant, encore que dans ce genre de situation, mieux vaut être effrayant qu'effrayé :)
KUNG FU FOREVER!!! :D

@dragrubis: Tout d'abord, permets-moi de préciser que j'ai écrit non pas mâles dominants, mais mâle "dominants", les guillemets me semblant d'autant plus importants qu'ils sont supposés, justement, éviter la confusion. Je ne pensais d'ailleurs pas avoir à préciser que cette expression (tout comme celles de "prédateur") a une valeur symbolique/métaphorique dans le cadre de ce texte dont le propos n'est pas un quelconque rapprochement entre l'Homme et l'animal (puisque l'Homme est un animal), pas plus qu'il n'a pour but d'expliquer pourquoi certains individus agissent de façon violente et encore moins à débattre de la peine de mort...