samedi 14 février 2009

Secrets d'alcôve

Voilà plusieurs années que je m'intéresse aux ouvrages dédiés à la sexualité, toutes époques confondues. D'ailleurs, je dois avouer que les plus anciens sont les plus enrichissants, car ils ne se contentent pas du passage à l'acte et accordent une place importante à la parade amoureuse.
Aujourd'hui, il me semble en effet que la sexualité se résume bien souvent au rapport pénis-orifice (quel qu'il soit), ce qui est très réducteur au vu des nombreuses possibilités offertes par l'érotisme et la sensualité. Or, un rapide coup d’œil aux médias actuels peut faire passer l'érotisme "sage" pour une banalité d'un ennui mortel en comparaison à des pratiques soi-disant devenues "normales" telles que le S/M, la bisexualité ou l'usage des sex toys.

Peut-on seulement parler de normalité lorsqu'il est question des secrets d'alcôves ? Après tout, ce qui s'y passe regarde tout un chacun, et les témoignages publiés dans la presse et sur internet offrent à mon sens un tableau très incomplet de la réalité. Pourtant, ce sont en partie ces témoignages, de même que la qualité extrêmement médiocre du cinéma porno contemporain qui poussent bon nombre d'entre nous à penser "pénétration" dès qu'il est question de sexualité.
Malgré une démocratisation évidente de l'information à ce sujet, je déplore l'omniprésence d'une (dés)information poussant à la performance. Il faut croire que, même à ce niveau-là, l'esprit de compétition est de rigueur, alors que la sexualité est avant tout une question de choix personnels.

Comme dans tous les domaines de la vie, je trouve dommage de vouloir imposer ses goûts comme faisant partie de la norme. Ils font sans doute partie d'une norme personnelle dont chacun décide librement, mais vouloir faire passer le bondage, le triolisme ou la sodomie pour des choses à essayer absolument au moins une fois dans sa vie n'est pas, selon moi, la façon la plus saine d'ouvrir un débat (ni l'appétit sexuel de son vis-à-vis, d'ailleurs).
Pas que je sois contre l'expérimentation, loin de là, mais avant toute chose, il est important de prendre en compte l'individu dans son entièreté, avec ses propres envies, désirs et barrières physiques et morales. Ce qui est bon pour moi ne le sera pas nécessairement pour mon voisin, et vice versa.
C'est qu'il en va de la sexualité comme de la gastronomie : celui-ci engloutira six douzaines d'huîtres sans sourciller tandis qu'un autre aura l'estomac complètement retourné rien que d'y penser.

Comme en cuisine, les préparatifs se doivent d'être tout aussi savoureux que le passage à l'acte ! Libre à chacun de consommer des plats préparés ; personnellement, je préfère m'investir dans l'avant – qui commence bien souvent par des choses aussi anodines que des regards et des mots – autant que dans le pendant (sans oublier l'après), car il ne s'agit pas là d'assouvir purement et simplement un besoin : il s'agit avant tout de désir et de plaisir !
J'ai bien plus de sympathie pour quelqu'un qui s'éclate dans une relation "chaste" que pour quelqu'un qui fréquente les clubs échangistes pour faire plaisir à son partenaire ou parce que c'est à la mode.

Quant à savoir qui fait quoi au cours de sa vie, c'est là que s'arrête la comparaison avec les arts de la table : si je prends plaisir à partager mes recettes de cuisine, le secret d'alcôve, lui, restera complet !

Conseil de lecture : Elisa Brune, "Alors heureuse... croient-ils !
La vie sexuelle des femmes normales".

26 commentaires:

Anonyme a dit…

Hello,

Voilà un article, un post', une expression d'opinion bien intéressante et qui peut ouvrir tellement de débat et d'échanges d'avis.

Avant tout, je pense qu'il ne faut en aucun cas cas avoir d'idées préconçues et tranchées. N'importe quel sujet qui touche à l'intimité est délicat...

J'imagine, Mademoiselle Catherine, que vous vous doutiez que je vous laisserais ici quelques commentaires (que j'espère constructifs).

En fait, tu (je me permets le tutoiment car un lien amical et sincère nous lie depuis bien des années ;-)) vise juste sur le point suivant, c'est cette facheuse tendance qu'on les médias à créer des modes et pousser au consumérisme, ce, même dans la sexualité. Bien entendu il y a des tas de gens débiles qui vont dans des clubs libertins pour se donner des genres "ouverts" (hum hum... croyez bibi c'est tout l'inverse!) toutes ces personnes qui tentent tant de choses pensant que la quantité (d'expériences, de pratiques et de partenaires) prévaut sur la qualité du rapport humain!. Là, dès qu'on a la chance de vivre avec une personne authentiquement ouverte au sein d'une cellule réellement amoureuse, je crois qu'on peut dire "rien n'est sale, tout est envisageable".

Les témoignages accessibles dans la presse ne sont qu'une infime part des choses en matière de sexualité. Non, tu as raison de dire que bien des personnes préfèrent la "normalité" (bon ceci étant, personnellement, je hais le terme de "norme" mais soit), ceci étant, je tiens à préciser un point important c'est que la presse relaye le "sensationnel"!! PAS la Réalité!

Ainsi, le bondage et le sadomasochisme. Pratiques à la mode mais qui remontent à la quasi nuit des temps. Et là encore cette foutue carence informative crée des dangers pour qui veut tenter sans connaitre les tenants, aboutissants et encore moins la profondeur de la psyché humaine, plus encore, celle de sa partenaire. Je m'explique... Le bondage refleté par la pornographique est une pratique où on immobilise avec trois bouts de corde un partenaire qui à la merci de son "Autre" fera son bon vouloir... Ouaip... La réalité, c'est que le bondage est un art à part entière, à vocation esthétique et érotique au sens noble des termes. Galvaudage number one.

Secundo, niveau sadomaso (dit "BDSM" pour les initiés), tant de "sadiques" au sens pathologique du substantif qui cherchent leur "soumise"-victime dans les tréfonds du web. Tant de "Maîmaîtres" qui ne voient en ces pratiques que l'assouvissement égocentrique et phallocentriste de leurs pulsions sans même avoir ouvert Léopold Von Sacher-Masoch et ignore que "l'extrême" se pratique et procure plaisir dans... l'Amour!

Quel(le)s Libertin(e)s savent encore quelle est l'essence du propos du Marquis de Sade, exagérant volontairement ses allégations par provocation en réponse à l'omnipotence d'une époque gangrênée par l'Eglise? Qui sait encore que Libertin(e) signifie user de sa Liberté propre et individuelle dans un sens avant tout libertaire? Non, tout n'est plus que sexe et comme tu le dis si bien Mde Catherine "Emboitement biologique"...

Ainsi, un certain désir de "vulgarisation" des sexualités alternatives par les médias porte préjudice à quelques rares personnes sensées qui ont PENSE leurs pratiques, les ressentent avec bonheur.

Oui, il ne faut pas se lancer tête baissée dans ce genre de choses pour être "in", c'est stupide.

Question bisexualité, j'ai envie aussi de réagir car combien de femmes ne sentent pas le POIDS des mâles sur elles devant entretenir une pseudo-bisexualité pour les délires phallo de leur compagnon... Triste réalité que voilà. Mais encore une fois, une autre réalité est la suivante: celle de faire le choix de faire l'amour avec un être, un humain, une personne et non plus un organe génital et donc par la force des choses se laisser aller à l'homme ou la femme sans distinction. (Pour info un nouveau terme désigne ce genre d'optique histoire de faire des petites cases : "Pansexualité").

Voilà, pour finir voyons les choses avec respect... Mais le respect est aussi une notion qui varie avec la multitude des individus qui nous entourent.

Bien à toi
Clymence

Anonyme a dit…

C'est qu'aujourd'hui, on fait l'amour comme on chausse ses Converse... La parade amoureuse a disparu de la société. La mode s'aggripe à la sexualité. Le peuple pense ne plus avoir de tabous et c'est bien dommage. Sade n'a sans doute rien inventé mais il avait au moins l'art de me faire saliver... la sexualité ne se résume pas à la médiocrité ambiante. Et c'est tant mieux!
Merci pour votre (vos) textes Mademoiselle Catherine...

Mademoiselle Catherine a dit…

Clym': Je savais que ce texte te ferait réagir ;)
Et je n'ai absolument rien à ajouter à ton commentaire: il est limpide. Tu prèches à convertie, et tu le sais!

cher/e lecteur/-trice anonyme: Bienvenue chez moi, et merci. Si vous le permettez, je replacerai au hasard d'une conversation la formule "faire l'amour comme on chausse ses Converse"...

Miss Sunalee a dit…

Difficile en effet de dire qui est "normal" étant donné qu'on ne parle pas de sa vie sexuelle, comme le précise Elisa Brune dans son livre. D'où l'idée de l'écrire suite à une enquête qui est d'ailleurs toujours disponible sur son site.
Est-ce que j'ai déjà parlé de ma vie sexuelle à quelqu'un... pas beaucoup, quelques généralités, sans plus... Est-ce que j'en ai envie ? Je ne sais pas trop, il y a toute cette pudeur et timidité qui entoure le sujet mais je sens que ça pourrait me faire du bien de temps en temps !

En tous cas, merci pour ce genre d'articles qui remettent certaines choses à leur place !

Mademoiselle Catherine a dit…

Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas en parler.
Mais il y a une énorme différence entre parler de son intimité à une personne de confiance (ami, partenaire, thérapeute...) et afficher sa sexualité comme un trophée de chasse.

Je continue de croire que ce sont généralement ceux qui en parlent le plus qui en font le moins...
Comme la confiture: moins on en a, plus on l'étale.

NeuNeu a dit…

C'est un post très sympa et pas commun!

Suis plutot d'accord avec toi sur le fait de garder quelques secrets, même si j'ai un cercle d'ami(e)s restreint au sein duquel on se laisse aller à des confidences parfois ;)

Concernant les normes de la sexualité, je ne comprends pas qu'on essaie de nous influencer vers telle ou telle pratique ni les personnes qui tentent d'imposer des pratiques à leur partenaire.

Pareillement, il y a un culte de la performance qui élude totalement la complicité et l'alchimie qu'il doit y avoir entre deux amants pour que la relation soit compléte....




Sans rapport: y-t-il un moyen (autre que ma mémoire) de voir quels articles j'ai commenté pour y voir tes réponses?

Mademoiselle Catherine a dit…

Et bien, je vois que tu passe du bon temps dans mes archives, c'est bien ;)

Pour ce qui est des commentaires, ça fait un moment que je me demande comment activer un lien vers les commentaires récents sur ma page d'accueil, mais j'avoue que j'y perds mon latin... Je vais me renseigner auprès d'autres "blogspotters".

Aurélie a dit…

Ces normes perturbent la jeune sexualité.. mais les couples savent quand même que ce n'est la performance qui est à l'honneur dans leur lit...

Bleu Cerise a dit…

J'A-DO-REUH !

Parce que oui, avec mes 21 ans tous frais ( enfin, plus tellement ^^ ), j'avais droit à des regards étonnés, des remarques, des conseils à deux balles parce que jusqu'à cet été ... j'étais vierge et que je n'avais pas d'histoire de cul à raconter en soirée. Ouais eh ben les gens, faudrait un peu voir à ficher la paix aux autres, quoi ! Moi j'avais choisi de ne pas prendre du prêt à consommer, sans non plus " attendre le bon " : juste, pas envie de le faire avec n'importe qui. Ah ouais mais quand t'as du succès c'est forcément que tu couches, quoi, normal ! Pour te dire, même mon cher et tendre a eu un peu de mal à me croire, tellement ça lui paraissait improbable qu'une fille de 21 ans considérée comme mignonne puisse avoir attendu un minimum ...

( Bon, et puis jusqu'à il y a pas longtemps, j'étais aussi vachement complexée, ça n'aide pas ^^ )

Anaïs a dit…

Bon, je suis d'accord avec toi Mlle Cathrine, tu dois t'en douter au vu de tout ce que j'ai pu écrire jusqu'à maintenant.

Je ne suis pas certaine qu'on "pousse" réellement à la consommation (façon de parler), qu'on "oblige", ou plus simpement que les gens fassent du prosélytisme.

Aujourd'hui "tout" le monde parle de sexe. Découvrir l'intimité des gens, ce qu'ils pratiquent, ce qui se passe chez le voisin, etc... nous pousse, en quelque sorte, à nous remettre en question sur nos propres choix, nos désirs, etc. et malheureusement on a tendance -je le pense- à se sentir un peu indigent -voir nul- face à la libdido et l'expérience débridée de certains. Ce sont les comparaisons qui font le plus souvent du tort !

Il paraît que les femmes veulent TOUT avoir : Une vie amoureuse, professionnelle, familiale, sociale et plus que jamais sexuelle ! Mais j'avoue que je ne comprends pas bien d'où nous vient cette obsession de l'excellence. Mener une vie sexuelle ne suffit pas, il faut que ce soit un feu d'artifice sans quoi on se sent moins que rien... Quelqu'un peut m'expliquer ?!!!

Si aujourd'hui je parle de sexe plus ouvertement c'est pour plusieurs raisons : 1° C'est un sujet qui le plus souvent reste léger et ça fait du bien. 2° Tenir un discours qui ne va pas dans le sens de la performance (je marche souvent à contre courant ^^). T'as remarqué, je ne suis ni porno, ni sextoys et je n'hésite pas à le crier haut et fort quitte à passer pour une ringarde coincé du cul. M'en fooooooous !^^

Les tests de Gridou a dit…

Ben moi je n'aime pas du tout parler sexe (sauf avec mes amoureux) mais très curieusement, mes amis à orientation plus particulière (gay, bi, Bdsm ou libertin) me prennent souvent pour leur confidente...
Et très curieusement, je ne me sens pourtant pas du tout ouverte à ce genre de conversation, je dois me tromper quelque part =)

Anaïs a dit…

Extrait de ton lien : "Mercredi 9 mai, au café de l'amour de Charleroi, Élisa Brune lèvera le voile sur ces questions délicates. Elle partagera avec nous quelques confidences issues d'une enquête rondement menée. Quand, comment, pourquoi et avec qui le plaisir culmine ou s'esquive ? Elle n'oubliera pas les hommes, dont elle évoquera la puissance, l'ignorance, le génie, les doutes, la subtilité ou bien la rassurante satisfaction –sans oublier quelques précisions sur leur propre fonctionnement ! Elle proposera quelques pistes pour se réveiller, s'informer, expérimenter, et bien comprendre que nul n'est tenu de se résigner à une sexualité boiteuse."

Nul n'est tenu de se résigner à une sexualité boiteuse

Tu vois, même avec les meilleures intentions du monde on sent la pression. On comprend qu'une sexualité soit boiteuse, pas qu'on l'accepte comme tel. Il faut faire quelque chose, c'est obligé !!!

As-tu assisté à ce débat Mlle Catherine ?

PS : Je parle jamais de sexe dans la vie "réelle", sauf avec mon conjoint.... d'ailleurs, depuis quelque temps maintenant nos langues se sont déliées ^^

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: Il est bien des couples qui ne le savent pas, j'en ai bien peur :/

@BleuCerise: Dis donc, on en apprends tous les jours ^-^ Il est vrai qu'en 2010, ton cas me semble assez exceptionnel et admirable dans le sens où tu n'as cédé à aucune pression. C'est tellement rare que je tape ces lignes à même le sol, car j'en suis purement et simplement tombée de ma chaise :D

@Anaïs: Je ne suis pas tout à fait d'accord puisque tu parles de prosélytisme, un terme sur lequel je te rejoins totalement. Or, le prosélytisme n'est jamais qu'un mot gentil pour "propagande", et à force de bouffer du témoignage "hard", certaines personnes plus vulnérables que d'autres pourraient penser qu'elles ne sont pas "normales" puisqu'il n'est question de la sacro-sainte position du missionnaire que pour en dire du mal...
Toujours est-il que c'est l'impression que j'ai.
Concernant le débat avec Elisa Brune, je n'y ai pas participé. Par contre, je ne vois aucun jugement de valeur dans l'usage du terme "sexualité boiteuse" puisque ce dernier ne désigne aucune pratique en particulier... et ce qui sera "boiteux" pour moi ne le sera peut-être pas pour le voisin ;)

@Gridou: Je comprends ta pudeur... et tes interrogations par rapport à ta situation ;)
Personnellement, parler de sexe ne me pose aucune espèce de problème, même si je ne le fais pas avec n'importe qui, et je "n'étale" pas ma vie sexuelle, car celle-ci me regarde. En revanche, étant d'un naturel curieux, j'aime vraiment beaucoup échanger, sinon du vécu, tout du moins des opinions pour peu que mon vis-à-vis soit aussi à l'aise avec cette thématique que moi ;)

Les tests de Gridou a dit…

Le plus absurde, c'est que ça ne me met pas mal à l'aise du tout. Je suis pudique mais pas spécialement en matière de mots.
Juste que je n'aime pas en parler, parce qu'on étale tout partout et qu'à la fin, ça ne m'intéresse plus du tout. Du coup, je préfère laisser ça dans la sphère de l'intime, je n'en parle même jamais avec mes amies. Par contre, si un jour j'en ai le besoin, ce serait plutôt vers un professionnel que je me tournerais... Mais non, pas un gigolo =DDD

Adrien a dit…

En même temps, en 2010, si t'as pas fait un gang bang sodomite à 14 ans t'es ringard ...
Bon ok j'extrapole mais quand je vois que certaines gamines qui commencent à peine à avoir leurs règles sont prêtes à faire une fellation pour une cigarette ... je me dis que je ne suis pas si loin du compte.

@Bleu Cerise: Waow ... alors la terre n'est pas uniquement peuplée de catin du diable =D

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou: Tu n'as vraiment aucune espèce de raison d'être mal à l'aise par rapport à ça, tant que les histoires des autres ne te pèsent pas ;)

@Adrien: Et à côté de ça, je suis néanmoins étonnée de voir certains jeunes ayant fait leur éducation sexuelle devant des porno de très mauvais goût faire preuve de beaucoup de recul et de maturité par rapport à tout ça... Question de personnalité? Sans aucun doute!

NeuNeu a dit…

Tiens, j'me rappelle avoir lu cet article pendant mon stage ^^

Mon avis n'a pas terriblement changé depuis :)

Je comprends que certaines personnes aient besoin d'essayer des nouveaux trucs pour s'éclater, mais je ne comprends pas que l'on essaie d'imposer ses pratiques comme une norme.

Aujourd'hui du sexe on en voit tous le temps. C'est quelque chose de vendeur et d'accrocheur et dès qu'il y a la possibilité de le faire, vulgairement bien sur, et bien on saute dessus (si si, on saute!. On vit une époque qui nous pousse à faire l'amour comme on fait les courses. On prend une liste des pratiques, et on pioche, si on aime on rachète, sinon bah c'pas grave, on passe à autre chose.

Quant à parler de sexe, je sais pas trop. Avant j'en parlais sans trop de tabou, maintenant j'ai tendance à être de plus en plus discret.

(bon quand je dis parler de sexe, je ne compte pas les blagues aussi grasses qu'une cuisse de Maïté hein)

Mademoiselle Catherine a dit…

[Envoyé par Anaïs à Les histoires simples et compliquées de Mademoiselle Catherine le 21 septembre 2010 13:12]

Je ne vois pas trop en quoi tu n’es pas d’accord. Prosélytisme signifie : zèle qui pousse à faire des prosélytes, de nouveaux adeptes. Donc oui, c’est une forme de propagande.

Si tu te souviens (quoique je ne sais pas si tu as suivi l’histoire) lorsque je suis arrivée sur sexactu j’ai en quelque sorte fait la morale à Maïa. Ce n’est pas ce que je prétendais faire ; je voulais juste souligner que parler de sexe sur un blog est une responsabilité dans la mesure, justement, où il faut éviter le prosélytisme. Pas si évident que ça : entre information et propagande la frontière est parfois mince !

Je ne lis pas les magazines féminins, mais depuis quatre ans je me promène pas mal sur le net, j’ai découvert des tas de blogs où des gens parlent librement de sexe ou bien expriment leurs fantasmes :

« Red shuga » par exemple, qui se définit comme ceci : « Red Shuga est un blog/mag qui exprime ce goût pour une sexualité libérée, assumée, revendiquée, à travers le travail d'artistes, de photographes, de réalisateurs, de peintres, d'auteurs, etc, mais aussi les témoignages de personnes n'ayant pas honte de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font…
http://redshuga.blogspot.com/2009/05/lexhib-cest-tendance.htmlhttp://redshuga.blogspot.com/2009/05/lexhib-cest-tendance.html

Visiblement, il a procédé à des changements. A l’époque où je l’ai visité il écrivait des récits de fiction où il jouait le plus souvent le rôle d’une femme complètement désinhibée qui n’hésitait pas à pratiquer une fellation dans une boîte devant tout le monde avec éjac faciale à la clé… un récit parmi tant d’autres qui couvraient tout ce qu’on peut imaginer dans le X. Va jeter un coup d’œil Mlle Catherine.

Le pire blog sur lequel je suis tombé était tenu par une femme qui se prétendait chinoise où elle relatait toutes ses aventures sexuelles qu’elle faisait passer mordicus pour vraies (je ne trouve plus le blog). Et c’était pas rien : prostitution en tant que, bukkake forcé et je ne sais quoi encore… Je me souviens d’une internaute très jeune qui exprimait son admiration pour cette femme capable d’assouvir tous ses fantasmes et elle espérait plus tard être capable d’en faire autant.

Donc tu comprends qui je sois du même avis que toi mais en même temps j’essaye d’être honnête avec moi-même. S’il y a une part de propagande, je pense qu’il y a aussi le désir de cette société de délivrer les gens du carcan de la morale judéo-chrétien, d’ôter leurs inhibitions en montrant, en prouvant qu’on peut TOUT faire en matière de sexe sans avoir honte du moment que ça se passe dans le respect des autres.

Seulement, nous n’avons pas tous le même appétit, la même libido, les mêmes désirs… Je pense effectivement que la surmédiatisation du sexe, avec son lot de sodomie, de triolisme, d’échangisme vanté qui sonne comme une litanie… peut être vécue comme une forme de pression… à partir du moment où ça ne correspond pas à notre mode de vie ! Les comparaisons s’installent ! En tout cas c’est ce que j’ai connu. Le plus simple est que je te propose un texte que j’avais écrit à la demande d’un bloggeur sur mon expérience passée.

En ce qui concerne la formule « sexualité boiteuse » je mets simplement le doigt sur le fait qu’elle soit considérée comme inacceptable, qu’elle qu’en soit la forme, et donc qu’il faut y remédier de suite… Tu commence à croire –en comparaison de ce que tu vois partout- que ta vie sexuelle est misérable –ou boiteuse- et tu n’as plus qu’une obsession : réparer ça !

Mademoiselle Catherine a dit…

(voilà, j'ai ai récupéré le commentaire qu'Anaïs a envoyé hier, fait un peu de ménage et prends enfin le temps de répondre...)

@NeuNeu: Le sexe devenu produit de consommation, voilà exactement où je veux en venir dans mon article!
Et je suis moi-même discrète concernant ma propre vie sexuelle, car cela ne regarde jamais que les personnes impliquées.

@Anaïs: Personnellement, les sex-blogs, comme tous les autres témoignages crus que l'on peut trouver dans les médias, ne m'intéressent ni ne m'apportent quoi que ce soit, en dehors de ceux, pleins d'humour et remarquablement bien écrits, d'Agnès Giard et de Maïa Mazaurette. D'ailleurs, je t'avoue que les blogs de type "journal intime" m'ennuient profondément, que l'on y parle du boulot, des chagrins d'amour, du contenu du frigo ou de sexualité, car j'aurais tendance à m'intéresser pour les détails de la vie de mon entourage proche uniquement. Alors la vie des autres, tu comprendras que je m'en bats un peu l'oeil ;)
Il y a là une part d'exhibitionnisme qui me laisse perplexe, quand bien même il faille toujours être un peu exhibo pour tenir un blog. Cela dit, j'essaie de rédiger le mien avec pudeur, évitant d'entrer dans certains détails de ma vie.
N'étant pas non plus voyeuse dans l'âme, j'évite également d'aller fouiner dans celle des autres, quand bien même ils l'étaleraient délibérément en long en large et en travers.
Finalement, il en va de la lecture de blogs comme de la sexualité et tout autre domaine de la vie: je veux bien être curieuse, mais qu'on ne m'impose pas ce que j'ai à lire, à dire ou à faire ;)

Anaïs a dit…

Phrase incomplète : "Prostitution en tant que fantasme, bukkake forcé..."

Les aventure soi-disant vraies de cette soi-disant jeune étudiante chinoise étaient incontestablement violentes et elle en parlait avec une désinvolture une légèreté absolument choquante (une des raisons pour lesquelles j'avais tendance à croire qu'elle ne savait de quoi elle parlait)

PS : Je me relis et je ne suis pas certaine d'être arrivée à transmettre mon sentiment... Hum !

Anaïs a dit…

Mlle Catherine. J'ai cessé de le faire quand je me suis rendue compte que ça me faisait du tort... alors que je ne suis plus une gamine, que j'ai la tête sur les épaules et les pieds sur terre. Donc hop, j'ai remis de l'ordre dans ma tête et plus que jamais je sais ce que je veux.

C'est pour cette raison que je souhaite mettre en garde : pour ce qui est d'une sexualité de supermarché (pour reprendre l'expression^^) le web a sa part de responsabilité. On parle toujours des magazines, du porno... mais internet c'est le foutoir aussi, il n'y a pas de limites... Il faut vraiment faire attention où on met les pieds !

Mademoiselle Catherine a dit…

Relis mon article, Anaïs: "Les témoignages publiés dans la presse et sur internet offrent à mon sens un tableau très incomplet de la réalité."

Anaïs a dit…

On est d'accord !

A propos des blogs que j'ai pu visiter je voudrais préciser qu'ils ne m'ont pas fait du tort (ce n'est pas le terme exact), il m'ont plutôt perturbée. Après, tout dépendra de la personnalté de chacun, de notre façon de réagir. Au final, la période de remise en question qui s'en est suivi m'aura été bénéfique !


En découvrant le net j'ai fait comme à peu près tout le monde : j'ai surfé ! Tout m'intéressait. J'ai finalement attéri sur un blog littéraire que j'ai visité fidèlement pendant deux ans (j'ai fini par me lasser de l'énorme arrogance, du mépris qui sévit dans ce milieu ; c'est fou, il y a des individus qui possédant deux grammes de culture littéraire se prennent tout de suite pour de grands intellectuels, et c'est à celui qui saura le mieux rabaisser l'autre !)

Bref, le sexe était quand même une nouveauté. Je n'avais jamais parlé sexe avec mon entourage, les amis ou la famille. Et c'est donc intéressant de voir comment le sexe est perçu et vécu. Mais voilà, comme tu dis, le tableau est incomplet... ou plutôt non. Au contraire ! Sur la toile tu trouves de tout, seulement ça dépend de là où tu tombes car chacun offre un apperçu différent de la sexualité, selon ses propres ambitions, ses rêves, ses désirs... On trouve des blogs fétichistes, BDSM, etc. qui d'une certaine façon en font la "propagande", des blogs qui fontionnent comme des journaux intimes d'expériences réelles ou imaginées, tu as même des blogs d'asexuels qui défendent leur "désamour" du sexe et souhaitent faire comprendre que l'absence de libido n'est pas une tare.

Du pour, du contre... et au milieu nous tous qui ne savons pas où donner de la tête... ou du cul ^^

Du coup, le discours que je tiens maintenant (tu as dû t'en apercevoir sur sexactu) c'est de n'écouter que soi-même ; être à l'écoute de son corps, prendre conscience de ses propres désirs et faire attention de ne pas se laisser influencer par les autres, soit qu'ils te disent que le sexe c'est mal, soit qu'ils te fassent l'apologie d'une sexualité complètement débridée. Super dur, hein ?!!!

Les deux blogs que je cite m'ont marqué tout particulièrement. La petite chinoise parce qu'elle se "vante" d'une sexualité assez violente et que j'estime destructrice. Quant à Red Shuga, sous l'apparence d'un discours tolérant, il ne fait pas mieux que les "bien pensants" : il juge ! Il "condamne", se moque de la sexualité "sage" comme tu dis ; la vie de couple plan-plan, de monsieur tout le monde englué dans la routine. Pour lui il n'y a qu'un seul plaisir, le VRAI, sans limites, sans tabous, dans l'explosion des sens, dans la violence de la chair... Madame et sa petite libido, sa petite vie conventionnelle, elle peut aller se rhabiller !!!

Bon, personnelllement je trouve mon plaisir dans beaucoup d'autres choses que l'explosion des sens, ce n'est finalement qu'un facette de la vie, qui a son importance, que je ne néglige pas mais qui n'est pas à mes yeux un but en soi !

J'ai dit ! ^^

Mademoiselle Catherine a dit…

Et si tu le dis, c'est que ça doit être vrai ^-^
Je ne peux d'ailleurs qu'être d'accord avec toi quand tu dis que "être à l'écoute de son corps, prendre conscience de ses propres désirs et faire attention de ne pas se laisser influencer par les autres, soit qu'ils te disent que le sexe c'est mal, soit qu'ils te fassent l'apologie d'une sexualité complètement débridée" est sans doute la chose la plus importante.
Elle demande néanmoins beaucoup de maturité. Or, le net (tout comme la presse féminine) étant la porte ouverte à tous les discours (souvent contradictoires), j'ai bien peur qu'énormément de gens se fassent influencer (à leur insu?) par des témoignages (parfois complètement fantasmés) d'individus en mal de reconnaissance...

Anaïs a dit…

Ben voilà !

C'est pourquoi je pense que ces "mises en garde" doivent être diffusées autant que possible.

Mademoiselle Catherine a dit…

"La liberté sexuelle, c’est la liberté de disposer de son corps comme on l’entend. C’est effectivement la liberté d’avoir un rapport homo si on le souhaite. Mais c’est aussi la liberté de ne pas du tout en avoir envie, sans avoir à passer pour une ringarde. Nous sommes libres d’avoir une diversité de fantasmes, mais aussi d’en avoir de moins variés, voire même de ne pas avoir de fantasme du tout."

(source : le blog d'Ovidie)