lundi 9 février 2009

Victime des soldes

Je profite du dernier numéro de Elle Belgique pour pousser – une fois n'est pas coutume – un grand cri d'effroi contre notre société de consommation et, à plus forte raison, envers les médias qui véhiculent des idées parfaitement abracadabrantes. J'en veux pour preuve ce titre à la une du célèbre mensuel féminin : "Recessionista, mode d'emploi – Plus de mode pour votre argent".
Pour celles et ceux qui ne seraient pas dans la confidence (moi-même, je l'ignorais encore il y a peu), depuis la crise, on ne parle plus de fashionista (qui n'est jamais qu'un mot gentil pour désigner une victime de la mode), mais de recessionista. Tout du moins en parle-t-on dans le milieu très strict et très fermé de la mode ; dans la vraie vie, on se contente d'être soi-même (quand on y arrive), et c'est déjà pas mal.

Grosso modo, une recessionista est une fashionista qui dépense moins mais achète tout autant, sinon plus. Et cette accro au shopping est totalement convaincue de faire d'excellentes affaires quand elle se paye des tonnes de fringues de marques au quart de leur prix initial, alors qu'elle se fait avoir jusqu'à l'os.
On ne peut pas vraiment lui en vouloir : honnêtement, qui ne s'est pas déjà laissé eblouir par une baisse de prix faramineuse ?
Sauf que la recessionista ne marche pas dans la combine, elle fonce : il lui faut ab-so-lu-ment cette robe de cocktail à paillettes bleue électrique... Elle ne la mettra évidemment jamais, mais elle est à moins 70% !
Et à chaque période des soldes, je me demande combien de vêtements achetés finiront par se désintégrer à même leur cintre à force de ne pas être portés.

Oh qu'il est facile de se moquer ! Moi aussi, je me suis faite avoir à diverses reprises, jusqu'à ce je me rende compte que, à la longue, le bon marché coûte cher, soit en raison d'une qualité médiocre ou, plus pragmatiquement, parce que non, décidément, je ne porterai jamais ce pantalon moulant en skaï argenté.
D'ailleurs, ça me déprime de faire les boutiques, même s'il m'arrive régulièrement de flâner, de regarder, de toucher (j'adore frôler, froisser, tâter les étoffes) et d'avoir des coups de cœur. Sauf qu'aujourd'hui que mes goûts sont assez affirmés, je m'en tiens aux seuls coups de cœur que je porterai avec plaisir plusieurs années de suite, quelles que soient les modes et les tendances.
Ce besoin d'appartenance me dépasse un peu, car je vois beaucoup de personnes vêtues sans goût, sans personnalité, faisant office de pâles copies des photos de mode...

Non, franchement, suivre la mode me demanderait bien trop d'efforts. D'une part, il y a bien peu de chances que ma frêle
silhouette y trouve son compte, et d'autre part, je n'en ai pas les moyens en termes de temps, d'argent et de place.
Je préfère économiser pour m'offrir un jour une pièce magnifique – une seule – de
Kaat Tilley, Özlem Süer ou Pleats Please d'Issey Miyake que je chérirai jusqu'à la fin de mes jours plutôt que de refaire ma garde-robes deux fois l'an.
Cela ne m'empêche pas de faire les soldes, mais, comme bien trop de choses dans ma vie, je les fais
avec modération !

Fond sonore : Jean Leloup, "Fashion victim".

11 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

Il y avait malgré tout une chose positive dans l'article, c'était l'idée que si on veut sortir de la crise, il faut continuer à consommer.

A part ça, je ne suis pas une fashionista, dans le sens où je n'achète pas les dernières modes. Donc pas de pantalon slim pour moi (mais qu'est-ce que je serais boudinée là dedans !) ou de... euh voilà, je ne sais même pas ce qu'il faut acheter !
J'aime ce qui me plaît, et j'ai parfois du mal à trouver...

Mademoiselle Catherine a dit…

Hmmm... j'avoue que je me laisserais bien tenter par le pantalon slim, mais alors façon rockabilly, avec la chemise en vichy et la queue de cheval haute.

Et bien sûr qu'il faut continuer à consommer puisque, en toute logique, c'est la consommation qui assure la main-d'oeuvre et vice-versa. Ce serait formidable d'arriver à ce type de cercle vertueux !
Mais de là à avoir "besoin" de la gamme complète des fonds de teint Chanel, d'un écran géant et d'un Hummer, je doute...

Miss Sunalee a dit…

Je suis sûre que ça t'irait mieux qu'à moi, le pantalon slim ! Et le reste se trouve sans problème chez H&M pour quelques dizaines d'euros. La queue de cheval haute.... il faudra laisser pousser tes cheveux alors.

Un hummer, mais quelle idée ! Et du fond de teint, beurk... d'ailleurs pour en trouver un qui convient à mon teint de peau, je dois chercher dans les marques japonaises (Anna Sui). L'écran géant par contre, pour jouer à Guitar Hero....

Mademoiselle Catherine a dit…

Espèce de geek ;)

jerohm a dit…

"le pantalon slim, mais alors façon rockabilly, avec la chemise en vichy et la queue de cheval haute..." Je veux voir !


Et je prendrai bien le pantalon moulant en skaï argenté.

Miss Sunalee a dit…

aaaah, les fantasmes des hommes !

Mademoiselle Catherine a dit…

Jerohm : tu ne rentrerais pas dedans ;)

Quant au slim, comme j'en parlais ici, j'ai eu envie d'aller en essayer pendant ma pause... Une catastrophe ! C'est à croire que les jeans sont conçus pour des filles qui ont des fesses fines comme ma taille et une taille épaisse comme mes fesses. Ou alors, c'est moi qui suis mal foutue ?
Cela dit, H&M n'étant pas le centre de la (du) mo(n)de, je poursuis mes recherches...

Melle Sam a dit…

Mon + mode : je mets mes nouvelles bottes au dessus du jeans

MON - : tout le reste

Non parce que bon... moi tout ça là, ça me soule

Mademoiselle Catherine a dit…

Melle Sam: Je ne mets pas de jeans (ou alors très, très rarement) ;)
Je m'offre le luxe de m'habiller comme ça me chante, et j'estime que c'est une liberté énorme :)

Elea a dit…

Bah je sais pas en fait, les soldes j'ai jamais réussi, je les fais toujours AVANT.
Parce que souvent rien ne me plait, et que les seuls trucs que j'achète ne sont pas soldés, enfin bon, c'est pas comme si je m'habillais en Dior non plus.
Je crois qu'à un moment donné, il faut savoir dire stop aux achats qui ne servent à rien, en rangeant mon armoire je me suis rendue compte du fait que j'avais des tonnes de fringues quasi pas portées, avec un bon potentiel en plus (malife.com)
Tout ça pour dire que j'ai largement de quoi m'habiller avec fantaisie ou sobriété pendant des mois sans remettre les mêmes trucs, juste que je l'avais oublié.
Du coût ça me fait plus d'argent pour les livres ou le ciné (vice, quand tu nous tiens ;))
Bises

Mademoiselle Catherine a dit…

Là, je te reprends tout de suite: les livres et le cinéma ne sont pas un vice, mais un garant au bon fonctionnement de la société!

Pour en revenir aux soldes, j'essaye de m'en tenir à un principe de base: je n'achète rien en soldes que je n'aurais pas aussi acheté pour plus cher.
C'est l'avantage de ne pas s'habiller en Dior ;)