jeudi 26 mars 2009

À tout petits pas

Après une petite pause bien méritée, me revoilà vaguement dans les starting-blocks. Oh, je sais d'avance que je ne gagnerai pas la course, car mon entraînement très imparfait ne me permet pas d'aller vite, mais petit à petit, je retrouve un rythme de croisière qui me convient. Mon but n'est d'ailleurs pas d'arriver la première, mais d'arriver, tout simplement. J'ai envie de profiter du paysage. Et tant pis si tout le monde me dépasse. Ou tant mieux, allez savoir...
Pour l'instant, je me sens plus proche de la tortue que du lièvre, et il est grand temps que ma patience légendaire contribue pour une fois à mon propre bien-être.

C'est comme si je réapprenais à marcher, tout doucement, pas à pas, en regardant devant moi et non derrière, car je sais que si je tourne la tête, je risque de me casser la figure, bien que, si l'on en croit un vieux proverbe yiddish, il n'y a qu'un fou pour trébucher sur ce qui est derrière lui...
Et j'apprends à tenir certaines mains qui se tendent, ce qui m'évite bien des chutes, sans pour autant me laisser porter, car c'est à moi et à moi seule d'aller de l'avant. Mais je sais sur quels compagnons de route je peux compter ; j'imagine qu'ils se reconnaîtront et en profite pour les
remercier une fois de plus.

Même si je ne sais pas exactement où je vais, je suis satisfaite du chemin sur lequel je me trouve aujourd'hui, car il me semble que c'est le bon. En tous cas, il me parait assez clair et débroussaillé pour me permettre d'avancer sans trop d'obstacles, même s'il comprend, comme tous les chemins de traverse, son lot de trous, de bosses et de flaques...
C'est que je préfère les petits sentiers aux grandes routes – trop de bruit, trop d'agitation. D'ailleurs, sur un petit chemin, personne ne vous en veut de vous arrêter pour reprendre votre souffle ou simplement contempler le monde qui vous entoure.

J'ai besoin de pouvoir m'arrêter de temps en temps. Nous en avons tous besoin, ne serait-ce que pour lire notre carte. Si cette cartographie intérieure n'est pas toujours très claire – puisqu'il s'agit en grande partie d'une terra incognita – elle nous permet néanmoins d'avoir une vue d'ensemble, ce qui ne nous empêche pas, à certains moments, de tourner en rond.
Cela dit, je préfère tourner dans une spirale qui s'agrandit plutôt que de marcher sur une voie romaine – linéaire, prévisible... ennuyeuse. Encore que l'ennui se contre de différentes façons, et il suffit parfois d'un rien pour retrouver sa capacité d'émerveillement. Pas besoin de sensations fortes, de montagnes russes, ni de saut à l'élastique... Parfois, un simple regard suffit.

Sur cette route sinueuse, nous sommes deux : celle que je suis et celle que j'étais – une petite fille qui me tient par la main et m'oblige à m'arrêter régulièrement pour regarder ce qui se passe (ou ne se passe pas) autour de moi. Une petite fille que j'ai négligée bien trop longtemps alors que je l'aime.
Et je ne veux plus la décevoir.

Fond sonore : The Stranglers, "All roads lead to Rome".

(j'ajouterai que de nombreuses notes saturées de mauvaise foi crasse sont prêtes à la publication, histoire de me faire pardonner mon absence. Soyez donc certains que vous aurez beaucoup de lecture dans les semaines à venir...)

6 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

J'attends avec impatience ta mauvaise foi, surtout que tu m'en a déjà un peu parlé !

Et pour le reste, c'est un beau texte que tu as écrit, plein de sensibilité et d'espoir.

Mademoiselle Catherine a dit…

...comme un film d'Almodóvar :)

diane cairn a dit…

bonne route, tu connais notre auberge pour les moments de fatigue.

Mademoiselle Catherine a dit…

Oh la la, l'auberge à cocktails!!! Je ne sais pas... je vais en parler à ma psy avant ;)

Miss Sunalee a dit…

On peut faire du chocolat chaud aussi...
Et on a plein de thés...

Mademoiselle Catherine a dit…

Oh oui! Avec ma cure de sommeil, c'est vraiment "une tisane et au lit" pour l'instant...