lundi 2 mars 2009

Trous de mémoire

Peut-on parler de choses dont on ne se souvient pas ?
Comme nous sommes en démocratie, on peut effectivement dire à peu près tout ce qui nous passe par la tête. Donc, la réponse est oui.
Là où ça devient embêtant, c'est quand les propos tenus ne tiennent pas compte des personnes qui étaient présentes et qui, elles, se souviennent. Et d'entendre quelqu'un minimiser ou tourner en dérision une tranche de vie qui était tout sauf drôle (pour le narrateur comme pour son entourage) est extrêmement douloureux quand on a tenté d'apporter son soutien du mieux qu'on puisse, d'autant plus quand l'énergie investie n'est absolument pas prise en compte.

Il est bien sûr important de savoir relativiser et de faire le tri avec un minimum de clairvoyance, mais il arrive que l'on aille trop loin dans l'abstraction entre le vécu et le ressenti, se coupant par la même occasion de ses propres besoins au risque de s'épuiser. À trop tirer sur la corde, elle finit par se rompre, et c'est une bien triste récompense pour les efforts fournis, parfois au détriment de sa propre santé physique et mentale.

Pas que je sois dans l'attente de remerciements publics sous forme de grands discours, d'éloges interminables et de bouquets de fleurs plus grands que moi, mais un peu de considération ne me ferait pas de mal, car je me souviens, moi, à quel point j'en ai chié. J'en ressentirais probablement moins de rancœur.

On a beau n'être jamais si bien servi que par soi-même, parfois, ce n'est tout simplement pas possible, et je me vois mal imposer mon propre point de vue auprès "des autres" (terme générique) pour qu'ils aient enfin conscience des efforts que j'ai pu faire à un moment donné. Il y a d'ailleurs de grandes chances qu'ils s'en foutent éperdument et que, pour eux, ce soit déjà de l'histoire ancienne...

Alors quoi ? Se résigner à ce qu'il en soit ainsi ? C'est tellement facile à dire ! Ronger son frein serait une expression plus adéquate et je sais d'expérience que cela a toujours davantage nourri qu'appaisé ma tristesse et ma colère.
Laisser faire le temps et patienter encore, alors que ma patience atteint cruellement ses limites et menace de se briser en mille morceaux ?

Non : avant tout, apprendre à me pardonner mes propres erreurs, avec douceur et bienveillance...

Tout un programme !

Fond sonore : TV On The Radio, "Love Dog"
(...patience is a virtue 'til its silence burns you...).

7 commentaires:

dianecairn a dit…

Et prendre des vacances pour se vider la tête, te ferait le plus grands bien je pense, genre l'asie du sud-est...

bises

en attendant, il y a le festival offscreen au nova, cela commence le 5 et ma foi, je viendrai te voir le 7 mais à minuit je t'invite à venir savourer un post-nuke italien de derrière les fagots

Anonyme a dit…

Hello toi,

Dis sans t'ennuyer, les personnes qui ne connaissent pas ou trop peu ton histoire ne peuvent pas réellement comprendre le poids de tes mots! J'ai bien peur que les mauvaises interprêtations ne te tombent dessus...

En tout cas, tu as mon soutien.
Bises Clymence

Mademoiselle Catherine a dit…

diane: Je n'ai pas les moyens de me payer l'Asie du sud-est, mais tu n'es pas le premier à me parler de vacances...
Sinon, c'est quoi un "post-nuke italien"??? (j'dois pas être assez geek pour comprendre ce type de vocabulaire ;) )

Clym': Tant pis pour les mauvaises interprétations. Ou tant mieux, va savoir.
Mon histoire personnelle ne regarde que moi...
Et je sais que je peux compter sur toi :)

Miss Sunalee a dit…

Difficile à dire pour moi aussi si ça va être mal interprété. Mais pour moi en tous cas, tes mots prennent toute leur signification !

A propos de l'Asie du Sud-Est, tu serais parfois étonnée des prix. Donne moi ton budget et je te donnerai une idée de ce qui est possible.

Et je devance diane: post nuke = post nucléaire, dans le genre mad max par exemple.

Bises et à demain

dianecairn a dit…

POur des infos imagées...
http://www.nanarland.com/glossaire-definition-171-P-comme-post-apocalyptique-ou-post-nuke.html

Mademoiselle Catherine a dit…

Comprenne qui peut, comprenne qui veut... ce qui est, finalement, le propos de mon texte.

Justement, quelqu'un me faisait remarquer que je me dévoile beaucoup sur mon blog, alors que je ne devrais pas...
Mais bon, ma vie sociale s'est passée sur internet pendant six mois... Je vais devoir me sevrer!

Miss Sunalee: L'Asie ne m'intéresse pas vraiment en tant que destination. Pas du tout, même. J'ai encore trop de choses à découvrir en Europe...
Mais merci pour la proposition :)

diane: Merci pour le lien. Il faut dire que Nanarland reste un grand classique!

dianecairn a dit…

Je pensais asie, mais peu importe, l'idée c'est que je crois que tu as bien mérité des vacances dépaysante, qui te fasse tout oublier pour 2 semaines, plopsaland c'est bien aussi ;-)