mardi 2 juin 2009

Quand la Muse s'amuse

Quoi de plus instable que l'inspiration ? Que ce soit dans mon travail de rédaction ou mes activités musicales, la Muse n'est jamais là où je l'attend. Il me semble en effet que cette petite peste s'amuse à brouiller les pistes – comme il m'arrive de le faire à mes heures perdues ou gagnées – pour réapparaître à l'endroit le plus inattendu.
Car si je ne sais pas qui elle est, je sais qu'il lui arrive de se pencher par-dessus mon épaule pour me souffler quelques idées neuves. Et il n'est pas rare que je me lance dans un texte à but professionnel pour finalement dériver du sujet au point d'en faire une des notes dont j'ai (dont elle a ?) le secret...

Vous aurez sans doute remarqué, si vous êtes fidèles à ce blog, que j'ai une sérieuse tendance à déraper, m'enfonçant dans toutes sortes de digressions verbales force d'associations d'idées pas toujours très claires. C'est que, dans la création, j'aime me fier à mon intuition, me laissant guider par elle plutôt que par ma raison – pas toujours très fiable ceci dit. Et parfois, cela me donne un bref aperçu de ce que peut ressentir l'écrivain lorsque ses personnages prennent vie sous ses doigts sans même qu'il n'y ait consenti.

Qu'il s'agisse de songwriting ou de l'écriture de mes modestes bafouilles, ici ou ailleurs, je ne maîtrise jamais rien ! Si j'ai bien souvent une idée du sujet à aborder, il se développe généralement de lui-même, me menant d'un point A à un point B sans que je ne comprenne exactement comment cela a pu se produire. Parfois, c'est pitoyable, parfois, c'est magique. Mais c'est toujours étonnant !
Et plus je me casse la tête à trouver un axe de réflexion concret, plus je m'en éloigne pour me retrouver en terrain inconnu. C'est bien pour ça que je prends régulièrement du retard sur mon travail, car il semblerait que je possède un talent tout particulier pour changer de sujet en cours de route, au grand désespoir de mes interlocuteurs (ce qui, parfois, m'arrange bien !).
Ce qui peut être un atout dans la création artistique ne l'est pas forcément dans la vie de tous les jours...

Cela dit, à quoi sert l'art, si ce n'est pour céder une place à l'imprévu ? Quel besoin de créer si le résultat est exactement celui que l'on avait en tête avant même de s'atteler à la tâche ?
Si demain, je prends ma guitare pour composer une chanson gaie, peut-être aurai-je au final une love song triste à pleurer. Et je n'aurai même pas honte puisque, de toutes façons, j'en donnerai l'entière responsabilité à la Muse !

De mauvaise foi, moi ? Ne me faites pas rire...



Fond sonore : Dead Can Dance, "Summoning of the Muse".

7 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

Je n'ai jamais eu l'impression que tes articles "dérapaient"... dans le genre, il y a bien pire !

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est parce que je ne publie pas tout non plus...

La Princesse a dit…

Oh ça je connais...L'inspiration, elle vient vraiment quand elle veut, et en général, je quand j'ai terminé, ça n'a plus qu'un tres vague rapport avec ce que j'avais en tête au début.

Mais ça vaut le coup d'explorer toutes les pistes, c'est en dérivant, que bien souvent, je trouve l'Idée, la bonne

Mademoiselle Catherine a dit…

En plus, dans ton travail, il y a tout l'aspect manuel qui doit être des plus grisants.

lisica a dit…

Joli texte en tous cas, tu m'y parais bien inspirée ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

Merci. Mais ce n'est pas moi: c'est elle ;)

La Princesse a dit…

Oui, c'est grisant et très gratifiant la plupart du temps.

Mais parfois c'est terriblement frustrant : quand tu as une super idée et que tu ne vois pas du tout comment tu pourrais la traduire concretement, ou quelle technique utilisée, arggh