jeudi 10 septembre 2009

The Great Mutato*

Peut-être l'aurez-vous remarqué à la lecture de ce blog (si vous aimez lire entre les lignes) : je suis en pleine mutation ! Pas que je sois en train de me transformer en insecte géant (ce ne serait pas très original), mais certains événements des derniers mois – et des dernières années aussi – m'ont mis une fois de plus au pied du mur, et je me dois de faire une bonne fois pour toutes un grand nettoyage dans ma vie si je veux pouvoir aller de l'avant.
Aussi, depuis quelques temps, je me préserve comme je peux, car, comme l'épiderme rendu ultra-sensible au retrait d'un bandage, je me sens particulièrement à fleur de peau, et j'ai faite mienne la très belle expression d'Henri Calet Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. Pas que je me sente particulièrement triste, mais un rien me fait monter les larmes aux yeux sans que je ne sache exactement pourquoi (les plus cartésiens me diront que c'est la faute aux glandes lacrymales, mais vous avez très bien compris ce que je veux dire !).

Selon Nietzsche, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, et j'avoue ne pas être tout à fait d'accord avec lui : si j'estime que, dans le fond, il avait certainement raison pour peu que l'on soit prêt à apprendre de ses erreurs (ce qui n'est pas toujours le cas), je constate que ce qui ne nous tue pas nous rend également plus fragile. Plus sensible en tous cas.
On cherche avant tout à se préserver, évitant certaines personnes et situations en attendant de se sentir à nouveau assez solide pour y faire face.

Selon moi, la force va de paire avec la fragilité, car c'est cette dernière, je pense, qui nous permet d'établir des défenses efficaces. Nul besoin d'ériger autour de soi des fortifications inviolables : en général, un temps de solitude suffit. Un temps mis à profit pour faire le point sur ses envies, ses besoins et ce par quoi l'on ne souhaite plus passer. Les amis comprendront, et les autres... bah les autres, tant pis pour eux. S'ils ne comprennent pas, sans doute qu'ils n'en valaient pas la peine.

Depuis peu, je ressors de ma coquille pour passer du temps avec des personnes qui me sont chères et que j'ai négligées trop longtemps au cours de ces mois de solitude. Une solitude qui, pourtant, m'a fait du bien. J'avais besoin de me retrouver seule avec moi-même et me sentais fort peu à ma place dans les grands rassemblements : aux mouvements de foule, je préfère la sécurité d'un tête-à-tête. Et ce n'est pas au cours de small talks les soirs de beuverie qu'on va entretenir les liens qui nous sont importants.

C'est peut-être con à dire, mais chacun est au centre de sa propre vie, et finalement, chacun en fait ce qu'il veut.
You can (...) experiment with your own life. Maybe you shouldn't do it with other people's. (Hanif Kureishi, in Intimacy)


Comité de visionnage : "Acción Mutante".

*les connaisseurs auront reconnu le titre de l'un des meilleurs épisodes de "X-Files".

18 commentaires:

lisica a dit…

Je vois que tu es comme moi en ce moment: une baisse de moral, une sensibilité exacerbée...mais moi je sais d'où vient mon mal être et je n'y peux rien pour le moment.
Comme toi je dois sortir de ma torpeur maladive, me bouger, me changer les idées et retrouver une joie de vivre sans trop se poser de questions...allez on devrait y arriver.

Mademoiselle Catherine a dit…

Justement, le moral remonte par ici, ce qui n'empêche pas la sensibilité à fleur de peau.
Et quelque part, j'avoue que ça m'arrange bien, car cela m'oblige à me tenir à l'écart des cons, des chiants et autres gens qui me cassent le moral ;)

Mais oui, on va y arriver!

dr frankNfurter a dit…

"je constate que ce qui ne nous tue pas nous rend également plus fragile. Plus sensible en tous cas."

En fait d'un côté tu tends à te durcir, à former une carapace à l'extérieur mais comme tout est affaire d'équilibre, de l'autre côté, tu deviens plus sensible en silence, à l'abri des autres... :s

enfin c'était comme ça chez moi... je sais plus trop étant donné que j'ai arrêté de refouler et décidé de casser cette satanée carapace...
je sais pas si je suis bien clair ><

Mademoiselle Catherine a dit…

Ben moi, j'en ai marre de cacher ma fragilité, alors j'ai décidé de faire du rangement au sein de mon entourage en cessant de fréquenter les gens qui me font plus de mal que de bien, tout simplement.

Et c'est un énorme soulagement parce que je ne passe plus la moitié de mon temps à chercher à m'adapter aux autres coûte que coûte ou à me justifier d'être telle que je suis...
En tous cas, je me sens beaucoup plus honnête vis-à-vis de moi-même et des autres.

dr frankNfurter a dit…

Oui je confirme, le ménage relationnel, ça a du bon... c'est même nécessaire! Je l'ai aussi fait :D

Miss Sunalee a dit…

bravo pour le ménage !

(bon, ça me fait penser que le ménage de la salle de bain et de la cuisine m'attend !)

Melle Sam a dit…

J'ai fait ça aussi. Et je sais à quel point on est soulagé. Comme je suis dans un gros tournant de ma vie, je connais moi aussi en ce moment ce sentiment... PROFITE de ta liberté de decider !

Reine a dit…

La vie n'est faite que de mutations en fin de compte. Certaines plus brutales et plus conscientes que d'autres. Contente de voir que tu es sur la bonne voie.

Mademoiselle Catherine a dit…

dr f: Tout le monde passe par là un jour ou l'autre, pour peu que l'on souhaite avancer un peu dans sa vie...

Miss Sunalee: Au travail alors!

Melle Sam: Pour paraphraser Meret Oppenheim, "La liberté ne nous est pas donnée, il nous faut la prendre"!

Reine: Comme ça, nous sommes deux ;)

NeuNeu a dit…

Pour la citation de Nietzsche, suis plutot d'accord avec ton interpretation, mais je pense que ca va changer d'une personne a une autre.

Tout depend de la capacite de chacun a encaisser les coups durs et a rebondir apres.

Concernant (grrr je dis tout le temps ca c'est horrible), les relations, c'est toujours difficile de trouver les bonnes personnes du premier coup, et puis c'est toujours un peu la loterie ;) Faut tirer les bons numeros...

Jaysol Menez a dit…

Reine, tout à fait d'accord avec toi, comme tout le monde sur le blog, je viens de revoir La Mouche de Cronenberg et je pense que c'est une bonne métaphore sur la mutation... on est tous des vilaines mouches. Certaines plus bleues que d'autres. À méditer!

Mademoiselle Catherine a dit…

NeuNeu: Bien sûr qu'il s'agit toujours de sensibilités personnelles. L'un n'est pas l'autre, et c'est très bien comme ça.
Quant à tirer les bons numéros, je ne sais pas... Je pense qu'il faut avant tout bien se connaitre soi-même pour savoir ce qu'on veut (et/ou ne veut pas), et ça prend un certain temps, forcément...

Jaysol Menez: J'avais pourtant bien insisté dans mon texte sur le fait que je n'étais pas en train de me transformer en insecte géant!

Dolores a dit…

Aaaahh la baisse de moral ... moi aussi mais sans doute pas pour les mêmes raisons ... comme on dit ça va passer hein ... et puis tu sais quoi ? ben faire un grand ménage ça fait un bien fou ... dans ta vie , dans tes "amis" dans tes sorties ... et puis autre chose ... bloguer pour moi est devenu une sacrée thérapie ... faire des photos, écrire un article, lire d'autres blogs y'a pas à dire ça change les idées ...

je te souhaite une remontée de moral ( et à moi aussi hein tant qu'on y est )

et puis j'attends ton vide dressing pour preuve que tu vas mieux hihihi

a très vite !!

dolores

http://marredurose.canalblog.com

Mademoiselle Catherine a dit…

Bienvenue à toi, Dolores.
C'est vrai qu'un blog, ça aide souvent à relativiser. J'aime bien savoir qu'il y a sur la toile un endroit où balancer mes coups de gueule et ma mauvaise foi en toute sécurité...

Quant au vide-dressing, c'est carrément un vide-grenier... Un grand, grand ménage m'attend, et pas que dans ma vie ;)

Allez, on prend son courage à deux mains, et on attaque!

Mr Flash a dit…

Ranger, il n'y a que ça de vrai!
http://fiat850.free.fr/marabout.flash/mf351-400/mf361.jpg

Et puis, on peut aller revendre à la brocante de la rue de Flandre à Bruxelles ce week-end
http://fiat850.free.fr/marabout.flash/mf201-250/mf209.jpg

Mademoiselle Catherine a dit…

Ah, les Marabout Flash! Que du bonheur. D'autant plus que leurs trucs et astuces demeurent toujours d'actualité!

samsara a dit…

Coucou,

je viens de tomber sur ton blog il est super, ca fait du bien de savoir que l'on est pas la seule à vivre les mêmes choses, je suis dans une phase un peu bizarre, aussi de mutation, de reconstructoon. Je sorts de des années d'angoisses, de manque de confiance en moi... et tout le tralala, je sents que quelque chose en moi se passe grâce à une thérapie et des scéances de développement personnel. La clé du succè c'est d'apprendre à savoir qui l'on est, ce que l'on veut, ce que l'on ne veut pas, d'être capable de faire c'est propre choix et surout de les assumer, de se détacher de la culpabiliter...C'est quoi notre problème aux nanas? de se rendre malade pour tout et n'importe quoi,de se sentir tjrs fautive,de se perdre pour le bien être de l'autre et j'en passe, ne nous laissons pas bouffer par notre altruisme par pitié. Et laissons nos maux de coté une foi pour tout.

Mademoiselle Catherine a dit…

Bonjour Samsara, et bienvenue ici.

En effet, se rendre malade pour tout et n'importe quoi, se sentir coupable et se perdre au profit de l'autre semble être un point commun de toutes ces femmes qui aiment trop. A ce sujet, si tu ne le connais pas, il y a cet excellent livre de Robin Norwood, "Ces femmes qui aiment trop". C'est peut-être con à dire, mais je dois avouer qu'il a changé ma vie et ma façon de voir les choses. En tous cas, ce livre m'a ouvert les yeux sur pas mal de mes propres comportements, et du coup, je me suis sentie beaucoup moins seule.

En espérant te recroiser ici ou ailleurs...