lundi 15 février 2010

Les liaisons dangereuses

S'il y a bien une chose tragique à propos des jeunes femmes biberonnées aux contes de fées que nous sommes, c'est le mythe persistant du prince charmant : la moindre sollicitation tend a être prise pour un compliment, voire même une invitation à aller plus loin, et il me semble que les sites communautaires sur internet ont tendance à exacerber ce sentiment, peu importe si certains comportements risquent de blesser certaines personnes.

Traitez-moi de naïve ou de vieux jeu, mais selon moi, ce genre de sites ne remplacera jamais la vie réelle, et jamais il ne me viendrait à l'esprit d'y flirter effrontément avec des inconnus. D'ailleurs, les rares tentatives d'approche que j'y ai essuyées furent généralement accueillies si froidement qu'aucun risque de récidive n'était envisageable (on est parano ou on le l'est pas).
Et pourtant, j'ai pu observer que bon nombre de gens semblent d'autant plus excités par le petit jeu de la séduction qu'il se déroule sous couvert d'anonymat, quel que soit le statut relationnel de l'objet du désir (il semblerait même que les personnes mariées ou en couple soient des proies bien plus désirables que les autres), revenant à la charge avec encore plus d'insistance quand la réponse est un "non" poli, comme pour relever un défi personnel visant uniquement à flatter un égo défaillant.
Et moi de me demander si ces gens ignorent totalement que leur comportement puisse passer pour grossier ou intrusif – voire même aller jusqu'à fragiliser une relation pré-existante – ou s'ils n'en ont purement et simplement rien à foutre.
Il faut évidemment être deux pour jouer à ce type de jeu, et je trouve obscène de s'adonner à ce genre de pratiques au détriment de personnes qui, dans la "vraie vie", pourraient en souffrir. Et ne comptez pas sur moi pour vous citer des exemples : ils envahissent la toile comme de la mauvaise herbe.

Je repense d'ailleurs à un message que m'avait envoyé une "amie" MySpace lorsque j'ai annoncé solennellement mon intention de clôturer mon compte privé : "Les personnes agréables quittent MySpace les unes après les autres alors que les fauteurs de trouble restent". Ce à quoi j'ai répondu, avec tout le bon sens qui me caractérise, que les fauteurs de trouble n'ont sans doute plus que ce moyen de communication-là puisque, s'ils prennent tant de plaisir à mentir sur la toile, il y a de fortes chances qu'ils le fassent aussi dans la vraie vie. Et si jamais ils se font démasquer sur le net, rien n'est plus simple pour eux que d'effacer leur compte et d'en créer un autre pour se faire passer une fois de plus pour ce qu'ils ne sont pas dans l'espoir dérisoire de renforcer leur amour propre au détriment de pauvres filles qui croient encore que derrière chaque crapaud se cache un prince charmant. Les uns comme les autres ont semble-t-il tendance à oublier qu'il y a derrière chaque avatar une personne réelle avec de bonnes ou de mauvaises intentions et qu'il est très facile de passer pour quelqu'un de parfait et de nourrir toutes sortes de fantasmes quand les seuls échanges que l'on a passent par écran interposé et sous une identité d'emprunt.
Une vie par procuration, en quelques sortes.

Dans la mesure où internet est une île de la tentation aux possibilités illimitées, je peux comprendre qu'il puisse en effet être extrêmement difficile d'y résister.
Cela dit, quel vide intérieur et quelle piètre estime d'eux-même doivent ressentir celles et ceux qui y cèdent dans le seul but de passer le temps ou de flatter leur égo !

Fond sonore : Jamiroquaï, "Virtual Insanity".

6 commentaires:

YvAN a dit…

Rien de tel qu'une avalanche de chopes à un festival lors du podium d'un certain Blind-Test-ConTest pour remettre tout le monde d'accord. Là, il n'y a pas de place pour les menteurs et les tricheurs...

Mademoiselle Catherine a dit…

Ben oui! C'est tellement plus joyeux quand le virtuel cède la place à la réalité (quand bien même ce serait dans des conditions très particulières: je ne porte pas mes bottes à coeur toute l'année... encore que, avec le temps qu'il fait pour le moment, c'est plutôt conseillé!)

NeuNeu a dit…

Je suis parfaitement d'accord avec toi sur le fait qu'Internet facilitent le travail de certains détraqués!

Toutefois, je dois avouer qu'Internet c'est aussi l'occasion de faire de très jolies rencontres et même si elles ne sont parfois qu'éphémère, il est plus facile pour des personnes timides d'aller de l'avant.

L'inconvénient étant évidemment qu'elles peuvent aussi se construire une sorte d'image parfaite d'eux même...

Etant un garçon, on va dire que j'ai pas vraiment le droit aux sollicitations de ces dames, du coup je n'ai pas vraiment à me plaindre de ça. Mais le phénomène s'est tellement banalisé qu'il existe un site de rencontres spécialisés pour les hommes/femmes mariés...

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est vrai que je dresse ici un tableau un peu noir, et j'avoue que pour une mauvaise expérience, il y en a dix bonnes! Mais bon, on ne se refait pas: faut bien que je fasse honneur à ma mauvaise foi ;)

Cela dit, MySpace m'a permis de créer/resserrer des liens avec différentes personnes qui ne s'en servent pas comme d'un site de rencontres, et j'en suis très heureuse (pas plus tard que ce matin, d'ailleurs!).

De toutes façons, c'est toujours une question de modération... et ceux qui abusent sont malheureusement ceux qui se font le plus remarquer (bien qu'ils soient persuadés de leur discrétion, mais non en fait...)

Jolies Jambes a dit…

Quel plaidoyer! Mademoiselle Catherine, je te suis sans arrière-pensées.

Laissons la drague virtuelle sur les sites de rencontres, les réseaux sociaux vicient de l'intérieur les intentions les plus pures. Malgré cela, il m'est arrivé de rencontrer deux ou trois personnes par ce biais (Lastfm surtout)!

Bon bref, je voulais sortir quelque chose d'intelligent, mais après ce que tu nous as fait, c'est quasi-impossible. Je me casse donc, très vexé de mon intellect impuissant...

A bientôt!

Mademoiselle Catherine a dit…

Oh non, t'en vas pas déjà: tu venais d'arriver :(