lundi 15 mars 2010

Dualité

Comme tout un chacun, je suis bourrée de paradoxes et me dois de vivre avec, en acceptant par exemple le fait que je serai toujours à la fois un peu plus triste et un peu plus optimiste que la moyenne – un cocktail détonnant que j'arrive néanmoins à doser relativement harmonieusement depuis peu.
D'ailleurs, chaque médaille à son revers, et pour chaque défaut, il est possible de trouver une qualité. Quelques exemples : un radin passera pour économe aux yeux de certains, un individu narcissique paraîtra sûr de lui et l'être paranoïaque sera perçu comme prudent. Tout est dans l'interprétation ; flip the coin, comme disent nos amis Anglo-Saxons.
De la même manière, on peut être horriblement rancunier – comme je le suis – tout en ne se laissant pas pourrir l'existence par cette tare infantile : il suffit pour cela de connaitre les limites à ne pas (laisser) dépasser. S'il m'est arrivé de le faire à l'une ou l'autre reprise, je ne souhaite absolument plus passer par là, car la hargne et la rancœur sont une perte de temps et d'énergie. Aussi, plutôt que de me laisser corrompre par des pensées négatives au sujet de gens qui n'en valent décidément pas la peine, je préfère nourrir des sentiments positifs vis-à-vis des personnes que j'aime et que je respecte, ce qui, en outre, me permet de ne pas soûler ces dernières avec mes jérémiades de trentenaire parano.
Optimiste, je vous disais !

Cela dit, mon histoire personnelle n'ayant pas été de tout repos ces dernières années, il arrive que l'un ou l'autre de mes interlocuteurs s'accorde le droit de faire des commentaires au sujet de mes fréquentations passées et présentes. Si j'encaisse généralement très bien les critiques qui me sont immédiatement destinées (rancunière mais pas susceptible !), j'accepte très mal que l'on puisse prêter des intentions néfastes à des membres de mon entourage. Si j'ai effectivement eu de bonnes raisons de mettre fin à l'une ou l'autre relation, cela ne fait pas des personnes dont je me suis séparée des cons en puissance, sans quoi je n'aurais sans doute pas passé avec elles autant de temps.
J'ai beau être parfois un peu inconsciente, je ne suis pas masochiste non plus !
Et, sans vouloir l'idéaliser, ma vie relationnelle ne fut pas non plus un Enfer puisque j'ai toujours su partir avant qu'il ne soit trop tard.

Il est néanmoins hautement probable que mon seuil de tolérance à la douleur soit très supérieur à la normale, car j'ai le chic pour me mettre dans des situations qui, dès le départ, sont vouées à aller droit dans le mur. Pour ma défense, je tiens à préciser que j'ai toujours eu la présence d'esprit de quitter le train en marche avant de me faire écrabouiller (et je vous prie de bien vouloir excuser cette métaphore malheureuse au vu des récents événements ferroviaires en Belgique). Bien que j'en aie gardé diverses contusions et ecchymoses, je m'en suis, dans l'ensemble, toujours assez bien sortie sans pour autant en tenir rigueur au conducteur puisque j'étais moi aussi aux commandes.

D'où une certaine méfiance à l'égard des gens qui donnent à leurs anciens partenaires l'entière responsabilité de leurs échecs sentimentaux (hors cas de force majeure, bien entendu), car selon moi, la fin d'une relation – quelle qu'elle soit – peut être une bonne occasion de se remettre en question et de redéfinir ses propres envies et besoins une fois passés les premiers moments (plus ou moins longs, je vous l'accorde) de chagrin et d'apitoiement sur son triste sort.
Le tout est de savoir – et de vouloir – passer à autre chose...

Fond sonore : In The Nursery, "Duality".

10 commentaires:

dr frankNfurter a dit…

alors quand on est susceptible et rancunier comme je le suis... bonjour le mélange lol

Mademoiselle Catherine a dit…

J'ai toujours su que tu n'étais pas un garçon fréquentable!

Jérémy a dit…

De bon réflexes ya rien de tel !

Mademoiselle Catherine a dit…

Réflexes ou pas, il arrive parfois un moment où il fait savoir changer les habitudes... and old habits die hard!
Mais ça vient, ça vient, doucement, mais sûrement!

Les tests de Gridou a dit…

J'aurais pu écrire ce texte je t'avoue... Sauf que je ne suis pas rancunière du tout et qu'à la fin, j'aurais mis "le tout est de vouloir - et de savoir- passer à autre chose". Parce que parfois, on le veut vraiment mais on n'y arrive pas. Ca arrive très souvent chez les gens entiers, je pense que tu fais peut-être partie de cette catégorie de caractère ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est tout à fait juste Gridou... l'éternel grand-écart entre ce que l'on sait et ce que l'on sent.

Et j'espère (mais je peux me tromper) faire partie des gens dont tu parles ;)

NeuNeu a dit…

Je suis aussi rancunier, mais je me soigne...

Maintenant je ne fréquente plus que des personnes iiiiiirréprochables XD

Mademoiselle Catherine a dit…

Moi aussi! :)

lisica a dit…

Moi j'avoue être très rancunière, et avoir aussi une très bonne mémoire pour ce genre de choses...donc je me soigne, sinon je peux devenir très méchante, et ça peut faire très mal!

Mademoiselle Catherine a dit…

Avoir conscience de ses travers est déjà un premier pas vers une amélioration...