lundi 29 novembre 2010

Du besoin de se ressourcer

J'en rêvais depuis des mois (et j'en parlais beaucoup aussi...), voici qui est chose faite : je suis à Londres jusqu'à dimanche ! Il faut dire que je me sens malheureuse si je n'y vais pas au moins deux fois par an, car cette ville m'a fait énormément de bien à une époque où j'avais un immense besoin de réconfort, au point qu'elle est aujourd'hui devenue "mienne". Si je la partage volontiers avec ses huit millions d'habitants, je ne sais pas si j'aurais envie de m'y rendre avec quelqu'un qui n'y est pas directement associé dans mon esprit, car j'aurais peur que cela interfère avec le rapport que j'ai à cette ville : petit à petit, je me la suis "appropriée" parce que je m'y suis immédiatement sentie comme un poisson dans l'eau sans pour autant savoir exactement pourquoi. Le fait que j'y ai des attaches affectives fortes est sans aucun doute une raison importante, mais il y a autre chose, un petit je-ne-sais-quoi qui fait que Londres reste ma destination privilégiée.

Comme je le disais plus haut, cette ville m'a accompagnée dans une sorte de convalescence personnelle, et je suis persuadée qu'elle a largement contribué à mon bien-être actuel, car c'est, je pense, une ville qui me ressemble beaucoup de part ses charmants paradoxes : aussi exubérante et haute en couleur qu'organisée et retenue, Londres m'a aspirée tout en m'insufflant une énergie que je ne me connaissais plus, et beaucoup de gens sont très étonnées quand j'affirme avoir besoin d'y revenir régulièrement pour me ressourcer, car il peut sembler surprenant qu'une métropole de cette taille puisse apporter un profond bien-être à quelqu'un.

Le fait est que j'ai besoin, pour me sentir en vie, de savoir que le monde est vivant autour de moi, car c'est de cela que je me nourris. Si mes phases d'introspection passent effectivement par des moments de solitude (et de prises de tête) plus ou moins longs, il m'est nécessaire de savoir que je peux y mettre fin à tout moment. Mes promenades solitaires dans la City sont d'ailleurs pour moi autant de moments de réflexion, car cette dernière passe également par l'observation de mon environnement – en ce sens, Londres est un magnifique terrain de jeu. Inutile de vous dire qu'une retraite silencieuse ne ferait qu'accroître ma nervosité, car cela me donnerait la désagréable impression de tourner en rond, et ne rien faire m'épuise plus que cela ne m'apaise.
Pas que je sois d'un naturel hyperactif, mais j'ai besoin de pouvoir vaquer à quelque occupation et, ce faisant, me sentir utile – à moi-même ou aux autres. C'est là que je puise mon énergie et non sur un tapis de yoga.
C'est le contact aux autres, aux arts qui recharge mes batteries quand je sens que mes réserves s'épuisent, et rien ne me nourrit davantage que les petites et grandes conversations, la musique, la lecture, le cinéma... Tout ceci m'inspire et enrichit ma vie intérieure d'autant de sensations durables ou non.


C'est ma méditation à moi, car toutes ces choses m'apportent des émotions très diverses qui, une fois ressenties et digérées, me permettent de me sentir plus "complète" et de poursuivre mon petit bonhomme de chemin. D'aller de l'avant, tout simplement, et de rester attentive au monde qui m'entoure...

Fond sonore : The National, "England"
(...you must be somewhere in London, you must be loving your life in the rain...).

16 commentaires:

Aurélie a dit…

Je suis un peu comme toi. Quand ça ne va pas , je suis incapable de me terrer ce ne fais qu'accroitre mon mal-être. Je préfère tenter de tourner la page et aller de l'avant grâce aux autres.
Bon séjour!

Wakajawaka a dit…

Tonite Let's All Make Love in London!

Euh...

Malgré ce que les apparences pourraient porter à croire, ce n'est pas une invitation à faire des choses indécentes sous les tables du "Soviet Canteen" (430 King's Road, SW10), mais le titre d'un des meilleurs documentaires sur le Psychedelic London de la fin des 60's.

The proof is here !

Anaïs a dit…

Personnellement, ce qui me ressource c'est un peu l'idée d'immensité : la mer, les cimes avec des montagnes à perte de vue... porter mon regard le plus loin possible. Je suis capable de passer des heures comme ça... et là ça commence à être urgent (je me sens comme un citron dont on a pressé tout le jus !)

Bleu Cerise a dit…

Je ne connais personne qui soit allé à Londres et en soit revenu déçu ! Faut dire que vu le coût de la vie là-bas, on a plutôt intérêt à être heureux de son séjour :D

( Toi c'est Londres, moi c'est retourner me blottir dans les bras de ma maman. Pas de maison familiale fixe, mais savoir que mes frangins vont se chamailler pour rien, que mon père va balancer trois jeux de mots moisis à la seconde, ça me suffit ^^ )

Tinu a dit…

@Anaïs

Idem! Le calme et l'immensité j'adore! Mais par contre l'immensité vide de monde! éventuellement pleine d'animaux (oiseaux renard, marmottes etc). :)

Sinon l'irlande... J'ai adorée ces contrées, et même la ville ou on ne se sent finalement pas en ville. (avec ces petites rues et l'ambiance bien plus décontractée et accueillante :) ) Et alors un tour à dublin pour la veille du nouvel an c'est comment dire magique... :)


En tous cas j'espère que madamoiselle catherine a bien pris goût de son séjour là bas!

NeuNeu a dit…

C'est marrant, moi quand j'ai l'impression qu'un endroit "m'appartient" j'adore le partager, même si ce n'est pas à des personnes qui y sont associés.

Souvent, quand je me sens bien quelque part, je me dis:" tiens, faudrait que je ramène untel". Et contrairement à toi, je suis tout à fait capable de rester un moment seul et dans le calme pour une retraite silencieuse.

Quand j'étais à Montpellier et que je sortais d'exams pour oublier les épreuves ratées, je coupais le téléphone, fermait la porte à double tour, et je lisais pendant 2 jours... Et zou j'étais requinqué!

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: Maintenant, je ne dis pas que je n'ai pas aussi (eu) des phases d'isolement extrême, mais c'est de plus en plus rare...

@Wakajawaka: o_O Mon Dieu, ma vie ne sera plus jamais la même!
Finalement, je ne regrette pas d'avoir échappé à ces années-là ^-^

@Anaïs: Parce que Londres, c'est pas immense, peut-être?! ;)

@Bleu Cerise: Honnêtement, les tarifs, ça va encore, surtout que j'ai la chance d'être hébergée. Et ça, ça n'a pas de prix :D
(les bras de ma maman, par contre, c'est le meilleur moyen de me faire tomber dans une profonde déprime ^-^)

@Tinu: Je ne suis jamais allée en Irlande, mais il est vrai que Dublin est une ville qui m'attire (en bonne fillette ayant grandi à la campagne, je suis devenue complètement, intrinsèquement citadine avec le temps, et je n'ai pas honte de dire que la nature m'emmerde...)

(tiens, on dirait que ma mauvaise foi fait son come-back, yippie! :D)

@NeuNeu: Ce que j'entends par retraite silencieuse serait davantage de l'ordre quasi-mystique, avec méditation etc.
Par contre, passer deux jours à lire dans l'isolement le plus total, ça m'arrive aussi, et j'aime encore bien de temps en temps :)

Anaïs a dit…

Petit aparté.

(ça fait des semaines que je joue avec le feu... et ce qui devait arriver, est arrivé : je suis grillée ! Vais devoir me mettre au vert (façon de parler) pendant un booooon bout de temps... Je penserais à toi.

Je t'embrasse très fort.
Anaïs

Anonyme a dit…

personnelement, j'ai aussi un gros coup de coeur pour cette ville... Sans savoir pourquoi puisqu'en plus je ne dis pas 3 mots d'anglais sans faire de fautes. Elle m'est tombée dessus quand Marc y a été travailler durant 4 mois. Elle est ce que j'aime avec les diversités culturelles folles où chacun se sent bien...
bisous à toi que j'aime

Anaïs a dit…

J'ai été brusque...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs,: Tracasse-toi donc pas :)
Bonne mise au vert (et merci pour ton mail) ♥

@ma-marraine-la-fée: Les diversités culturelles qui cohabitent paisiblement font effectivement partie de ce que j'aime ici...

Pas encore trouvé mon riche banquier londonien (et/ou musicien), mais j'avoue n'avoir pas trop cherché non plus (note qu'un pauvre pourrait faire l'affaire aussi ^-^)

éric a dit…

Donc musicien plutôt que banquier ! ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

Advienne que pourra :)

Et puis, tu sais ce qui compte?
C'est l'amour :D

Wakajawaka a dit…

Hmmm... j'ai envie que tu me voue aux gémonies ce matin ! :P

C'est l'amour tu disais ?

Pas de doute, il y a de quoi faire aimer l'anglais !

éric a dit…

Ha ouais ! pas con...

Faut que je note ça quelque part, j'oublie à chaque fois ! :)


(comité d'approuvage : The Beatles : All You Need Is Love)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Wakajawaka: Si je tends une perche, il fallait bien que quelqu'un la prenne... :p

@éric: Bien que ce soit rare, il m'arrive de dire des trucs pas cons, en effet ;)