mercredi 24 novembre 2010

Petite leçon d'égoïsme

Depuis quelques mois, il me semble être la victime de ma bonne humeur, car les personnes qui se sentent bien dans leur peau sont souvent les plus charmantes, pour ne pas dire les plus attirantes. En effet, j'ai l'impression que ma joie de vivre est communicative et a sur mes contemporains des effets qui me dépassent un peu. Je ne vous cacherai d'ailleurs pas que j'en profite parce que c'est toujours agréable de se sentir apprécié, d'autant plus que c'est particulièrement flatteur pour le piteux égo qui est le mien.
Si les déprimés chroniques et autres psychopathes peuvent sembler charmants pendant tout un temps, ils lassent vite toute personne qui ne serait pas un peu co-dépendante sur les bords (et ceci marche aussi bien au masculin qu'au féminin). Étant moi-même passée par là, je peux vous assurer que ça se soigne très bien à partir du moment où l'on a décidé de se remettre soi-même au centre de sa propre vie.

Paradoxalement, il n'est pas bien vu d'être centré sur soi dans la société actuelle parce que l'on passe vite pour un vil égoïste. Et pourtant, appliqué à bon escient, l'égoïsme peut s'avérer très sain, car seul un individu qui est à l'écoute de ses propres envies et besoins saura être sincèrement à l'écoute des autres, tout comme seule une personne qui a un tant soit peu confiance en elle pourra accorder celle-ci à son entourage. Ça demande néanmoins une certaine générosité qui semble hélas se perdre par les temps qui courent.

Je ne dirais pas de moi que je suis très partageuse, surtout quand il s'agit de choses qui me touchent personnellement : comme vous avez pu le constater sur ce blog, je défends farouchement mon intimité, car celle-ci ne regarde que moi et quelques êtres proches. Cela ne m'empêche pas de partager des moments privilégiés avec les personnes qui me sont chères. Par contre, je ne suis plus du tout prête à partager les soucis d'autrui : si je veux bien être à l'écoute, je m'efforce de me garde de tout conseil et ne vais certainement pas prendre sur moi le fardeau d'un/e autre. D'ailleurs, les gens qui passent leur temps à parler de leurs problèmes m'ennuient profondément, car ils me donnent souvent la désagréable impression de se complaire dans leur rôle – réel ou fantasmé – de victime.

En trois mots comme en mille : chacun sa merde !
Ce qui peut sembler brutal au premier abord traduit pourtant très justement ma façon de voir les choses, car je ne suis ni infirmière, ni psy, n'en déplaise à ceux qui pensent que j'ai raté ma vocation : ceux-là faisant justement partie de mes proches, je ne doute pas une seule seconde que je serais parfaitement incompétente face à des gens que je ne connais pas ou peu.
C'est que, pour faire preuve d'une empathie sincère vis-à-vis de quelqu'un, il me faut ressentir pour cette personne une profonde affection, et je suis la première à tirer mon chapeau à celles et ceux qui possèdent naturellement le don d'écoute, quel que soir leur interlocuteur... ce qui est loin d'être mon cas : autant je suis prête à prendre tout le temps du monde pour mes proches, autant le malheur de parfaits inconnus me laisse de marbre, au point que je passe parfois pour une sans-cœur.

Sans doute que le mien doit être est trop petit – et trop sensible, à vrai dire – pour pouvoir contenir tout le Weltschmerz environnant : je m'efforce juste d'être quelqu'un de "bien" à mon échelle (et en toute modestie), car je n'ai pas la prétention de vouloir changer les autres, et encore moins le monde !

Fond sonore : Tim Exile, "Don't think we're one".

38 commentaires:

Mademoiselle Catherine a dit…

Cette note est en quelques sortes le prolongement de la précédente...

Les tests de Gridou a dit…

Chacun sa merde... Voilà l'adage qu'on utilisait énormément avec les louveteaux alors qu'ils venaient à se plaindre de broutilles... C'est devenu un jeu entre nous jusqu'au jour où un parent nous a gentiment souligné que "merde" était un gros mot. Nous avons donc utilisé l'adage propre à nous "chacun son marron !". D'où le magnifique marron attaché à mon foulard de l'époque, juste à côté de la dent d'Akela =)
Ca ne fait pas avancer le débat mais ce terme me fait toujours penser à ces belles années partagées avec les louveteaux =)

éric a dit…

L'égoïsme bien compris est une forme d'altruisme : il est préférable ne pas se pré-occuper des autres plutôt que de mal s'en occuper... :)

Tinu a dit…

Peut-on (ah ces petits petons!!!) vraiment considérer ça comme de l'égoïsme?

Pour moi l'égoïsme, c'est toujours recevoir sans jamais donner, ou uniquement quand ça nous arrange, quand toutes nos actions, déplacement sont motivés par nous même et pas par l'envie de faire plaisir aux autres.

Ne pas accepter d'écouter les malheurs d'une personne que l'on ne connait pas n'est pas vraiment une sorte d'égoïsme à mon sens. (Qui le ferait en dehors de son travail ????)

Sinon personnellement écouter les problèmes des autres ne me dérange pas forcément, ça dépend, mais c'est sûr que si vraiment je ne connais pas la personne heu...

J'ai du mal à imaginer une personne que je ne connaitrais pas se confier à moi. :D (en dehors des psychologues et psychothérapeutes ou eux c'est toujours le cas en général :D).

Sinon pour le reste je reste assez ouvert, même si moi je ne me confie pratiquement jamais (pas sur les problèmes en cours ça c'est sûr), écouter un amis/amie personne de la famille qui compte pour moi si elle/il en a besoin aucun problème, l'aider à trouver une solution qui lui convient, par elle même ne me dérange pas non plus. Par contre forcément si ça dure et si le problème provient de ses décisions, la réponse peut être un peu brusque (surtout si la solution c'est de se prendre soit même en main pour corriger le tir).

C'est pour ça que j'ai du mal à généraliser la chose... Il y a les dialogues ou les personnes ont juste besoin de parler. Ceux ou ils cherchent conseil. Dans la première partie je reste toujours présent. Pour la deuxième ça dépend, il y a des cas pathologique (du style les histoires amoureuses tout ça, ou ça n'en finie pas etc, et ou t'as beau expliquer que la seule solution c'est de tirer un trais, si ça revient en continue là c'est sûr que le démerde toi peut arriver. :D)

Wakajawaka a dit…

Héhé, c'est bien de savoir marquer son territoire, sinon, on peut se faire envahir :)

Il y a un point que tu mets en avant et qui m'a fait réagir : "se complaire dans leur rôle de victime".
Je plussoie : les "déprimés chroniques et autres amateurs de geignements nombrilocentrées", la meilleure façon de les aider, c'est de leur coller un bon coup de pied au cul. Si on se contente de les écouter, on ne fait que les aider à s'enfermer un peu plus dans leur rôle : des fois dans la vie, il faut savoir se bouger pour découvrir qu'une bonne part de la merde que l'on ressent ne proviens que de l'auto affliction.

Par contre, de temps en temps donner un épaule ou une oreille à quelqu'un qui s'est payé une tuile de première, ça n'a jamais tué personne.

Là, je prendrais un peu le contrepieds de tes propos... quand tu écris : "pour faire preuve d'une empathie sincère vis-à-vis de quelqu'un, il me faut ressentir pour cette personne une profonde affection". C'est inexact.

Je suis "empathique" par défaut, et si j'ai souvent écouté -parfois conseillé- des ami(e)s, il n'est pas indispensable que je connaisse vraiment un personne pour percevoir ses ressentis (qu'ils soient bon ou mauvais).
Ça a ses avantages et ses inconvénients.

Pas question, bien sûr, de devenir l'assistant(e)-sociale de service, chez qui venir se lamenter de sa dernière déconvenue. Mais en cas de coup dur, mes proches -et certains un peu moins proches- savent que je suis là et que je suis fiable.

Ensuite comme tu le dis : "Chacun sa merde", écouter : oui, porter le fardeau des autres à leur place : non !

"Les déprimés chroniques et autres psychopathes peuvent sembler charmants"... là tu te montre plus patiente que moi... ceux là : ils m'emm... *biiiip*.

"Le malheur de parfaits inconnus me laisse de marbre".
Je dirais presque : "veinarde !" ^_^

Pour moi personne n'est "un parfait inconnu" : je pense que nous faisons partie d'une "globalité humaine" et je ne peux m'empêcher de me sentir solidaire de tous ses membres.
Ça ne m'empêche pas de penser à moi pour autant, mais je suis incapable de véritable indifférence : lorsque je suis indifférent, ça résulte toujours d'un choix.

Je suis donc globalement d'accord sur le fond de ton propos. Les seules nuances que j'y apporterai ne sont que d'ordre personnelles.

YvAN a dit…

Et ça pue un peu le reglement de compte puéril... ou pas ?



retio

Anaïs a dit…

Et zut... moi qui pensais justement te dévoiler la part sombre de mon existance... !

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou: Me suis d'ailleurs toujours demandée quel est le féminin de "louveteau"...
(et d'abord, c'est bon, les marrons, contrairement à la merde) (amis de la poésie, bon appétit!)

@éric: CQFD!

@Tinu: Non, effectivement, comme le signale si bien éric, une saine ignorance est souvent plus salvatrice qu'une écoute bâclée.
Et je suis tout à fait d'accord avec ta définition de l'égoïsme: toujours recevoir sans jamais donner.
Or, il existe des gens qui, sous couvert "d'écoute", ne le font que pour flatter leur propre égo: c'est pour eux une façon de se sentir utile, et leurs "conseils", en plus de ne pas être les bienvenus, font souvent plus de mal que de bien.
C'est pourquoi j'essaye de m'abstenir de conseiller quoi que ce soit: je veux bien donner mon avis si on me le demande ou si j'estime que la personne à besoin d'un coup de pied au cul - encore que je brille par mon absence totale d'autorité, mais je n'ai pas la prétention de dire aux gens, même proches, ce qu'ils doivent faire de leur vie. Je n'aime pas qu'on me le fasse, alors j'essaye de ne pas le faire à autrui.

@Wakajawaka: Je rebondis immédiatement sur ton contrepieds, car j'ai bien précisé que, je cite, "pour faire preuve d'une empathie sincère vis-à-vis de quelqu'un, il me faut ressentir pour cette personne une profonde affection".
Mes propos n'engagent toujours que moi. Tant mieux si ça parle à certains, en revanche, j'accepte parfaitement qu'on puisse ne pas être de mon avis. Et je ne peux que me réjouir quand on me fait part de ses divergences d'opinion (ce qui arrive hélas trop rarement, je trouve).

Pour ce qui est de la patience, hmm... ça va jusqu'à un certain stade. J'ai bien souvent laissé aller les gens beaucoup trop loin, et finalement, ça n'a rien apporté à personne. Du coup, je m'abstiens.
Et j'ai appris à ne plus voir les choses globalement, mais à mon échelle... ce qui est souvent perçu comme terriblement égoïste, justement!

@YvAN: Non, pas de règlement de compte en vue, mais je compte sur toi pour me signaler sincèrement quand je donne l'impression de geindre! Et vraiment, hein!
Franchement, n'hésite pas :)

@Anaïs: Voudrais-tu être un peu plus précise dans ton intervention, s'il-te-plait? ;)

Pitming a dit…

Je suis partiellement d'accord, mais...

/*Mise en situation*/
Europe 1943

-Pitming: (quand il était jeune): Mlle, y a plein de juifs qu'on ne connait pas qui sont en train de se faire massacrer dans des camps !
-Mlle: Chacun sa merde !

/*Fin mise en situation*/

Est-ce que l'utilisation du point Goldwin désert mon propos ?

Wakajawaka a dit…

Ah que c'est bon quand les opinions divergent !
Disent quoi ?

(Cours se cacher derrière un yucca).

Anaïs a dit…

@Mlle Catherine. QUOI ? Tu veux les détails de ma misérable existance... celle d'une parfaite inconnue ?

Ts, ts, ts... je ne partage que mon bien être... éventuellement quelques doutes, basta ! ^_^

AnaÏs a dit…

Plus sérieusement, en ce qui concerne l'empathie, tu dis avoir besoin pour cela d'une affection sincère. Je pense surtout que tu effectues une démarche de "fermeture" et "d'ouverture" vis-à-vis de gens qui te permet de plus ou moins les comprendre. Il y a clairement un volonté d'écoute -ou pas- qui n'a rien à voir selon moi, avec la faculté de percevoir les émotions des autres.


C'est probablement un démarche saine, lorsqu'on ne veut pas se retrouver envahie. Qui sait ? c'est peut-être parce que tu es trop empathique que tu réagis comme ça ?! ^^

Tinu a dit…

@Mademoiselle Catherine
Imposer une solution n'est jamais utile pour une personne.

C'est à elle seule de la prendre, les cartes entre les mains en général elles les ont déjà, il suffit juste de leurs faire voir ces cartes là, et de montrer toutes les possibilités réalisables avec ces cartes. C'est à elle seule de choisir vers laquelle elle va finalement se diriger.

C'est ce que je voulais dire.

Par contre je t'avoue, et comme beaucoup que moi même je n'apprécie guère les gens qui passent leurs temps à se plaindre. ;) Des mauvaises passes il y en a toujours, mais "always take the bright side of life" est pour moi l'orientation. ;)

Par contre il ne faut pas aussi oublier que certains vivent par le plaisir des autres et que finalement leur plaisir ben c'est de faire plaisir aux autres. :)

éric a dit…

«Imposer une solution n'est jamais utile pour une personne.
C'est à elle seule de la prendre, les cartes entre les mains en général elles les ont déjà, il suffit juste de leurs faire voir ces cartes là, et de montrer toutes les possibilités réalisables avec ces cartes. C'est à elle seule de choisir vers laquelle elle va finalement se diriger.»


Il n'y a rien de plus faux que ça !

Je ne me lance pas dans les nombreux exemples ce n'est pas le lieu.

Autant j'approuve la démarche qui consiste à ne pas vouloir s'investir pour tout un tas de bonnes raisons autant je n'accepte pas que tout le monde soit marqué du sceau de la passivité.

Encore une fois, il vaut mieux être ostensiblement ignorant que faussement empathique.

Les tests de Gridou a dit…

Un louveteau, une louvette =)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Pitming: Godwin accordé :D
Je ne vais pas entrer dans le débat, j'en ai parlé ici il n'y a pas si longtemps que ça...

@Wakajawaka: Tu peux bien aller te cacher, tiens!

@Anaïs: M'en fous des détails de ta vie :p
Ton opinion, par contre, m'intéresse, et ton analyse n'est ma foi pas tout à fait fausse. Ainsi s'agirait-il davantage d'ouverture que d'empathie? C'est tout à fait possible!

@Tinu: J'ai envie de nuancer ton propos en ce sens que nous sommes tous très différents, et que tant qu'une personne n'est pas prête à se faire aider ou à s'aider elle-même, rien n'y fera.

Quant à se plaindre, je ne sais pas: autant les geignard/es m'emmerdent, autant j'ai toujours l'impression de me plaindre un peu trop à mon goût...

@éric: Pour ce qui est du sceau de la passivité, je crois que tout dépend du contexte et du ressenti personnel que l'on peut en avoir.
Je n'ai pas honte de dire que je ne pense pas globalement, d'une part parce que je n'ai en rien une âme de militante, et d'autre part parce que je sais, pour l'avoir ressenti très violemment à diverses occasions, que ce n'est pas bon pour moi.
Je n'ai rien d'une Mère Theresa, j'en suis même très, très loin ;)

@Gridou: Merci pour la précision :)
(ahhhh, un peu de légèreté!)

Et sinon, c'est quand les congés?
(vendredi!)
(ah oui, merci!)

Bleu Cerise a dit…

Mais l'égoïsme, c'est la vie ! Faut pas se laisser phagocyter par les autres ( sauf s'ils ont un jet privé et un yacht, là ça reste négociable )

Wakajawaka a dit…

"L'égoïsme, c'est la vie !"

Houla... pour rester poli, je dirais que je suis en total désaccord avec ce genre de propos.

On croirait du Laurence Parisot...

Tinu a dit…

@éric, j'aimerais bien avoir une description plus poussée de ta vision.

Parce que pour moi imposer une solution à une personne à son problème (on parle d'une personne adulte/majeure), c'est forcément résoudre un problème par un autre. (une personne en état normal de réflexion bien sûr).
Le résultat a de grande chances d'être pire que l'état précédent car la solution peut ne pas être accepté. Ok il y a des personnes qui ne sont pas capable de prendre leurs décisions et qui ont besion d'être guidé, mais je doute fortement que tu puisses arriver à prendre une décision pour une personne et lui imposer cette solution comme bonne... Tout simplement parce que si le résultat ne lui convient pas, ce n'est pas elle qui aura fait ce choix...

De la bouche d'un psychologue de métier, leur but est justement de faire prendre conscience au gens afin qu'ils puissent résoudre leur problème eux même. Un vrais psy (à mon sens) te rends indépendant, et pas dépendant de ces choix!
Donner une solution à une personne (lui imposer ou pas) ce n'est clairement pas la rendre indépendante...


(attention je ne dis pas que dans certains cas il n'est pas nécessaire d'imposer la solution, genre à un enfant, à une personne perdue sur le moment pour cause de drogue/alcool et qu'on forcerait à faire une cure de désintox, juste qu'en dehors de ces cas là le résultat a de grande chance d'être totalement désastreux...)

Anaïs a dit…

@Mlle Catherine. Ce n'est qu'une théorie. Je ne suis pas à ta place.

PS : Tu ne veux pas connaître les détail de ma vie... hum, je suis super vexée !

éric a dit…

@ Tinu : ce n'est pas le lieu, je l'ai déjà dit... sujet vaste et complexe qui mérite mieux que des phrases toutes faites même dites par un psy.

@ Bleu Cerise : en dehors de l'humour, pareil, ça mériterait plus de développement mais c'est intéressant de constater à quel point l'humanité a dévié de "animal grégaire et solidaire" à "indidu sociable mais égocentrique"...

Bleu Cerise a dit…

Wakajawaka : je pense que Mlle Catherine m'a suffisamment lue quand j'avais un blog pour ne pas me prendre au sérieux.

Mais pourquoi Laurence Parisot ? Je la connais de non, mais après ... Ce serait sympa de m'éclairer :)

Eric : oui, il faut savoir être égocentrique, parce qu'à trop s'occuper des autres, on oublie de s'occuper de soi. Certes, il faut penser à sa petite personne, mais d'une part, je n'ai jamais refusé mon aide à qui que ce soit, et d'autre part, on ne peut aider les autres que si l'on est bien soi-même. D'où il faut penser à soi. Parfois avant de penser aux autres ( j'ai bien dit parfois, hein, entre penser à moi et la copine qui vient de se faire hospitaliser, je fonce à l'hosto séance tenante ). Donc penser à soi, à ses propres intérêts, permet aussi de mieux envisager ceux ( celui ) des autres, et par-là même de mieux les aider en ne se laissant pas phagocyter, en se protégeant, en quelque sorte.


D'où, l'égoïsme c'est la vie :) ( dit comme ça ça fait pompeux, OK, mais fallait pas m'obliger à développer, voilà ^^ )

( 'tain si j'avais su, j'aurais pas fait du droit mais de la philo ! ) ( ou pas )

Et puis merde, les gens, arrêtez de rebondir sur le moindre trait d'humour, ça m'oblige à faire croire qu'il y avait une pensée profonde derrière tout ce que je dis ! :D

Wakajawaka a dit…

Je préfère "la solidarité c'est la vie" : les humains ne sont arrivé jusqu'à ce siècle que grâce au fait que nous soyons solidaires... toutes les autres théories que l'on entends encore parfois (hélas) ne sont que des reliquats de la pensée 19ème.

Laurence Parisot, c'est la "Patronne des patrons Français" (la dirigeante du MEDEF) qui s'est illustrée par cette citation pour justifier la précarisation du travail et le projet de démantèlement des assurances chômage par cette citation : "La vie, la santé, l’amour sont précaires. pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ".
C'était tentant de faire le parallèle avec l'égoïsme (même si c'est hors contexte) car l'égoïsme est au centre de la doctrine de cette dame.

Comme nous vivons une époque ou le nombrilisme exacerbé et le "chacun pour soi et les autres peuvent crever" est a la mode, j'ai forcément bondi ;)

Mais, même après explications... je trouve le terme mal choisi (et encore moins l'égocentrisme qui est avec l'orgueil, le défaut que je supporte le moins ^_^ ).

Chez moi "égoïsme" et "égocentrisme" sont toujours connotés négativement... je leur préfère le moins extrême "penser à soi" -ce qui reviens presque au même mais j'aime bien la nuance :).

Comme disait Camus : "Nous ne survivrons que si nous savons passer de l'état de solitarité à celui de solidarité". :P

Mademoiselle Catherine a dit…

Bleu Cerise, je t'aime ♥♥♥
Et puis, oui, question de vocabulaire: je peux être égoïste et égocentrique jusqu'à un certain stade, ça ne fera pas de moi quelqu'un de mauvais (d'ailleurs, ne faut-il pas l'être un peu pour tenir un blog?)...

Pour le reste, tout est dans le texte.

Et l'humour aussi, bordel!!!
(ça m'apprendra à poster des notes aussi premier degré ^-^)

N.B.L. a dit…

Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est une manière de se protéger.
On ne peut pas absorber, ni tenter de résoudre les soucis de tout le monde, même le meilleur des psys se casse parfois les dents...
Et puis, c'est un métier, donc laissons ce travail aux vrais spécialistes.
Pour finir, je pense aussi que l'empathie a ses limites...
C'est vraiment, comme tu le dis, la suite de ta précédente note (sujet très intéressant, au demeurant).

Fabrice "N.B.L."

Bleu Cerise a dit…

Wakajawaka : ouais bon, évidemment que l'égoïsme est souvent péjorativement connoté. Après, si tu prends au sens littéral et étymologique, c'est le fait de manquer d'empathie, de ne voir que ton intérêt propre et de ne pas prendre en compte les nécessités d'autrui ( merci Wikipédia mon ami ). Donc oui, quand je choisis de ne pas répondre au téléphone quand ma grand-mère m'appelle, je suis égoïste, puisque je prends en compte l'envie d'être peinarde et pas son envie de me parler ( et de se plaindre de ma mère, mais passons ). Mais quand j'ai apporté à manger à un SDF sur MA ration de nourriture attribuée pour 24h de patrouilles sous la Tour Eiffel, tu vois, j'ai pas trop l'impression d'être égoïste et de ne pas prendre ses nécessités en compte ...
Et puis Laurence Parisot merci, mais quand même, je sais qui c'est ^^ Juste que je n'écoute ni ne lis ses interventions, d'où ma demande de précision.
( Ouais, et puis bon, je me suis engagée dans la réserve opérationnelle il y a plus de trois ans, alors les notions de solidarité, cohésion et soutien, je maîtrise :) )

Mlle Catherine : mais moi aussi je t'aime :D <3<3<3

Aurélie a dit…

Moi je n'arrive pas toujours à faire preuve de recul vis-à-vis de ça, j'aurais tendance à faire preuve de trop d'empathie justement...

Mademoiselle Catherine a dit…

@N.B.L.: C'est bien ainsi que je vois les choses. Or, il est souvent mal vu de poser des limites claires au risque de passer pour un jeanfoutre.

Cela dit, je pense revenir à une certaine légèreté à l'avenir: ce n'est pas bon pour moi de cogiter comme je le fais en ce moment ;)

@Bleu Cerise: Prendre en compte ton envie d'être peinarde est une façon saine, je trouve, de te préserver, d'autant plus que ça t'évite pas mal d'énervements pour rien.
Dans ce cas précis, je parlerais donc davantage de bon sens que d'égoïsme :)

@Aurélie: Oh, je l'ai fait pendant très longtemps, et ça ne m'a apporté que des épuisements nerveux, car j'ai tendance à être extrêmement patiente avec les gens jusqu'à ce que j'ai la désagréable impression qu'on se paye ma tête. Du coup, aujourd'hui, plutôt que de "prendre soin" des autres, je prends soin de moi et me sens bien plus solide et disponible pour mon entourage.

Wakajawaka a dit…

@Bleu Cerise :

Désolé pour la rance Parisot, je ne savais pas que tu habitais en France (d'où ma précision) ;)

Pour le mot, c'est justement parce qu'il est négativement connoté pour la grande majorité des francophones (et égocentrique n'en parlons pas...) que j'ai réagis.

Et ce d'autant plus que nous subissons en France une campagne d'appropriation et de permutation des sèmes du vocabulaire français qui n'est pas sans inquiéter.

Il se trouve que "égoïsme" fait partie de ces mots que certains cherchent à ré-inséminer, et cela n'a rien d'innocent : ça suit au contraire, un mouvement d'idées que l'on voudrait bien voir s'implanter de manière pérenne dans l'esprit des citoyens.

Les techniques de manipulation du vocabulaire ont bien évoluées, (grâce à l'évolution des techniques publicitaires et via la "pub" de la technique de manipulation directement issues des psychologies).

"Quand on ne peut changer les idées, on change les mots pour les exprimer" (J.Jaurès).
On est en plein dedans.

Alors je continuerais de me battre contre ce viol de la langue qui est martelé à longueur de médias, pour que les mots aient encore un sens ;)

L'égoïsme ? Il fait partie des ces "valeurs" que les publicitaires essaient de mettre fortement en avant (il y a même un livre d'un des ces pseudo philosophes à la mode par chez nous à ce sujet) en le déchargeant de sa part négative.
Pourquoi ? Parce que, comme je l'avais écrit précédemment, si l'on veut casser efficacement les chaînes de solidarité sociales et refiler ce gâteau juteux au privé, il faut d'abord purger les esprits des valeurs qui justifient l'existence de cette solidarité nationale : sécu-caisses de chômage-caisses de retraite.
La politique de la peur menée en France depuis plus de 10 ans pousse -elle aussi- les gens à se tourner vers leurs petits ventres chéris... les gens qui ont peur, les gens qui cessent de penser au pluriel la nation pour se recentrer sur leur seule petite personne sont plus faciles à gouverner. D'autant plus que ce "nombrilisme" favorise toutes les plus basses pulsions d'intolérance de l'être humain. Quand on ne pense qu'à soi, tout ce qui ne défend pas nos seuls intérêts est ennemi.

Les mots, comme l'argent, ne sont jamais innocents.

D'où la nuance : faire preuve d'un peu d'égoïsme de temps en temps est naturel... dire que "l'égoïsme c'est la vie" -même avec humour- je trouves ça dangereux. ;)

Wakajawaka a dit…

Zut... il y a un bout de mon post qui est resté collé au plafond ! XD

Donc, oui, tout ça n'est qu'une question de sémantique Bleu Cerise, ce n'est en aucun cas une attaque personnelle : c'est dans les mots que je plante mes crocs ! :P

Mademoiselle Catherine a dit…

Alors parlons-en, des mots: "Quand on ne peut changer les idées, on change les mots pour les exprimer"... Ça s'appelle la langue de bois, non?! ;)

Bleu Cerise a dit…

( Au sujet de ma grand-mère, ce n'est même plus du bon sens, mais un réflexe de survie ! )

( Et je plussoie sur la langue de bois, même si ma spécialité c'est plutôt la gueule de bois ) ( mais là n'est pas le sujet, fort heureusement ! :D )

Wakajawaka : si si, j'habite en France, et même que j'suis française, carrément ! Le truc de ouf, nan ? ( ça va, je rigooooleuh :D ) Pour le reste, je crois qu'on ne tombera jamais d'accord ^^

Wakajawaka a dit…

@Mademoiselle Catherine :

Plus que la langue de bois... je crois qu'on peut appeler ça de la manipulation en profondeur ;)

(J'ai dans mon cursus un diplôme en rapport avec cet usage que l'on peut faire des mots et de l'image... qui ne m'a servi qu'à mieux décrypter les outils de la propagande et de la manipulation modernes. Je te jure qu'il y a de quoi avoir peur quand on voit avec quelle facilité on peut manipuler les esprits à l'aide d'images et/ou de mots- certains tests grandeur nature que nous avons pratiqué à l'époque me donnent encore la nausée rien qu'à y penser).

Anaïs a dit…

Je suis quand même d'accord avec Waka, pour les raisons qu'il donne et aussi parce que dans notre souci d'épanouissement personnel on aimerait autant expurger la violence de certains mots afin de mieux assumer certaines situations.

Pour autant je comprend Mlle Catherine ta démarche, elle me semble saine dans la mesure où il devient très difficile de s'occuper des autres lorsque soi-même on ne sent pas bien dans sa peau pour une raison ou une autre.

Je plussoie l'utilisation du formule du genre : "penser à soi pour mieux savoir penser aux autres" ^^

Wakajawaka a dit…

@Anaïs :"penser à soi pour mieux savoir penser aux autres".

J'ai oublié de la plussoyer celle à ! Pourtant elle est fort juste :)

Donc je me joins au concert de plussoiement !

NeuNeu a dit…

Après un article pareil, comment peux-tu dire que tu es de mauvaise foi? ^^

Sur le fond de l'article, je pense qu'on a besoin d'une part d'égoïsme pour se frayer un chemin. Les gens trop empathiques se font marcher dessus, et souvent par ceux là même qu'ils ont aidé avant!

Mademoiselle Catherine a dit…

Voilà bien le problème: j'écris un blog avec de vrais morceaux de mauvaise foi dedans (même que c'est écris dessus!). Comment veux-tu que les gens me prennent au sérieux avec des textes comme celui-ci?
D'ailleurs, je compte bien profiter de mes vacances pour retrouver toute ma verve et ma hargne ^-^

Wakajawaka a dit…

de la Hargne ?

Oh oui, mords nous avec toute la fougue d'un petit poney violine !

(Finalement les petits poneys, une fois qu'ils t'ont piétiné une quinzaine de fois, déchiqueté les vêtements avec leurs grands crocs luisants de glaires acides et léchouillé les harpions de leurs petites langues râpeuses : on finit par s'y faire... dis tu es sûre que je dois prendre ces petites boules rouges avec mon thé ? Ça ne va pas lui donner un sale goût au moins ? ).