lundi 22 novembre 2010

Very Important Persons

Certaines personnes qui me connaissent bien vous diront que je suis d'un naturel patient, et je ne saurais les contredire. Pourtant, si je fais volontiers preuve de patience vis-à-vis de mes proches (au risque parfois de m'y perdre en chemin, comme ça a pu être le cas par le passé), il n'en va souvent pas de même pour moi.

J'apprends néanmoins à faire preuve d'indulgence en ce qui me concerne, ou tout du moins suis-je en train de rééquilibrer la balance en ne faisant plus passer les autres devant moi et en sachant dire "non" quand j'en ressens le besoin, bien que cela me coûte parfois un effort surhumain.
Il n'empêche que, si je continue d'être disponible autant que possible pour mes very important persons, j'ai en revanche appris à me tenir à l'écart des gens qui me donnent la désagréable impression de perdre mon temps, car je trouve que la vie passe trop vite que pour la perdre dans des relations à sens unique – des relations qui ne m'apportent rien en dehors d'une furieuse envie d'y échapper, alors autant me donner les moyens de les éviter.

Il faut dire que mes antennes à emmerdeurs et autres individus que je qualifierais de toxiques se sont avérées particulièrement efficaces ces derniers temps, me permettant bien souvent de fuir avant qu'il ne soit trop tard (l'efficacité de mes antennes étant inversement proportionnelle à mon état d'ébriété, quelques dérapages sont certes à déplorer, mais la rechute ne fait-elle pas justement partie de la thérapie ?). Au risque de passer pour un grossier personnage, j'arrive ainsi à ignorer certains individus avec la classe hautaine du Gotha international, ce qui me permet d'économiser un temps précieux au profit de ceux qui trouvent grâce à mes yeux. Et il ne s'agit pas là de quelques happy few, mais de personnes au contact desquelles je me sens bien, tout simplement : certaines apparaissent de façon ponctuelle, d'autres de façon régulière, mais toutes m'apportent un petit quelque chose qui fera son chemin jusqu'à la prochaine rencontre et me donnera l'impression de les avoir quittées la veille, quand bien même beaucoup d'eau aurait coulé sous les ponts depuis la dernière entrevue.

Sans doute est-ce à cela que je reconnais les personnes qui me sont importantes : je peux me passer d'elles sans ressentir de manque pendant un temps plus ou moins long. Leur présence m'habite d'une façon ou d'une autre sans pour autant interférer violemment avec ma propre vie, et je suis toujours heureuse de pouvoir passer des moments avec elles, aussi petits soient-ils.

C'est un peu l'idéal que je me fais de la vie de couple : arriver à un niveau de confiance tel que l'on respecte et accepte le besoin de liberté de l'autre. Cette construction demande du temps – un temps de découverte et d'apprentissage que beaucoup de gens, me semble-t-il, ne sont plus prêts à investir dans notre ère du "tout, tout de suite", et force m'est d'avouer que je n'y échappe pas toujours.
D'où l'intérêt d'apprendre à être patiente avec moi-même et de prendre le temps dont j'ai besoin, faisant de ce dernier un allié plutôt qu'un ennemi.

Fond sonore : Fiona Apple, "I know".

65 commentaires:

AnaÏs a dit…

La notion d'attachement, de lien, semble provoquer chez certaines personnes une sorte de peur panique. Je ne vois pas le problème car pour moi ce lien est invisible et se définit tout simplement par l'importance que prennent les gens (pour une raison ou une autre). Tout comme se lien s'est crée et peut aussi se dissoudre et n'est lié à aucune forme de contrat.

C'est marrant parce que le rapports amoureux me font beaucoup penser aux rapports amicaux : nous avons un peu les mêmes attentes, nous avons aussi la facheuse tendance à idéaliser, à être exigents... J'ai même connu connu des coups de foudre amicaux ! ^^

N.B.L. a dit…

Article fort intéressant (une fois de plus).
C'est ce même "travail" avec moi-même, et avec les autres, que j'ai entrepris aussi depuis quelques années, avec plus ou moins de réussite (chassez le naturel... ;)).

@ Anaïs : moi aussi, j'ai connu des coups de foudre amicaux, et c'est vrai que les conséquences sur les relations humaines qui en découlent ne sont pas toujours faciles à gérer !

Fabrice "N.B.L."

Tinu a dit…

Personnellement étant de nature un poil trop solitaire (on va dire que c'est peut-être la vie qui m'a rendue ainsi, ou qui du moins a renforcé cette partie là), je n'ai pas vraiment de dépendance qu'on certains à toujours croiser tout le monde ou qui se sentent seul s'ils ne croisent personnes.

Cependant j'ai quelques bons amis avec qui je ne perds pas contact, et que j'apprécie particulièrement.
Comme tu le dis si bien, on se voit de temps en temps parfois à l'arrache complet (c'est ça le meilleur :D ça entraine des bricolages de fous à l'arrache complet et de grosses déconnades), mais on se retrouve comme si le temps n'avait pas bougé. Comme si tout était figé... On se contact de temps en temps comme ça pour se tenir au courant, mais majoritairement pour se retrouver sur un coup de tel tien ça te dit de venir tel jour, et on fait circuler l'info. :D

Mais étant d'un naturel solitaire, je n'ai jamais de sensation de manque. c'est juste qu'un jour je me dis tien si on se recroisait etc. On prévoit un truc (à l'arrache ou pas :D) et puis voilà, des choses simples. Mais de dehors de ce moment là non je n'ai jamais de manque, idem avec ma famille. (je me débrouille à les voir souvent à me déplacer parfois sur de longues distances, mais je n'ai jamais de sensation de manque, je peux être coupé du monde une longue période sans manque).
Et pourtant je tiens à eux. :)
Par contre une fois amoureux là la donne est totalement différente. Mais vu que cela ne m'est plus arrivé (j'en viens même à douter du possible retour) c'est un autre sujet. :D

J'ai moi aussi fait le tris des personnes que je dirais "gentilles" mais trop prenantes, comprendre, personnes qui ne te contactent jamais, que t'es content de voir, mais c'est toujours toi qui passe ton temps à relancer pour les recroiser ou avoir de leurs nouvelles. Sans ça c'est le silence radio de leurs côté.
Ayant de moins en moins de temps de libre, bah j'ai stoppé de les relancer. Si un jour j'ai de leurs nouvelles à voir. En attendant ben je vie ma vie. :)

Par contre une chose est sûre pour les personnes qui comptent pour moi (ma famille et mes proches), ils savent qu'ils peuvent toujours compter sur moi dans toutes les conditions et que je me débrouillerais toujours à être disponible si besoin en est surtout pour une urgence. ;)


Je pense qu'on est tous différent de toute façon, qu'on a tous nos perceptions différentes et des histoires différentes, ce n'est pas plus mal. :)

Tinu a dit…

Par contre j'avoue ne pas être tout à fait en adéquation avec ta manière de penser. :) Je ne dégagerais pas des personnes parce qu'elles me manquent quand elles ne sont pas là. :D

Je n'ai pas peur de m'attacher aux gens. :)

Attention je ne critique point ton point de vue hein! Je dis juste ce que je ressens et que je ne le partage pas c'est tout!

Un amis c'est aussi une personne qui compte pour nous, et qui peut-être là dans certaines conditions et pour nous aider à tenir certains problèmes, une personne en toute confiance, c'est donc logique que dans certaines conditions leur présence nous manque. (après ça dépendra des gens)

Enfin personnellement je le vois comme ça. :)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs: Être exigeant dans nos relations humaines n'est, je trouve, pas fâcheux - c'est au contraire parfaitement légitime. Tout dépend bien sûr de notre niveau d'exigence, mais je ne crois pas aux relations totalement gratuites et désintéressées: on est toujours à la recherche de quelque chose, ne serait-ce que de moments simples et agréables. Moi, en tous cas, je me nourris de mes relations aux autres, et chacune d'entre elles m'apprend quelque chose à mon sujet et me permet d'avancer. Cela dit, je dois, pour apprécier le lien (qui est en effet, sinon invisible, en tous cas élastique), me sentir en droit d'être moi-même, et ce qui fonctionne aujourd'hui très bien dans mes relations amicales n'a que rarement été le cas dans mes relations amoureuses, c'est pourquoi j'ai besoin de prendre du temps et du recul, même si je m'y suis prise un peu comme un manche ces derniers temps ^-^

@N.B.L.: Je pense que nos rapports avec les autres sont davantage conditionnés par l'acquis que par l'innée, aussi ne suis-pas certaine qu'il faille "chasser le naturel": il suffit de prendre de nouvelles habitudes, par exemple en étant prêt à se montrer moins "gentil". Je ne dis pas que c'est très agréable, mais le bénéfice est énorme!
Le tout est de savoir si l'on souhaite continuer de perdre son temps et son énergie dans des relations stériles... Pour ma part, la réponse est clairement "Non" :)

Quant aux coups de foudre amicaux, tout comme les coups de foudre amoureux, ils ne sont hélas pas toujours réciproques :/ Et comme tu l'as indiqué, les conséquences peuvent être délicates...

@Tinu: Ton analyse sur le besoin de solitude me semble très juste, et je m'y retrouve assez bien, car j'ai moi-même un immense besoin de passer du temps avec moi et rien qu'avec moi (une note à ce sujet est d'ailleurs en cours...).

Par contre, pour ce qui est du retour amoureux, tracasse-toi pas que ça va revenir. Même que parfois, c'est tellement différent de tout ce qu'on a connu auparavant qu'on met des plombes à se rendre compte que c'était ça! C'est d'ailleurs bien pour ça que c'est intéressant :D

Concernant ton deuxième commentaire, je précise bien, je cite, que je peux me passer [de mes proches] sans ressentir de manque pendant un temps plus ou moins long, ce qui ne signifie pas que je ne me sens pas attachée à eux et qu'ils ne me manquent jamais! Tout dépend évidemment des circonstances: selon les moments et les événements, je ressens plus ou moins le besoin, voire l'urgence de passer du temps avec les uns ou les autres. Et si le lien reste souple, cela ne le rend en aucun cas moins fort :)

Anaïs a dit…

@Mlle Catherine. Je dis surtout qu'on est trop exigents dans le sens où on attend des gens qu'ils se comportent comme des demi-dieux, et non des êtres humains avec des qualités et de défauts... c'est courir au devant de la déception. Le même problème que nous rencontrons souvent dans les rapports amoureux !

Tinu a dit…

@Mademoiselle Catherine

Ah ça me rassure de ne pas être le seul à tendance associable. :D
Bon le problème c'est que la vie et le contexte me rends de plus en plus comme ça. Heureusement j'arrive à me bloquer des moments ou je peux être comme j'aimerais être pour les autres.

J'ai moi aussi besoin de ces moments de solitude, de part le contexte, je n'ai pas envie de me montrer chiant raleur comme le contexte me rend. Et c'est pour ça que ça m'enfonce dans la solitude. Parfois juste parce que j'ai besoin de calme. La musique aide justement à apaiser.
Ecouter certains morceaux dans certaines conditions c'est tout simplement génial. ça remet la pèche etc. Mais jouer des morceaux c'est encore mieux. :) Je trouve la musique vraiment apaisante pour ça, ça libère l'esprit change les idées et nous plonge dans une certaine émission. :)
Bon à mon maigre niveau bien sûr étant loin d'être doué. :D Mais je m'en fou, je joue pour moi et ça me suffit. (pareil je me demande vraiment comment font les pros pour être toujours irréprochable tellement mon niveau varie franchement selon les soirs).

Pour la relation amoureuse, on verra bien, mais comme dit plus haut, le contexte ne la favorisera pas, justement parce que le contexte ne me fait pas paraitre tel que je le suis. Et que je n'ai pas envie d'apparaitre aux yeux d'une personne comme je le suis chaque soir.
Heureusement le week end j'arrive à être comme je le veux, mais vivre avec moi la semaine non, je n'ai pas envie de faire subir ça à une demoiselle. ;)

Après est ce que je retomberais amoureux ça aucune idée. Mais force est de constater que le contexte, et le temps n'améliorent pas la chose. ;)

Tinu a dit…

@Anaïs tout à fait,
le problème c'est que malheureusement pour ma part j'ai l'impression que l'amour va de pair avec parfait maintenant. Je ne sais pas pourquoi.
Pour les amis et mes proches leurs défauts ne me dérangent pas.
Mais pour retomber amoureux, à chaque fois qu'on me demande pourquoi untel ne me plait pas ou autre alors qu'on s'entend bien, la réponse qui me vient à l'esprit c'est toujours parce qu'un détail me gêne. C'est sans doute une fausse idée après tout, mais j'ai l'impression que non, qu'après ce que j'ai "subit" que je ne suis plus capable de tomber amoureux d'une personne pourtant géniale.
A chaque fois non ça ne va pas plus loin que de l'amitié, pourtant j'ai déjà croisé au moins une fille que je trouve géniale et qui objectivement a beaucoup pour me plaire:
belle, gentille, intelligente, ne dira jamais rien de méchant, je pense même que je lui plaisais, du moins je l'ai perçu comme tel (je ne suis pas du tout doué pour percevoir ces choses là et bien trop timide pour orienter le déroulement d'une relation) au vue de nos "contacts".
Mais non, j'étais bien avec elle mais visiblement un détail me bloquait. :/ C'est débile c'est absurde, mais j'ai vraiment l'impression que c'est ce point là qui me bloquait, le fait qu'elle soit un peu trop "mijoré" dirons nous, non pas du style bobo ou autre, non mais certaines mimiques, et réactions (difficile à décrire) me bloquent.
A vrais dire je n'ai jamais rerencontré une fille avec qui j'ai eu ce genre de contact et depuis la demoiselle est "casée" et notre contact a changé, ça reste plus amical je dirais (ce qui semblerait prouver que je lui plaisais si le comportement à changé et est maintenant plus distant).
Et de toute façon vu la distance ça n'aurais pas été gérable. ;)

Je t'avoue que j'en ai marre d'être ainsi, peut-être que la cause est ailleurs, mais à chaque fois que j'analyse mon pourquoi je ne tombe pas amoureux, je ne vois que des détails comme là qui seraient la cause. J'ai vraiment l'impression que "mon coeur" (c'est débile de le dire comme ça) cherche quelqu'un de parfait (alors que du point de vue analytique la demoiselle dont je parlais plus haut aurait du convenir!)

éric a dit…

L'amour, ça ne se cherche pas, ça se trouve.

Si tu te demandes : "est-elle la bonne personne ?", c'est qu'elle ne l'est pas.
Le jour où l'amour te (re)tombera dessus, tu verras vite la différence... même si ça rend aveugle ! ^^

Anaïs a dit…

D'accord avec éric... En même temps il y a des personnes qui vis-à-vis de ce qu'on appelle l'engagement font un bloquage ! Il tombent peut-être/surement amoureux mais n'assument pas tout ce qui va de paire : le lien (c'est-à-dire l'importance), l'invasion dans son espace vital, les responsabilités, amour = perte de liberté, etc... et finissent par trouver un détail qui cloche et fait tout capoter !


Je ne suis pas psy.. mais honnêtement Tinu, au vu de tout ce que tu as déjà exprimé -et si on lit entre les lignes- tu ne sembles pas pécialement heureux dans ton célibat. A supposer que tu fasses vraiment un blocage face aux rapports amoureux, ça vaudrait peut-être la peine de voir en quoi ça consiste, et s'il est possible de s'en libérer...

Moi je me dis qu'on à rien à perdre à quelques séances chez un psy... sauf son argent ^^ Qui sait ? ça peut être bénéfique, non ?!

éric a dit…

Pour le psy, c'est clair... ^^

En dehors de tout problème psychiatrique grave (donc désordre "physique", de naissance ou post-traumatique, de la matière qui héberge l'esprit), la parole échangée suffit dans 99% des cas...

Le plus difficile : parler à quelqu'un, n'importe qui et se rappeler de ce qu'on a dit (les conversations d'ivrognes en ce sens, aussi bénéfiques soient-elles sur l'instant, ne comptent pas !).
On parle pour soi, il faut le comprendre et faire abstraction de la personne qui écoute (le statut professionnel du psy aide à faire cette abstraction).

Je le redis : c'est le plus difficile. Après ça enchaîne, tranquille.. :)

éric a dit…

Pour que ce soit clair (en me relisant, j'ai un doute) : le psy est à éviter !!!

éric a dit…

Si possible, évidemment...

oui, je sais, j'abuse mais la patronne est à Londres et c'est quand même pas Anaïs qui va me reprocher mes commentaires multiples! ;)

Tinu a dit…

Ah ouf eric tu m'as fait peur. :D

Non honnêtement, comme je l'ai dit le célibat ne me dérange pas, ce n'est pas une fatalité pour moi. (de toute façon je n'ai connu que ça :D).

ce que je disais juste dans mon poste, c'est que je n'arrive plus à retomber amoureux, même si je le souhaitais, comme je le dis je ne le cherche de toute façon pas, tout simplement à cause de mon contexte. (pas assez de temps de libre trop de choses à faire et je cours déjà pour arriver à voir mes amis/famille donc un couple en plus :/ )

Dans mon poste j'analysais juste deux choses:
1) si je tombais amoureux, je ne souhaiterais pas cette relation à l'heure actuelle, justement parce que ce que je suis le soir en semaine n'est pas moi (rien avoir avec le célibat).
ça c'était le premier point

2) je m'étonnes de ne plus être capable de tomber amoureux. (il y a une période durant mes études surtout ou le contexte était différent, et donc ou le point 1 ne s'appliquait pas vraiment) Et je m'étonnes donc juste que même en croisant une femme proche de ce que j'ai l'impression d'aimer (au vue de la précédente demoiselle qui m'avait subjugué) ne me fasse finalement plus rien.
ça c'est le deuxième point.



C'est tout, maintenant comme je le dis et redis assez souvent, le célibat n'est pas forcément une fatalité, ça peut aussi être un choix, et honnêtement je suis parfaitement heureux comme je suis. :)
Quand à mon passé amoureux, j'en ai déjà parlé, donc non il ne suffit pas d'en parler. Pour moi la page a été tourné tout seul à ce moment là certe (mais je suis comme ça les problèmes je les résous seul et une fois passé ok je peux en parler), mais depuis j'en ai parlé et reparlé, et ça ne me fait plus rien, l'amour pour cette personne s'en est allé. :)

Après est ce que je serais fait pour vivre en couple de toute façon ça, je ne sais pas.
Mais une chose est sûre clairement pas avec ce contexte, la semaine j'ai besoin de rester seul et tout seul. (jamais je ne vois mes amis en semaine, je ne sors pas non plus, je bosse et puis basta, j'ai besoin de me retrouver seul dans mon chez moi).

Anaïs a dit…

@éric. No te preocupes querido... je ne vais pas te le reprocher ^^

J'ai fait une fois l'expérience du psy et après deux séances, j'ai laissé tomber. J'ai eu l'impression de perdre mon temps (et mon argent) et je me suis débrouillée toute seule en faisant un gros travail d'introspection, en essayant d'être lucide sur moi même et mon entourage, etc. mais c'est super dur !

J'ai cassé les pieds à ma mère pour qu'elle aille conculter un psy à cause de ses problèmes d'alcool et de depression. Elle a toujours refusé prétextant qu'elle n'était pas folle ! Je trouve ça tellement idiot ! Il est évident qu'aujourd'hui les gens consultent les psys pour un oui et pour un nom, mais j'estime qu'il y a des situations qui peuvent être débloquées grâce à ces professionnels qui sont censés savoir poser les bonnes questions -il y a toujours une part de charlatans^^-

Souvent, la peur de l'engagement, il ne faut pas le chercher bien loin : sa propre famille, ses propres parents qui ont donné un exemple déplorable, vous font perdre confiance, etc. Le malheur qu'on vit tient parfois à très peu de chose...

Anaïs a dit…

@Tinu. Le célibat n'est pas une fatalité ! J'en suis ABSOLUMENT convaincue... Mais en ce qui te concerne, tu t'en défends tellement d'être un célibataire "malheureux" que je finis par trouver ça louche !

A part ça, fait pas attention à ce que je dis, je ne suis qu'une emmerdeuse qui se mêle de tout !

Tinu a dit…

@Anaïs

Désolé j'ai pris l'habitude de me défendre parce qu'on entend trop souvent justement les gens se plaindre d'être célibataire de pas être heureux tout ça et passer leur temps à chercher une fille (mon frère en est un exemple par exemple), et que les parents ou la famille ont du mal à comprendre qu'on puisse être heureux de la sorte.
Et en général au final ça se termine par "bah t'es jeune t'as le temps c'est sûr"...
Mise à part mes amis qui sont dans le même cas (qui ne cherchent pas à se caser je veux dire et qui sont heureux comme ils sont), la majorité de ceux que je connais passe son temps à sortir pour rencontrer une fille et ne pas rester seul...


Ce qui explique ma justification peut-être compulsive lol. Il y a bien plus de gens qui sont convaincu que sans couple on est triste que de personnes qui comprenne que certaines personnes sont plus heureuses seules ou que c'est un choix de rester seul. :)


Bon allez je stoppe le 3615 My life. :D

Mademoiselle Catherine a dit…

(ça va, je ne vous dérange pas trop?)
Pour info, la patronne est à Londres à partir de dimanche!
Vous savez ce que je pense des digressions et multiplications sauvages des commentaires: merci de ne pas abuser de mon hospitalité au risque de voir s'activer la modération des commentaires!
(et, oui, je suis parfaitement sérieuse!)

Le débat est intéressant, en tous cas, et j'aurais sans doute beaucoup de choses à en dire si cela ne me touchait pas aussi personnellement.

Tout ce que je peux dire, c'est qu'avec le temps, j'ai appris à me fier à mon instinct et à bien m'entourer - bien ne voulant pas dire parfaitement, et c'est très bien comme ça :)
C'est d'ailleurs étrange, car je ne pense pas avoir jamais attendu des autres la "perfection", sans doute parce que j'en ai vu d'autres... Aussi me permettras-tu, Anaïs, de ne pas m'intégrer à ce "on", car, en amour comme en amitié, je trouve que ce sont nos "défauts" (quand il ne s'agit pas de tares rédhibitoires) qui nous rendent touchants. En tous cas font-ils de nous des individus "complets", et j'ai besoin, pour trouver quelqu'un réellement intéressant, d'entrevoir quelque bosse et faille. Je suppose que les défauts que j'accepte le plus facilement chez les autres sont aussi les miens...
(et la peur de l'engagement n'en fait pas partie ^-^)

Pour le reste, je ne peux qu'être entièrement d'accord avec éric!

Quant au besoin d'être seule et de me ressourcer, j'y reviendrai très bientôt dans une future note, car c'est un sujet auquel je réfléchis régulièrement. Stay tuned! :)

Anaïs a dit…

@Melle Catherine. Si tu ne rentres pas dans le "on" c'est certainement que tu es une femme intelligente ^^

En tout cas, pour moi qui suis en couple, le besoin d'être seule (à définir) et de se ressource prend toute sa signification. J'ai donc hate de lire cette prochaine note !

Les tests de Gridou a dit…

Tcheu dis !
Mes ami(e)s disent toujours du moi que je suis quelqu'un de très exigent... D'abord avec moi-même et ensuite avec les autres. Ce qui fait de moi une amie fidèle mais très compliquée qui se perd souvent dans des désirs malheureusement trop incompris...
Malgré tout, ceux qui sont restés n'en ont pas le regret, ils s'adaptent à mes demandes (totalement inconscientes) tout en puisant en moi leurs désirs... Pour l'instant, croisons les doigts, ça fonctionne =D

Anaïs a dit…

Je tiens à souligner la différence entre être exigeant et TROP exigeant, ce qui risque d'épuiser les gens à nous satisfaire !

A part ça, tout comme Gridou, je suis fort exigente avec moi même. En fait je crois que PERSONNE ne sera jamais aussi dur avec moi que je le suis moi-même. Je suis aussi plus indulgente avec les hommes qu'avec les femmes. Curieusement -et je l'ai déjà dit- je "tolère" au sexe dit fort un chouia de faiblesse, mais j'accepte difficilement que le sexe faible ne soit pas fort !

Enfin bref, on se rend bien compte avec le temps -et la pratique- qu'il faut bien faire preuve d'un peu d'indulgence avec le genre humain ! ^^

PS : Je n'ai pas pensé à toi Mlle Catherine en parlant de "peur de l'engagement". Tu me donnes le sentiment de bien savoir ce que tu veux...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs: Je peux bien sûr me tromper! Le fait est que je me suis souvent "laissée avoir" par des personnes qui n'étaient pas bonnes pour moi, et aujourd'hui, je crois pouvoir me fier à mon instinct - le "feeling" est d'ailleurs ma seule "exigence" dans le cadre de mes relations, quelles qu'elles soient, ce qui ne veut évidemment pas dire que je m'entoure de n'importe qui, au contraire: mon instinct est exigeant pour moi :)
Bien plus, en tous les cas, que ma raison!

(P.S. J'avais bien compris que tu ne pensais pas à moi ^-^)

@Gridou: Comme je le disais plus haut, c'est important d'exiger pour soi-même des choses qui nous conviennent, et je trouve qu'il n'y a aucun problème à mettre la barre un peu haut.
Par contre, je trouve important de pouvoir s'accorder la même valeur qu'aux autres, que ce soit en termes d'indulgence, de patience, de pardon ou de bienveillance.
C'est certes plus facile à dire qu'à faire, et cela ne veut évidemment pas dire que l'on peut tout se permettre, mais j'ai comme l'impression que beaucoup de mes lectrices et lecteurs brillent comme moi par leurs doutes... :)

Tinu a dit…

Nouveau sujet de philo: sommes nous trop ou pas assez exigent avec nos proches?
Que pouvez vous en déduire sur votre propre cas?


Autre question: Que deviendrait l'espèce humaine sans ses doutes?


Là je pense que ça ferait de bonnes longues discussions :D

Mademoiselle Catherine a dit…

Bah, selon moi, c'est bien simple: sans doutes, pas de questions, et sans questions, pas de réponses.
Donc, pas d'apprentissage.
Et pour moi, une vie sans apprentissage ne vaut pas la peine d'être vécue.

Tu vois que la réponse peut être courte?! :D

Tinu a dit…

@Mademoiselle Catherine
Ah non, c'est faux, on peut avoir des réponses à des questions qu'on ne s'était jamais posé. :D


Mais bon comme tu dis quelqu'un se l'est un jour posée sans quoi il n'aurait pas cherché. :D

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est très juste! Je pars d'ailleurs du principe que si l'on se pose une question, c'est que la réponse est déjà là, quelque part...

Tinu a dit…

Ah alors j'attends ta réponse sur:

On dit que l'univers est infini, mais qu'il est en constante extension.

Vous avez deux heures pour plonger sur le sujet. :D

Si l'explication de cette théorie existe, elle est bien cachée. :D


Mais bon si on savait tout sur tout ça ne serait pas drôle, ou serait le plaisir de la recherche et de la résolution des énigmes. :)


N'empêche on a très très légèrement dévidé du sujet. :D

Bleu Cerise a dit…

Comme souvent, je n'ai qu'un mot à dire : amen.
( Sauf que quand je suis alcoolisée, j'ai plus facilement tendance à rembarrer les gens, je ne vais pas être plus indulgente avec les autres ) ( et aussi qu'ignorer le peuple composant les basses couches de mon estime, c'est presque instinctif ) ( sauf les fois où je me rappelle que ma mère a essayé de m'éduquer correctement, charité chrétienne tout ça tout ça, auquel cas j'accorde quelques parcelles de ma précieuse attention auxdites personnes, parce que décidément ma grandeur d'âme me perdra )

( En fait je dois être vraiment insupportable, au quotidien ... et malgré ça j'ai des amis, y'en a qui doivent vraiment aimer souffrir :D )

Wakajawaka a dit…

Hmmm... bon... j'ai lu tous les commentaires (sisi, je le jure) plein de choses auxquelles j'aurais aimé réagir mais... vu le nombre, ce serait assez indigeste, et je n'aime pas pondre des placards donc : "Exit le commentaire des commentaires" !

Ne plus faire passer les autres avant soi.
ce qui semble être du bon sens, mais nous devons être beaucoup à avoir poussé la bouchon du sacrifice plus loin qu'on ne l'aurai dû.
Si je voulais nuancer, je dirais que parfois (dans mon cas en tout cas) on fait passer un "autrui" loin devant soi, parce que cet autrui est un morceau du "nous" et que ce "nous" nous est important plus que tout.
Une des plus sûres manières de tomber dans des impasses ! ;)

Ça n'empêche pas d'être dévoué envers nos "V.I.P.", mais pas (plus) jusqu'à se nier.

Arriver à ignorer certains individus.
Ça j'en suis incapable : je fais le ménage après coup !
Être très ouvert génère des scories, ce n'est pas faux, mais je préfère le coup de balai à l'ignorance.
Si l'on donne une chance aux gens, on s'aperçoit parfois que son premier ressenti était le mauvais (dans tous les sens).

Je peux me passer d'elles sans ressentir de manque.
Oui et trois fois oui !
Les gens qui comptent, on les porte en soi.
Ils sont quelque part dans le monde. Ils existent. Et c'est suffisant à ce qu'on soit bien.
C'est comme cela que je vis l'amour et l'amitié depuis des années et je ne l'ai jamais regretté.

Arriver à un niveau de confiance tel que l'on respecte et accepte le besoin de liberté de l'autre.
Bienvenu au club !
Aimer se conjugue avec le verbe "être" pas "avoir".
Quand on a franchi ce cap affectif d'être capable d'être heureux quand une personne qu'on aime est heureuse -que ce soit avec soi ou un(e) autre, alors on a fait un grand pas, et revenir en arrière est impossible.
Hélas j'ai constaté que la simple idée que cette façon de vivre l'amour soit possible les révulse.
Est-ce parce que ça rends plus visibles leurs propres limites ?
Pourtant personne ne leur demande de changer leurs façons de vivre leurs affects.

Wakajawaka a dit…

Zut : un bout de mon commentaire a sauté à la frappe... un gros bout (Ça m'apprendra à ne pas brouillonner ^_^).

Plutôt que de le re-poster je vais juste faire un correctif sur une des dernières phrases.

"Hélas j'ai constaté que la simple idée que cette façon de vivre l'amour soit possible [...] révulse certaines personnes."

C'est plus clair non ? ;)

kim a dit…

Oulaaa, y a de la réaction et je t'avoue ne pas avoir le courage de tout lire histoire de ne pas faire de doublon...
Soit... Je pense que nos relations- amicales ou amoureuses- sont aussi plus ou moins (j'insiste sur le "plus ou moins" car tout dépend des personnes hein, je ne généralise pas mais je pense qu'on ne peut nier la présence de ce que je vais dire) influencées par la société dans laquelle nous évoluons. Auparavant, une importance plus qu'exagérée était donnée au mariage et ça a sans doute "obligé" certains couples à surmonter beaucoup d'obstacles (comme ça en a pourri d'autres... Vive les femmes battues... Qui ont terminé entre 4 planches alors que tout le monde savait ce qu'il se passait dans ce beau mariage bien catho du 19ème siècle hein).
De nos jours, nous en sommes à l'ère de la consommation à l'extrême, complètement irréfléchie et sujette à des pulsions sans véritable motif. Et je crois que nous appliquons cela à tout ce qui nous entoure... Malheureusement... De ce côté là, je suis encore vieille France moi mais il est du coup difficile de rencontrer des gens qui ne cèdent pas à la facilité. Finalement, alors que l'empathie n'est déjà pas à tous les coins de rues, on écrase cet aspect pour notre bien-être superficiel et on se pourrit la vie (et sans doute celle de ceux qui en valent la peine) avec des éléments polluants que l'on croit indispensables.
Ce n'est que mon avis et il va peut-être évoluer, jeunette que je suis, mais pour le moment, j'ai pas trop l'impression que je sois dans le faux.
P.S.: Enfin, le côté vieille France est un peu évaporé quand je vois un truc qui me plaît et qui tombe bien sur moi dans un magasin, j'avoue, mais je préfère dans ce domaine que dans celui des relations humaines :-)

Mademoiselle Catherine a dit…

(bordel, je viens de perdre mon commentaire!!! Saloperie de Blogger!) (qui parlait de brouillon, déjà? ^-^)

@Tinu: C'est pas une question de philo, ça, si? ;)

@Bleu Cerise: T'inquiète que j'arrive très bien à ignorer le peuple composant les basses couches de mon estime (j'adore ton expression!), quel que soit mon état.
Tout ce que je peux dire de plus concernant les failles de mes antennes, c'est que je n'ai pas été à l'abri que certains dérapages. D'où l'intérêt de rester en terrain connu :)

@Wakajawaka: Hmm... le polyamour. Je t'avoue que le sujet m'intéresse et que c'est effectivement une éventualité à envisager, bien que ce type de relation demande un lien de confiance immense. N'étant pas particulièrement partageuse avec ce qui me touche profondément, je me vois mal "partager" mon partenaire.
Cela dit, quand je suis bien dans une relation amoureuse, je ne ressens aucun besoin d'aller voir ailleurs, mais peut-être que le concept m'aurait permis de prendre une distance salutaire à l'une ou l'autre occasion, je ne sais pas...

Ce qui me séduit énormément dans ce type de relation est la place centrale accordée à l'honnêteté. Pas que je veuille tout savoir de mon partenaire, mais au fil du temps, mes antennes sont également devenues redoutables par rapport au mensonge, et j'ai un immense besoin d'honnêteté dans toutes les relations que j'entreprends. Le mensonge me fait d'ailleurs souffrir davantage que la vérité, même brute et brutale!
Il se trouve que je pose peu de questions et que je n'aime pas insister (sauf en cas de mensonge trop flagrant) et dois donc ressentir cette confiance.
Ce qui, comme je le disais, demande un temps de construction plus ou moins long.

Dans tous les cas, si rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais exclut!

@Kim: Je pense que l'on peut très bien passer outre les "conventions sociales" et les pressions associées à partir du moment où l'on a décidé de vivre en accord avec soi-même, dans le respect de soi et d'autrui. Cela demande néanmoins une certaine acceptation. Et acceptation ne signifie pas résignation: cette dernière ne fait que nourrir des sentiments de colère et de tristesses qui ne sont jamais bons conseillers.
En tous cas, je ne ressens personnellement aucune pression me concernant, car j'ai fait mes expériences et m'accorde aujourd'hui un temps pour moi, pour ma vie sociale, artistique, etc.
Autant de choses qui me permettent de m'épanouir, et donc d'être quelqu'un de plus intéressant. De plus "complet", en tous cas.

(mais une autre note est en cours à ce sujet aussi, je vous épargne donc le copier/coller ^-^)

Wakajawaka a dit…

"Le mensonge me fait d'ailleurs souffrir davantage que la vérité, même brute et brutale!".

Pareil. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il y a des "petits" ou des "gros" mensonges. il y a "le" mensonge tout court, et quand il est là, la confiance s'en va.
Quand au pardon, ce n'est la plupart du temps qu'une goutte d'huile pour éviter que l'interface sociale ne se grippe.
S'il n'est ressenti au fond de soi, il n'a aucun sens.
Ne pas mentir sur ce point là non plus, m'a valu de froisser sévèrement certain(e)s.
Mais (pour faire de la philosophie niveau cours de maternelle) si le mensonge n'avais pas été là au départ, le pardon n'eut pas été nécessaire.

Le polyamour présente cet avantage que ce n'est pas une obligation de vivre à plusieurs, mais une conscientisation de sa propre capacité à aimer au pluriel sans que ça ne nous soit un "cas de conscience".

L'important dans le polyamour c'est le mot "amour", qu'il soit à deux, trois ou cinquante n'a pas d'importance.
(Quoiqu'à cinquante... j'ai des doutes que ce soit encore du polyamour ! XD ).

Bien sûr, ça implique une part de liberté sexuelle, mais ce n'est pas une obligation non plus.
Si l'on est bien avec une personne et que l'on ne ressent aucune envie : pourquoi se forcer ?
Si les envies que l'on pourrait ressentir pour d'autres pourraient blesser la personne avec laquelle on vit : il faut être franc(he) avec soi même et se demander ce qui compte le plus à nos yeux.
Pour ce qui est des sentiments par contre, nul ne peut les retenir, mais on n'est pas obligé de les "matérialiser".
Sur CE point par contre, il est vraiment important de ne pas mentir.

(Youhou ! La boucle est bouclée ! Je suis revenu à mon point de départ ! j'ai droit à une boisson gratuite (ça tombe bien ma théière est en train de refroidir(et le thé tiède c'est pas bon(ni les parenthèses injustifiées)))).

Mademoiselle Catherine a dit…

En effet, le pardon, comme la confiance, n'est pas un "cadeau" que l'on fait, mais bel et bien un sentiment profond et sincère.
Étrangement, il me semble que les gens sont de plus en plus susceptibles et attendent bien souvent de se faire caresser dans le sens du poil. Du coup, celui qui n'est pas d'accord avec eux est le méchant de service.
En ce qui me concerne, c'est une responsabilité que je veux bien endosser: je ne suis plus à ça près ;)
Nous sommes tellement entourés de langues de bois, faux-culs et autres démagos qu'un peu de franchise, même insultante, m'apporte toujours une petite bouffée d'air frais ma foi bien agréable.
Maintenant, je ne dis pas que c'est toujours facile à encaisser, mais je préfère pour ma part qu'on me serve une vérité brute de décoffrage plutôt que de tourner éternellement autour du pot: en plus d'aller immédiatement au fond du problème, ça a le mérite de faire gagner un temps précieux.

Et là, c'est moi qui digresse... Je te refais un thé, Wakajawaka?

éric a dit…

La question du nombre dans le polyamour n'est effectivement pas le point crucial (sauf le nombre pi qui peut prêter à confusion).

Sans l'avoir jamais expérimenté autrement qu'en questionnement divers et variés, je me demande là tout de suite (c'est le chiffr 50 qui me fait réagir) si le nombre de polyamant(e)s est fonction du nombre de personnalités que tout bon schyzophrène collectionne ?
Ou bien peut-on réellement être la même personne quand on aime réellement plusieurs personnes ?

Ce qui différencierais du coup complètement l'amour de l'amitié...

Bon, j'ai pas de théière, je vais me venger sur la cafetière ! :)

Wakajawaka a dit…

Volontiers !
(Je vais faire frémir les puristes du Thé : j'étais au "Eros" de chez Mariage & Frères, un assemblage sur une base de thés noirs et de fleurs... arf... je défaille ! ).

Je sais être diplomate quand l'écrasage d'orteils n'est pas indispensable, cependant on m'a cependant reproché de rentrer dans le lard de façon abrupte quand des propos ou des actes me déplaisaient.

Diplomate : oui, faux-cul : non.
Et tant pis si ça en froisse certains : au moins les choses sont claires ;)

Il me semble que quand on sait être "consensuel" les gens prennent d'autant plus mal le passage en mode "pose de pavés dans la mare".

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Ce que tu soulèves est d'autant plus intéressant que chaque individus est effectivement à multiples facettes. Dans le cadre d'une relation amoureuse, j'applique ce que j'appelle le principe des phares, laissant volontiers à l'ombre les petits travers qui me plaisent moins (et parfois même des travers rédhibitoires, mais passons...). C'est une façon de s'adapter et de prendre l'autre tel qu'il/elle est.

Par contre, pour ce qui est du fonctionnement concret d'une relation polyamoureuse, il faudrait laisser parler le spécialiste: je n'ai pas eu l'occasion de pratiquer ;)

@Wakajawaka: Je n'ai rien d'une puriste et ai une vingtaine de thés à domicile pour chatouiller mes papilles et mes nasaux! Je me réjouis d'ailleurs de mon prochain séjour à Londres pour alimenter mon stock :)

Pour rebondir sur ce que tu dis, il me semble, et je peux me tromper, que les personnes qui distribuent le plus volontiers des coups sont bien souvent celles qui les encaissent le moins bien et sont généralement peu aptes à se remettre en question...
Il doit y avoir de l'autodéfense là-dedans (puisque la meilleure défense, selon certains, c'est l'attaque!).

anaïs a dit…

@Waka. Finalement dans le polyamour il n’y a rien de nouveau… Il y a juste la pratique qui coince un peu ^^

Rappelons-nous de la définition donnée par les grecs anciens de l’amour :

Eros : L’amour physique, le désir sexuel. Pour Platon l’ « éros » est un désir, une aspiration, une convoitise liée à un sentiment de privation, qui est un de ses éléments constitutifs. Il est par nature un amour égocentrique, du seul fait qu'il est désir, donc.

Philia : L’amour absolu, le plaisir de la compagnie, l’amitié. C’est l’affection qui fait que nous aimons un être pour ce qu'il est et non pour ce qu'il peut nous apporter.

Agapé : L’amour inconditionnel. Les philosophes grecs l'utilisaient dans un sens supposé universel, c'est-à-dire opposé à un amour personnel ; cela pouvait signifier l'amour de la vérité, ou de l'humanité. Le terme est ensuite utilisé par les chrétiens pour décrire l'amour de Dieu, envers les hommes. C'est l’amour totalement désintéressé dont Dieu et les saints seuls sont capables.

Ce dernier implique un certain sens du sacrifice et de faire passer le bonheur de l’autre avant le nôtre. Le « problème » que moi je vois, c’est que toutes ces formes d’amour se mélangent, se confondent et parfois se gênent : Que devient philia lorsqu’on est sous l’emprise d’éros ? Si la compagnie de l’autre nous apporte du plaisir ou du bonheur peut-on y renoncer, quid d’agapé ! Il faudrait arriver à compartimenter nos sentiments ou plus difficile encore n’être mus que par agapé qui manifeste son amour par un respect total de la liberté et des désirs de l’autre… Que sont devenus tout à coup l’égo des gens ? Le sens de la possessivité ? La jalousie ? Envolés ??? Tous ces gens qui tout à coup sont partants pour faire des expériences sexuelles de partage charnel (échangisme, triolisme..) ça m’épate !

Quant au polyamour, je ne dis pas que ça n’existe pas, ni que c’est impossible (je crois en la pluralité des attachements et des attirances, même si ce n’est pas évident) mais à mes yeux ça demande des qualités qui font défaut à la plus part des gens... Moi pour commencer ! J’aime mon homme pour les qualités qu’il a, pour ce qu’il est : courageux, généreux, drôle, sensible, droit, honnête, beau gosse, sexy… j’en passe et des meilleures. Je prends plaisir au temps que je passe en sa compagnie (quoi que de fois… ^^). Ce qu’il est, finalement, c’est ce qu’il m’apporte, ET… je n’ai aucune envie de partager ! On fait comment ? On vit tous dans le même appartement ? (mon égo n’y survivrait pas), on fait une semaine sur deux ? Et je fais quoi quand il est avec son autre… amoureuse ? Je me morfonds, je pars à la chasse d’un amoureux bis ? Bien sûr si je tombais amoureuse de cette tierce personne ça arrangerais pas mal les choses, sous forme d’éros ou de philia… mais il n’y a aucune garantie là-dessus.

Je ne suis clairement pas un ange. Je suis bourrée de défauts, mais je suis lucide, honnête avec moi-même (c’est par là que ça commence lorsqu’on veut être honnête avec les autres).

A première vue, je n’ai aucune capacité au polyamour. Je cherche le « bonheur » en tenant compte de mes moyens, j’appelle ça l’eudémonisme : je choisis la forme d’amour et de plaisir que je suis en mesure de combler…! ^_^

Wakajawaka a dit…

Finalement dans le polyamour il n’y a rien de nouveau…
Juste sa formulation, mieux définie que celle de l'amour "libre". (avant que le terme "polyamour" n'apparaisse, je parlais d' "Amours plurals". J'ai mis du temps à valider le terme "Polyamour").

Je pense que l’amour comme beaucoup le vivent est une hypertrophie de notre acculturation à la possession étendue à l’autre ; et la jalousie un sentiment réflexif, mais certainement pas une preuve d’amour.

La typologie de l’amour selon les grecs est une bonne base, mais me semble dépassée car elle fait montre d’une rigidité et d’une compartimentation artificielles.
Je ne suis pas un zélateur de la psycho moderne, mais en ce domaine, certains ont eu des intuitions bien plus pertinentes -plus complexes- des phénomènes amoureux.
L’amour tel que je le vis -rapporté aux limites des définitions grecques- serait à cheval entre Philia et Agapé avec une pointe d'Eros, mais sans correspondre à aucune de ces définitions, ni à leur «mélange».

Les philosophies antiques ont vécu. Elles peuvent encore nous inspirer –comporter parfois encore des éléments pertinents– mais elles s’inscrivent dans une pensée et des paradigmes qui ne sont plus les nôtres depuis longtemps. Le problème que tu évoques ne viens pas d’autre chose : leur rigidité idéaliste n’est pas adaptée nos réalités.

«Tous ces gens qui tout à coup sont partants pour faire des expériences sexuelles de partage charnel (échangisme, triolisme…), ça m’épate !»
Pas moi ;) Ils assument leur liberté sexuelle selon leurs désirs. Par contre, pas de quiproquo : le polyamour n’implique pas cette approche sexuellement «partageuse». On peut aimer au pluriel sans pour autant mêler dans la même couche nos différents amours.

«Quant au polyamour, ça demande des qualités qui font défaut à la plus part des gens ».Je ne voudrais pas faire passer les polyamoureux pour des « êtres supérieurs » en affects ou en intégrité, mais je dois reconnaître que ça nécessite une certaine honnêteté envers soi même, envers les autres : une « éthique ». En tout cas c’est comme ça que je le vis.
Pas d’obligation d’aimer au pluriel (comme je l’ai expliqué sur un autre article de Mademoiselle Catherine et chez Maïa –en face d’un Egide qui avait l’outrecuidance de nier la réalité de ce que je vis et ressent. J’ai passé presque 15 ans avec la même personne sans déroger parce que je savais que -malgré ses dires- elle aurait été blessée s’il en avait été autrement).

« Je choisis la forme d’amour et de plaisir que je suis en mesure de combler…! »
C’est ça qui est important. Après, il faut tolérer que les autres puissent vivre autrement leur affects et leur vie sexuelle sans poser ses conceptions en la matière comme référents absolus… ce que beaucoup ont du mal à faire (non, je ne pense pas du tout à Lalitruc, mais alors pas du tout ^_^).

Mademoiselle Catherine a dit…

Crémilliard, moi qui suis en pleine remise en question de ma vision du couple, ce genre de débat est-il vraiment nécessaire? ;)

AnaÏs a dit…

@Melle Catherine. A priori il faut prendre l'amour comme il vient et ne se fermer à aucune possibilité... (après tout dépend de celui -ou ceux- que tu rencontres, s'il est partant pour le même type d'aventure.

Est-ce que j'ai compris ? ^_^

PS : personnellement, je trouve la vie à deux assez compliqué et j'ai l'impression qu'avec le polyamour on en fait que les multiplier ^^ je rigole !

Mr Flash a dit…

Pffff, j renonce, mon coeur ne survivra pas ...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs: C'est bien dans cette optique-là que je suis pour le moment :)

Quant à "multiplier" les relations, je ne sais pas... Si le(s) lien(s) repose(nt) sur une affection sincère et une profonde honnêteté, pourquoi pas? Cela demande "juste" assez d'ouverture d'esprit pour être prêt à sortir des schémas habituels.
De là à franchir ou non le pas... l'avenir me le dira ;)

@Mr Flash: Ça me fait penser à une chanson, tiens... ^-^

Mr Flash a dit…

Le cassette vidéo du film est sur mon magnétoscope ... Je ne sais plus si j'ai vu ce film ou pas...
Heureusement que j'ai ce guide pour me rappeler comment marche cet appareil...

Anonyme a dit…

Désolé d'atterrir ici comme les carabiniers d'Offenbach, mais comme je trouve le débat assez passionnant, je me permets modestement d'y apporter mon point de vue...

Je pense que toute relation, de la plus anodine à la plus importante, ne trouve sa justesse qu'en ce qu'elle respecte les frontières intimes de chacun, frontières évidemment mouvantes au fur et à mesure que cette relation évolue (si elle évolue...).

C'est cet équilibre qui, s'il se trouve tout naturellement dans un premier temps, est parfois difficile à maintenir lorsque les sentiments de l'un et l'autre changent, et les attentes qui vont avec...

Ce que je trouve intéressant avec cette idée de polyamour, c'est que ces différents équilibres interagissent et donc que cela ne complique pas forcément les choses si l'on parvient à trouver un équilibre dans l'ensemble...

Mademoiselle Catherine a dit…

Ne t'excuse donc pas de débarquer chez moi: tout le monde est le bienvenu ici, sauf les rustres et les malpolis!

Et je suis entièrement d'accord avec ton intervention: tout est effectivement question d'équilibre.
Comme je le disais dans un de mes précédents commentaires, il eut peut-être (je dis bien peut-être) été possible de sauver l'une ou l'autre relation amoureuse s'il n'y avait pas eu d'exclusivité. Je ne suis évidemment sûre de rien, mais je pense que j'aurais éventuellement pu équilibrer la balance plus facilement, trouvant chez l'un ce que ne m'apportait pas l'autre.
Le fait est - et ça aussi, je le disais plus haut - que tant que je me sens bien avec quelqu'un, je ne ressens ni besoin ni envie d'aller "voir ailleurs". Et j'ai toujours été honnête envers mes partenaires quand je ne me suis plus sentie en confiance avec eux.
Cela fait-il de moi une polyamoureuse potentielle? Je n'en sais rien...

Anonyme a dit…

J'envisageais à vrai dire une conception plus large du polyamour (mais qui, je pense, ne s'éloigne pas forcément de ce qu'en dit Wakajawaka), car pour ma part s'il me semble possible d'aimer sincèrement et profondément plusieurs personnes en même temps, j'imagine mal partager en tout point les mêmes choses avec chacune d'entre elle...

Il y aurait comme qui dirait conflit d'intimité... ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

"s'il me semble possible d'aimer sincèrement et profondément plusieurs personnes en même temps, j'imagine mal partager en tout point les mêmes choses avec chacune d'entre elle", c'est une définition qui me semble très juste, et c'est bien dans ce sens que j'entendais ta notion d'équilibre.
Mon commentaire précédent n'était peut-être pas très clair, j'en conviens, mais expliciter mes propos me ferait entrer dans certains détails de ma vie qui ne regardent que moi et une minuscule poignée de personnes (chose à laquelle je me refuse depuis la création de ce blog).

Pour en revenir au fait d'aimer plusieurs personnes en même temps, je ne sais pas si je serais capable de sentiments amoureux simultanés...
Ceci dit, l'intérêt des gens est qu'ils sont tous différents, et il suffit de regarder les grands écarts qu'il y a parfois entre certains de nos amis pour se rendre compte que nous sommes nous-mêmes à multiples facettes.
En amitié, nous n'hésitons pas à marquer davantage l'une ou l'autre facette selon la personne avec laquelle nous sommes, alors pourquoi pas en amour?
Questions de conventions et d'habitudes, sans doute...

Ceci, d'après ce que j'ai compris, opter pour le polyamour ne sous-entend pas obligatoirement d'avoir plusieurs partenaires si le couple fonctionne bien tel quel, bien qu'il soit avant tout question, je pense, d'être fidèle à soi-même... mais ça, ça vaut pour toutes les relations, qu'elles soient amoureuses, amicales ou autres ;)

Anonyme a dit…

"Pour en revenir au fait d'aimer plusieurs personnes en même temps, je ne sais pas si je serais capable de sentiments amoureux simultanés..."

A vrai dire, j'aurais envie à ce propos de faire une distinction entre l'amour et le sentiment amoureux car je partage ton point de vue...

Je ne sais plus qui disait que l'être amoureux ne peut se satisfaire d'être aimé, il veut avant tout être préféré...

Voilà qui instaurerait d'emblée une hiérarchie dans cette notion de polyamour, pas sûr que ça fonctionne... ;)

On peut trouver cette distinction entre l'amour et le sentiment amoureux factice et illusoire, mais je crois personnellement qu'elle existe...

Et j'irais même jusqu'à dire que si en amour on est toujours (au moins) deux, on est aussi toujours seul avec le sentiment amoureux...

On pourrait dire aussi que l'amour est un acte (même en paroles ou en pensées...) alors que le sentiment amoureux est un état...

Je ne nie évidement pas que l'un se nourrisse de l'autre mais je ne suis pas non plus certain que ce dernier soit absolument nécessaire à l'amour lui-même...

Anaïs a dit…

C'est André Gide qui disait -il me semble- que ce n'est pas l'être aimé qui compte, mais le sentiment amoureux lui-même !

Et c'est, je suppose ce qui fait qu'on multiplie les relations, soit l'une derrière l'autre... soit simultanément ! Perso, je ne fonctionne pas comme ça, l'être aimé prend de l'importance et ne laisse pas beaucoup de place à autrui...

Anonyme a dit…

Le problème du sentiment amoureux, c'est qu'il peut vite devenir beaucoup plus un appel à être aimé qu'un élan d'amour pour l'autre...

Le difficile, c'est d'aimer l'autre pour l'autre et non pour soi...

Et pour revenir à Gide, j'aurais tendance à dire que ce qui compte, c'est où cela nous conduit - que cela soit le sentiment amoureux ou l'être aimé - en enfer ou au paradis... ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anonyme: C'est bien cette notion de préférence qui me pose problème, bien que j'aie parfaitement conscience qu'on aime ses proches de façons très différentes, ce qui mène, volontairement ou non, à une sorte de hiérarchie (meilleurs amis, copains, connaissances etc.) Je ne sais pas si je suis prête à hiérarchiser ainsi dans ma vie amoureuse.

Bien plus que l'application concrète du polyamour, ce qui me séduit, c'est la place centrale qu'à l'honnêteté dans ce type de relation, ainsi que le fait qu'on s'autorise une porte ouverte (et qu'on l'autorise à son partenaire) sans pour autant être en permanence à l'affût de ce qui pourrait se présenter dans l'encadrure de cette porte.
A priori, le polyamoureux ne "chasse" pas, mais il s'accorde le droit d'éprouver des sentiments pour quelqu'un d'autre et de les vivre.
En théorie, je trouve cela très intéressant. Ceci dit, il y a souvent un gouffre entre la théorie à la pratique...

@Anaïs: "l'être aimé prend de l'importance et ne laisse pas beaucoup de place à autrui". Je suis dans le même type de ressenti quand je suis en couple.
Et très sincèrement, je n'aime pas beaucoup le sentiment amoureux en lui-même, car il fausse énormément la perception des choses ;)

Anaïs a dit…

@Anonyme. Exact !

Je me méfie du sentiment amoureux qui te met sur un petit nuage, qui te plonge dans l'euphorie et plus tu te laisses emporter par ce petit vent léger (ou pire, cette bourasque ^^) plus la chute est terrible !

Waka va m'étrangler s'il me lit mais, personnellement, je ne crois pas au polyamour. En fait, surtout, je ne crois pas que ce soit la panacée de la vie amoureuse. Si en principe elle se construit sur l'honneteté et la tolérence, dans la pratique, à mon avis, c'est une autre paire de manches car ce qui caractérise l'homme (l'individu), à savoir l'égoïsme, la possessivité, la faiblesse, la peur... vont venir brouiller les cartes, comme dans toutes les relations !

Anonyme a dit…

Je pense que c'est parce qu'on aime ses proches de façons très différentes et pour des raisons différentes qu'il n'y a pas lieu de hiérarchiser...

Et en ce sens, la polyamitié (dans laquelle l'amitié n'est pas exclusive) me semble être une bonne base de départ pour le polyamour...

J'ai d'ailleurs toujours eu du mal à parler de meilleur(e) ami(e), ne serait-ce que parce que nous ne sommes pas forcément pour nos ami(e)s ce qu'il(s) ou elle(s) sont pour nous...
...et puis parce que chaque lien d'amitié est une histoire singulière et incomparable(même les histoires passées et à venir ont elles aussi leur importance...)

Mais pour en revenir au polyamour, une autre paire de manche sans doute, je ne suis pas sûr qu'il faille l'envisager comme un idéal à atteindre à tout prix mais bien plutôt une liberté à s'octroyer si les circonstances en décident et que l'on se sent prêt...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs: Je pense que le polyamour présuppose avant tout un état d'esprit. Comme le dit notre camarade anonyme, il faut se sentir prêt, et bien souvent, entre ce que l'on sait et ce que l'on sent, il y a tout un monde de différences.
Pour ma part, si je trouve le concept intéressant, je ne me sens pas prête à le vivre, d'autant moins que, pour l'instant, la question ne se pose pas.
J'imagine que tout dépend des rencontres et du ressenti qu'on en a, et comme je le disais plus haut: pour moi, rien n'est exclu a priori.

@Anonyme: Entièrement d'accord avec le fait que toutes nos histoires relationnelles, quelles qu'elles soient, nous construisent.
J'ai même envie de dire que ce sont bien souvent les plus douloureuses qui nous sont, au final, les plus "bénéfiques", car elles nous permettent de faire le tri dans nos envies et besoins, notamment en nous aidant à définir avec certitude ce qui ne nous convient pas.

Anonyme a dit…

Les histoires les plus douloureuses, comme tu dis, sont sans doute celles où nous prenons conscience de ne pas avoir été fidèle à ce que nous sommes vraiment, de s'être laissé "embarquer" par l'autre en se niant soi-même...

J'aime beaucoup cette pensée de Robert Walser qui, si je me souviens bien, donne à peu près ceci:

Je suis incapable de définir la personne que je suis mais je ne supporte pas qu'on me déforme.

Wakajawaka a dit…

Réponse caméléon en deux partie sur le polyamour, car je me vois mal citer les auteurs à chaque fois !

«J'envisageais à vrai dire une conception plus large du polyamour, j'imagine mal partager en tout point les mêmes choses avec chacune d'entre elle». De la même manière que l’on ne vit pas la relation amoureuse de la même façon avec nos différents partenaires quand on est mono. Chaque situation amoureuse a des liens et des plis différents –du quotidien à l’expression des sentiments, de l’expression des sentiments aux rapports sexuels.
Mais alors… le polyamour serait-il une histoire de relation humaine ? XD

"Opter pour le polyamour ne sous-entend pas obligatoirement d'avoir plusieurs partenaires" Ouf, j’ai eu peur d’être en dessous du compte ! En effet, c'est essentiellement d'amour dont il est question, pas d'un supermarché des sentiments et du sexe.

"Je ne sais plus qui disait que l'être amoureux ne peut se satisfaire d'être aimé, il veut avant tout être préféré".
Je peux me permettre de nier cette affirmation -elle est à l'opposé de mon vécu et de celui de nombre de polyamoureux et d'amoureux. Bien sûr, il y a des égotistes parmi les poly comme parmi les mono –je suis content de ne pas en faire partie !

"On est aussi toujours seul avec le sentiment amoureux"
Je ne partage pas ce point de vue.
Mais, sans avoir vécu ce qu'il y a de mon côté de la barrière, c'est presque impossible à appréhender.
Il y a des vécus (comme l'amour, etc.) qu'on ne peut comprendre réellement que lorsqu'on les a vécus et intégrés.
Certaines formes de l’amour sont presque impossibles à expliquer de manière "rationnelle". Comme d’être «lié» si intimement avec une personne que nous nous ressentons à distance. (Cette personne fut d'ailleurs celle qui valida mes interrogation vis à vis de mon sentiment amoureux et me fit prendre conscience du fait que ce n'était pas une "lubie" : j'étais probablement un polyamoureux "primaire", il me manquait juste une confirmation pour le conscientiser).

"Je ne sais pas si je suis prête à hiérarchiser ainsi dans ma vie amoureuse".
Hiérarchisation qui n'est absolument pas requise. Si l'on se sent obligé de hiérarchiser -à mon avis- c'est qu'on n'est (ou "pas encore") pas véritablement "poly" au fond de soi.

"Bien plus que l'application concrète du polyamour [...] pratique".
Tout a fait d'accord avec toute cette citation ;)

(...)

Wakajawaka a dit…

(suite...)

"Je ne crois pas au polyamour". Il y en a bien qui continuent à nier la réalité sentimentale des rapports homosexuels en voulant les réduire à un histoire de perversion ou de vulgaire "jeu sexuel".
Souvent les gens qui rejettent le plus violemment la réalité du polyamour sont ceux qui sentent mis en porte a faux leur rapport à l’autre par son existence.
En quelque sorte, ce n’est pas le polyamour qu’ils nient, mais l’éclairage qu’il apporte sur leurs propres limites, leurs propres travers.

"Je ne suis pas sûr qu'il faille l'envisager comme un idéal à atteindre".
Pas pour tous en effet car comme le dit Mademoiselle Catherine "le polyamour présuppose avant tout un état d'esprit". C’est une chose qui fait partie de la personnalité en son entier. C'est comme la philo : elle est vieille de milliers d'années et certaines notions de bases n'ont toujours pas été intégrées par une immense partie de la population.
Mais c'est vrai que les choses semblent tellement plus simples et plus claires quand on est poly, que l'on se demande comment on a pu accepter de vivre avec un bandeau devant les yeux aussi longtemps. Passer des limites mono à l'ouverture poly, c'est comme d'être aveugle et de découvrir que la lumière existe.
(Viiite un café... je part en vrille ! XD ).

"Les histoires les plus douloureuses, comme tu dis, sont sans doute celles où nous prenons conscience de ne pas avoir été fidèle à ce que nous sommes vraiment, de s'être laissé "embarquer" par l'autre en se niant soi-même".

Celle ci je te la pique !

Anonyme a dit…

Je te la cède bien volontiers, Wakajawaka :-)

Anonyme a dit…

...et concernant le sentiment amoureux, lorsque tu dis qu'il y a des vécus (comme l'amour, etc.) qu'on ne peut comprendre réellement que lorsqu'on les a vécus et intégrés, je ne peux qu'être d'accord et tu m'aides d'ailleurs à préciser ma pensée car pour moi c'est en cela que le sentiment amoureux est une forme de réponse à une question insoluble, une question qui ne se dit pas mais qui peut (idéalement...) se résoudre par l'amour...

Anaïs a dit…

@Waka. J'ai expliqué pourquoi je ne crois pas au polyamour, inutile d'en donner d'autres raisons. Je ne nie absolument pas qu'il ne puisse exister, et que certaines personnes puissent s'y épanouir, simplement que cette forme de vie amoureuse aura à souffrir de ses propres travers et que les défauts qui caractérisent les individus foutra aussi le bordel... si je puis me permettre l'expression !Qui sait c'est peut-être en "l'homme" tout court que je ne crois pas !!! Mais bon, c'est un chemin vers une autre forme de vie qui s'ouvre aux hommes... le temps dire ce qu'il en sera.

Wakajawaka a dit…

@Anaïs :

C'est bien pour ça que j'ai réagis.

Car ce "je ne crois pas au polyamour" est tout aussi justifié que de dire "je ne crois pas à l'amour" ou "je ne crois pas aux relations humaines"pour les raisons que tu as mentionné.

Ton raisonnement est invalide par le simple fait que dans ta phrase, tu l'applique spécifiquement au polyamour.

Il faut se méfier des biais de sa pensée... souvent ils donnent une apparence convenablement rationnelle à des tours qui ne le sont pas. On s'y fait tous avoir un jour ou l'autre.
(On a une spécialiste des raisonnements biaisé chez Maïa ^_^).

Ainsi, durant la préparation à l'accueil pour les journées de lutte contre le SIDA, nous avions fait une mise en situation par jeu de rôle. Le "demandeur" étant à chaque fois joué par un membre d'Act-Up.

Il me posa innocemment cette question bête : "Mais... le SIDA, ça ne s'attrape que par la sodomie ?" et moi de répondre du tac au tac : "Pas du tout ! On peut aussi l'attraper au cours de rapports normaux !".

Et toc ! Voilà comment je me suis fait piéger par une expression toute faite... qui en plus ne reflétait pas mes opinions !

Ensuite il m'a bien cuisiné sur ma définition de la normalité, histoire de voir si j'allais défendre mon erreur (comportement de 95% des gens qui sont pris en faute ! ). Le chemin le plus court étant d'admettre que mon expression était inadéquate !

N'empêche qu'à l'époque, ça dut refléter inconsciemment mon refus de la pénétration anale sur ma personne.

Les mots en disent toujours bien plus qu'on ne le crois ;)

Anaïs a dit…

Tu as raison !

J’avoue que j’ai essayé d’imaginer dans la pratique une société qui serait basée sur ce mode de vie et je me suis dit que c’est TOUT son système de fonctionnement qui devrait changer radicalement. Il faudrait que chacun soit totalement autonome financièrement, gagnant sa vie et étant capable de préparer tout seul sa retraite, investir ici et là quand c’est possible (chacun pour soi financièrement, tous ensemble sentimentalement !), exit les femmes (par exemple) qui cherchent le mariage pour assurer leur confort financier... Sans parler des énormes qualités humaines dont il faudrait être doté : honnêteté et tolérance c’est très beau écrit noir su blanc mais dans la pratique c’est une autre paire de manches. Pourquoi, comment… l’égoïsme, la paresse, la PEUR, la faiblesse qui pourrissent les rapports des couples traditionnels viendraient –ils à disparaître tout à coup ?

La vérité... Je me suis toujours vue philanthrope, mais avec le temps j'ai largement perdu la foi, non pas en l'amour (sous quelque forme que ce soit) mais carrément en l'être humain...

Wakajawaka a dit…

Ça je le comprends en partie ! ^_^
L'être humain est désespérant.

C'est pour cela qu'à une époque ma devise était (ouah, je fais de l'auto-citation... ça deviens grave ! ) : "Croire en l'humain malgré l'humain".

Et là, je ne me la pète pas hein ?! XD

Mademoiselle Catherine a dit…

Pour moi, tout va beaucoup mieux depuis que le bien connu "think global, act local" a définitivement quitté mon vocabulaire parce que la première partie de la phrase me faisait plus de mal que de bien.
Je continue d'(inter)agir localement, me concentrant sur les personnes et les projets qui me sont chers, car je ne suis pas sur Terre pour me laisser pourrir l'existence par les petites et grandes injustices du monde et que ce n'est qu'en étant bien dans ma peau et en accord avec moi-même que je pourrai "faire le bien" autour de moi (et à ma modeste échelle).

Ce qui nous ramène tout naturellement au sujet de base de cet article. La boucle est bouclée :)