vendredi 7 janvier 2011

Belgique, mon amour

Voilà sept ans et une toute petite chique que je suis rentrée au plat-pays-qui-est-le-mien, un pays dont la douceur de vivre m'a cruellement manquée au cours de mon exil breton et dont même le climat me met en joie à chaque jour qui passe, car il y en a pour tous les goûts : de la pluie, de la neige, de la pluie, ô du soleil...
Un pays que j'aime profondément et qu'une poignée d'élus se plaît à saboter volontairement depuis bien trop longtemps.
Et ça me fend le cœur en mille morceaux, car ce n'est pas ma Belgique dont parlent ces gens.

Ma Belgique à moi, la Belgique que j'aime est un pays où il fait bon vivre, où l'on peut traverser les frontières linguistiques sans se faire rembarrer pour peu que l'on fasse un petit effort d'adaptation, un pays ouvert, peuplé, comme j'ose l'imaginer peut-être un peu naïvement, de gens simples, humbles et curieux. Et malheureusement un peu lâches aussi...

Au vu des récents événements (hélas largement passés sous silence) qui ont secoué l'Islande, je me demande en effet ce qu'attend le peuple Belge pour pousser enfin un légitime coup de gueule à ses élus qui, depuis le 13 juin dernier, n'ont toujours pas été foutus de constituer un gouvernement en raison de leurs 3 ans d'âge mental qui les cloisonnent dans des querelles de bac à sable aussi ridicules que stériles.

Pour celles et ceux qui n'auraient pas tout suivi, nous n'avons pas de gouvernement pour cause de "débat communautaire". Je ne vais pas vous en faire la chronologie – et en serais d'ailleurs bien incapable – mais cette petite vidéo vous donnera une idée fort juste des problèmes que peuvent poser certains élus séparatistes au sein d'un pays trilingue. Pour faire (très) court : quelques individus élus par 25% des électeurs flamands voudraient diviser le pays (je précise bien qu'il s'agit de 25% des votants flamands – car la Belgique, pays où le vote est pourtant obligatoire, a connu à ses dernières élections un taux d'abstention record – et je rappelle au passage que 75% des électeurs flamands n'ont pas voté pour eux !). Des élus dont le petit pouvoir de rien du tout a fait enfler les chevilles au point qu'ils ne sont plus capables de quitter leur petite bureaucratie pour aller voir ce qui se passe au sein du peuple.

Parce que, merdier politique ou pas, le pays reste actif malgré tout, et le fait de ne pas avoir de gouvernement n'a jusqu'à présent pas empêché les écoles, la justice, la sécurité sociale ou la culture de fonctionner. Et si tout cela fonctionne, c'est parce qu'il y a au sein de nos institutions des gens qui, eux, prennent leurs responsabilités. Parce que c'est leur boulot. Et que s'ils ne le faisaient pas, ils se verraient montrer la porte, tout simplement.

Or, il y a dans mon joli pays une caste qui semble se vautrer avec délectation dans son improductivité. Une caste qui fait de nous la risée de l'Europe (parce que le Monde, soyons réalistes, se moque bien de ce qui peut se passer en nos contrées) et offre un bien triste spectacle aux observateurs étrangers.

Pourtant, intramuros, je vous assure que tout va plutôt bien : la vie suit son cours, les retraites sont payées en temps et en heure, les poubelles sont ramassées, les transports publics transportent et les autoroutes sont toujours éclairées.

Et moi de me demander si un gouvernement est bien nécessaire...

Fond sonore : Jacques Brel, "Le Plat Pays".

37 commentaires:

Isa B a dit…

C'est peut-être justement pour cette raison (la Belgique semble relativement bien fonctionner sans gouvernement. Elle a même traversé la crise sans trop de heurts -grâce à ça?-)que les citoyens belges ne se révoltent pas. La faillite du système bancaire islandais a ravagé le niveau de vie de la majorité des citoyens (qui pour la plupart vivent correctement à condition d'accumuler les salaires de deux emplois par personne).
Imaginons que notre confort de vie soit à ce point chamboulé, je pense (ou du moins j'ose espérer) que les gens se mobiliseraient.

Pitming a dit…

Merci pour le lien sur l'Islande.

Et même si je te rejoints à 100%, je crois que ça n'est pas si simple. Quand je parle autour du moi, il y a quand même très peu de francophone qui sont près à, par exemple, abandonner les communes à facilité. Alors qu'a mon sens c'est un problème purement régional et non national.

Et surtout, on vit quand même avec un troupeau de veau qui ne bougeront leurs culs que quand on cassera leur TV 16/9 TFT écran super plat 3D...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Isa B: Effectivement, la grande majorité des gens semble avoir une conscience économique largement plus développée que leur conscience politique (pour peu que cela touche leur propre porte-feuilles, évidemment)... et c'est bien dommage :(

@Pitming: Tu tapes dans le mille quand tu dis que c'est un problème régional et non national, car je me rends bien compte que les non-Bruxellois se sentent mis à l'écart du débat (qu'ils soient francophones, néerlandophones ou germanophones). La Belgique ne se résume pas à sa capitale, bordel de couille!
Quant à la télé 16/9 TFT écran super plat 3D, je n'ai toujours pas trouvé d'endroit où la caser dans mon mini-chez-moi et m'en passerai donc encore jusqu'à nouvel ordre...

Isa B a dit…

lorsque je suis allé en Islande, j'ai en effet été assez surprise du réel sens politique des personnes que j'ai rencontré. Ce sens est ancré dans leurs traditions (l'Althing, est considéré comme le plus vieux Parlement d'Europe et est un des lieux de la culture islandaise mis en évidence pour les touristes).

Bon, nous on a Asterix. Et après, on trouve bizarre qu'on se tape dessus puis qu'on aille boire des bières.

Les tests de Gridou a dit…

Ben moi, ça me fait chier tout ça...
Parce que la Wallonie est tendance gauche, que Bxl est tendance droite et la Flandre tendance nationaliste.
Donc merde, on arrête les frais (qui coûtent très très chers) et puis chacun sa merde...
Je suis démontée, écoeurée, désoeuvrée...
Et pour passer la moitié de mon temps professionnel à me prendre le chou en flamouche avec des connards de l'administration me donnant des leçons, je serais ravie que tout cela s'arrête parce que je vire flamoucho-raciste je t'avoue. Sans bain de sang, siouplé =)))

Mademoiselle Catherine a dit…

@Isa B: Je pense que le gros problème de la Belgique est que notre identité culturelle est toute jeune, comme notre pays, et que nous n'avons pas d'imaginaire commun.
De plus, les cloisonnement communautaires sont tels qu'il est difficile pour un artiste, quel qu'il soit, de franchir la frontière linguistique, encore aujourd'hui malgré tous les outils de communication qui sont à notre disposition.
Et c'est sans parler de la barrière de la langue... qui finit toujours par disparaître après la troisième chope ;)
(elle est peut-être là, notre culture commune?!)

@Gridou: Je suis beaucoup moins radicale que toi parce que d'une part, j'ai des attaches affectives dans les trois communautés linguistiques (et à Bruxelles!) et que d'autre part, j'aime mon pays tel qu'il est et que je serais inconsolable si un jour il devait être découpé en je-ne-sais-combien de morceaux à cause de quelques politicards flamingants :(

Anaïs a dit…

Et puis, il fait trop froid...

Mademoiselle Catherine a dit…

En Islande? Ça oui, je suis bien d'accord :D

Anaïs a dit…

J'suis jamais allée en Islande... ^_^

Anaïs a dit…

Je me demande si cette taquinerie n'est pas encore tombée comme un cheveux sur la langue ?

Bin, tu ne parles pas que de politique Mlle Catherine, mais aussi de douceur de vivre et des joies du climat. Si je puis me permettre d'évoquer un souvenir (je dois être un peu maso !) : J'ai grandi en Espagne et c'est seulement vers 14 ans que je me suis installée en Belgique avec ma mère. Néanmoins je passais l'été entier au soleil -j'y retournais-. Le 1er septembre est une date traumatisante pour moi car elle correspond au retour à l'école, au retour en Belgique, au froid et à la pluie. Dans mon esprit c'était un peu comme dans le film de Chti's avec le rideau de pluie qui Limite le département du Nord : Je passais de 30° au soleil à 20° au mieux sous les nuages. (Dire que je suis frileuse est un euphémisme, je passe l'année à souffrir du froid, l'Ile de France est encore trop au Nord pour moi !)

Pour en revenir à la Belgique... et aux belges, heureusement qu'ils ont un coeur chaleureux qui à mes yeux remplace tous les désagréments climatiques. Ce que j'aime en Belgique, c'est de voir comment le climat ne les rebute pas, comment on les retrouve dans la rue, comment ils remplissent les terrasses de café -même en hiver-, comment ils aiment s'amuser, comment ils sont généreux...

ça doit être ça qui me manque en fait, et non le soleil espagnol... Reste la politique et le flamand, bof ! ^_^

Anaïs a dit…

Un cheveux dans la soupe, pardon... je ne connais plus mes classiques ! ^^

Mademoiselle Catherine a dit…

J'avais bien compris Anaïs, mais l'argument "tu parles aussi de douceur de vivre et des joies du climat" ne me convainc pas vraiment parce que ça risque de devenir un merdier sans nom dans les commentaires si on commence à me parler de crêpes et de Björk sous prétexte que j'évoque brièvement la Bretagne et l'Islande ;)

Mais le hors sujet est pardonné parce que je commence à te connaître et qu'en plus, je t'aime bien :) (et que j'ai eu un gros fou rire en lisant ton dernier commentaire :D)

Ceci étant dit, je compte sur vous pour faire un effort de cohérence dans les commentaires. Merci tout plein!

Pitming a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Ce sont le communautés (et leur bras armés à savoir TV et radio) qui ont fortement contribué à la scission identitaire des belges.

supprimons les communautés et ça ira mieux (ou pas)

éric a dit…

« Et moi de me demander si un gouvernement est bien nécessaire... »

Ne cherchez plus la phrase de 2011 !

Bleu Cerise a dit…

Euh ... j'ai une mère corse et un père breton, j'vais m'abstenir de me prononcer sur ce genre de question ^^

Mais oui, c'est aussi ce qui me surprend : que tout aille 'normalement' au quotidien, alors qu'on nous apprend toujours en cours que sans gouvernement ou pouvoir politique effectif, tout est censé partir en cachuètes. Et c'est tant mieux pour la Belgique :)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Pitming: Je ne sais pas si la suppression des communautés règlera quoi que ce soit, car il me semble que le problème est bien plus profond (et surtout bien plus obscur...)
Le fait est que les problèmes communautaires se manifestent à intervalles réguliers depuis, je suppose, la création du pays, et parfois bien plus violemment qu'aujourd'hui. Pour ce que j'en perçois avec mon regard de citoyenne amenée à des contacts réguliers avec les différentes communautés linguistiques, c'est que ce dont parlent les médias ne me saute absolument pas aux yeux au quotidien.
Bien plus que les communautés, c'est Bruxelles et ses communes à facilité dont il est, je pense, réellement question dans le débat actuel...

@éric: Je reconnais bien là le vieil anar' qui sommeille en toi :)

@Bleu Cerise: Je vois actuellement la Belgique comme une expérience anarchique grandeur nature :D

(pour rappel: "anarchie" = "a" privatif + "arkhê", grec pour "pouvoir", "commandement", c-à-d "pas de pouvoir" - ce qui n'empêche pas une certaine discipline citoyenne, en tous cas, dans le sens où je l'entends)

éric a dit…

Tout à fait d'accord avec cette dernière parenthèse.
L'anarchie ce n'est ni le foutoir ni le chaos.

Ce que tu appelles joliment "discipline citoyenne", Léo Ferré le chantait ainsi :
« L'anarchie, c'est l'ordre moins le pouvoir ! »

Bleu Cerise a dit…

Moi j'suis d'accord avec toi (mais steuplé, j'avais profondément enfoui mes souvenirs de grec ancien, les exhume pas trop souvent, merci bien :D) :)

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Le concept d'anarchie est l'une des très rares utopies qui me séduit réellement :)
Dommage que "les gens" (terme générique) soient trop cons pour faire preuve de cette discipline citoyenne dont je parlais...

@Bleu Cerise: 'xcuse! J'le ferais plus, promis!

Mick Kelly a dit…

Commentaire tardif mais merci pour le lien vers l'article sur L'Islande. Ça me semble assez important ce qui se passe là-bas et sans toi, je serais sans doute passé à coté.

Mademoiselle Catherine a dit…

Oui, la situation de l'Islande est assez exemplaire. Je suis d'ailleurs extrêmement étonnée que cette tranquille révolution soit à ce point passée sous silence ; il est d'ailleurs peu aisé de trouver des articles à ce sujet via Google, ce qui démontre bien à quel point la situation islandaise fait peur, car c'est tout le système économique libéral qu'elle remet en question, et pas seulement le système politique.

Pour une fois que je me sens utile sur internet...
Et n'hésitez pas à relayer l'information!

éric a dit…

Désolé mais il va falloir se calmer sur l'Islande :

http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214

Mademoiselle Catherine a dit…

éric, je n'ai jamais dit que l'Islande était devenue un paradis démocratique, mais que sa situation actuelle remet en question un certain nombre d'acquis et d'habitudes politiques, économiques et sociales, ce que, en soi, je trouve très encourageant.

Et personnellement, je n'y vois pas de "révolution anticapitaliste" (je ne suis d'ailleurs pas plus "anticapitaliste" que je ne suis "anti" quoi que ce soit), mais la réponse très forte d'une population face à une crise économique extrême.
En ce sens, oui, je trouve qu'il faut en parler, et le silence qui règne autour du cas islandais me choque: comment se fait-il qu'en 2011, on n'aie pas accès à davantage d'informations sur un sujet aussi peu anodin que celui-là?

éric a dit…

Parce qu'il est anodin !

300 000 personnes vivent quasiment recluses à l'écart du monde et malgré cela ont longtemps possédé l'un des niveaux de vie les plus élevés de la planète !
Lorsque la manne financière américaine et européenne s'est abattue sur l'île, aucun de ses habitants ne l'a refusée et chaucun en a largement profité...
Maintenant que les choses vont un peu moins bien (un peu, le pays est loin d'être en failllite et ne le sera pas), ça grogne et ça gesticule mais je trouve ça assez pitoyable en fait : je fais le pari qu'ils re-privatiseront les banques assez vite pour justement tenter de retrouver leur niveau de vie d'antan (qui même aujourd'hui est encore un des plus élevés d'Europe...).

JPVdA a dit…

Il s'agit bien d'un problème communautaire au sens propre du terme, et pas d'un problème linguistique,ni culturel.
Une partie de ce qu'on appelait autrefois la Nation a obtenu le pouvoir financier et politique de l'Etat après la seconde guerre mondiale (développement économique au nord financé par la surexploitation des ressources au sud) et n'entend plus le partager. Si 25% de l'électorat flamand a voté NVA, 75% a voté pour des partis de droite dont le principal discours envers ses électeurs (des parvenus au sens propre du terme)est: "on a déjà trop payé pour les autres (étrangers, wallons et autres parasites), il faut que ça cesse". Le repli sur soi, en dehors de toute idéologie, est quand même la grande caractéristique de cette communauté (avec ses ramifications provinciales, communales puis villageoises).
Peut-on encore parler de Nation, si on crée de telles catégories en son sein.
J'ai une grande tendresse pour la Belgique de papa et sa belle histoire scolaire, mais ...
C'est un beau roman, c'est une belle histoire, mais ce n'est plus une romance aujourd'hui!
Questions ouvertes:
-Dommage donc?
-On n'a que le personnel politique qu'on mmérite?
-Que peut-on faire?
-Doit-on continuer coûte que coûte?

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Alors là, j'avoue que je ne te comprends pas: d'un côté, tu es le premier à encourager les gens à descendre dans la rue, et quand ils le font (avec des résultats tout de même assez incroyables - en ce sens, permets-moi de te dire que je ne trouve pas cela anodin du tout), ça ne vaut pas la coup?
Je sais bien que l'Islande n'est pas un pays à plaindre, même après le crash de son système bancaire, mais quand même: j'admire ces gens qui sont sortis de chez eux pour faire part de leur mécontentement de façon civilisée et réfléchie!

@JPVdA: Dans ma très grande, que dis-je mon infinie naïveté, j'ai souvent tendance à ne vouloir regarder que les bons côtés des choses. Ainsi, dans le contexte actuel, j'observe avec admiration mes amis flamands, tellement éloignés, pour ne pas dire à l'opposé de l'image que nous donnent Bart & consorts... C'est mon image de la Belgique, ça. Bien que j'aie beaucoup souffert, enfant, de ma "bâtardise" (dur, dur pour un gosse d'être parfaitement bilingue - avec une très nette préférence pour le français - dans les Cantons de l'Est) (cela me fait penser que mon frère a très tôt fait le choix de l'allemand et qu'il a eu beaucoup moins de problèmes d'adaptation...) et que j'aie donc pris conscience très jeune des clivages communautaires, le fait d'avoir vécu plusieurs années à l'étranger m'a largement réconcilié avec mon propre pays.

Continuer coûte que coûte, non, en tous cas pas comme maintenant parce que c'est vraiment du grand n'importe quoi!
Le nœud du problème, c'est que l'avenir de tout un pays est actuellement entre les mains de politiciens dont certains ont, comme je le dis dans mon article, 3 ans d'âge mental... Et ça, ça me fait très, très peur!

éric a dit…

Sur l'Islande : ça ne me semble pas correspondre du tout à une manifestation de contestaton mais à un "gros caprice".
Et tant mieux si la suite me détrompe, j'en serais ravi ! :)

Sur la Belgique : le souci va surtout venir de la Communauté Européenne (donc des banques) qui ne va pas tarder à faire les gros yeux et peut-être tenter "d'imposer" un gouvernement au moins formel...

Mademoiselle Catherine a dit…

En parlant de manifestation de contestation... En priant très fort pour qu'il n'y ait pas de récupération politique.
(et le premier altermondialiste en culottes courtes qui vient jouer du djémbé à côté de moi, je lui pète sa gueule!) (ça vaut aussi pour les syndicalistes à mégaphones!)

éric a dit…

Tu nous raconteras... y'aura forcémént un altermondialiste à côté de toi ! :-D

Anaïs a dit…

N’empêche, il faut admettre que oui… la Belgique fait la risée de l’Europe. J’ai une bonne partie de ma famille qui vit en Belgique (ma mère et ma sœur, entre autres) qui me tient informée de ce qui s’y passe, sans rentrer pour autant les détails.

Si le pays continue à fonctionner c’est par effet d’inertie… grâce à ses acquis surtout, tout ce qui a été mis en place jusqu’à maintenant (jusqu’au jour où le pays n’a plus été capable de reformer un gouvernement). Comme tu le dis : « les retraites sont payées en temps et en heure, les poubelles sont ramassées, les transports publics transportent et les autoroutes sont toujours éclairées »… Mais pas réparées. (Si je puis me permettre une parenthèse, les ornières qui déforment les chaussées, l’état de décomposition des glissières… c’est proprement ahurissant !)

Bref, un peu partout des personnes responsables, OK, et qui surtout on besoin de continuer à vivre. Mais ça ne peut pas durer indéfiniment… le pays risque bel et bien de tomber dans l’anarchie au sens où tout le monde l’entend, c’est-à-dire : le bordel ! La discipline citoyenne il a bien fallu l’instaurer d’une manière ou d’une autre, elle ne s’invente pas… Et pendant combien de temps peut-on compter dessus ?

Prend l’exemple de ton blog, aucune forme d’anarchie ! Les rennes sont bien tenues…
que deviendrait ton blog si tu ne mettais pas le holà quand des internautes digressent, tiennent des propos qui tombent comme des cheveux dans la soupe, savent pas s’arrêter quand la maîtresse de maison dit Stop… ? Pfffff… le bordel ! Dur dur, l’ordre sans l’autorité…

(Et puis moi, le désordre sur le net, j’avoue, ça m’plaît bien ; je garde un souvenir ME-MO-RA-BLE d’une discussion qui est partie en vrille à propos de scrabboules sur un billet qui parlait vinaigrette… Mais puisqu’il faut filer droit… c’est dans mes cordes. Au fond, c’est ce que j’ai fait toute ma vie !)

PS : Je souhaite le plus grand bénéfice à la marche pacifique du 23 janvier pour la mise en place, ENFIN, d’un gouvernement… en toute intelligence ! Quant à la récupération politique, en un sens, faudrait qu’elle se fasse… Y seras-tu Mlle Catherine ? ^_^

PS² : Il y a une Anaïs qui discute chez Maïa. C’est pas moi… on s’en fout, je sais !

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Ben j'lui péterai sa gueule, pardi :D

@Anaïs: L'anarchie, dans le sens où je l'entend comprend un nombre de règles et part du principe que les citoyens sont assez disciplinés pour les suivre sans avoir à être "policés". En ce sens, c'est une charmante utopie. J'en veux pour preuve ce blog, et je t'assure que je ne tire aucun plaisir à remettre dans le "droit chemin" les contrevenant/es aux règles, certes édictées par moi seule, mais il se trouve que c'est mon blog, alors j'applique les règles que je veux. Et il me semble que celles-ci sont assez claires, non? ;)

Pour le reste, tu vois juste: ça risque fort bien d'être un vaste bordel une fois que tous les budgets seront largement dépassés et que la crise politique deviendra une crise économique...
A vrai dire, je me demande si la meilleure solution ne serait pas de renforcer le pouvoir des gouvernements communautaires et régionaux (qui, eux, fonctionnent) et revoir à la baisse les fonctions du gouvernement fédéral.
Mais je me trompe peut-être: autant la politique française était pour moi d'une transparence exemplaire quand je vivais dans l'Hexagone, autant la politique belge me semble être un labyrinthe dont on ne sort pas vivant!

Quant à la manif', je me déciderai le jour-même parce que je serai au Festival de Liège la veille et ne sais pas jusque quelle heure ;)
(je sais, mon argument est nul à chier, je ferai néanmoins de mon mieux pour me rendre à la capitale le 23!)

kim a dit…

Encore en retard moi :-)
Je dirai juste que je réalise de plus en plus que nous vivons dans un pays à majorité barakis. Le baraki n'aime pas bouger son gros postérieur de son divan ni lâcher sa Cara qu'il tient depuis hier en main. Le baraki râle mais sur la police ou la loi, enfin... Sur tout ce qui l'oblige à travailler parce que travailler c'est chiant quoi. Et les flamands, c'est des gros connards quoi? Pourquoi? Ca ferait trop mal au baraki de se renseigner, le peu de neurones dont il est doté risqueraient un incendie fatal.
Bref, le baraki ne va certainement pas se bouger gratos quoi. Ca le fait déjà chier de payer des impôts (d'ailleurs, où ça va des impôts?). Alors, pensez bien, une manif', vous vivez dans le monde des bisounours vous ou quoi? Ban, on va chercher des frites?

Voilà une des raisons (car il y en a d'autres mais celle-là est vraie ET "drôle") pour laquelle je pense que le belge ne s'est pas bougé les fesses plus tôt.

P.S.: J'en ai juste à l'étage en-dessous de chez moi et ils courent les rues de mon quartier alors même si je n'en suis pas, ne venez pas me dire que je ne connais pas le baraki hein.

Mademoiselle Catherine a dit…

Pas d'accord quand tu dis que notre pays comprend une majorité de barakis: il y en a certes beaucoup, mais dire qu'ils représentent une majorité me semble très exagéré. C'est juste qu'ils sont plus visibles que le citoyen lambda, un peu comme les grandes folles seraient selon certaines personnes représentatives de la communauté gay.
Et puis, le baraki est très local aussi: s'ils courent les rues en Outremeuse, à Seraing ou à Marcinelle, je peux te garantir qu'ils sont extrêmement rares dans le Laveu (un quartier de gens bien, tout le monde sait ça ^-^) ou à Namur...

Ceci étant dit, je ne peux hélas pas te contredire au sujet de l'esprit "plan-plan" du Belge moyen. Je peux néanmoins comprendre qu'au vu du merdier politique actuel, beaucoup de citoyens aient fait le choix de ne pas s'y intéresser.

kim a dit…

C'était juste pour alléger l'atmosphère mamzelle ;-) *Bien que je pense vraiment qu'ils n'aident en rien...* Pour être un chouia plus sérieuse, je pense aussi que notre plan-plan est jeune comme tu dis. Quand tu vois la France qui bouge souvent et qui a Mai 68 notamment, dans son récent passé, on peut un peu comprendre pourquoi le belge ne bouge pas (il ne l'a jamais vraiment fait). D'un autre côté, je me demande si notre lassitude n'a pas évité une mini guerre civile. Si on avait dû se fâcher entre nous comme les politiciens le font... Bouhhh, j'ose même pas imaginer.

Mademoiselle Catherine a dit…

Ben oui, j'avais bien compris que c'était pour rire, sinon j'aurais pas mis des liens débiles dans mon précédent commentaire :p

Pour en venir à "l'exemple" de la France, je ne pense honnêtement pas qu'il s'agisse d'un modèle à suivre: la grève y est devenue un sport national, et un nombre incalculable d'anciens soixante-huitards sont devenus des chefs d'entreprise aux dents longues.
En outre, à choisir entre vivre dans un pays qui maîtrise le surréalisme jusque dans son monde politique (allons-nous battre le record du monde?) et un autre où la culture est complètement sclérosée depuis bien trop longtemps (excusez du peu, mais Mireille Mathieu qui chante pour l'élection de Nicolas Sarkozy, c'est peut-être également surréaliste, mais c'est surtout de très mauvais goût!), je n'hésite pas un quart de seconde ;)

Comme je le disais dans un commentaire un peu plus haut, je pense que le réel problème de la Belgique est le manque d'identité culturelle commune. Du coup, les uns se désintéressent des difficultés des autres, et c'est bien compréhensible.
Ceci dit, comme je le précise dans mon texte, il est vrai que le Belge est plutôt conciliant au quotidien (trop conciliant sans doute, ou il se serait remué bien avant), car je n'ai, pour ma part, que très rarement eu à souffrir de remarques désobligeantes du fait que je ne sois pas néerlandophone.

éric a dit…

Qu'en penserait Jules César, lui qui considérait les Belges comme les plus courageux des Gaulois ? :)

Mademoiselle Catherine a dit…

...il doit se retourner dans sa tombe :/