lundi 14 février 2011

Love and marriage

Love and marriage go together like a horse and carriage...
Voilà ce que chantait Monsieur Sinatra (Frank, pas Anthony !) il y a quelques décennies, et il me semble que les temps ont bien changé depuis : d'une part, on n'attelle plus les chevaux, et d'autre part, l'institution matrimoniale a perdu bien du poids face aux alternatives récentes, qu'il s'agisse de contrats de cohabitation légale ou autres PACS.

Il n'empêche que j'ai assisté samedi au mariage de mon plus vieil et plus fidèle ami, et je ne vous cache pas que cela m'a fait quelque chose de voir ce vieil anarchiste passer devant monsieur le maire avec sa jeune et charmante épouse enceinte jusqu'aux dents.
Il faut dire que je n'avais plus assisté à un mariage depuis des lustres : le dernier en date était celui de ma marraine-la-fée il y a plus de 22 ans de cela. Pas que je n'aie pas été invitée à l'une ou l'autre cérémonie depuis, mais les aléas de la vie (et mon inconscient aussi, peut-être) m'avaient toujours empêchés d'y assister.
Jusqu'à ce 12 février qui me verra assise dans une petite salle communale, les yeux embués de voir celui que je considère comme mon frère de cœur dire "Oui" à sa chère et tendre, car, de tous mes proches, il était le dernier que j'aurais un jour imaginé la bague au doigt.
Déjà que j'étais en train de revoir de fond en comble ma conception du couple, je me suis rendue compte que, finalement, je n'étais peut-être plus tellement opposée que par le passé à l'idée du mariage (civil, je précise !).

Ceci dit, tout comme le désir d'enfants, une union légale doit selon moi s'inscrire – quand les deux parties souhaitent franchir le cap – dans la continuité d'une vie à deux et en aucun cas, comme il était d'usage avant, en marquer le début. Plus qu'une institution, je trouve que le mariage est devenu avant tout un symbole – certes fort – marquant le désir d'un couple d'officialiser son union. Si le concubinage est tout à fait entré dans les mœurs occidentales, le mariage reste lourd de sens dans l'inconscient collectif, presque autant, il me semble, que l'achat en commun d'un bien immobilier ou la naissance d'un enfant.

Dans tous les cas, cette décision ne se prend pas à la légère et présuppose à mon sens une confiance et un respect mutuels, de même qu'une envie commune d'aller de l'avant et de construire ensemble quelque chose de beau. Il n'est certes pas nécessaire d'être mariés pour se projeter à deux, mais en ce qui me concerne, je me dis que, le jour venu, il est probable que je me pose peu de questions : si je me sens profondément en confiance avec mon partenaire, ce n'est probablement pas une bague au doigt qui changera quoi que ce soit à nos rapports.
Et je n'ai pas toujours été de cet avis...

Fond sonore : David Bowie, "Be my wife".

(quant au cadeau de Saint-Valentin qui pète sa mère, il est par ici)

22 commentaires:

Wakajawaka a dit…

Le mariage... voilà bien une chose qui se fera sans moi !

Au delà du symbole, je répugne à tout ce qui peut ressembler à une marque de possession -et à mes yeux, le mariage n'est rien d'autre que l'établissement contractuel d'un titre de propriété de l'un sur l'autre et vice-versa.

Mon avis reflète celui beaucoup de poly : le mariage fait partie des choses qui n'ont aucun sens.

S'il y en a qui en ont besoin de ce symbole pour se prouver leur amour, ma foi, c'est leur affaire, mais comme je disais au début : c'est sans moi !

Mademoiselle Catherine a dit…

Disons que, après avoir été catégoriquement opposée au mariage pour les mêmes raisons que toi, j'ai finalement mis de l'eau dans mon vin au point que je ne suis aujourd'hui ni pour ni contre. S'il s'inscrit dans une évolution naturelle et non forcée, je n'y vois aucun mal.

Comme je le dis en fin d'article, si je suis bien dans mon couple, il n'y a pas de raison que le mariage y change quoi que ce soit.
Par contre, je reste farouchement opposée au mariage religieux, mais ça, c'est parce que je suis très fâchée avec l'église ;)

éric a dit…

Le mariage des autres ne me dérange pas... c'est souvent l'occasion de boire un coup ! ^^

Après, il faut bien concevoir que les mariages tardifs comme celui évoqués ici mériterait un tout autre nom pour ne pas être mis sur le même plan qu'un mariage de jeunes (ce qui devrait être interdit purement et simplement).

Passé un certain âge et un certain nombre d'années ensemble il est (en dehors de l'aspect festif) une façon de continuer de prendre soin de celui ou de celle que l'on aime parce que malheureusement plus on vieillit plus on s'approche de l'inéluctable séparation.
Nos sociétés étant ainsi faites qu'il vaut mieux encore aujourd'hui être veuf ou veuve que personne âgée isolée...

C'était ma minute de poésie... :)

Les tests de Gridou a dit…

Aaaaah le mariage...
Personnellement, je n'y vois aucun intérêt et je ne crois pas que cela scelle l'amour si ce n'est sur un papier sur lequel tu peux de toute manière taper du tip-ex (ex, mouhouhou)...
Par contre, si l'homme que j'aime, pour quelques raisons que ce soit, le désire et bien je n'y vois pas d'inconvénient et je ferai cela dans les règles de l'art. Pour lui, pas pour moi =)

Les tests de Gridou a dit…

Et concernant le mariage religieux, j'ai la même opinion : je n'y crois pas mais si pour l'autre c'est important, je suis prête à me marier à l'Eglise...
Mon père, bouffeur de curé, l'a fait, par amour pour ma mère et par respect pour sa famille très très catho, je trouve ça tellement beau avec le recul... 40 ans après, ils s'aiment toujours et mon père est toujours aussi bouffeur de curés =))

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Je n'aurai pas mieux résumé ce que je pense, bravo :)

@Gridou: Alors là, faire des choses "par amour", non, non et trois fois non. Des compromis, oui, mais pas de sacrifices (et un mariage à l'église serait pour moi quelque chose de terrible à accepter, au point, je n'en doute pas une seule seconde, que cela mettrait mon couple en danger) (oui, je suis vraiment très fâchée avec l'église!)

Pour ce qui est de "l'intérêt" du mariage, je t'avoue que je cherche toujours, moi aussi ;)

Les tests de Gridou a dit…

Mais ce n'est pas un sacrifice voyons =) Je n'en ai juste rien à foutre, donc ça ne me dérange guère, mairie, église, drap exposé après la nuit de noce (non je déconne)...
Je suis très fâchée sur l'église aussi mais pas assez pour ce que soit un obstacle dans ma vie, j'ai transformé ma colère en ignorance et je me sens tellement mieux ainsi...
En gros, je m'en fous =)

éric a dit…

@ Les tests de Gridou :

Le problème d'un mariage à l'église même si tu t'en fous, c'est qu'il t'oblige à un cérémonial lourd de sens.

Et peu importe que ça n'ait pas de prise sur toi. Pour l'église, c'est tout bénéfice : tu te seras pliée à sa vision.

Autant le mariage civil (à qui je finirais par trouver un autre nom et une autre procédure) peut socialement se comprendre voire se défendre, autant le mariage religieux est un rite archaïque et intrusif.

Tu plaisantes avec l'exposition du drap mais c'est pourtant bien de cela qu'il s'agit : le mariage religieux est une exposition virtuelle de ta nuit de noces puisque la célébration te donne officiellement le droit de jouer à la bête à deux dos...

Symboliquement, c'est très sournois...

Wakajawaka a dit…

Ceux qui se marient en ce moment risquent d'avoir des surprises avec l'exposition du drap... gastro oblige !

Je n'aime que les non demandes en mariage :)

Les tests de Gridou a dit…

Eric, si je mettais ton idée totalement en pratique, j'irais jusqu'à me faire débaptiser...
J'y ai réfléchi et puis je me suis dit que c'était leur donner trop d'importance... Ma logique s'applique pareil pour le mariage =)
Je préfère m'en fiche complètement et accepter que mon nom se retrouve dans les archives du Vatican plutôt que de perdre de l'énergie à refuser ce qui pour moi est juste proche de l'indiférence...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou: Ce serait un sacrifice énorme pour moi, et je ne suis clairement pas prête à le faire! D'ailleurs, si ce n'était pas tant un parcours du combattant, je me serais déjà laissée débaptiser il y a longtemps.
Quand je dis que je suis très fâchée avec l'église (ni "contre", ni "sur" elle, mais "avec" elle ^-^), c'est vraiment, vraiment très fâchée, au point qu'aucune indifférence n'est possible à ce niveau (ceci dit, je précise que je fais une solide distinction entre religion - qui, elle, m'indiffère - et église! Et dans l'absolu, ça ne me pourrit absolument pas la vie tant que j'arrive à éviter les bigots de tout poil :)).

@éric: Pour la tache de sang sur les draps, rien ne vaut une nuit de noce pendant les règles de madame! :D

@Wakajawaka: Ahh... les non demandes en mariage ♥♥♥

Les tests de Gridou a dit…

C'est p'tet d'avoir eu un patron membre de l'Opus Dei qui m'a "aidée" dans cette totale indifférence de l'église et des religions en général, je ne sais pas je t'avoue =)

Les tests de Gridou a dit…

Ahah, Anthony Sinatra, comment je suis juste morte de rire =)D
J'avais pas capté en le lisant, je l'ai vu à l'instant sur reader ;-D

Mademoiselle Catherine a dit…

(je dois avouer avoir bien ri toute seule devant mon écran en trouvant la vanne :D)

(note qu'entre les deux, je n'hésite pas un quart de seconde!)

Aurélie a dit…

Tu as bien résumé le fond de notre pensée à mon MARI et à moi! ;)
Sérieusement, le mariage n'est pas qu'une chose ringarde, il est aussi le désir d'officialiser une union de prouver que l'on s'aime et de montrer la confiance et le respect que l'on l'un envers l'autre. Tout cela peut se faire sans le mariage. Mais avec aussi!
Il faut savoir dépoussiérer les idées reçues!

Anna E. a dit…

Vu les deux derniers mariages que je me suis farci, ça donne tout sauf envie ^^
J'ai aussi longtemps clamé que le mariage ne passerait pas par moi (comme toute étudiante en droit, ça fait presque partie du cursus ^^), et puis finalement ... comme tu le dis, si on est bien dans son couple, un anneau ne changera rien, et puis du point de vue de la protection juridique, je trouve que c'est un bel acte d'amour que de vouloir protéger l'autre et lui assurer le maximum même après notre disparition (idem pour les enfants) (oui parce qu'en France, le mariage assure la meilleure protection juridique du conjoint et des descendants, après c'est le PACS, et après c'est le concubinage) (oui oui je retourne à mon ménage :D)

(Et aussi parce que dans mon milieu, le milieu militaire, on est sans doute plus sensible à la mort et à ceux qui restent ... des fois ça remet les idées en place)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: Si le mariage en soi n'est pas un acte ringard à mes yeux, la cérémonie, elle, peut l'être très, très souvent ;)
(y en a bien qui rêvent de ça ^-^)

@Anna E.: C'est bien pour la protection juridique que mon vieil ami a décidé de franchir le pas, et aussi parce que ça le faisait chier d'avoir à reconnaitre son enfant à naître alors que là, ça va se faire automatiquement.
Personnellement, je comprends tout à fait que beaucoup de couples choisissent de se marier pour la sécurité, non pas de leurs sentiments (puisque rien n'est jamais acquis), mais, comme tu le dis, pour être plus ou moins à l'abri en cas de décès ou d'accident.

NeuNeu a dit…

Suis pas un grand fan du mariage. J'estime qu'on n'a pas besoin d'écrire sur un bout de papier qu'on va rester fidèle à la personne que l'on aime ;)

Par contre, d'un point de vue purement administratif, ça aide quand même les veuves et veufs (je pense notamment aux familles recomposées) à ne pas se retrouver sans le sou à la mort du conjoint. Et ça permet aussi à toutes les Anna Nicole Smith du monde d'enrichir les chirurgiens plasticiens du coin :)

Anna E. a dit…

(hé, j'ai testé le sandwich jambon/tomates séchées/mozza, t'avais raison :)) (bon, les tomates séchées à l'ail c'est une autre histoire niveau haleine, mais bon ... ^^) (merciiiii :D)

Mademoiselle Catherine a dit…

@NeuNeu: Bah, je ne suis pas fan non plus, seulement je comprends mieux aujourd'hui ce qui peut pousser certaines personnes à passer devant monsieur le maire et me dis que, qui sait, j'y passerai peut-être aussi un jour ou l'autre, même si je n'ai rien en commun avec Anna Nicole Smith (paix à son âme!) :)

@Anna E.: Je savais que ça te plairait :D

Bourrique a dit…

Le mariage n’a plus beaucoup de sens selon moi dans la mesure surtout où son caractère définitif a disparu, où les liens du mariage n’ont plus grand-chose de sacré !

Ce qui n’a pas beaucoup de sens aussi à mes yeux, c’est peut-être de laisser les idées prendre le pas sur les sentiments, sur les gens qui nous entourent et auxquels on tient. En l’occurrence les paroles de Grigou ont du sens à mes yeux : « Je suis très fâchée sur l'église mais pas assez pour que ce soit UN OBSTACLE dans ma vie »

Pour me faire comprendre rien de tel qu’un exemple : Je connais un couple qui vit en concubinage depuis plus de dix ans, ils ont deux enfants et une maison propre. Lui ne veut absolument pas se marier, elle, elle n’attend que ça. C’est même devenu un sujet de discorde et un vrai mal-être pour elle, un mal-être qui ne cesse de grandir à mesure que le temps passe. Je ne connais pas les raisons profondes qui motivent leur position vis-à-vis du mariage : lui, croit-il y voir une prison, avec des barreaux et des serrures qui le condamnent à vivre éternellement avec cette seule femme ? -nous savons tous qu’il n’en va plus ainsi de nos jours- Et elle ? S’imagine-t-elle que la bague au doigt va la mettre en sécurité ? Est-ce juste une question de symbolique ? Comme le dit si bien Mademoiselle Catherine… cette forme de « validation » dont parle Maïa ? Cette symbolique a-t-elle encore autant de poids ?

Je les trouve tous les deux ridicules dans leur entêtement (ridicules aussi bien les détracteurs que les partisans acharnés du mariage !), mais dans la mesure où elle en souffre, je ne peux m’empêcher de trouver que l’attitude à lui est égoïste. Honnêtement, qu’est-ce que ça peut lui foutre, le mariage n’est plus qu’un bout de papier qui ne l’empêchera en rien d’aller voir ailleurs si l’envie lui prend –ouvertement ou en cachette d’ailleurs-, sans parler que questions attaches ils ont franchi le pas le plus lourd : des enfants ! Et une maison…

Et donc je rejoins mademoiselle Catherine, pourquoi se poser des questions ? Pourquoi se créer des obstacles au bien-être mutuel -surtout si ceux-ci sont basés uniquement sur des principes- ?

« Si je me sens profondément en confiance avec mon partenaire, ce n'est probablement pas une bague au doigt qui changera quoi que ce soit à nos rapports... » C’est plutôt bien dit ! Et je suppose qu’on peut dire aussi que si on se sent bien avec son partenaire, toute forme de vie amoureuse est possible… ^_^

PS : Je me demande qu’est-ce qui arriverait si cette femme dont je parle posait à son concubin un ultimatum du genre : Tu m’épouses ou je te quitte ?

Mademoiselle Catherine a dit…

Très intéressant, ce dilemme auquel est confronté le couple dont tu parles. Effectivement, je suppose qu'un problème de taille va se poser à terme, car ce sont les valeurs de l'un comme de l'autre qui sont ici mises en cause très en profondeur...

En ce qui me concerne, tant que mon partenaire n'exige pas de m'épouser à l'église, tout va bien :)