mercredi 2 février 2011

The seven year itch

La nouvelle année étant particulièrement propice aux bilans, bonnes résolutions et autres envies d'aller de l'avant, je n'ai pas la prétention de vouloir y échapper, d'autant moins que je viens d'entrer dans ma huitième année de bons et loyaux services auprès de mon employeur, ce qui, j'en conviens volontiers, est un véritable luxe par les temps qui courent.
Or, voici déjà un certain temps que je ressens comme un sentiment d'imposture, et j'ai bien peur que je ne sois, lentement mais sûrement, en train d'atteindre un point de non retour, car plus j'y réfléchis, plus mon avenir professionnel me semble compromis.
Je m'interroge notamment sur l'utilité de ce que je fais, car, s'ils sont nombreux dans mes activités extra-professionnelles, je manque cruellement de retours intra-muros, alors que j'en ai besoin pour pouvoir avancer. Le feedback est d'autant plus important à mes yeux que je pratique une occupation solitaire (l'écriture) qui se nourrit néanmoins des échanges avec les un/es et les autres – échanges que je trouve principalement à l'extérieur, car je ne me sens pas toujours prise au sérieux au sein de mon entourage professionnel, ce qui ne fait que renforcer le sentiment de ne pas être à ma place et joue énormément sur ma motivation, ainsi que sur ma confiance en moi et en mes capacités.

Ceci m'amène naturellement à me demander quelles sont, justement, mes capacités, car j'ai l'impression que si j'ai plusieurs cordes à mon arc, je ne maîtrise rien à fond. Or, dans mon métier (qui n'en est pas vraiment un), il est toujours bon d'avoir une spécialité, quelle qu'elle soit.
Une reconversion radicale est certes envisageable, mais je vous avoue que cela m'insécurise un peu : vers où me diriger ? Et surtout par quels moyens ?

D'un naturel prévoyant, je ne m'imagine pas plonger dans l'inconnu sans avoir un minimum balisé le terrain : comme tout explorateur qui se respecte, chaque nouveau voyage demande un certain nombre de préparatifs en amont, et il est hors de question que je change de vie sans avoir d'abord pesé le pour et le contre en toute connaissance de cause.

Le fait est que j'ai toujours eu beaucoup de chance et, le hasard faisant généralement bien les choses, j'ai souvent pu saisir les opportunités quand celles-ci se présentaient. En outre, il me semble avoir un talent particulier pour me montrer disponible quand cela s'avère nécessaire, semant mes petits cailloux tel un Petit Poucet des temps modernes. Ce ne sont d'ailleurs pas les projets qui manquent en ce moment, bien que ces derniers soient merveilleusement non-rentables !
Ceci dit, je n'ai dans le fond pas grand chose à perdre, si ce n'est une stabilité toute relative...

Fond sonore : The Clash, "Should I stay or should I go ?".

12 commentaires:

Aurélie a dit…

Je ressens un peu la même chose e ce moment. Bien que j'adore mon boulot, entre notre avenir de couple et mon avenir professionnel, je crois qu'il va falloir que ça bouge.

éric a dit…

J'admire ton pragmatisme...

Perso, quand je change de vie (ça m'arrive souvent), c'est du jour au lendemain !
Forcément, c'est pas top... :D

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: C'est vraiment devenu une urgence pour moi quand je me suis rendue compte à quel point mon boulot pouvait dangereusement interférer avec ma vie privée, notamment en générant des disputes. Et ça, je ne peux (et ne veux) pas l'accepter!

@éric: Ça tient davantage de la lucidité que du pragmatisme, tu sais: en quittant mon boulot, je me ferme le droit au chômage, tout simplement. Et passer de "pas grand chose" à "rien" n'est clairement pas confortable, alors autant prévenir que guérir, dans la mesure du possible :)

Les tests de Gridou a dit…

C'est en lisant cela que je me conforte toujours dans l'idée que j'ai une ENORME chance !!! 15 ans d'ancienneté et un avenir presque totalement protégé pour encore au moins 20 ans si je me tiens à ce que je suis et fais. Si je change, ce sera par choix et sans crainte, quelle chance...
Faut bien quelque chose qui aille suuuuuuper bien aussi, hein, sinon ce n'est pas chouette =)

Mademoiselle Catherine a dit…

Mais oui, il faut bien que quelque chose aille suuuper bien :D

Ceci dit, si l'idée de changer de boulot fait son chemin, c'est clairement pour avancer dans ma vie, car mon travail me bloque terriblement, notamment du fait que ni un second mi-temps ni une formation ne sont réalistement envisageables. Et je ne parle même pas de l'impossibilité de contracter un prêt immobilier en raison de mon salaire!

Quand on sait que mes entrées d'argent ne dépassent que de quelques Euros le seuil de pauvreté, on comprend qu'il devienne urgent pour moi d'aller voir ailleurs... et on se demande sans doute comment j'ai fait pour tenir le coup aussi longtemps ;)

éric a dit…

La Belgique est un pays riche ! :D

En France, le seuil de pauvreté est de 50€ inférieur...

Mais statistiquement, il y a plus de belges (+ de 10%) sous le seuil que de français (- de 10%)...

Et dire que nous somme tous Européens...
Y'a encore du boulot ! ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

(et je précise qu'il s'agit bien des montants nets!)

Anna E. a dit…

Attends le printemps, j'ai l'impression que tout le monde doute en ce moment et se pose beaucoup trop de questions ... pose-les toi, oui, mais ne t'acharne pas forcément à trouver une réponse :)

Mademoiselle Catherine a dit…

Tracasse que si j'en parle publiquement, la réflexion est déjà bien, bien avancée. Le sujet n'est d'ailleurs pas du tout neuf...

Quant aux réponses, je ne les cherche pas puisque je ne me pose pas non plus de questions ^-^
Tout au plus suis-je en train de m'aménager un petit chemin praticable et réaliste pour les mois à venir, car je fais partie de ces gens à la prévoyance désespérante qui aiment s'organiser sur le long terme quand il s'agit de décisions importantes :)

Anna E. a dit…

Wow, j'ai vraiment rien du piger à ton article, chuis désolée, c'est pas la grande forme ajdh. Et si tu as trouvé la voie et que tu l'explores prudemment, je n'en suis que plus heureuse pour toi :)

Aurélie a dit…

C'est vrai que cela devient urgent pour toi. Pour nous aussi, ça commence à urger... affaire à suivre!

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anna E.: Mouhouhou, j'ai pas tout à fait dit ça non plus ^-^
En revanche, comme je le dis dans le dernier paragraphe, je sème mes petits cailloux tel un Petit Poucet des temps modernes et ne m'inquiète pas outre mesure: je prends mon temps et ai de la suite dans les idées :)

@Aurélie: Je suis de tout cœur avec vous!