lundi 30 mai 2011

Confessions d'un électron libre

Vous le savez sans aucun doute : j'ai un côté tête de con fortement marqué – côté qui est parfois exacerbé par la connerie ambiante, notamment quand je me retrouve confrontée à des gens qui, sous prétexte qu'ils appartiennent à un certain "milieu", se permettent de juger autrui avec une condescendance aussi méprisante que méprisable (notez le pléonasme !). J'aimerais pouvoir vous dire que ce n'est arrivé qu'en de rares occasions, mais hélas, certains cercles que j'ai pu fréquenter se sont bien trop souvent avérés être infestés de gens issus de microcosmes où il ne faisait pas bon être "différent" – différent des microcosmes en question, je précise.

Il se trouve que j'y pense énormément ces temps-ci parce que d'une part, j'ai quitté mon travail en raison, justement, de "différences" que j'ai pu ressentir violemment en certaines occasions, et d'autre part, je me reprends à fréquenter (en bonne compagnie cette fois) certains endroits que j'avais volontairement désertés en raison d'un comité d'accueil ma foi bien peu chaleureux : je n'écoutais pas la bonne musique, ne suivais pas le bon régime alimentaire, n'exprimais pas les bonnes opinions ou n'avais pas le bon look, comme autant de vices rédhibitoires faisant office de déclarations de guerre aux yeux de certain/es.
Sans doute que j'exagère, il n'empêche que c'est ainsi que je l'ai vécu à une certaine époque, car je ne me sentais pas prise en considération en tant qu'individu, à savoir une personne à part entière capable d'opinions qui lui sont propres, de goûts personnels et d'un style qui est le sien.

Je ne comprends pas très bien ce besoin d'appartenance tenace qui n'est à mes yeux qu'une absence flagrante de personnalité, et depuis longtemps, je revendique haut et fort le droit de porter, d'écouter, de lire et de regarder ce qui me plaît sans avoir à me justifier ni à me demander si "la meute" donnera son accord.
Du reste, j'avoue ne pas être très douée pour me fondre dans un moule prédéfini : il y a toujours des morceaux qui dépassent !

J'ai néanmoins eu la chance de rencontrer des personnes assez ouvertes d'esprit pour m'accepter avec mes particularités et mes imperfections, bien que, par la force de mes fréquentations (notamment musicales), j'ai hérité d'une étiquette "pop" qui m'a définitivement fermée les portes de l'underground liégeois.
J'aimerais pouvoir dire que je m'en fous, pourtant si je suis tout à fait honnête, ça me fait enrager que des petits (et des grands) merdeux s'offrent le luxe de cracher à la gueule d'autrui sous prétexte qu'il n'appartient pas à la même "famille". Si l'on y réfléchit un peu (et que l'on soit prêt – comme je le suis du haut de ma mauvaise foi crasse – à couper les cheveux en quatre), c'est ainsi que commencent les guerres...

Et la guerre, tout le monde le sait, c'est moche !

Fond sonore : Das Pop, "Underground".

18 commentaires:

Arnaud a dit…

C'est bon de lire ce genre d'article...
comme quoi il y a du bon dans ce que tu vis pour le moment... j'en suis convaincu :)

Mademoiselle Catherine a dit…

Fallait bien que je marque un grand coup pour la publication de ma 100e note :D

Les tests de Gridou a dit…

Etre atypique engendre toujours des rejets... Les gens n'aiment pas la différence, tout ce qui sort des moules sociétaux qu'ils ont eux-mêmes façonnés. Ca me navre, mais c'est ainsi malheureusement... Moi, je souffre d'être atypique depuis que je suis toute petite. Parfois j'ai la tête haute et souvent j'aimerais tant être issue d'un moule, ça rend la vie plus simple mais plus monotone sans doute =)

Captcha : yessess... Si c'est c'est pas insistant quant à la diversité !!

Aurélie a dit…

Ca me parait pourtant être l'essence des relations humaines : s'accepter tous avec nos différences. Rencontrer des intolérants permet de faire du tri dans des pseudos relations.

Anna E. a dit…

Je pense qu'il faut s'être heurté au 'rejet' des autres pour être assez ouvert(e) d'esprit et accepter les autres tels qu'ils sont et non tels qu'on les voudrait (dixit l'ancienne intello à lunettes boutonneuse, fringuée comme Valérie Lemercier dans les Visiteurs^^).
Allez, j'vous aime toi et tes Kickers :D

Scot a dit…

Je lutte constamment contre ma tendance à être ce que les autres veulent que je sois...
J'ai l'impression que ça va me prendre toute la vie. Mais au moins, j'en suis conscient... et je lutte :)

Wakajawaka a dit…

Héhé : ne te laisse jamais couler dans un moule ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou: Les enfants détestent être différents - je le sais pour être moi aussi passée par là. Ça a dû me forger la caractère, bien que, comme tu le dis, certains jours soient plus faciles que d'autres... (d'où l'intérêt de bien choisir ses fréquentations ^-^)

@Aurélie: Je suis tout à fait d'accord avec toi. Ceci dit, il est difficile d'échapper aux cons, même s'ils ne font pas partie de notre entourage proche, et certains regards, certaines remarques peuvent être très durs à supporter. Parfois, ça passe, mais il arrive aussi que ça casse, parce que contrairement à d'autres (et en dépit des apparences), j'ai très, très peu confiance en moi :(

@Anna E.: D'où l'intérêt de ne pas être quelqu'un de populaire (malgré les étiquettes...) :D

@Scot: Laisse-moi donc te renvoyer vers la "Nuda Veritas" de Klimt :)

@Wakajawaka: ...sauf peut-être si c'est l'artiste Jamie McCartney qui s'en charge ^-^

Anaïs in Black a dit…

J'aimerais pouvoir dire que je m'en fous...

On ne s'en fout jamais, le mépris et la condescendance des gens est très dur à supporter, c'est un combat perpétuel pour "naviguer" en surface... et c'est fatigant. Ces combats sont toujours accompagnés de passages à vide !

Bon courage Mlle Catherine

Nath l'autre a dit…

Electron libre, tu resteras, tant que tu n'auras pas rencontré tes "atomes crochus" dasn un grand "clash" d'accélérateur de particule... ^^

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anaïs in Black: CQFD.
Peu de choses sont aussi épuisantes que d'avoir à se justifier auprès de parfaits crétins!

@Nath: Tu fais des études de physique, c'est ça?! ;)

Aurélie a dit…

Bienvenue au club!

Anaïs in Black a dit…

@Mlle Catherine. je crois bien que DSK dirait exactement la même chose : "Peu de choses sont aussi épuisantes que d'avoir à se justifier auprès de parfaits crétins!"

Les seules personne que j'ai connues qui refusaient de se justifier sur quoi que ce soit étaient particulièrement égocentriques, du genre j'ai pas de comptes à rendre, je fais ce que je veux, comme je veux, quand je veux... sauf à penser que la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres ! !

Justifier signifie quoi ? Prouver son bon droit. Pourquoi ? Les raisons peuvent diverger : soigner son image aux yeux des autres si celle-ci a été écornée... mais on peut aussi invoquer l'estime pour quelqu'un, le respect pour les gens globalement qui peuvent être choqués par un comportement, par exemple... Bien sûr, si on considère la/les personne(s) comme de sombres crétins, tu as raison... le plus simple est de les envoyer ch*** !

Et je réitère : Bon Courage Mlle Catherine, ce n'est jamais drôle de se sentir comme un électron libre !

Mademoiselle Catherine a dit…

@Aurélie: Nous sommes nombreux dans ce club - un jour, nous règnerons sur le Monde, mouahahahaha :D

@Anaïs in Black: Dis-moi que la mention de DSK était ironique parce que... comment dire... hum-hum... il y a comme qui dirait de "petites" différences entre quelqu'un qui se doit de répondre à la justice et l'électron libre lambda que je suis (enfin, j'espère ^-^).

Ce n'est d'ailleurs pas tant la question du refus de se justifier: pour l'avoir fait (du moins tenté) à une époque, je me suis rendue compte que j'aurais plus vite fait d'apprendre à pisser debout dans un violoncelle que d'être prise en considération par des gens qui de toute évidence ne s'intéressent pas à mon insignifiante personne. Ce n'est donc pas faute d'avoir essayé, et bien que ce fut une belle perte de temps et d'énergie, cela m'a permis de faire le tri dans mes fréquentations et appris à fermer les écoutilles quand le débat me semble stérile.

Anaïs in Black a dit…

Bien sûr que c'est ironique ! Bien qu'à mon avis DSK doit vraiment le penser, ça colle bien avec le personnage ^^

En tout cas, en ce qui me concerne, je peux juste dire que je m'intéresse à ton insignifiante personne... la preuve étant que je continue à lire tes billets et à me sentir touchée par ce que tu exprimes... malgré tout !

Mademoiselle Catherine a dit…

Ouf, j'ai eu peur!
Et merci :)

Peter de Ridder a dit…

Une petite impression de déjà lu?
Serait-ce l'essence de ton blog?
Sur le fond je n'encouragerai pas ta différence qui n'en a sans doute pas besoin.
Mais je me suis souvent posé des questions sur la différence ou peut-être la marginalité. Être en dehors de ou en marge de. On peut donc vivre en étant complètement différent en dehors de toute société ou vivre en marge de celles-ci. Au pluriel, aller picorer un peu dans chaque cercle. Apprendre a les connaître, choisir et en tirer le meilleur. Et pas spécialement en faisant de graves concessions. C'est a dire pour reprendre cette image un peu simplette ne pas se couler dans un moule. Dans mon expérience, dans ces groupes dits fermés, ce sont généralement les "nouveaux arrivants" qui sont les plus rabiques, ceux qui ont dû enfiler le costume du parfait adhèrent. Les autres, ceux qui sont issus du moule de manière innée, sont généralement plus tolérants et ne font pas (toujours) de l'appartenance a ce groupe un combat primordial. Pour résumer une différence pour recevoir l'étiquette de "Différent": non; une marginalité pour être en marge voir en lien entre plusieurs groupes (voir la théorie des ensembles): pourquoi pas... Et certainement d'autres alternatives.

Mademoiselle Catherine a dit…

Merci Peter pour cette intervention intéressante, notamment pour la nuance que tu fais entre s’étiqueter "différent" et faire le choix de rester "en marge", non pas pour s'isoler, mais pour mieux observer et s'accorder la liberté de papillonner d'un groupe à l'autre.
Quand on s'intéresse à beaucoup de choses différentes, c'est bien ce dernier cas de figure qui prévaut, et je revendique haut et fort mon éclectisme :)