samedi 25 juin 2011

¿Porno, por qué no?

S'il y a bien une chose qui m'énerve parmi les nombreuses choses qui m'agacent, ce sont les gens qui parlent sans rien savoir du sujet abordé – ou si peu. Ainsi, le thème de la pornographie offre un splendide terrain d'étude, étant donné que tout un chacun semble avoir un avis sur la question sans pour autant s'être penché dessus avec une curiosité sincère (par opposition à la curiosité malsaine, encore que l'une n'exclut pas forcément l'autre).

En ce qui me concerne, et sans pour autant être tombée dedans quand j'étais petite (d'âge, pas de taille !), j'ai rapidement évolué dans des milieux ouverts à la sexualité, notamment au sein des cercles gothiques que je fréquentais assidument à l'adolescence, et ça ne me choquait pas, bien au contraire : cela m'a appris à pouvoir dire "non" en toute sécurité – une aptitude qui me sauvera d'ailleurs la mise bien des années plus tard...
Génération capote oblige, je me suis également intéressée aux questions liées au sida et aux infections sexuellement transmissibles puisque le thème était hautement d'actualité à l'époque (pour rappel, nous sommes au début des années 90, et certaines campagnes "d'information" ont fait subir à mes contemporains un véritable lavage de cerveau, la sexualité étant devenue synonyme de mort). Dans ce climat peu propice à la concupiscence, j'étais moi-même peu portée sur les "choses de la vie", malgré une curiosité indéniable, et je n'ai pas honte d'avouer que mes connaissances se limitaient alors principalement à la théorie parce qu'il m'a fallu du temps pour accepter ma propre féminité.

Pour en revenir à la pornographie, il m'aura suffit d'une lecture, une seule, celle du "Porno Manifesto" d'Ovidie, pour que je m'y intéresse de très près ainsi qu'à ses protagonistes. Une chose entrainant l'autre, je me suis peu à peu fait ma propre opinion au sujet des ces travailleuses et travailleurs du sexe qui assument parfaitement leurs choix professionnels et que d'aucuns se plaisent pourtant à présenter comme des victimes.

Avant de poursuivre, permettez-moi de préciser que, dans cette note, la notion de pornographie renvoie à des activités tout à fait légales où les différents individus impliqués évoluent entre adultes consentants dans un cadre extrêmement réglementé. En aucun cas il n'est donc question ici de vidéos amateur mettant en scène des toxicomanes en mal de fric, des animaux ou, pire, des enfants. L'industrie du porno est d'ailleurs la première à condamner ce type de pratiques, bien qu'elle reste, dans l'esprit de beaucoup de gens, associée à quelque chose de profondément malsain.
Libre à chacun d'en penser ce qu'il veut, encore faudrait-il être informé un minimum.

D'un point de vue étymologique, "pornographie" vient du grec ancien "pornē" ("prostitué/e") et "graphein" ("[d]écrire"), et désigne donc au sens propre des écrits sur la prostitution. Par extension, le mot désigne la représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique (définition du Petit Larousse) – une définition, comme bien d'autres, qui demande à être précisée.
Ainsi, que signifie "complaisant" ? Toujours selon le Larousse, 1. Qui cherche à plaire, à rendre service à autrui. 2. Qui fait preuve d'une indulgence coupable. 3. Qui dénote la satisfaction personnelle. "Obscène", quant à lui, vient du latin "obscenus" ("de mauvais augure") – Qui blesse ouvertement la pudeur par des représentations d'ordre sexuel.
Et dans le fond, chacun se fait sa propre définition : la pornographie, comme tout le reste, commence avant tout dans les yeux de celui ou de celle qui la regarde.

En ce qui me concerne, ma pudeur est rarement blessée par des représentations dites "pornographiques". D'aucuns trouveront cela difficile à croire, moi qui me qualifie volontiers de pudique, encore faudrait-il ne pas confondre pudeur et pruderie... bien que la frontière entre les deux soit parfois aussi fine que celle qui sépare l'érotisme de la pornographie.

Conseil de lecture : Erika Lust, "A woman's guide to good porn".

7 commentaires:

dragrubis a dit…

La "pornographie" vs "l’érotisme" vs la "violence des hommes".
Je trouve toujours intéressants tes points de vue. Il est vrai que ce sont des amalgames que beaucoup font très facilement. Je ne suis pas d'une grande pudeur personnellement; disons je n'ai pas honte de mettre un maillot de bain malgré mon obésité. Je ne suis pas particulièrement prude non plus, peu de chose me choque vraiment (mais certaines me foute facilement en boule ;) ).
La nature humaine est ainsi fait que chacun est différent, mais beaucoup oubli que leur liberté s’arrête la ou commence celle des autres. Ceux qui ont choisis une voie n'ont pas à être juger par ceux qui ne connaisse pas cette voie au moins de façon théorique claire.
Je ne m’intéresse pas aux sujets de pornographie, érotisme ou violence, même si il m'arrive d'en consommer. En effet la littérature, la photographie, le cinéma actuel nous permet d'accéder à des éléments suffisamment mis en scène, interprétés ou évoqués pour que l'on se fasse une opinion.
Moi je trouve que quelque chose est très choquant, loin de m'offusquer quand je vois une pub avec un nu, ce qui m’interpelle c'est de savoir ce que cela peut apporter à cette pub la... L'exemple le plus flagrant se sont les pub pour le lait maternelle, pourquoi doit elle être nue pour cette pub? On peut allaité au sein en étant habillée il me semble...
Pareil pour la pub du paiement entre ami par téléphone on peu très bien ne pas avoir de monnaie sur soi même en étant sapé...
Enfin ça n'est pas grave je reste capable d'apprécier une vidéo (comique tellement c'est démesurée) comme celle qui a choquer trois enfants de CM2 en plein cours cette semaine...

Mademoiselle Catherine a dit…

Je n'ai pas la télévision et arrive assez bien à éviter les grosses ficelles publicitaires (pendant ce temps-là, mon diplôme en communication me sert au moins à quelque chose). De ce fait, les gens qui crient au scandale pour telle ou telle pub (à commencer par bon nombre de féministes que je qualifierais de "primaires") me font doucement rire étant donné que rien ne les oblige à les regarder...

Pour la pornographie, il me semble que la très grande majorité des gens qui fustigent le porno (et principalement le cinéma pornographique) sont justement ceux qui ne savent absolument pas de quoi ils parlent, et ça me rend chèvre! Ils mettent les productions Marc Dorcel et les mauvais films amateur dans un même sac, voient les réalisateurs (qui sont de plus en plus souvent des réalisatrices) comme autant de proxénètes en puissance et les actrices comme des victimes (quant aux acteurs, ce sont de gros pervers qui abusent des pauvres femmes).
Ces clichés ont la dent d'autant plus dure que ce milieu est, pour des raisons évidentes, peu valorisé. Puisse donc ce modeste article lui rendre un tout aussi modeste hommage :)

Les tests de Gridou a dit…

;-)
Oui, ça semble peu comme commentaire face à un tel sujet mais quand même, quoi, ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

(je n'osais pas le dire ^-^)

Anaïs in Black a dit…

Porno, por qué no ?

Por qué el porno me aburre ! ^_^

Mademoiselle Catherine a dit…

Ahh, mais Anaïs, dire que le (cinéma) porno t'ennuie, c'est comme si tu disais que le cinéma (en général) t'ennuie: il y a tant de genres et de sous-genres différents qu'il y en a réellement pour tous les goûts (cf. mon conseil de lecture) :)

Anaïs in Black a dit…

Je sais, je sais que tu as raison. En matière de porno je me contente des trucs pourris qui proposent à la télé... et c'est ennuyeux à mourir !

Je dépense des fortunes en bouquins (y compris les romans érotiques) mais pour le reste...