vendredi 1 juillet 2011

Too good to be better?

Suite à un test d'évaluation en langues, je tiens à vous faire part de ma déception : mon niveau d'anglais est trop bon pour me donner accès aux formations proposées par le Forem, le service public wallon de l'emploi et de la formation.
Ce ne sont pas tant les modules d'apprentissage qui m'intéressaient, mais leurs séjours d'immersion résidentielle avaient de quoi me séduire puisque le service octroie des bourses pour permettre aux demandeurs d'emploi de passer trois semaines à trois mois dans un pays anglophone et, de ce fait, d'améliorer considérablement leurs connaissances. Ma conseillère – une dame extrêmement sympathique et visiblement investie dans son travail – a pourtant estimé qu'un séjour linguistique "institutionnel" ne me ferait pas évoluer en raison des cours obligatoires (qui représentent une partie non négligeable du séjour) auxquels je risque plus que probablement de m'ennuyer ferme.

Ceci dit, je suis contente qu'elle ne m'ait pas fait miroiter monts et merveilles, car j'aime que les choses soient claires. En outre, cette entrevue m'a permis de me rassurer quant à mon niveau, moi qui vis dans un sentiment d'imposture permanent de part mon absence de diplôme dans cette branche (comme dans bien d'autres).
Il faut dire que mon CV est truffé de charmants euphémismes de type "anglais courant (lu, écrit et parlé)" que ma conseillère s'est contentée de balayer d'un revers de la main par un "Vous êtes parfaitement trilingue !" sans appel. De quoi adoucir le mail-type reçu par une organisation auprès de laquelle j'avais postulé et qui n'a pas retenu ma candidature en vertu de mon manque de "connaissance de langues étrangères" (sic).
Il en va de même pour mon niveau de néerlandais (que je n'ai jamais étudié à l'école) qui, s'il est franchement plus que basique, dépasse – et toujours selon ma conseillère – les simples "notions" que je mentionne sur mon CV.

Et moi de me demander en quoi l'absence de certificats officiels devrait m'empêcher d'aller de l'avant quand tant et tant de gens dont le niveau est très éloigné du mien (et pas qu'en langues étrangères) se font mousser avec joie dans leurs lettres de candidature.
La réponse est des plus simples : je n'ai pas confiance en mes capacités !
Quelle que soit la discipline pour laquelle j'ai, parait-il, un "don" (bien que je préfère parler de "facilités"), le simple fait de ne pas avoir suivi de cursus académique me donne la sensation de ne rien maîtriser du tout et que, de toute évidence, d'autres s'en sortent bien mieux que moi.

Car mon grand problème réside dans le fait que je m'intéresse à beaucoup de choses très différentes et que je n'ai donc pas, tel un futur doctorant préparant sa thèse, eu le loisir d'étudier en profondeur les sujets qui me tiennent à cœur (ceci dit, si tel avait été le cas, je serais sans doute encore étudiante à l'heure qu'il est). Et ce n'est pas mon modeste brevet de technicien supérieur en communication (brevet qui, ceci dit en passant, n'est même pas reconnu sur le territoire belge – vive la Grande Europe !) qui va changer quoi que ce soit à mon sentiment d'en savoir moins que celles et ceux qui sont plus diplômés que moi...

Conseil de lecture : Harrell Fletcher & Miranda July, "Learning To Love You More".

7 commentaires:

kim a dit…

C'est un peu tout fouilli tu sais pour les CV. Rien ne dépend de nous au final... Je crève d'envie d'enseigner dans une école supérieure du réseau dans lequel je suis déjà depuis bientôt 4ans et qui est une des rares opportunités pour moi d'enseigner l'espagnol (ça me tient à coeur). J'ai mon diplôme de langues modernes en poche, la publication d'un mémoire en espagnol, un érasumus à Valence, un stage en maison d'édition à Madrid et je suis certaine que les personnes qui sont prises sont moins qualifiées que moi (déjà il n'y a aucun moderniste "tout court" qui donne cours d'espagnol là alors...). Comment ça se fait? J'ai pas de piston et il est hors de question que j'y aie recours. Pour la prise de conscience d'être polyglotte, je t'assure que mon diplôme ne me donne pas de meilleure assurance en anglais même si je l'enseigne maintenant depuis 3 ans. Et quand j'en vois certains pratiquer certaines langues en brandissant leur diplôme... J'ai vraiment envie de les prendre pour les cacher tu sais...

Les tests de Gridou a dit…

Jamais eu d'Cv... J'en aurai p'tet jamais ;-)
Nice We Lilycath !

Anna E. a dit…

Chuis une hipster, j'étais au courant avant tes lecteurs :D

Mademoiselle Catherine a dit…

@kim: Dans l'éducation, c'est encore différent, bien que les pistons soient omniprésents dans l'ensemble du monde professionnel. Ça dépasse pourtant mon entendement que des institutions publiques ou privées se passent volontairement de personnel compétent, et j'imagine que mon CV à déjà dû passer à la trappe au profit du copain de la nièce de l'ex-femme du directeur...

Ceci dit, une des premières choses que j'ai faites à partir du moment où j'ai été demandeuse d'emploi (outre passer par la case Forem), c'est de le faire savoir autour de moi parce que les relations, c'est toujours payant, ne serait-ce que pour avoir certaines informations!

@Gridou: Si jamais tu devais en avoir besoin, tu sais où me trouver: je commence à être une spécialiste ;)

@Anna E.: Crâneuse :p

Anonyme a dit…

Parfois c'est le contraire...Exemple: je me sens "complexée" par rapport à tel copain qui a appris la musique en auto-didacte, contrairement à moi qui ai "fait" 5 ans de solfège à l'académie, quand je constate et admire que ce copain connaît beaucoup mieux et beaucoup plus en profondeur l'essence même du solfège que moi. Je suis la première à reconnaître que, par exemple, les études universitaires, tant valorisées, comportent une grande partie (majoritaire?) de matières "inutiles", en tout cas dans la pratique du métier auquel elles sont censées former. A un autre niveau, l'enseignement dit "professionnel" est dévalorisé et dévalorisant, alors que son principe est de préparer de façon concrète et directe à une profession...quoi de plus logique et noble au fond. Mais c'est dévalorisé. On juge préférable d'étudier les intégrales et de disséquer un coeur de porc, même si on se destine aux langues germaniques (je dis n'importe quoi comme exemple). Je me permets de parler, car je suis passée par toutes ces étapes, et étais de surcroit bien adaptée au système scolaire, mais en pratique je ne suis pas satisfaite...au vu des années passées à étudier comme une malade, beaucoup moins de la moitié m'ont été utiles.
Alors les diplômes, je ne les dévalorise pas, mais je ne les survalorise pas non plus. Je suis sceptique par rapport aux systèmes scolaires.

Aaricia

Anonyme a dit…

Quant au fait de "se vendre"...c'est difficile quand on est honnête et modeste...en dépit de ses capacités !! Mais il faut bien s'adapter au monde dans lequel on vit. Se faire violence et parfois se la péter un peu comme tout le monde :D.

Aaricia

Mademoiselle Catherine a dit…

Je comprends ton sentiment face à certains autodidactes, surtout dans la pratique d'un art, car celle-ci comprend une forte part d'instinct, et tu n'es pas la seule à être sceptique quant aux programmes scolaires (j'avais vaguement abordé le sujet dans cet article, et je n'ai pas eu l'occasion de changer d'avis depuis).

Les gosses sont dès leur plus jeune âge mis en compétition, certains secteurs, comme tu le dis, étant dévalorisés au profit d'autres. Ceci dit, je suis la preuve vivante que l'on peut sortir de l'enseignement professionnel et être capable d'aligner trois phrases dans fautes ;)

Pour balancer une phrase toute faite, je pense que la meilleure école, c'est la vie, et je compte sur cette école-là pour me permettre de poursuivre ma vie professionnelle, car rien ne vaut les relations humaines pour aller de l'avant...