jeudi 29 septembre 2011

C'est la guerre !

Si vous lisez ce blog régulièrement, vous devez savoir ce que je pense des féministes abolitionnistes...
Et bien, celles-ci me le rendent bien, car la récente action commune de Osez le féminisme et les Chiennes de garde me fait l'effet d'une déclaration de guerre personnelle en s'attaquant à un truc aussi indispensable que l'éradication de la formule "Mademoiselle" au profit de "Madame" (non, je ne mettrai pas de liens, car ces deux mouvements sont déjà bien trop médiatisés à mon goût) (par contre, me sentant d'humeur charitable aujourd'hui, voici toujours le visuel de la campagne...).Pour des raisons évidentes, vous comprendrez que je suis contre !

Fond sonore : Tom Jones, "She's a lady".

23 commentaires:

Anne-Lise a dit…

"Mademoiselle", c'est tellement joli, pourtant... Pour moi, il n'y a pas de quoi fouetter un cat. Les vrais combats sont ailleurs, mais elles s'en éloignent de plus en plus...

Mademoiselle Catherine a dit…

Ahhh, très chère, nous sommes bien d'accord! Mais j'ai bien peur que certaines féministes n'aient perdu le sens de la joliesse en même temps que leur sens de l'humour...

Laura a dit…

Je ne suis pas d'accord sur le fait que l'appellation "Mademoiselle" soit un détail du combat féministe.
Je le vois comme un symbole d'une société qui a trop longtemps un peu trop patriarcale a mon goût et dans toute lutte, les lutteurs s'emploient souvent à détruire les symboles en premier (et ici, ce n'est même pas en premier).
Je ne milite absolument pas pour l'abolition du terme, du mot 'mademoiselle' (le sens des mots évoluent avec le temps, et maintenant, dans le langage courant, ça ne veut plus dire ce que ça veut dire), mais je milite pour que quelque chose qui n'a plus aucune valeur juridique me soit demandé dans des formulaires officiels.

De même que je suis de plus en plus énervée lorsque mon sexe m'est demandé dans des formulaires de sociétés ou d'institutions qui n'ont absolument pas besoin de le connaître pour me fournir le service dont j'ai besoin, en tant qu'humain.

Alors, certes, le mot 'mademoiselle' est très joli, il peut même être utilisé pour une autre cause qui est celle d'affirmer haut et fort un refus du mariage, et je ne veux surtout pas enlever la liberté aux gens de se définir comme ils l'entendent (c'est la moindre des choses), mais dans les formulaires officiels, ce terme n'a, selon moi, pas sa place.

Ou alors, j'exige une case "petite fée des neiges".

Choum_ a dit…

Entièrement d'accord avec Laura.

Mademoiselle Catherine a dit…

@Laura et Choum_: Si je comprends très bien qu'il ne s'agit pas d'un détail aux yeux de certain/es (comme l'a précisé Maïa Mazaurette pas plus tard que ce matin), je n'en suis pas moins terriblement gênée par le fait qu'une petite poignée de femmes puisse décider de ce qui est bon pour l'ensemble des femmes.

Pour ma part, j'aurais été favorable à une action visant à remplacer sur les documents officiels "Madame" et "Monsieur" par "Sexe: masculin/féminin/pré-opératoire", car la reconnaissance légale des transgenres me semble être un combat bien plus utile...

éric a dit…

Tout ça c'est comme la construction d'un puzzle, chaque pièce même la plus insignifiante est indispaensable au tout...

La demande est par contre fort mal argumentée et donc à toutes les chance de se retourner contre leurs auteures (ce qu'elles souhaitent peut-être subliminalement pour pouvoir encore une fois adopter une posture victimaire).

Perso je suis assez d'avis de faire disparaître toutes pièces administratives !

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est bien dans l'argumentation que le bât blesse, comme c'est hélas trop souvent le cas.

Quant à faire disparaitre toutes les pièces administratives, j'ai bien peur qu'il s'agisse là d'un fantasme ma foi de plus en plus inaccessible...

Laura a dit…

Ha oui, je n'ai rien contre de supprimer complètement la case 'Homme/Femme'. Dans certain cas, comme je l'ai dit dans mon commentaire, la société/service/personne qui va recevoir le formulaire, s'en fout (ou devrait s'en foutre, au vu du service qu'ils rendent) de savoir s'ils ont affaire à un homme ou une femme.

Et je crois aussi que dans la plupart des cas, l'état ne devrait même pas savoir si on est un homme, une femme ou n'importe quoi d'autre : les impôts sont les mêmes, les salaires sont les mêmes, les services rendus sont les mêmes. Le seul moment où une différence peut être faite (et c'est une différence de taille, j'en conviens), c'est lorsqu'il s'agit des enfants.

Et je ne suis pas génée "par le fait qu'une petite poignée de femmes puisse décider de ce qui est bon pour l'ensemble des femmes."
C'est ça la politique, c'est ça donner ses idées et participer de façon active à la vie citoyenne qu'il nous est permis d'avoir.

La plupart des gens qui ont une cause qui leur tient à coeur partent souvent d'un constat qui s'applique en premier lieu à leur propre personne.
Tu n'es pas gênée qu'une autre poignée de femme va probablement militer pour la conservation du 'mademoiselle' dans les documents officiels? L'es-tu tout autant? ou moins, ou plus, et pourquoi?

Je crois aussi (ou p-e, j'espère très très très fort) que cette action vise aussi à ouvrir les yeux des gens sur la question plus générale de genre dans la société. à démontrer combien de minorité (ou majorité dans le cas des femmes) souffrent de préjugés. En premier lieu par le nom par lequel ils sont appelés.

Donc, je soutiens et j'encourage à aller plus loin.

A part ça, j'habite en Suisse et ici, on ne te demande pas Madame ou Mademoiselle. Seulement Madame ou Monsieur. Ils n'ont pas l'air de s'en plaindre, malgré le conservatisme de certains suisses. Et les filles n'en sont pas moins charmantes et jolies et tout ce qu'on veut associer au mot "mademoiselle"

Mademoiselle Catherine a dit…

Je te rejoins tout à fait dans le fond de ta pensée, mais la forme me laisse perplexe, et je ne peux m'empêcher d'y voir un énième coup de pub de la part de ces mouvements pour faire parler d'eux.

D'ailleurs, la raison pour laquelle j'ai choisi de m'investir dans le secteur socio-culturel plutôt que dans la politique ou le militantisme quel qu'il soit est la suivante: si la politique sert à faire évoluer les lois, la culture, elle, sert à faire avancer les mentalités.
Et j'ai bien peur que ce n'est pas en disant aux gens ce qu'ils ont à faire, à dire ou à penser que les mentalités évolueront, bien au contraire: personnellement, j'apprécie peu que l'on veuille me soumettre des opinions qui ne sont pas les miennes sous prétexte que je suis une femme, et je ne soutiendrais certainement pas un groupe qui militerait sérieusement pour la préservation de la formule "Mademoiselle", car, comme je l'ai dit plus haut, certaines choses me semblent prioritaires à l'heure actuelle.

Mademoiselle Catherine a dit…

(ceci étant dit, je ne vois pas en quoi il devrait y avoir une quelconque différence entre Madame et Monsieur quand il s'agit des enfants...)

IsaB a dit…

L'Australie a pas mal avancé sur la question visiblement :
http://www.slate.fr/lien/43779/sexe-genre-transsexuel-passeport-australie

Mademoiselle Catherine a dit…

Prenons-en de la graine!

Anna E. a dit…

Amen.
(Et comme dirait ma mère, ce "combat" doit vachement avancer la caissière sous payée qui a du mal à joindre les deux bouts ...)

Mademoiselle Catherine a dit…

...d'autant plus que la caissière est à mettre dans le même panier que tous les employés et ouvriers précaires qui sont de plus en plus nombreux, hommes et femmes confondus.

Anne-Lise a dit…

Moi je militerais bien pour les ouvrières et les caissiers. Mais plutôt pour que tous, effectivement, soient mieux payés, quel que soit la chose qui pend ou non entre leurs jambes. Les dreads ne comptent pas.

Raph* a dit…

Z'ont tellement l'air de s'ennuyer les chiennes et les autres...
Elles ont dû se les creuser vilain pour dégoter ce nouveau combat!
Puis elles ont l'air de ne pas avoir de compréhension de la langue pour la langue. De pas l'accepter. On se fait des ulcères en luttant contre sa langue maternelle!
Et elles ont quand-même un peu mauvais goût: mélanger comme ça des données sans liens pour créer des débats douteux. Sans doute pour se rappeler à l'opinion publique de temps en temps: c'est con, ça fait croire que leurs autres luttes ont abouties.
C'est drôle aussi, cette façon de ne jamais hésiter à paraître ringardes ou paranos. D'agacer un peu gratuitement.
Elles doivent être fatiguées: la parano ça n'aide pas à se sentir bien.
Pauvres de elles, vive les mademoiselles !

(et courage aux féministes qui œuvrent dans leur époque)


Mademoiselle
Qui passez sans souci
Dans vos rêves
Bien plus bleus que la vie
J'irais même
Vous chanter sous la pluie
Tant vos rêves
Font le jour de mes nuits
Mademoiselle
Tout cela n'est qu'un jeu
Je vous aime
N'y voyez que du feu
Le plus beau jour
Est celui d'aujourd'hui
Tous les toujours
Ne riment qu'avec ennui
Mademoiselle
Qui passez sans souci
Dans vos rêves
Bien plus bleus que la vie
J'irais même
Vous chanter sous la pluie
Tant vos rêves
Font le jour de mes nuits
Mademoiselle
Tout cela n'est qu'un jeu
Je vous aime
N'y voyez que du feu
Le plus beau jour
Est celui d'aujourd'hui
Tous les toujours
Ne riment qu'avec ennui
Oh ! Tous les toujours
Ne riment qu'avec ennui...
Oh ! Tous les toujours
Ne riment qu'avec ennui..


(Henri Salvador)

Miss Sunalee a dit…

je me permets de signaler l'article d'Armalite sur le sujet: http://leroseetlenoir.blogspot.com/2011/09/de-la-suppression-du-mademoiselle.html

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anne-Lise: Cela nous ramène à la sacro-sainte notion d'égalité des chances pour laquelle je m'impliquerai jusqu'à mon dernier souffle, et ce, au quotidien!

@Raph*: Ce que je déplore particulièrement dans cette campagne, c'est le méli-mélo qu'elle sème volontairement de par son absence d'arguments clairs et construits: si je comprends parfaitement le fond (c-à-d supprimer la formule "Mademoiselle" de tous les documents officiels, tout comme il serait de bon ton, je trouve, de supprimer toute donnée personnelle, telle que "célibataire", "veuf/veuve" et autres, ceci dit en passant), la forme me débecte par son côté donneur de leçons qui donne une image épouvantable du féminisme contemporain, non seulement auprès des hommes, mais - pire - auprès des femmes (en plus de décrédibiliser tous les mouvements "satellites").

C'est à cause d'actions comme celles-ci que des personnes pourtant "féministes" au quotidien (dont je fais partie, à en croire mon entourage) refusent catégoriquement cette étiquette à laquelle, personnellement, je préfère largement celle de "femme émancipée"...

@Miss Sunalee: Je l'ai lu, tout comme j'ai pu en lire d'autres depuis hier...
Les seuls ayant trouvé grâce à mes yeux sont ceux d'Anna E. et de l'Odieux Connard (qui porte décidément bien son nom et a selon moi trouvé des arguments en béton armé).

D'ailleurs, ça m'emmerde un peu que tout le monde en parle parce que ça contribue à faire une publicité folle à deux mouvements auxquels je n'adhère absolument pas (contrairement à Suffragettes Not Dead qui ont toute ma sympathie :)).

Miss Sunalee a dit…

Il est clair que j'ai du mal à m'exprimer sur le sujet... Je suis très heureuse des droits que j'ai grâce au travail des féministes avant moi. Je suis aussi contente de pouvoir garder mon nom, même si je me marie. J'aime le "mademoiselle" que je trouve plus joli et qui implique moins le côté bobonne au foyer de "madame". Mais en faire un combat, non. Comme le dit Anne-Lise, les vrais combats sont ailleurs... Je me sens surtout mal à l'aise avec les côtés extrémistes de toute personne, peu importe la cause.

Aurélie a dit…

C'est bête, elles n'ont rien de mieux à combattre les féministes?

alleluia a dit…

De tous les moyens qu'ont à leur disposition les auteures de cette campagne pour parvenir à leurs fins, elles ont choisit le pire.

Mais je me demande si ce n'est pas fait exprès; Golda Meir disait qu'il était nécessaire à la survie d'Israël qu'un fond d'antisémitisme subsiste; je me demande si ce n'est pas aussi le cas pour le féminisme; certes les féministes mènent des actions qui engendrent de l'antiféminisme, mais peut-être que cela est nécessaire (ou jugé comme tel) pour que le mouvement reste soudé en dépit des divergences idéologiques.

"...d'autant plus que la caissière est à mettre dans le même panier que tous les employés et ouvriers précaires qui sont de plus en plus nombreux, hommes et femmes confondus."

Que j'aime lire ça!!! C'est tellement plus juste que le discours qu'on nous sert. Contrairement à ce qu'on essaie de nous vendre, les intérêts des femmes ne convergent pas toujours de même que les intérêts des hommes et des femmes convergent souvent.

Accessoirement, je crains que le mouvement Osez le Féminisme n'aboutisse aux mêmes effets pervers que SOS Racisme (ça viens du même endroit, et ils usent des mêmes méthodes, c'est pas pour rien):

30 ans de culpabilisation (les méchants d'un côté, les gentils de l'autre) ont engendré la droite décomplexé aujourd'hui au pouvoir; le discours antiraciste a convaincu les gens qu'en disant noir plutôt que "black" ils sont racistes (maintenant ils le revendiquent, à 30% je crois) de même qu'on essaye de faire croire aux hommes (et aux femmes) qui défendent le terme "mademoiselle" qu'ils sont misogynes et phallocrates.

Je pense que si ce mouvement prend cette direction ça finira mal (mais peut-être que Caroline de Haas deviendra première secrétaire du PS par intérim.)

kim a dit…

Moi ce qui me fait rire là-dedans, si on reprend leur principe de formulaire, c'est que beaucoup d'administrations font des cases Madame/ Mademoiselle... Puis font ensuite, un peu plus bas, une autre case: marié(e)/ célibataire. Alors je veux bien croire que c'est aussi pour les hommes, il n'empêche que la femme doit répondre aux 2. C'est les administrations qui sont cons :-)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Miss Sunalee: Il n'y a pas si longtemps, j'abordais le sujet de l'extrémisme, justement, et j'étais presque déçue de ne pas avoir eu de réactions virulentes ;)

@Aurélie: Elles te diront que ce n'est pas bête du tout. Ceci dit, quand on lit les "arguments" qui accompagnent cette action, je trouve qu'on est en droit de se poser des questions...

@alleluia: J'ai bien peur que la grande majorité des mouvements ne passe un jour ou l'autre par la case "victimisation", et ce plus ou moins volontairement (parce que ça fait de la pub, selon l'adage "Quelle que soit la façon dont on en parle, le principal est qu'on en parle!").
C'est une pratique qui m'horripile au plus haut point, et ça me rend tout simplement malade qu'en 2011, des femmes occidentales puissent le plus sérieusement du monde se poser en victimes sous prétexte qu'il y a une case "Mademoiselle" sur les documents administratifs!!!
Et je trouve ça de très, très mauvais goût au regard des femmes qui ont à faire face à des viols répétés, des mutilations et autres violences épouvantables...

@kim: CQFD :)