mercredi 28 septembre 2011

Less is more

Suite à un sérieux burn-out en début d'année, il a fallu que je me mette en veilleuse, car mon corps m'imposait des limites qu'il valait mieux ne pas franchir si je tenais à ma santé tant physique que mentale. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, quand j'ai quitté mon emploi, mon acouphène s'est violemment manifesté à chaque tentative d'écouter de la musique : le moindre bruit était perçu comme une agression sonore, au point qu'il m'est arrivé de devoir mettre des protections auditives pour simplement marcher dans la rue.
Mon corps réclamait le silence, et j'ai fait de mon mieux pour lui donner ce dont il avait besoin, ainsi me suis-je volontairement passée de musique et de films à domicile pendant trois mois, les rares concerts auxquels j'ai assisté se déroulant sous très haute protection.

Ce n'est que récemment, imperceptiblement, que la petite flamme a rejailli du brasier par la grâce d'interventions bienveillantes – il y eut les premières répétitions avec Gaëtan Streel, des interventions vocales au sein de Playboy's Bend et de 9 Mars, ainsi que l'achat d'une guitare basse avant que finalement je ne revienne de mon dernier séjour à Londres les bras chargés d'albums.
J'ai ainsi pu observer avec force l'intérêt thérapeutique d'une pratique musicale, celle-ci m'ayant permis non seulement de retrouver le plaisir d'écoute mais aussi un terrain fertile sur lequel construire de nouvelles fondations après plusieurs mois marqués par quelques pertes douloureuses.

Cette douce progression m'a en outre fait réfléchir au sujet de ma vie, moi qui me trouve à une période charnière pour ne pas dire au point mort, et sur l'immense terrain de jeu qui s'offre à moi, j'arrive très étrangement à m'orienter d'instinct, faisant consciemment (et consciencieusement) l'impasse sur les montagnes russes pour leur privilégier la tranquillité contemplative des grandes roues, car je pense sincèrement avoir épuisé mon quota d'émotions fortes pour les dix vies à venir.
Aux hauts très hauts et aux bas très bas, je préfère de loin prendre de la hauteur lentement mais sûrement et me sentir retomber avec douceur plutôt qu'avec fracas et pertes, car je sais d'expérience que les puissantes montées d'adrénaline m'ont toujours fait plus de mal que de bien.

Et aujourd'hui plus que jamais, j'aspire à un petit bonheur tranquille...

Fond sonore : Einstürzende Neubauten, "Silence Is Sexy".

5 commentaires:

éric a dit…

All you need is love et en musique, it's getting better (all the time) !

Ça doit être reposant de pouvoir se dire : "j'ai fait le tour, maintenant, ça je prends, ça je laisse..."

Quand au silence... aucun son et pourtant toutes les musiques y sont !

N'oublie pas pour autant de brancher ta basse ! ;)

Aurélie a dit…

je trouve que c'est une période de la vie bien agréable que d'en arriver là.

Les tests de Gridou a dit…

Des textes comme j'aime à les lire =)

Ma mère souffre d'un acouphène, je ne sais que trop bien la souffrance qui s'en dégage et ce sentiment incroyable qu'elle a parfois à demander le silence...

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: Reposant, c'est le mot.
Ça l'est d'autant plus que mes défenses semblent être de plus en plus efficaces avec le temps et que je me prends bien moins la tête que par le passé!

Quant à Patti, la basse, je ne risque pas de l'oublier: elle trône fièrement au milieu de mon salon/cuisine :)

@Aurélie: Il m'en aura fallu, des hauts très hauts et des bas très bas pour en arriver là, mais je ne regrette rien!

@Gridou: L'acouphène est une chose terrible contre laquelle on ne peut rien, si ce n'est faire le silence autour de soi à défaut de pouvoir le faire dans sa tête :/
Heureusement, les grosses crises que j'ai eues récemment semblent être passées, et je touche du bois pour que ça dure!

Miss Sunalee a dit…

contente que ça aille mieux ! les hauts, les bas, c'est la vie, mais ce n'est pas facile à vivre, surtout les bas.