lundi 19 septembre 2011

London is a healing place

Au risque de me répéter, il y a des jours comme ça où l'on a envie de changer de vie plus ou moins radicalement. C'est d'autant plus vrai que je suis désormais sans emploi et que – en dehors d'un certain nombre de projets musicaux qui survivront très bien sans moi – rien de me retient vraiment à Liège, si ce n'est ma profonde affection pour la ville et ses habitants. Une affection partagée avec ma Londres adorée qui m'accueille à bras ouverts depuis maintenant quelques années et dans laquelle je me sens tellement à l'aise que je suis à présent capable de prendre le bus toute seule sans me tromper de destination, selon l'adage "You know you're a real Londoner when you're able to take the bus on your own".

Et mon dernier séjour dans la capitale anglaise fut probablement le meilleur que j'ai connu, notamment parce qu'il était totalement improvisé, un départ en vacances précipité de mes amis faisant de moi, une fois de plus, la gardienne du chat et de la maison – une invitation qui tombait à point nommé, car je ressentais un immense besoin de quitter mon cadre habituel pour faire le point sur ma vie, ne serait-ce que dans les grandes lignes.

Après un week-end festif et néanmoins difficile pour moi sur le plan émotionnel, j'avoue avoir pris le bus avec un léger pincement au cœur, l'âme encombrée de questions sans réponses et d'autant d'émotions contradictoires. Au plus tard sur le ferry, les vents violents finiront de balayer mes derniers doutes, et c'est avec soulagement que j'entrerai dans Londres à l'aube, après dix heures d'un voyage sans sommeil et finalement moins pénible que je ne le pressentais.
À mon arrivée à Walthamstow, un full english breakfast m'attend en compagnie de mes amis et de l'adorable chat noir nommé Morag. Feels like home!

Pour me mettre dans le bain sans tarder, Charlie m'emmène à Soho pour la journée avant de me voir m'écrouler sur le canapé devant des émissions anglaises aussi débiles qu'indispensables. Le lendemain, la maison m'appartient. Je passerai mes premières heures en solitaire à préparer mon programme de la semaine qui comprendra, en vrac, un atelier de croquis qui me verra ressortir mes crayons pour la première fois depuis plus de dix ans, une soirée de jeux vidéo où je découvrirai le jeu le plus hilarant que j'aie jamais vu, une visite de la Tate Britain avec ma chère Diabolita, une soirée karaoké dans un bar lesbien où résonne encore – je n'en doute pas – ma version du "Nice'n'sleazy" des Stranglers, la fabuleuse exposition "Sexual Nature" au Musée d'Histoire Naturelle et un quadruple concert au très recommandable Barfly.
Le tout entrecoupé de longues promenades (au soleil !) d'Est en Ouest, de rencontres intéressantes, de formidables découvertes musicales chez Rough Trade, de formidables découvertes littéraires chez Clerkenwell Tales et de bons plans en tous genres qui réjouirent mon compte en banque.C'est là qu'une fois de plus s'impose la question "Qu'est-ce qui me retient ?".

Ce qui me retient, c'est tout le côté pratique : trouver un logement (vous connaissez le prix des loyers à Londres ?), trouver un emploi (vous avez déjà vu un CV anglais ?) et tout ce qui est communément associé à un déménagement, à plus forte raison quand il s'agit d'un départ à l'étranger, vers un ailleurs où même les prises électriques ne sont pas celles que l'on connaît.
Pour être honnête, la trouille me retient tout autant que le confort, car la différence entre touriste et résident n'est pas négligeable, et en tant que vacancière (bien que mon ami Charlie aime à me qualifier d'invitée), je profite largement de tous les avantages sans les inconvénients.
Il est même hautement probable que je finisse par regretter amèrement ma décision si jamais je devais faire le grand saut vers cet inconnu pourtant si familier, car Londres est ma bulle d'oxygène qui m'aide à me ressourcer quand mes réserves s'épuisent. Une bulle que je souhaite préserver des soucis du quotidien pour n'en garder que le bon...


Comité de visionnage : "Tony – London Serial Killer"
(putain de bon film !).

15 commentaires:

IsaB a dit…

Oh comme je comprends ce double élan, entre partir et rester. Londres me fait le même effet. Mais je me dis, comme toi, que cette ville gagne peut être à rester ma résidence secondaire. C'est un peu comme habiter à la campagne. Chose improbable pour moi car la nature prend tout son sens dans les moments où je souhaite m'évader. et je ne suis pas certaine de vouloir goûter tous les aspects que réservent les coulisses.
En attendant, rien ne nous empêche de recréer de petites bulles londoniennes at home, entre deux visites outre-manche.

See you at tea time.

Les tests de Gridou a dit…

Ta réflexion est fort juste, l'appel d'une ville que l'on aime n'épanouira pas forcément si l'on y vit. Mais parfois cependant...

Question existentielle : as-tu vu un épisode de Psychoville ? Car en ce moment, aucune trace d'une saison 2 dans un site illicite de téléchargement =D

Et puis une bise, hein, ça fait toujours du bien quand on rentre, les bises =)

Mademoiselle Catherine a dit…

@IsaB: Mon enthousiasme retombe dès que ma rigueur germanique reprend le dessus ;)
Finalement, Liège, malgré ses travers, est une ville où il fait bon vivre, je trouve, et je crois que Londres (tout comme Brighton) doit rester la ville qui me fait rêver, car l'habitude tue l'amour parait-il. Et je souhaite préserver cet amour le plus longtemps possible!

@Gridou: Je n'ai pas vu Psychoville, par contre j'ai découvert ce que la télé-réalité à fait de pire AU MONDE: Embarrassing Bodies (âmes sensibles s'abstenir!!!).
Et une bise à toi ♥

Émilie a dit…

Bonjour,
je voulais te passer un petit bonjour tout simplement.
Très belles photos soit dit en passant ;-)

éric a dit…

Bon, si je comprends bien le synopsis des photos : tu t'es remise à dessiner (cool !),tu en as donc profité pour tagguer le mur du voisin et repeindre en rose-salle-de-bains toutes les portes du quartier ?

Je crois que Londres va te regretter si tu espaces trop tes visites ! ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

éric, ton esprit de déduction m'étonnera toujours :)

Miss Sunalee a dit…

au moins tu as choisi une ville proche ! moi je me ressource en... Asie du Sud-Est ! Pas simple donc d'y aller souvent !

Mademoiselle Catherine a dit…

On ne choisit pas toujours, tu sais ;)

Clairvoyant a dit…

Sounds like you had fun!

That film 'Tony' is great - really creepy...

Mademoiselle Catherine a dit…

I'd say the creepy part of the movie is how Gerard Johnson manages to make the audience sympathize with Tony...
A great film (and fantastic soundtrack)!!!

Aurélie a dit…

Ce n'est pas toujours facile de franchir ce cap... je peux te dire que je m'en suis posée des questions avant de tout quitter pour la Bretagne... ce n'est qu'à l'usage que l'on verra si les regrets naissent. Mais pour le moment je ne regrette rien et moi qui ai du mal à me bouger sur certaines choses, je ne regrette pas que mon homme m'ai poussé à agir!

Mademoiselle Catherine a dit…

Bien qu'un déménagement soit toujours un cap délicat à franchir, je pense que changer de région et changer de pays sont deux choses très différentes.

Quand je suis allée vivre en Bretagne, il y a plus de dix ans, j'avais complètement sous-estimé les différences qui allaient se présenter à moi, et j'avoue ne pas être très chaude à l'idée de remettre le couvert ;)
En plus, j'ai vraiment très mal vécu certains événements qui, finalement, m'ont poussés à rentrer au pays.

L’Angleterre étant ce qu'elle est du point de vue économique, politique et social, je suis très réticente à l'idée d'en faire mon pays d'adoption...
Mais qui sait: un jour, peut-être?
Je n'ai pas fini d'en rêver, en tous cas :)

Aurélie a dit…

Je comprends tout à fait ton point de vue. Quelque soit la décision que tu prendras, le principal est que tu trouves ton équilibre!

Véro a dit…

"Bien qu'un déménagement soit toujours un cap délicat à franchir, je pense que changer de région et changer de pays sont deux choses très différentes."

Exact (j'en sais quelque chose !)

A priori plein de bon sens tout ça, pourtant... c’est étrange : Préserver ce qu'on aime –ou bien nous fait plaisir- du quotidien –forcément plus usant- pour en faire une bulle d'oxygène ?! Est-ce que le quotidien ne mérite-t-il pas qu’on lui accorde le maximum d’attention ? ^_^

Ça n’a rien à voir mais… lorsque j’étais toute jeune mon père voulait que je fasse les Beaux Arts, mais moi j’avais peur de faire du dessin un métier. Je ne voulais pas que ça devienne quelque chose qui risquait de devenir pesant si je devais y accorder une attention quotidienne, mais au contraire qu’il soit une bulle d’oxygène, comme tu dis, un moment de détente. Résultat, ça fait belle lurette que je ne dessine plus… je n’ai quasiment pas le temps ! Non, en réalité, je ne devais pas être aussi passionnée que ça… car autrement me serais-je vraiment posée ce type de question… ? Quand on aime, pas d’excuses, il faut se donner les moyens autant que possible. Non ??? ^_^

Pas plus tard que la semaine dernière j’écoutais Belleclose. Je te promets. Décidemment, j’aime beaucoup. J’aime ta voix, j’aime ton style… Et… Est-ce qu’ à Londres tu n’aurais pas d’avantage la possibilité de pousser la chanson… comme on dit ?! Je te vois bien comme la Joan Baez du plat pays…

Enfin bon… on ne peut connaître de moments extra-ordinaires –cf Londres- que si on connaît bien l’ordinaire !

(Anaïs)

Mademoiselle Catherine a dit…

Le plaisir par opposition à la "contrainte", c'est exactement ça!
C'est comme de faire le choix de vivre de sa musique: en ce qui me concerne, c'est une option que je n'envisage pas, car il m'est important, comme tu le dis, de se préserver des bulles d'oxygène.
Et Londres est clairement un endroit pour lequel je risque de perdre toute affection si jamais je devais y vivre en permanence - d'autant plus qu'il est très, très difficile d'y creuser son trou en tant qu'artiste, contrairement à Liège qui, je trouve, offre un terrain riche à la création malgré un cruel manque de moyens...