dimanche 9 octobre 2011

Le travail, c'est la santé ?

Dans pile un mois, je grandirai officiellement les rangs des improductifs notoires.
Déjà que récemment, il m'a été difficile d'apprendre par formulaire interposé que je suis "sans profession" (puisque je suis en préavis non presté), je vais bientôt être en mesure de cocher la case "chômeuse" alors que, pourtant, je ne chôme pas : j'ai plusieurs projets musicaux sur le feu, j'ai repris la plume avec beaucoup de plaisir et offre de mon temps (puisque j'en ai) pour donner un coup de main à qui en aurait besoin. Ces belles choses étant merveilleusement non rentables, elles ne sont évidemment pas considérées comme un "travail" par le commun des mortels.

Et moi de m'interroger une fois de plus sur la notion de travail, justement : bien qu'étymologiquement, le mot nous vienne du latin tripaliare ("tourmenter, torturer avec le tripalium"), mon éducation m'a toujours empêchée de considérer le travail comme une torture, quand bien même celui-ci commençait à porter atteinte à ma santé.

Au fil des conversations avec les un/es et les autres, salarié/es ou non, je me suis finalement rendue à l'évidence qu'il est certes plaisant d'avoir un travail correspondant à ses centres d'intérêt (ce qui était mon cas), mais que bien souvent, les employés en font beaucoup trop sous prétexte qu'ils sont payés pour travailler dans un secteur qu'ils aiment et se retrouvent à faire du bénévolat en plus de leurs horaires.
Et pourquoi ? Pour étouffer un sentiment de culpabilité face à celles et ceux qui ont moins de "chance" qu'eux.
En ce qui me concerne, je ne peux même pas prétendre avoir subi une quelconque pression de la part de mon employeur : c'est moi qui me mettais la pression... jusqu'au jour où mes limites furent atteintes.

Je m'accorde donc le droit, après dix années de travail salarié quasi-ininterrompues, de prendre le temps pour en tirer les leçons et me réorienter professionnellement, car le chômage est un droit. S'il y a certes des profiteurs, je fréquente bien plus de chômeurs investis dans des initiatives d'intérêt public – culturelles, artistiques, sociales – que de caricatures qui passeraient leur temps devant la télé (à vrai dire, je ne connais personnellement aucun de ces derniers).

Les récents événements en différents points du globe montrent bien un ras-le-bol généralisé face au néolibéralisme sauvage, bon nombre de salaires dépassant à peine les allocations de chômage.
J'en viens d'ailleurs à me demander si nos États n'auraient pas tout intérêt à augmenter leurs dépenses liées à la culture, à la santé et à l'éducation – permettant ainsi à bon nombre de chômeurs de pratiquer de manière salariée les activités qu'ils ont déjà – plutôt que de partir à la chasse aux sorcières sous prétexte que certains individus profitent du système. Or, il est évident que tant que ce système mis en place par les dits États sera d'application, il y aura toujours des gens pour en abuser.

Et je déplore profondément que des personnes sincèrement investies dans la vie locale (et donc, à mon sens, nécessaires à son bon fonctionnement) soient inquiétées soi-disant parce qu'elles ne "rapportent" rien. C'est oublier un peu vite qu'une société sans arts ni culture est une société moribonde, et j'ai bien du mal à y trouver ma place, car je reste persuadée que les choses qui ne nous enrichissent pas financièrement sont bien souvent celles qui nous enrichissent le plus d'un point de vue humain...

Fond sonore : Fink, "Sort Of Revolution"
parce que, de riche cadre dans l'industrie de la musique,
il est devenu pauvre musicien... poor but happy !

38 commentaires:

éric a dit…

Taux d'approbation de 100% en ce qui me concerne vu que je suis peu ou pro dans la même situation avec plus àu moins les mêmes réflexions socio-économoiques...

Mademoiselle Catherine a dit…

J'avoue avoir eu une pensée pour toi - comme pour d'autres - en rédigeant ce texte, car tu fais partie des petites mains qui font que le Monde n'est pas encore totalement perdu...

Donc, rien que pour ça, MERCI!

Aurélie a dit…

Entièrement d'accord, c'est exactement ce que je vis actuellement! ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

...et nous sommes - hélas - de plus en plus nombreux dans la situation :/

Anna E. a dit…

C'est pareil avec le mythe de l'étudiant glandeur ... (oui bon, je fais un parallèle avec ce que je connais :D)
N'aie crainte, je prendrai ces considérations en compte lorsque je dominerai le monde.

Cilou a dit…

J'approuve aussi bien sûre à 100% ...C'est une excellente description de mon quotidien ...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Anna E.: Pourvu que tu le domines vite alors, parce que vu comme c'est parti, je ne donne pas cher de notre peau...

@Cilou: J'aimerais tellement que ce genre de réflexion n'aie pas lieu d'être, et pourtant, c'est le quotidien de beaucoup (trop) de personnes.
Et à part donner mon avis, je ne vois pas très bien quoi faire - concrètement - pour faire bouger les choses :/

Géraldine a dit…

Ma réaction est bien plus longue que le nombre de caractères acceptés... je vais donc devoir le faire en plusieurs posts.

Ce n'est pas le fait qu'une personne soit au chômage qui fait qu'inévitablement,cette personne glande. Il y a des gens qui, même au boulot, glandent. C'est surtout la personnalité qui fait ça.

Par contre, il est clair qu'il est vital de trouver des nouveaux moyens d'encourager les investissements dans le secteur culturel. Là-dessus, je ne peux que partager ton avis...

En attendant, il faut utiliser les moyens qui existent déjà (aides, concours, subsides,...). Même si ce n'est pas toujours évident et surtout pas suffisant.

Concernant les ennuis que peuvent rencontrer les personnes investies dans la vie associative et culturelle, il est clair que leur rôle est très important et leur parcours souvent pas facile. C'est regrettable et pourtant certains s'en sortent. Le problème vient aussi du fait que parfois, ces personnes elles-mêmes ne considèrent pas toujours ce qu'elles font comme du travail. Ils ne se rémunèrent pas (parce qu'ils ne veulent pas couter trop cher), n'asseyent aucun statut, et s'assurent de rencontrer bon nombre de difficultés sur le chemin. Il existe des outils et des associations qui aident à structurer et professionnaliser tout ça. Ce qui ne veut pas dire que la route en devient simple juste pour ça. Mais c'est déjà ça.

Maintenant on connaît tous la réalité des conditions socio-économiques d'une artiste (ou d'une personne qui travaille dans un métier de la création). Ce n'est pas pour rien que c'est appelé 'intermittence'.

Et concernant les associations, la vie culturelle locale, etc. c'est sûr que souvent elles galèrent. A ce niveau, j'ai déjà pensé qu'en dehors des artistes, il devrait exister une condition spécifique similaire au "statut d'artiste" pour des structures associatives.
Cela étant dit, ça pose tout de suite une série de questions: comment financer ça? comment mettre en place une structure qui vérifieraient la nature associative ou l'apport culturel? comment savoir par exemple si un lieu de concert fait une programmation cohérente et pleine de coeur ou bien si il booke les gens en les recevant deux jours par an, et les inscrivant dans l'ordre d'arrivée et en réservant des dates sans connaître les groupes? là ça ramène au débat de la nécessité de trouver des nouvelles sources de financement dans le culturel. J'avais justement une réunion sur ce sujet la semaine dernière. Il faut savoir que si ce n'est pas évident, des mesures sont pensées à une plus grande échelle (EU, banques,...) et des recherches sont faites pour essayer de trouver un nouveau fonctionnement qui permettrait de redonner un nouveau souffle à la culture.

Mais quand même, il faut garder espoir... il y en a qui y arrivent... .

Géraldine a dit…

Maintenant on peut aussi supposer de façon assez raisonnable que beaucoup de personnes créeraient plus si elles n'étaient pas contraintes d'aller travailler... et que ça aussi c'est une perte pour la société. En fait il me semble que le temps (qu'on a plus quand on n'est pas lié par un emploi), quand on en a, permet de se réaliser (ou de se laisser aller, selon).

Et le fait que ça soit louable c'est très bien mais tant que des nouvelles solutions financières n'ont pas été trouvées, ces personnes sont soumises aux mêmes obligations que les autres personnes qui demandent le chômage: c'est-à-dire ni plus ni moins prouver qu'on paie aussi des impôts. Je ne dis pas que c'est parfait, mais tant que les sources de financement du chômage proviennent du salaire des autres, comme tu dis, si on veut que ça vaille encore la peine d'aller travailler (au niveau financier), je n'aime pas dire ça, mais il faut forcément casser des oeufs.

Après, le problème vient peut-être d'ailleurs: répartitions des budgets (au niveau culturel), certains salaires exagérément hauts et d'autres exagérément bas, la crise, la multiplication des media (et donc de l'offre, ce qui a les effets qu'on sait...) et le désintérêt progressif de la société envers les matières culturelles ou socio-culturelles.

A "blâmer" aussi: les attentes de certaines de ces mêmes structures qui, malgré leurs bonnes intentions, s'imaginent obtenir des résultats commerciaux irréalistes sans s'accorder d'y mettre les moyens et manquent d'outils. Parce qu'on veut avoir réussi avec des bouts de ficelles.

Bref, c'est un long débat, avec pas mal de points à aborder...

Marie-Luce a dit…

Il est grand temps de se dégager de la mentalité "utilitariste", qui considère comme productif quelqu'un qui est payé pour faire quelque chose (quand bien même ce serait quelque chose de nocif ou pas sympa) et comme une feignasse parasitique quelqu'un qui n'est PAS payé pour faire ce qu'il fait, et qui peut améliorer le monde et son harmonie !
Je suis une éclopée du travail, et désormais pensionnée pour raisons de santé. Ce qui ne veut pas dire que je reste plantée dans mon coin à profiter du système !
Et la pension minimale est assez proche de mon ex-salaire...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Géraldine: Merci beaucoup pour cette intervention on ne peut plus éclairée!

Je n'ai malheureusement aucune réponse à apporter à tes questions et me réjouis néanmoins du débat qui se profile (et qui, comme tu le soulignes, est en cours depuis bien longtemps, car le problème ne date pas d'hier).

J'observe au sein de mon entourage que de nombreuses personnes touchent le chômage alors que leurs activités bénévoles s'apparentent à un travail, sinon à temps plein, tout du moins à temps partiel. Leur investissement se "limitant" généralement au milieu associatif (et donc pauvre comme Job), il n'est pas possible de les rémunérer.

D'un autre côté, je constate que bon nombre d'institutions (centres culturels subsidiés et autres) profitent d'une certaine aura pour "exploiter" (de manière totalement involontaire) certaines personnes qui pourraient se professionnaliser dans leur activité. Or, ces dernières se contentent souvent d'un défraiement de peur de se voir montrer la porte, car il y a derrière tout un tas de gens prêts à prendre leur place.

L'analogie avec le monde du travail (où, c'est bien connu, nul n'est irremplaçable - et aujourd'hui plus que jamais) me laisse un goût amer en bouche, car on devrait être content de travailler.
Mais à quel prix?

Lorsque je vois les écarts de salaires scandaleux entre les différents corps de métier, je me dis que c'est l’entièreté de notre système économique qu'il conviendrait de changer, mais quel gros salaire sera prêt à lâcher du lest? Ces gens m'ont l'air tellement déconnectés de la réalité qu'il me semble difficile de leur faire prendre conscience du danger qu'ils représentent.

Les inégalité dans la répartition des richesses ont certes toujours existé, mais j'ai beaucoup de mal à me faire à l'idée qu'aujourd'hui, des salariés occidentaux n'arrivent même pas à se loger décemment alors qu'ils travaillent. Et à l'heure actuelle, il n'est pas nécessaire d'être un panier percé pour se retrouver en surendettement.

Le nœud du problème, selon moi, c'est que les banques et les actionnaires ont un tel pouvoir que si rien n'est fait - et vite - à ce niveau-là pour débloquer la situation économique mondiale, nous risquons de bientôt nous retrouver dans une situation proche de la Grande Dépression.

Et ce jour-là, j'espère que nous aurons mis en place un système de solidarité humain et non économique, car cela semble nous faire cruellement défaut...

(voilà, je suis partie dans des digressions folles, mais il fallait que ça sorte ;))

Mademoiselle Catherine a dit…

@Marie-Luce: Oui, avant toute chose, il me parait primordial de faire évoluer ces mentalités selon lesquelles une personne qui ne travaille pas (au sens rémunéré du terme) est inutile à la société. Comme tu le précises, beaucoup d'entre nous n'ont pas fait le choix d'être écartés du monde du travail, et il serait de bon ton de le rappeler de temps en temps...

Scot a dit…

Assez libératoire de te lire : j'ai parfois l'impression que, travaillant dans un secteur "non-marchand", on est tenu de se donner corps et âme... et que le travail n'y a pas la même valeur que dans le monde du profit.

Epuisons-nous, c'est pour le bien collectif...

Bon ben j'y retourne, à mon boulot... Quoi ? On est dimanche ? Et alors ? ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

Le gros problème du secteur non-marchand est que bien souvent, on y entre par passion ou vocation et qu'il devient alors extrêmement difficile de faire la distinction entre son travail et ses loisirs.
Ce fut mon cas pendant plusieurs années, jusqu'au jour où j'ai eu l'impression d'être tout le temps en train de bosser, que j'assiste à un concert, que je vois un film, que j'écoute un disque ou que je lise un livre...
Mon travail a finalement eu raison de ma passion, aussi m'a-t-il été nécessaire de partir si je ne voulais pas finir blasée et aigrie.

Heureusement, je retrouve le plaisir, petit à petit, et je vais veiller à ne pas me laisser retomber dans ce type de spirale infernale...

Anne-Lise a dit…

Et je ne vous parle même pas des secteurs tellement troubles qu'ils mêlent le commercial et le culturel...il y a de quoi progressivement s'y sentir victime d'aliénation. Faire la juste balance entre ce qui "fera du chiffre" (parce qu'il faut bien avoir une trésorerie qui ne prend pas trop l'eau)et ce qu'on "cautionne" (le mot est vilain, il supposerait une censure, mais je n'ai pas encore bu de café, je ne trouve pas mieux) vraiment en matière de lectures, ça finit par poser question. Vaste débat, là aussi. Je suis en plein dedans.

Mademoiselle Catherine a dit…

Je comprends parfaitement de quoi tu parles ;)

Dans l'inconscient collectif, il semblerait que plaisir et profit soient incompatibles dès qu'il s'agit de nourritures spirituelles.
Or, c'est oublier un peu vite que lorsqu'on achète un livre en librairie, c'est tout un petit monde que l'on soutien - non seulement l'auteur (qui ne touche que des clopinettes), mais aussi une maison d'édition, un distributeur et un détaillant (et cela vaut pour tous les "produits culturels") (diantre, que j'ai horreur de ce mot!).
De la même manière, lorsqu'on voit un musicien sur scène, il est dans la grande majorité des cas entouré d'autres corps de métier (sonorisateur, éclairagiste, ainsi que le personnel de la salle qui l'accueille - souvent bénévoles).

Je suis d'ailleurs souvent étonnée, voire choquée que sous prétexte que la création est un plaisir, l'artiste devrait offrir gracieusement ses œuvres et être flatté lorsqu'on l'invite à les partager pour peau de balle (à ce sujet, j'ai beaucoup aimé cette carte qui a circulé récemment sur facebook). Ça démontre bien certaines mentalités actuelles selon lesquelles la gratuité est encore trop chère... mais à côté de ça, les gens n'hésitent pas à aligner une centaine d'Euros pour voir Mylène Farmer dans un stade de foot.
On ne prête qu'aux riches, c'est bien connu!

marjan a dit…

J'ai la chance de ne pas devoir travailler et j'ai la plus grande richesse au monde :" la liberté " :-)

marjan a dit…

http://www.notre-ecole.net/la-gueule-de-lemploi-un-document-choc-sur-le-recrutement

chômage = pouvoir des patrons

Géraldine a dit…

Sinon, j'aime bien ce blog aussi: http://www.monamiechomeuse.com/

Mademoiselle Catherine a dit…

@marjan: En même temps, la liberté n'a réellement d'intérêt que si l'on sait quoi en faire ;)
Quant au lien que tu as posté, il a rappelé à mon bon souvenir le film espagnol "El método". J'ai envie d'y répondre par un commentaire qui n'est pas le mien (c'est la réaction d'un ami suite à la publication sur mon mur facebook de la note d'Elio Di Rupo): "le jour où les politiciens et certains de leurs électeurs comprendront que le rôle du chômeur est de garantir des salaires qui restent relativement bas, on risque d'en voir certains tomber de haut!"
Rien à ajouter!

@Géraldine: Merci pour le lien! Je viens de le survoler, et rien que la petite phrase "Être au chômage ne signifie pas (nécessairement) faire corps avec son canapé, c’est aussi la meilleure période pour initier de grands chantiers existentiels" dans son texte de présentation me la rend d'ores et déjà extrêmement sympathique!

kim a dit…

Moi je cale sur ton titre en fait. Je me suis toujours dit que le boulot était d'abord là pour nous aider à vivre mieux. Et je tiens à ce principe. Alors je m'investis dans ce que l'on me demande mais je n'en ferai jamais trop. Parce que quand je vois les exigences de plus en plus farfelues de l'éducation sans nous donner de moyens, quand je vois suite à cela, mes collègues qui eux se sentent "à vocation" dépérir de plus en plus parce que terrassés par ces exigences, je suis bien contente d'avoir une certaine distance par rapport à mon métier et d'avoir d'autres choses sur le côté, non payées, qui ELLES, m'enjolivent la vie.

éric a dit…

Pour le titre, il faut le lire "avé l'assent" :

Le travail, c'est lassant, té ! peuchère !

:)

Mademoiselle Catherine a dit…

@kim: On travaille pour vivre, pas l'inverse ;)
Ceci dit (et cela n'a vraiment rien de rassurant), les exigences sont de plus en plus farfelues dans tous les secteurs, un taux de chômage élevé étant souvent garant de travailleurs dociles...

(sacré @éric ;))

Véro a dit…

La liberté c'est pas mal surtout lorsque tu as les moyens... un compte en banque confortable qui te permet d'aller où tu veux et faire ce que tu veux, sans les liens du travail !

Pour beaucoup de personnes la liberté est associé à précarité. Sans argent = tu es limité dans tes mouvements. Tu bosses = tu as de l'argent = moins de liberté de mouvement.

Donc, le top, ce serait d'avoir des parents pétés de fric ou gagner au loto... mais, même ainsi, la liberté, sans but... hein ?

Ce qui est sympa à mes yeux, surtout, c'est d'avoir des objectifs !

Sur ce, je retourne bosser... si je ne veux pas me retrouver au chômage ! ^_^

PS : S'il y a une chose dans la vie qui me rend furax, ce sont les gens qui s'ennuient...

Véro a dit…

Oups, j'oubliais :

"Je me suis finalement rendue à l'évidence qu'il est certes plaisant d'avoir un travail correspondant à ses centres d'intérêt mais que bien souvent, les employés en font beaucoup trop sous prétexte qu'ils sont payés pour travailler dans un secteur qu'ils aiment et se retrouvent à faire du bénévolat en plus de leurs horaires.
Et pourquoi ? Pour étouffer un sentiment de culpabilité face à celles et ceux qui ont moins de "chance" qu'eux.

Peut-être que certaines personnes se sentent coupables et font des extras pour soulager ce sentiment, mais je pense aussi que beaucoup de personnes font des extras simplement parce qu'ils aiment ce qu'ils font et que quand on aime, on ne compte pas ! (paraît-il) Mon père était comme ça, il s'ennuyait en vacances ; sa rémunération était secondaire et ne l'empêchait pas de se donner à fond... (il a eu deux passions : le boulot et les femmes ^_^ )

Je dirais que ces gens là sont des chanceux... s'il n'y avait pas la vie de famille !

Mademoiselle Catherine a dit…

Voilà des points intéressants auxquels j'aimerais néanmoins apporter un bémol:

d'une part, la notion de "liberté" est très relative, car je pense que nous en avons tous notre propre définition. Pour moi, la liberté passe d'une certaine manière par une forme d'organisation du temps. Je repense ainsi avec nostalgie à l'époque où je travaillais à temps plein (39h/semaine) et arrivais malgré tout à caser dans mes moments de loisirs du bénévolat, des sorties, une vie sociale, artistique et amoureuse. Avec le recul, j'ai du mal à y croire, mais j'étais 10 ans plus jeune aussi ;)
Ceci dit, je pense qu'on s'organise tout simplement différemment et que l'on aspire davantage à un temps de "qualité" quand on n'en a moins (cf. le temps que je "perds" en chipoteries inutiles depuis que je suis demandeuse d'emploi).

Ensuite, je pense sincèrement qu'il n'est pas nécessaire de rouler sur l'or pour se sentir libre, comme je l'expliquais déjà dans une note précédente intitulée, comme par hasard, "Vivre pour travailler".

Concernant ton deuxième commentaire, je pense que tout dépend de l'individu: j'ai moi aussi vu mon père passer des heures et des heures au travail, car il est passionné par ce qu'il fait.
En ce qui me concerne, je m'intéresse à tant de choses tellement différentes que je ne saurais en choisir une seule pour en faire ma profession ad vitam aeternam. Pas que j'aie peur de l'ennui, au contraire: mes nombreux centres d'intérêt son pour moi garants de projets, et ces projets me font avancer en plus de m'apporter un sentiment de plénitude.
Bien qu'il m'arrive de ressentir une pointe d'envie au regard de personnes ayant une réelle vocation, j'ai bien peur de ne pas en faire partie...

Véro a dit…

Que de bon sens... !

La notion de liberté est très relative, entièrement d'accord avec toi (mon premier et troisième paragraphes, comme tu l'as certainement compris c'est de l'ironie. J'ai vu des gens avoir le temps et les moyens de la "liberté" et tourner en rond faute d'objectifs et de rêves...)

La liberté passe par une organisation du temps ? 100% d'accord. Tu viens de décrire mon cas : J'aspire, oomme tu dis, à un temps de "qualité" ! Pour l'instant, je tire la langue à force de courir dans tous les sens (mes visites sur internet sont du temps "volé" !)

Pour ce qui est de l'ennui, tu vois parfois, des femmes au foyer -ou chômage aussi, il ne faut pas se voiler la face- qui s'emmerdent littéralement, et qui le disent. Et comme tu le montres si bien, il y a tant de choses à faire qui peuvent être épanouissantes...

Donc, go on ! Qu'on gagne de l'argent ou pas, l'important c'est de faire des choses qu'on aime !

Véro a dit…

J'apporte une précision pour qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. A propos des femmes au foyer et des chômeurs... Je pense surtout à toutes sortes de personnes qui ont du temps devant eux et qui trouvent le moyen de s'ennuyer (je ne suis pas certaine que passer sa journée devant la télé soit passionnant. Mais, peut-être !) J'en ai connu et je trouve ça... dommage. Parce que autrement ma mère à été chômeuse pendant de longues années, et ça n'a pas été de gaîté de coeur.

Raph* a dit…

Pfoui! c'est tellement juste comme réflexion. Lorsque j'ai écrit un mémoire sur la question du genre dans le bénévolat, j'ai lu des études économiques très éclairantes dans lesquelles il est fait aveux de la valeur du travail bénévole dans les secteurs socioculturels et associatifs en général; mais il est impensable de valoriser financièrement ce travail. Il existe, il crée de la valeur sociétale, éducationnelle et même marchande mais il ne peut être comptabilisé: on serait alors obligé de considérer les forces du secteur non-marchand comme bien supérieures à celle du secteur marchand. Une valeur non-mesurable lui est aussi attribuée (en terme d'épanouissement, de ressourcement, etc des travailleurs et non-travailleurs): Le problème en soi est la tellement mauvaise foi du système érigée en mode de fonctionnement (avec le travail salarié conservé malgré tout en valeur centrale) et son application absurde. On ne vit pas dans un monde très sain...
Moi qui rêve d'être homme au foyer!

(http://www.decitre.fr/livres/ECONOMIE-DU-COMPORTEMENT-BENEVOLE.aspx/9782717838923)

Véro a dit…

Enfin, tout ça pour dire que je trouve, Mademoiselle Catherine, ta démarche courageuse, surtout en temps de crise où le lendemain est plus incertain. Je te souhaite sincèrement de trouver la "qualité" de vie à laquelle tu aspires. Et bonne chance avec tes projets.

@Raph. Homme au foyer ou boulot à plein temps... parce que les deux en même temps c'est... ouf !

éric a dit…

Raph*, ton lien n'est pas bon et c'est dommage, j'aurais bien aimé jeter un coup d'oeil à ton travail...

Raph* a dit…

@Eric: ce n'est qu'une copie d'adresse (sais pas comment on fait des "liens", déso) que tu copies dans la barre d'adresse vers une référence au livre de Lionel Prouteau qui est un des principaux livres sur lesquels j'avais travaillé pour ce pan économique. Quand mes caisses seront défaites, je peux t'envoyer ma bibliographie? ou si tu veux, une copie word de ce mémoire?

éric a dit…

Raph*, je veux bien une copie de ton mémoire, merci. :)

Je suis dans le bénévolat depuis pas mal de temps donc un oeil neuf sur le sujet (je suppose que tu es jeune, au moins plus que moi) m'intéresse. :)

Pour me contacter : tu cliques sur mon pseudo, tu arrives sur mon site, il y une page contact, tu m'evoies un message, je récupère ton mail et peux t'envoyer le mien.
Plus simple à faire qu'a écrire ! ;)

Merci.

p.s : Mademoiselle Catherine, désolée de "dealer" en ton antre mais c'est pour la bonne cause ! :)

Mademoiselle Catherine a dit…

@Raph*: Tu prêches à convertie, là! Connaissant bien le secteur associatif pour y avoir passé l'entièreté de ma vie professionnelle, je constate que les postes dans le milieu se font de plus en plus rares :(

Ceci dit, j'ai bien peur qu'en cas d'hypothétique plein emploi, le système associatif n'en fasse les frais, et pas forcément de la manière la plus positive qui soit - en perdant d'une part un certain nombre de ses "petites mains" (puisque celles-ci seront occupées ailleurs), et d'autre part en n'ayant quand même pas les moyens d'embaucher davantage.
Certes, on peut toujours rêver en se disant que les caisses de l’État seront alors pleines et qu'il y aurait ainsi moyen d'augmenter les subsides etc., mais j'ai bien peur que ne ce soit qu'une belle utopie supplémentaire, car, comme tu le fais remarquer entre les lignes, ça pourrait être dangereux pour le système néo-libéral si nos dirigeants (et je parle autant de nos politiciens que des piliers de l'économie - banques etc.) se rendaient compte de la valeur réelle du "non-marchand".

Quand je vois que même les professionnels de la santé (infirmières, médecins, etc.) travaillent aujourd'hui dans des conditions précaires, je me demande vraiment - et sans doute un peu naïvement - dans quel monde nous vivons...

@Véro: Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est courageux. Disons plutôt que, comme j'ai fait le choix d'avancer (tant qu'à faire), autant m'en donner les moyens.
L'aspect positif de ma situation est que je découvre sous un autre angle le bénéfice des réseaux: s'il est important d'avoir une vie sociale quand on est salarié, cela devient quasi indispensable quand on est demandeur d'emploi, sans quoi, on se retrouverait complètement isolé en plus de remettre en question son "utilité" (à ce sujet, pourquoi serait-on "demandeur"? Ne serait-on pas plutôt "offreur de compétences"?)

@éric: Le lien fonctionne effectivement en copier/coller.
Pour le reste, tu es tout pardonné: ça m'intéresserait d'avoir quelques références bibliographiques pour les ajouter à mon article.
En attendant, voici déjà un bouquin qui m'a complètement retourné la tête en son temps: Génération 68 - Les trentenaires ne vous disent pas merci.

Jessica a dit…

well put.

Anonyme a dit…

"Le chômage a ceci de déplaisant, c'est qu'il n'est pas généralisé."
Louis Scutenaire

...un sujet de dissertation!

Aaricia

"Le Loup du Chat" alias Sandrine Deleuze a dit…

Et oui... :( que dire ? Ceci est tellement vrai ! Tellement trop et cruellement vrai :(
Que faire ??
Il y a un peu plus d'un an, j'ai sollicité/interpellé les politiques concernant le décret créativité qui semblait tomber dans les oubliettes ! A l'époque le gouvernement était en affaires courantes ! Alors pas question de demander des comptes concernant le suivi de celui-ci et encore moins de leur rappeler que l'article 27 (dont le but ultime et louable est de faciliter l'accès à toute forme de culture pour toute personne vivant une situation sociale et/ou économique difficile) est en péril ! Il m'a été répondu des centaines de fois, que tous se sentaient sensibles à cette situation et qu'ils ne manqueraient pas de faire en sorte que ce fameux décret soit conservé/respecté...
L'Art et la Culture pour tous...
Les intermittents, les artistes et autres "agents" du bien être social et culturel de notre pays, sommes en train de, constamment, tenter de garder la tête hors de l'eau et sans cesse devons justifier nos faits et gestes ! Et pourtant c'est pas faute de travailler comme des acharnés !
Le travail lié au social ou à la création, même bénévole, n'est absolument pas reconnu et "toléré" par nos politiques ! Nous dérangeons ! Alors vous pensez bien, si en plus on doit cocher une case "chômeur".....
Un autre triste exemple : Les +- 170 CEC de Belgique vivent aussi dans l'expectative et attendent 2014 ou 2015 pour savoir si les subsides du décret créativité (pour rappel : en 2009, le « Décret Créativité » relatif au secteur des CEC était adopté au Parlement de la Communauté française, il reconnaît désormais aux CEC le rôle d’acteurs socio-culturels, ainsi que la qualité de leur contribution à la démocratie culturelle, et assigne aux CEC une mission d’émancipation sociale, culturelle et d’expression citoyenne) seront enfin libérés...
Votre post date de 2011 et mi 2013 rien ne semble avoir changé que du contraire...
J'aimerais tant pouvoir être optimiste mais l'avenir de "nos" domaines semblent voués à être étouffés... Nous nous devons de toujours et encore crier fort pour nous faire entendre...
Et quand bien même chômeur ou pas... Nous rêvons tous de la même chose ! Un sentiment de reconnaissance et de validation et sûrement pas un doigt pointé/pointeur sur ceux qui pointent ;-)

Mademoiselle Catherine a dit…

La reconnaissance et la valorisation du travail, quel qu'il soit, est un désir parfaitement légitime, mais il sembleraient que certains métiers y soient plus "éligibles" que d'autres.

Ce que je trouve terrible dans la situation actuelle, c'est que les subsides aux petites structures associatives fondent comme neige au soleil alors que leurs activités comblent bien souvent les lacunes des institutions d’État (écoles de devoirs, soupes populaires, associations caritatives, activités sportives ou culturelles, etc.).

Quelle que soit la façon dont je tourne le problème, j'en reviens toujours au même constat (énoncé dans mon texte): je me demande "si nos États n'auraient pas tout intérêt à augmenter leurs dépenses liées à la culture, à la santé et à l'éducation – permettant ainsi à bon nombre de chômeurs de pratiquer de manière salariée les activités qu'ils ont déjà – plutôt que de partir à la chasse aux sorcières sous prétexte que certains individus profitent du système".

Comment ça, autant pisser dans un violon ?!