samedi 21 janvier 2012

Du bon usage d'une batte de base-ball...

D'abord...

D'abord, il y eut cette promesse vaguement solennelle de ne pas mettre ma créativité de côté au profit de choses bien réelles qui se passent dans la vraie vie.
Ensuite, il y eut cette conversation avec ma généraliste qui me donnerait presque envie de tomber plus souvent malade parce qu'elle a décidément une bonne influence sur moi...

Toujours est-il que c'est légèrement honteuse et confuse que je me retrouve face à l'écran blanc, laissant à nouveau courir mes doigts sur le clavier en me demandant ce que je vais bien pouvoir écrire.

Parce qu'on a beau dire que l'appétit vient en mangeant, l'écriture me semble être une autre paire de manches, surtout quand on a sous le nez – et en permanence – une multitude de distractions. Ainsi ai-je coupé mon routeur le temps de la rédaction pour ne pas être soumise à la tentation ô combien chronophage du Dieu internet, la seule chose pouvant me faire dévier du droit chemin au moment où j'écris ces lignes étant la soupe pleine d'amour (de lentilles, de carottes, de navets, de champignons et de vermicelles) qui mijote tranquillement sur le coin du feu...

Ceci étant dit, l'inspiration est une chose étrange que chacun semble définir à sa manière : d'aucuns estiment qu'il faut lui courir après avec une batte de base-ball tandis que d'autres se contentent de la laisser venir comme s'ils attendaient d'un animal farouche qu'il se décide à leur faire confiance. Et pendant longtemps, j'ai clairement fait partie de la seconde catégorie... jusqu'à ce que la promesse vaguement solennelle dont il est question en début d'article me mette le nez dans ce qu'il convient d'appeler ma propre paresse – que je mettais volontiers sur le dos de l'inspiration ! Or, l'écriture m'étant bien trop précieuse – et nécessaire – pour que j'aie envie de laisser s'éteindre sa petite flamme, j'ai décidé de me prêter au jeu de la batte de base-ball sur les conseil éclairés d'un paysagiste pileux...

En y repensant, je me dis que ce n'est pas un hasard si ce blog a vu le jour peu de temps après que l'écriture soit devenue ma profession, m'offrant ainsi une petite soupape où laisser filtrer le trop-plein au même titre que le grand n'importe quoi, mais maintenant que je suis officiellement "demandeuse d'emploi", "chômeuse" ou "sans profession" (biffez la mention inutile), à quoi peut bien me servir une activité aussi futile que le scribouillage, si ce n'est pour rédiger mes CV et lettres de motivations ?
Car lorsqu'on est demandeur d'emploi (à défaut d'être "offreur de compétences"), on est supposé passer ses journées à chercher du travail, et le simple fait que je m'octroie le luxe d'alimenter ce blog au lieu d'être en train de répondre à des annonces (qui non contentes de ne pas m'intéresser n'ont clairement pas pour cible des profils comme le mien) me met déjà officiellement hors la loi.

D'ailleurs, parlons-en un peu, de lois, notamment de celle, parfaitement stupide, selon laquelle, à l'heure de la Grande Europe, je ne suis officiellement titulaire que d'un diplôme du secondaire inférieur alors que j'ai passé haut la main mes examens de fin d'études supérieures il y a plus de dix ans de cela. Sans vouloir entrer dans des détails aussi complexes que soporifiques, le fait est que les deux diplômes français dont je suis titulaire – un brevet de technicien agricole obtenu en 1999 suivi deux ans plus tard d'un brevet de technicien supérieur – ne sont pas reconnus par la Communauté Française de Belgique, à moins que je n'en fasse la demande en bonne et due forme moyennant une demie tonne de paperasse... et paiement, bien entendu, puisque, service public ou non, il n'y a pas de petits profits !
Cet état de fait dont on m'a fait part il y a à peine quelques mois me reste d'autant plus en travers de la gorge qu'il me ferme un certain nombre de portes, notamment celles de la fonction publique ou d'une poursuite d'études, ce qui ne facilite pas ma réorientation professionnelle : j'ai beau me rassurer en constatant que ma soi-disant absence de diplôme ne m'a jusqu'à présent pas porté préjudice sur le marché de l'emploi, je n'en ressens pas moins une immense frustration doublée d'une colère sourde.

En quelques mots comme en mille : je ne suis pas dans la merde !
Et à défaut de me permettre de retrouver l'inspiration, la batte de base-ball pourra toujours me servir à broyer certaines jambes au passage...

Conseil de lecture : Paul Auster, "Pourquoi écrire ?".

16 commentaires:

éric a dit…

Les jambes, ce n'est pas suffisant, ces gens-là travaillent assis, ils n'en ont pas besoin...
Vise la machine à café, ça les embêtera plus ! :D

À ceux qui seraient tentés de penser qu'ils ont besoin de leurs jambes pour aller jusqu'à la machine à café, je dirais, non, ils ont des stagiaires sous-payés pour ça...

Les tests de Gridou a dit…

Offreur de compétences... j'adore !

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric, tu es magique! Si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer :D

@Gridou: Je trouve terriblement condescendant de mettre ainsi l'ensemble des "demandeurs d'emploi" en position soumise du simple fait de leur appellation. Ainsi, "offreur de compétences" me semble bien plus adapté :)

Anna E. a dit…

Je manie très bien le fouet, si jamais ça peut t'aider à retrouver ton inspiration :D

Mademoiselle Catherine a dit…

Un lasso, pourquoi pas, mais un fouet, je n'en vois pas trop l'intérêt: c'est bien trop élégant!
Tandis qu'une batte de base-ball, c'est dur, c'est martial, et ça fait drôlement mal :D

(sadique, moi?! Que nenni!)

Waldorf a dit…

"Pas de diplômes" mais l'habitude des micros et des scènes…
Un domaine porteur et plein d'avenir t'ouvre les bras…
La politique !



bon évidement faut aimer parler dans le vide, jouer la comédie, etc.


ps : la batte de base-ball c'est encore trop doux pour ces cons…

Aurélie a dit…

Mince, je suis hors la loi aussi alors??? :(
Tant pis...

Mademoiselle Catherine a dit…

@waldorf: J'ai bien peur d'être trop intègre pour ça. D'ailleurs, pas plus tard qu'hier, j'ai eu une conversation autour du fait qu'il me serait impossible d'être prof, étant donné que je me sens incapable de parler devant un grand auditoire... Alors, politicienne, tu imagine?!
Moi pas, tsé :p

ps: Un martifouette, alors?!

@Aurélie: ...surtout qu'au vu de la régularité dans tes publications, tu me dépasses de loin ;)

Le bocal de Raspoutine a dit…

Quoi que certains empaffés administreux vouz disent, insistez bien sur le terme "offreuse de compétences", c'est pile-poil dans leur abrégé (au sens littéral) de vocabulaire de l"'employé modèle". Cela leur clouera le bec un moment ! Sinon, il reste l'usage de ladite batte (dans les dents, comme ça plus question de même suçoter un café de la machine distributrice).

Mademoiselle Catherine a dit…

Très cher bocal, vous ne croyez pas si bien dire: bien que tout récemment revenue sur le marché de l'emploi après plus de 10 ans de vie professionnelle quasi-ininterrompue, je m'étonne moi-même de parvenir à maitriser aussi rapidement le vocabulaire démagogique.
Il faut dire que je suis à bonne école avec certaines personnes de mon entourage... ;)

L'organe confit au formol a dit…

Ah ! je vois que vouz savez vous entourer de vieux briscards de la glande à qui on ne fait pas le coup de la reconversion pour des raisons économiques ! C'est une bonne chose ! Vous pourrez vouz adonner à votre "hobby" de façon d'autant plus décomplexée.

Mademoiselle Catherine a dit…

Alors là, je vous arrête tout de suite: mes briscards n'ont rien de glandeurs! Électrons libres, enfants terribles, têtes brûlées (voire têtes de con), peut-être, mais qui se ressemble ne s'assemble-t-il pas?

Wakajawaka a dit…

Diplômes diplômes... quand tu cherche du boulot par ici, il est bon de ne pas dépasser du moule (je suppose qu'il en est de même dans ta verte contrée).
Ainsi je me suis vu refuser des entretiens d'embauche au motif que mon niveau de qualification était trop élevé... (sachant que depuis les 80's on embauche en moyenne à 2 niveaux de diplôme au dessus du requis-théorique en France, un poste bac +2 sera couvert par un bac +4/+5).

Les seuls emplois où ils se foutent comme de l'an 40 de ces foutus bouts de papiers sont les emploi fortement dévalorisés (éboueur, cantonnier, caissier).

Même quand on a l'habitude d'avoir plusieurs CV différents selon les postes visé (contenu et mise en page), la recherche d'emploi devient vite acrobatique ;)

Bon courage et bonne chance :)

Mademoiselle Catherine a dit…

Même quand on a l'habitude d'avoir plusieurs CV différents selon les postes visé (contenu et mise en page), la recherche d'emploi devient vite acrobatique
...et dans tous les cas, il me semble que c'est bien souvent davantage une question d'être au bon endroit au bon moment que de contenu du CV...

En ce qui me concerne, j'avoue ne pas (encore) m'inquiéter pour mon sort et mets petit à petit des choses en place pour baliser mon avenir professionnel (et, accessoirement, trouver une solution à cette histoire de diplômes...).
To be continued...

Wakajawaka a dit…

En effet : être au bon endroit et au bon moment.

Et de plus en plus : avoir un bon carnet d'adresse (le "réseau" en langage branchouille).

Mademoiselle Catherine a dit…

Mon carnet d'adresses m'a justement fait comprendre qu'il n'y a absolument plus de boulot dans le secteur socio-culturel, ce qui n'est hélas pas pour m'étonner. Raison de plus plus pour me réorienter de façon plus ou moins radicale...