jeudi 15 mars 2012

Le mur du con

Ce n'est un secret pour personne : notre société est emplie de normes. En tant qu'animal social, l'être humain est invité à s'adapter aux circonstances, ce qui, dans le fond, n'est pas une mauvaise chose.

Là où ça me gêne, c'est quand les soi-disant "normes" s'immiscent dans ce que nous avons de plus personnel, notamment le corps et la sexualité, et le boom de la chirurgie esthétique "intime" qui rabote à tour de bras les lèvres jugées trop charnues par leurs porteuses a le don de m'hystériser !

Je ne suis d'ailleurs pas la seule : depuis plusieurs années, l'artiste Jamie McCartney se penche de (très) près sur les parties génitales féminines pour l'élaboration de son étonnant The Great Wall of Vagina, installation de dix panneaux représentant chacun quarante sexes féminins. Loin d'être un individu lubrique, le sculpteur a choisi de mettre en valeur ce que les femmes ont de plus privé – à savoir leur vulve – afin de démontrer par A + B que la norme n'existe pas et fait preuve d'un engagement sincère (notamment en ce qui concerne les mutilations génitales et les questions de genre), non seulement dans son travail d'artiste, mais aussi en publiant régulièrement des informations utiles sur la page facebook dédiée à son œuvre.Pour avoir eu la chance de découvrir ce work in progress d'utilité publique au moment de sa présentation en mai dernier, j'ai pu me rendre compte par moi-même que la seule norme acceptable réside dans le fait que nos parties génitales, tout comme nos visages et autres parties du corps, sont composées de différents organes plus ou moins proéminents, et dans la grande majorité des cas, un passage chez un chirurgien esthétique me semble aussi ridicule que parfaitement dispensable.Car bien plus qu'un problème esthétique, nous nous retrouvons ici face à un problème social : les médias nous présentent des physiques hors normes comme étant un idéal à atteindre (jusque dans nos slips), cherchant ainsi à s'assurer de plus grosses ventes.
Et au final, on en revient toujours au petit jeu puéril de celui qui aura la plus grosse...


Conseil de lecture : Jamie McCartney, "The Great Wall of Vagina".

22 commentaires:

Lazarus a dit…

J'arrive pas à décider où tu te trouves sur l'oeuvre, j'hésite entre trois! :-D

Les tests de Gridou a dit…

J'adore ton titre =D

Mademoiselle Catherine a dit…

@Lazarus: Tu dois confondre avec quelqu'un d'autre...

@Gridou: J'ai une réputation à tenir, tu sais bien ;)

Les tests de Gridou a dit…

Dis donc, je me pose une question... Pourquoi ces dames sont-elles toutes totalement épilées ? C'est pas paradoxal ça ? Chais pas hein, je me demande...

Wakajawaka a dit…

Bien vu LTD-Gridou !
A poil l'épilation !

Anna E. a dit…

OMG ce titre xD

Je suis bien d'accord avec toi.

(Petite parenthèse, je n'ai jamais compris pourquoi on ne trouve pas de shampooing ni masque hydratant à touffe, ni de compléments alimentaires pour que les poils en question poussent plus vite/chutent moins facilement (je suis sûre que ce serait un marché très porteur :p))

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou & Wakajawaka: J'avais eu la même réaction que vous et, ayant eu l'occasion de parler avec l'artiste au moment de la présentation de cette œuvre, je ne me suis évidemment pas privée pour lui poser la question. La réponse est simple comme bonjour: c'est purement pratique, à vrai dire, car les matériaux utilisés pour créer le moule adhèrent mal sur les poils. De plus (et ça, j'ai pu m'en rendre compte par moi-même, car il y a des sexes non épilés parmi les 400 représentés), le fini est beaucoup moins précis.

Voilà, voilà...

@Anna E.: Tu tiens une idée en or massif! Vite: élaborons une stratégie commerciale, et à nous la gloire!

MarcD a dit…

ah oui j'aime le titre aussi.

Sinon oui il existe des produits de soin toilette intime

Mademoiselle Catherine a dit…

@MarcD: J'avoue n'avoir pas réfléchi bien longtemps pour le titre ;)
Par contre, ce dont Anna parle, ce ne sont pas les produits de toilette (dont je vous conseille vivement de vous tenir à l'écart!), mais une gamme de soins pour les poils :D

Les tests de Gridou a dit…

Ahahah, moi je serai jamais une de vos clientes à Anna et toi mais bonne chance pour cette nouvelle entreprise !

Me doutais bien que c'était pour une question d'adhérence... Et puis vu la tonne de mastic bleu qu'il tape sur les entrejambes, quand il retire le moule, ça doit être pire que la cire si t'es poilue à la base =)

Mademoiselle Catherine a dit…

Rassure-toi, Gridou: nous ne serons pas nos clientes non plus. Vois-y plutôt une tentative de soutirer beaucoup d'argent à des femmes bêtes et futiles :D

(et bien vu pour le mastic!)

Anonyme a dit…

Rien que pour le titre, c'est evident de part ta conclusion, t'as la plus grosse ... ;-)
Niko

Ursule a dit…

Je ne vois que le porno pour créer cette norme du sexe "minimisé"

Par contre, quelle que soit la raison qui explique le pourquoi ces vulves artistiquement exposées ne sont pas velues, cela peut contribuer à la normalisation de l'épilation intégrale, ce que je regrette.

lalydo a dit…

Très bel article et très beau travail de cet artiste. je suis atterrée de voir que même nos parties génitales doivent avoir des "normes"...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Niko: La plus grosse, je ne sais pas, mais une grande gueule, c'est hautement probable ;)

@Ursule: Les raisons pour lesquelles la plupart des sexes présentés sont glabres sont expliquées dans mon deuxième commentaire, et en aucun cas Jamie McCartney n'a la volonté de représenter l'épilation comme une "norme" (puisque "The Great Wall of Vaginas" comprend également des sexes non épilés): bien que d'utilité publique, gardons bien à l'esprit qu'il s'agit avant tout d'un travail artistique.
De plus, si l'on se penche un peu sur son engagement et le pourquoi de ce travail, je peux vous assurer que cette question ne se pose plus.

@lalydo: Merci :)

Ursule a dit…

J'ai lu ton deuxième commentaire. C’est toi qui parles dans ton article de normes, de problème social et de l’engagement de l’artiste, en démontrant par A + B que la norme n'existe en matière de vulves. C’est tout à son honneur, mais ce faisant, il met surtout en avant des vulves épilées, quelqu'en soit la raison.

Or, la labioplastie, par exemple, est encore assez marginale contrairement à l’épilation intégrale qui est en passe de devenir une norme, en tout cas on peut le craindre. Le paysage médiatique ne montre plus que des vulves épilées, rajoutons le monde artistique... c'est l'esprit collectif qui se trouve imprégné de cette tendance de l’épilation.

Je me trouverais devant cette œuvre, sans aucune forme d’explication, et la première choses qui me viendrait à l’esprit c’est : Encore des vulves épilées !

A mon sens, un artiste n'a pas à s'expliquer, une ouvre doit parler pour elle. Autrement cela voudrait dire qu'il y a quelque chose de raté !

Bien sûr, tout ceci n'engage que moi.

Mademoiselle Catherine a dit…

Je comprends - et partage jusqu'à un certain stade - ton point de vue et ai déjà eu l'occasion de parler en long, en large et en travers des discours d'artiste.

Ceci dit, dans ce cas précis, l’œuvre m'a tellement interpellée que je n'ai pas pu m'empêcher d'aller chercher un complément d'information (et je peux te garantir que Jamie McCartney est le premier à déplorer ce compromis).

Sinon, en parlant de poils... ;)

Wakajawaka a dit…

"Jamie McCartney est le premier à déplorer ce compromis".

Pourquoi regretter un con-promis ?
Le con-promis pouvant se transformer en amicale con-tenu, bien loin du triste con-sans-sussssss' *blam !*
(Le sujet était glissssant).


(Honte à moi, mais c'était trop tentant ! ).

Anonyme a dit…

pour ma part j'adore les tickets de métro parce que j'ai l'ame d'un poinçonneur des lilas ... ;-)
Niko

Mademoiselle Catherine a dit…

[shaking head]

Anonyme a dit…

Juste pour dire que dans le n° de juillet de Causette, il y a un dossier sur la vulve, illustré par des œuvres textiles de Claudie Guyennon-Duchêne, qui méritent le détour.

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est bon à savoir, merci :)