jeudi 31 mai 2012

Fourniture de personnel

Depuis le temps, je suis en train de me demander si je ne vais pas créer une nouvelle rubrique concernant ma recherche d'emploi, car celle-ci est décidément pleine de surprises : entre offres de formation fantaisistes, examens surréalistes et lettres de refus merveilleusement impersonnelles, il y aurait de quoi faire, notamment quand je vois passer des perles parmi les offres d'emploi, comme cette annonce pour un poste de conseiller en intérim vue aujourd'hui même. Pas de quoi fouetter un chat dans l'absolu, mais la formulation de l'expérience exigée m'a fait grincer des dents :
Ainsi donc, les agences intérim font de la "sélection et fourniture de personnel".

Je trouve cela d'autant plus choquant que les personnes qui ont accès à cette annonce font, justement, partie du personnel "à fournir". Autant dire que nous, chômeurs, faisons désormais partie des meubles et que la population active n'est rien de plus que du mobilier interchangeable.

Et je ne vais pas me lancer dans un débat sans fin au sujet de la répartition des richesses. Je l'ai d'ailleurs déjà fait il n'y a pas si longtemps...

Non, ce dont je veux vous faire part, c'est de ma très modeste (car récente) expérience au sein de ce monde merveilleux qu'est celui du chômage : si j'arrive à en rire jusqu'à présent, c'est sans doute parce que mon solide sens de l'humour n'a pas (encore) été broyé entre les rouages de l'administration et les dents longues du néolibéralisme sauvages. Et bien que ce rire soit souvent jaune fluo, mon optimisme désespérant n'a fort heureusement été égratigné qu'en surface, car dans le fond, je sais que je suis un être humain valable.

Mais qui décide, au juste, de la valeur de quelqu'un ?
Les chefs d'entreprises, les directeurs des ressources humaines, les actionnaires ?
J'aurais tendance à répondre : aucun des trois ! À moins, bien sûr, que l'on ait dans son entourage proche des gens appartenant à l'une de ces catégorie, auquel cas, nous les percevons comme des amis bienveillants et non des professionnels potentiellement hostiles.

Et je croise les doigts pour que le marché du travail ne me fasse jamais douter de ma valeur en tant qu'individu...

Conseil de lecture : Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier,

8 commentaires:

Les tests de Gridou a dit…

Je croise les doigts aussi... Parce que même si le monde du travail n'est pas forcément représentatif de la valeur humaine d'une personne, le poids sociétal nous fait parfois douter, probablement...

lalydo a dit…

Nous ne sommes rien, c'est affligeant...

Mademoiselle Catherine a dit…

@Gridou: J'ai eu des moments d'abattement, bien sûr, parce que cette situation est toute nouvelle pour moi, mais la vie m'a finalement rattrapée et je profite bien du temps que j'ai pour me ressourcer entre deux recherches d'emploi.
Bien que j'aie toujours beaucoup de mal à me positionner en tant que chômeuse (parce que, mine de rien, c'est un statut qui n'a rien d'agréable), je déculpabilise peu à peu grâce de mon entourage ♥

@lalydo: Alors là, je m'insurge: c'est justement pour aller à contre-courant de ce genre de remarques que j'ai écrit cette note :)

éric a dit…

La broyeuse est redoutablement efficace... méfiance !

Bon, on pourra peut-être en parler autour d'une bière, je serais à Liège ce lundi. :)

Anonyme a dit…

Courage et garde foi en toi ...;-)
Niko

Mademoiselle Catherine a dit…

@éric: J'en ai conscience, et c'est pourquoi je demeure vigilante.
Quant à une bonne bière, tu sais ce que j'en pense :)

@Niko: Merci, je n'en manque pas (encore...).

Jayce des Volcans a dit…

personne ne décide de ta valeur, c'est juste qu'ils n'arrivent pas l'évaluer et voir le potentiel ... en gros ils font mal leur job .. enfin je dis ça je dis rien !

Mademoiselle Catherine a dit…

Ils évaluent surtout des données concrètes, telles qu'elles sont exposées sur un CV. Exit, donc, les valeurs abstraites et pourtant profondément humaines telles que l'humour, l'ouverture d'esprit, la créativité et j'en passe...