vendredi 27 juillet 2012

Ma'moiselle !

En ce creux estival télévisuel, un film de fin d'études est en train de faire le buzz dans les médias belges : "Femme de la rue" de la jeune Sofie Peeters se penche sur le sexisme ordinaire auquel la gente féminine a à faire face de manière tristement régulière.

Personnellement, je serais joyeusement – et bien volontiers – passée à côté si l'une de mes connaissances qui aime à me traiter de post-féministe ne m'avait pas demandé mon avis, aussi m'en vais-je le partager avec vous.

Le fait est que je trouve ce reportage aussi racoleur que malhonnête : racoleur en vertu de son titre légèrement évocateur du plus vieux métier du monde ; malhonnête parce que notre documentariste en herbe se concentre sur un seul quartier de Bruxelles, et certainement pas le plus fréquentable pour une femme seule. Le propos me semble d'autant plus tiré par les cheveux que Sofie Peeters force intentionnellement le trait en jouant ouvertement le jeu des gros lourds : non contente de leur répondre (puisqu'elle attend, pour sa caméra cachée, des réactions excessives qui ne tardent pas à pointer le bout de leur nez), elle va à leur rencontre avec un parti pris tellement flagrant que l'on est en droit de se demander si elle a bien intégré ses cours de déontologie.

Si la forme de son travail est plus que correcte, le fond, lui, manque cruellement de subtilité.

On me rétorquera qu'il s'agit là d'un film de fin d'études, qu'elle est jeune, etc.
Or, cette chronique du sexisme ordinaire désormais largement diffusée sur internet après avoir été présentée hier soir au cinéma bruxellois Galeries et sur la chaîne flamande Canvas est en passe de faire jurisprudence, et personnellement, ça me pose problème, car c'est justement un sujet que j'aurais plutôt tendance à ne pas vouloir traiter du tout : être remarqués, c'est tout ce qu'attendent les machos bas de plafond !
Je me demande même en quoi ce reportage ne va pas donner envie à certains d'être encore virulents dans leurs interventions, maintenant qu'ils sont passés à la télé...

La seule réponse valable, selon moi, est d'ignorer purement et simplement ces individus et de ne leur offrir aucune espèce de visibilité, eux qui estiment que les femmes sont de simples objets :
répondre à ces sombres crétins, c'est entrer dans leur jeu, et c'est hélas exactement ce que fait la jeune réalisatrice.

Bien que ces remarques restent très agaçantes, il n'y a pas mort de femme non plus : en ce qui me concerne, ma dignité et mon amour propre n'en ont jamais souffert. Ma patience certes un peu (et souvent), mais pas au point de me sentir dégradée par de tels commentaires : il n'est au contraire pas rare que je me sente très supérieure à ces pauvres types qui n'ont visiblement rien d'autre à faire de leurs journées...

Fond sonore : Tom Waits & Bette Midler, "I Never Talk To Strangers".

Mise à jour (1er août 2012) : je vous invite chaleureusement à lire l'avis de l'association Garance dont la directrice, Irene Zeilinger, était invitée au débat qui s'est tenu à l'issue de la première projection de "Femme de la rue".

30 commentaires:

Mademoiselle Catherine a dit…

(notez bien que cela ne me pose aucun problème de conscience de supprimer sans autre forme de procès tout commentaire que je jugerai inopportun)

Anonyme a dit…

Il y a quelque chose de vain à vouloir simplement montrer ce que l'on sait déjà à peu près tous...

Une réponse bien plus salutaire à ce problème (bien réel, lui, me semble t'il...) serait de montrer une autre vision des rapports humains (et pas seulement entre les hommes et les femmes...), mais cela demande bien plus de travail, d'imagination et, pour tout dire, de créativité !

Mademoiselle Catherine a dit…

Montrer une autre vision des rapports humains, c'est ce que je m'efforce de faire (très modestement) sur ce blog...
Par exemple ici ou .

stephdanslalune a dit…

Je me balade dans la plupart des quartiers de Bruxelles, qu'ils soient dit "difficiles" ou non ... Sophie Peeters dénonce une vérité qui dérange (et qui vous dérange aussi apparemment) : une femme n'a pas le droit de rembarrer les machos sous peine de se voir traiter de tous les noms. Se taire ? C'est là, selon moi, le choix des femmes soumises et faibles. Nous avons le droit de porter des jupes courtes, des décolletés, des strings apparents car nous sommes en Europe, là où les libertés ont été accordées aux femmes ... Je salue l'initiative de cette jeune femme, car elle ose dénoncer ce que la société veut cacher ... Seriez-vous jalouse de cette médiatisation ?

Mademoiselle Catherine a dit…

Jalouse, non, car j'apprécie de rester dans l'ombre. Je suis juste étonnée que cette réalité fasse à ce point la une, pile poil entre le Tour de France et les Jeux Olympiques, comme si c'était nouveau.

Je me suis toujours accordée le droit de porter ce que je veux, notamment des jupes très courtes, et ai toujours réagi aux agressions qui se sont présentées - pour peu que je les aie ressenties comme telles.
Un sifflement en rue, pour moi, n'en est pas une. Ce n'est certes pas plaisant dans la très grande majorité des cas, mais, comme je l'écris dans mon billet, cela ne porte pas atteinte à ma personne.
Garder la tête haute et sa dignité intacte face à des attaques aussi bêtes et futiles n'est pas, à mon sens, un signe de soumission et de faiblesse.

Ce qui me dérange profondément dans ce reportage, c'est l'absence totale de propositions neuves.

Et je déplore la récupération politique qui, une fois de plus, ne s'est pas faite attendre.

Légiférer? Allons bon!
Commençons déjà par faire en sorte que les victimes de violences sexuelles (femmes et hommes) se sentent assez en confiance avec les forces de l'ordre pour porter plainte sans avoir à se justifier de leur agression, et après, on pourra peut-être s'attaquer à l'incivisme au quotidien.

Car bien plus que la législation, c'est l'éducation qui doit évoluer.

Il m'arrive, quand je suis d'humeur, de répondre aux remarques désagréables, généralement pour expliquer aux gros lourds que s'ils souhaitent pouvoir continuer de se rincer l'oeil (parce que c'est tout de même agréable pour eux), il serait peut-être temps qu'ils gardent leurs commentaires pour eux.

Mais les gens qui s'adonnent à cette occupation sont de grands gamins: c'est un jeu qui visiblement les amuse. Sauf qu'à leur âge, j'ai bien peur qu'il ne soit un peu tard pour refaire leur éducation.

MarcD a dit…

je pense que tu n'as vu que le "trailer" qui est très différent du reportage en lui même, car elle ouvre un dialogue avec tous et elle démontre que les soit disant gros connards sont au final assez sympas, d'une certaine façon respectueux, en tout cas ils s'expliquent sur le pourquoi du comment, on sent bien une sorte d'habitude qui ne débouche sur au final pas grand chose, parfois même une rancoeur face à la misère sexuelle. Le reportage va clairement dans le sens de la compréhension et du dialogue.

http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/mediatheek/programmas/terzake/2.23531/2.23532/1.1380834

Mademoiselle Catherine a dit…

Si tu regardes bien, Marc, le lien que j'ai posté renvoie vers le documentaire complet ;)

J'aurais probablement écrit ce texte différemment si je ne l'avais pas rédigé dans l'énervement. C'est principalement le tapage médiatique qu'il y a autour qui m'agace, car cet état de fait n'a rien de neuf.

Alors oui, j'y suis sans doute allée un peu fort, mais n'oubliez pas que mon blog contient de vrais morceaux de mauvaise foi :D
Et dans le fond, je ne vois sincèrement pas en quoi ce reportage fera avancer le schmilblick.

On n'a pas toutes le temps, l'envie et l'énergie de s'arrêter pour discuter avec les mecs qui nous interpellent, et l'idée de devoir être celle qui fait le premier pas vers le dialogue et la compréhension ne me plait pas, car je ne leur ai rien demandé.

Au risque de me répéter, rien ne changera tant que le problème de sera pas pris à la base: l'éducation!

Un plan B serait de faire déambuler individuellement ces chiants personnages au beau milieu de la Gay Pride pour qu'ils se rendent compte à quel point ce genre de situation peut être désagréable, mais ça me semble difficilement réalisable...

Ceci dit, ça me m'empêchera pas de continuer de m'habiller comme je l'entends :)

Anonyme a dit…

Si j'apprécie de lire des opinions divergentes sur un même problème, j'avoue ne pas comprendre la majeure partie de votre billet.

De manière générale, j'ai l'impression que vous minimisez le problème par deux manières :
- en critiquant la forme ;
- en parlant de votre vision personnelle de la situation.

Commençons par la forme. J'ai l'impression que parce que la technique, la méthodologie, la manière utilisée pour réaliser ce travail, ou encore le titre ne sont pas adéquats à votre goût, le sujet ne mérite pas vraiment d'être abordé. Je ne dis pas que c'est votre intention explicite, mais les débats publiques sur des sujets sensibles débouchent typiquement sur des impasses de ce genre. C'est dommage car du coup, le sujet n'est même pas abordé. C'est un peu comme les procédures administratives ou judiciaires : le droit, les procédures,... sont tellement complexes et il suffit parfois d'une simple erreur de procédure ou de forme pour que l'issue change fondamentalement. Vous nuancerez probablement mes propos (vous êtes juristes d'après ce que j'ai compris), mais des juristes ne m'ont pas caché que c'était une technique classiquement utilisée. Et puis, ne soyons pas naïfs.

Vous qualifiez le titre de "racoleur". J'avoue qu'il m'a un peu frappé au début. Puis je me suis demandé pourquoi elle l'avait utilisé (elle n'est pas une prostituée après tout). J'imagine "tout simplement" que c'est parce qu'elle a eu l'impression d'être considérée comme une "pute" aux yeux de nombreux hommes qu'elle a croisé. Alors, je sais qu'il veut mieux éviter de parler de ce métier avec des stéréotypes, qu'il faut d'abord s'intéresser à la condition sociale de ces femmes,... mais cela n'enlève pas le fait que quand un homme traite une femme de "pute" en rue (ou ce qui relève du même niveau), c'est pas pour la complimenter et c'est loin d'être une douce insulte. D'ailleurs, ça la frappe psychologiquement (et pour ceux qui disent que ce n'est pas vrai pour son cas car elle serait raciste, on sait très bien que c'est le cas d'autres femmes). Donc, pour moi, le titre ne me choque pas : elle ne fait que montrer sa vision de comment les femmes sont parfois (souvent) traitées dans certaines rues.

Ensuite, le fait qu'elle ne se base que sur un seul quartier de Bruxelles. Tout à fait d'accord qu'on ne peut pas généraliser. Mais premièrement, un quartier où cela arrive est un quartier de trop. Deuxièmement, on sait très bien que ce n'est pas isolé à ce quartier. Troisièmement, je trouve que cela a été assez précisé que cela se passait dans le quartier d'Annessens. Même un sociologue ou un anthropologue (qui est formé pour réfléchir à une méthodologie bien rodée) se concentre souvent sur un seul quartier d'une ville dans une recherche. Et puis, une frontière entre deux quartiers n'est que théorique, la vie ne change pas radicalement en franchissant un pas supplémentaire.

Quand vous dites qu'elle va à leur rencontre avec un parti pris assez flagrant, je suis assez d'accord sur ce point. Dans un documentaire comme elle voulait faire, je trouve cela en effet critiquable. Mais je crois qu'elle pose la question que pas mal de femmes se posent : pourquoi me traite-t-on comme ça ? Que dois-je faire ? Est-ce moi ? Pourquoi font-ils cela ? L'avantage est que l'intention de ces hommes est dit explicitement. Fallait-il faire un documentaire pour répondre à ces questions ? Comme elle dit : le sujet est tabou, on n'en parle pas, on banalise.

Anonyme a dit…

(il y a une limite dans la taille des messages, donc je scinde en deux parties)


Je continue avec votre "vision personnelle" de la situation en tant que telle.

Vous dites "c'est justement un sujet que j'aurais plutôt tendance à ne pas vouloir traiter du tout : être remarqués, c'est tout ce qu'attendent les machos bas de plafond !". Si je comprends bien : des femmes se font humiliées, des machos y prennent plaisir, et parce qu'aborder le sujet leur ferait d'autant plus plaisir, il ne faut pas aborder le problème ? J'ai d'abord cru mal vous comprendre tellement je ne m'attendais pas à lire cela, mais mais après avoir lu la suite du billet, je n'ai pas l'impression d'avoir mal compris : "La seule réponse valable, selon moi, est d'ignorer purement et simplement ces individus et de ne leur offrir aucune espèce de visibilité, eux qui estiment que les femmes sont de simples objets : répondre à ces sombres crétins, c'est entrer dans leur jeu, et c'est hélas exactement ce que fait la jeune réalisatrice". Cette idée, vous la reconfirmez dans vos commentaires ici. Ce que je vois, c'est que vous tolérez cette attitude. Pourquoi accepter qu'une femme soit humiliée (je ne parle pas d'elle en particulier) ? Pourquoi ne pas pouvoir en parler sous prétexte que ça leur donnerait une visibilité ? D'autres femmes se sentent soumises, humiliées, et c'est compréhensible. Pourquoi accepter cela ? Quand une personne porte atteinte à une autre, je ne vois pas en quoi cela est acceptable. Cela ne vous porte peut-être pas atteinte dans votre cas, mais je doute que les femmes ayant la réaction inverse que vous soient rares.

Bref, vous leur donnez raison. Cela ne vous blesse peut-être pas profondément de recevoir ce genre de remarques, mais je pense qu'il ne faut pas être extrêmement sensible de caractère pour se sentir mal à l'aise et blessée face à ces attitudes.

On pourrait comparer cette situation à de nombreuses autres : le harcèlement au travail, le harcèlement à l'école et j'en passe. Ici aussi, faut-il "laisser faire" et cautionner ça ? On connaît tous quelqu'un dans notre entourage qui en a fait les frais.

"Je me demande même en quoi ce reportage ne va pas donner envie à certains d'être encore virulents dans leurs interventions, maintenant qu'ils sont passés à la télé..." Effectivement, en cherchant le reportage sur google je suis d'abord tombé sur le site du Vlaams Belang. Quand j'ai regardé le reportage, je me suis fait la même remarque que vous. Mais on en revient à la question que je me pose pour chaque sujet sensible dans les débats publics : "comment aborder cela sans que ce ne soit directement récupéré ?". Je ne doute pas qu'il y avait moyen de mieux présenter le sujet que ce qu'elle a fait, mais jusqu'à éviter des récupérations politiques ou des radicalisations, cela me semble limite impossible (je connais le domaine politique, ils ne sont pas bêtes). Ici aussi, que faut-il faire dès lors ? Ne pas en parler, à nouveau ? Parce que certains partis politiques, par exemple, en profiteraient ? Sauf que, si le sujet est sensible, c'est justement parce qu'il y a déjà pas mal de positions radicales. Donc éviter le sujet ne fera que laisser ces positions radicales subsister.

Anonyme a dit…

(et même trois parties...)

C'est comme le cordon sanitaire médiatique (oui c'est lié, car le sujet de cette Sofie Peeters est récupéré politiquement sur le sujet de l'immigration) : je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ce n'est pas le cordon sanitaire qui a fait couler (temporairement ?) le Front national en Belgique francophone. Il y avait des divergences internes. En Flandre, au contraire, le Vlaams Belang a réussi à récupérer le cordon sanitaire à son avantage et le patron de la VRT a changé sa vision de ce cordon (il y était favorable, auparavant). L'immigration a un sujet sensible pour beaucoup et qui amène vite à des positions radicales. Ne pas aborder le sujet ne fera donc pas évoluer les positions (au contraire, combien en ont marre que le sujet soit évité politiquement ?).

Je ne suis jamais venu sur ce blog, mais j'aime bien discuter avec des personnes ayant une opinion différente, alors je me suis permis d'écrire un peu longuement. Mais pour clarifications à l'avance : j'exècre le racisme (car oui, dans un débat public, vous êtes vite qualifié de raciste sur des bases douteuses). Je suis même sorti avec une maghrébine.

Et sinon, précisons que je suis un homme. J'ose espérer que, contrairement à d'autres, vous ne serez pas d'avis que je ne mérite dès lors pas de participer à un débat sur les femmes sous prétexte que "je ne sais pas ce que c'est d'être une femme".

Xavier.

Mademoiselle Catherine a dit…

Bienvenu Xavier, et merci pour ce triple commentaire auquel je vais tenter de répondre du mieux possible.

Avant toute chose, je tiens à préciser que je n'ai rien d'une juriste, même s'il me semble important de connaître le cadre légal dans lequel j'évolue.
Il convient également de garder à l'esprit que tous mes propos n'engagent que moi: je suis blogueuse, pas journaliste ;)

Ceci étant dit, entrons dans le vif du sujet:

A la lecture de cette note, il peut en effet sembler que je minimise le problème, tout simplement parce que selon moi, il s'agit là d'un problème minime dans sa forme qui ne représente hélas que la partie visible de l'iceberg.
Comme j'ai pu le dire et le répéter dans les commentaires, le problème de fond est social, éducationnel et culturel.

Vous connaissez l'adage "Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie"? Et bien je suis convaincue que l'on peut l'adapter en "Donne à un homme le goût des arts et de la culture (au sens le plus large du terme), il ne (se) fera pas ch**r".

Dénoncer certains comportement, c'est très bien, mais pour ma part, je les connais, et ce reportage ne m'a finalement rien appris - pas plus, j'en suis certaine, qu'il n'aura appris quoi que ce soit à beaucoup d'autres femmes.
Il a néanmoins le mérite d'exister et d'ouvrir les yeux aux quelques borgnes et aveugles qui ne se seraient pas encore rendus compte de la situation.

Concernant sa forme, je ne la critique absolument pas, au contraire: le montage est fluide, c'est bien fait, mais le fond me laisse un immense sentiment de trop peu, car les questions "Pourquoi me traite-t-on comme ça?", "Que dois-je faire?", "Est-ce moi?" ou "Pourquoi font-ils cela?" y sont abordées de façon très sommaire.
Si le but de Sophie Peeters était de montrer un condensé d'insultes auxquelles une femme à droit, son pari est réussi: le sentiment de malaise qui s'en dégage est en effet très fort, mais le trait est largement trop prononcé à mon goût (bien que j'aie conscience qu'il ne soit pas possible d'en faire autrement sur un reportage aussi court, comprenons-nous bien!).

Quant au titre, le fait que j'en comprenne parfaitement l'intérêt ne m'empêche pas de le trouver racoleur.

Je poursuis sur votre 2e commentaire au sujet de ma vision personnelle et vous invite à lire certains textes que j'ai pu écrire au sujet du sexisme (comme celui-ci) et précise au passage que je ne me considère pas comme féministe. Plutôt que de me demander "Pourquoi accepter qu'une femme soit humiliée?", je serais toujours tentée de me demander "Pourquoi accepter qu'un être humain soit humilié?".

Vous parlez à juste titre de harcèlement: je ne nie pas qu'être interpellée à répétition en rue en est une forme, mais avouez que c'est impossible à légiférer!
D'ailleurs, à votre question Faut-il "laisser faire" et cautionner ça?, j'ai envie d'opposer deux dictons populaires, un français et un allemand: là où nos voisins de l'Hexagone aiment à affirmer que "qui ne dit mot consent", nos voisins teutons appliquent le très élégant "Der Klügere gibt nach" ("le plus sage cède"). C'est ce dernier que je garde à l'esprit quand je décide de ne pas répondre aux insultes.

Pour le reste, croyez-vous réellement que j'en parlerais sur mon blog si je n'étais pas prête à en débattre? ;)
(je vous saurai néanmoins gré d'éviter tout discours politique, merci)

Anonyme a dit…

Je vais réagir rapidement car je suis un peu pressé :

1) Vous parlez d'"été télévisuel" en Tour de France et JO. Bon, je n'ai pas la télé. Il se fait que c'est le travail de fin d'études d'une étudiante en cinéma. Quel rapport avec la télé et le sport ?

2) Vous prétendez que c'est limité à un quartier. C'est filmé dans un triangle entre les Arts et métiers, la gare du Midi et le quartier homo. C'est un grand quartier. À côté il y a Cureghem, Molenbeek, le bas de Saint-Gilles, les Marolles... C'est la même chose. C'est la même chose aussi à Simonis, à la cage aux ours, à Bockstael, etc.

3) Je suis un homme (hasard de la génétique) et je n'avais jamais vu cette réalité alors que je passe par là tous les jours.

4) Elle ne propose pas de solution ? Ce n'est pas parce qu'elle est étudiante en cinéma qu'elle va pondre des miracles.

Mademoiselle Catherine a dit…

Par "creux estival", je veux dire que les médias en général (et la télé en particulier) ont rarement des choses à se mettre sous la dent en été. C'est un fait. En ce sens, ce reportage tombait à point nommé pour garantir une certaine audience entre le Tour de France et les J.O.

Je me promène souvent dans Bruxelles et ai droit moi aussi à des remarques diverses et variées, de même qu'à Liège où je vis, mais jamais à ce point: en effet, le reportage peut laisser supposer qu'une très grande majorité des hommes se comporte ainsi, et vous devez savoir aussi bien que moi que c'est faux.
Je comprends bien entendu que dans la narration documentaire, il convient de forcer le trait de ce que l'on cherche à dénoncer si l'on souhaite atteindre le grand public (Michael Moore le fait d'ailleurs depuis des années). C'est pourtant une technique que, personnellement, je n'apprécie guère, car je trouve qu'il y a une certaine malhonnêteté intellectuelle dans cette démarche (il faut dire que le cinéma documentaire, c'est un peu mon dada).

Si je devais résumer en une seule phrase ma position face à ce reportage, ce serait: "Je ne dois pas être dans la cible".
Parce que j'ai douloureusement (et au quotidien) conscience du problème soulevé.

Et comme je le disais dans un précédent commentaire, mes propos n'engagent que moi, ce qui ne m'empêche nullement d'être ouverte à la discussion.

(j'apprécierai néanmoins que vous signiez vos commentaires, cher/es anonymes: c'est plus courtois, et surtout, c'est plus sympa :))

Emma a dit…

Je trouve ça bien de montrer un tel problème. Beaucoup d'hommes ne se sont jamais rendu compte de ces attaques incessantes simplement parce qu'ils n'en sont pas la cible. Et un documentaire comme celui-ci montre une réalité..ce n'est pas si mal. Si tu regardes Strip tease, pareil, tu n'auras pas de solution, juste des situations de vie. Le quartier d'Anneessens est aussi un quartier fortement étudiant. J'y ai fait mes études et comme la plupart, nous vivions dans le quartier. Et finalement, on ne sait plus toujours comment réagir face à ce genre de commentaires etc. Si on est sympa, ils nous gluent encore plus, si on ignore, ils nous suivent ou insultent, et c'est chiant aussi de devoir regarder ses chaussures pour pouvoir se promener un peu tranquille. Et pour ma part, je faisais gaffe à ce que je portais parce qu'avec un décolleté, j'étais emmerdée de manière encore bien plus constante.

Voilapapa a dit…

Bon je vais regarder ça...

Don Juan de La Macha a dit…

Je me suis toujours posé la question de savoir si de tels accostages tenaient plus du harcèlement que de la technique de drague lourdingue.

Hier, j'ai eu ma réponse.

J'étais dans l'antre bruxellois des barakis après Brupark - à savoir Bruxelles-Les-Bains. J'y ai vu une jeune fille se faire héler de façon peu courtoise par un gars ressemblant à une version Laekenoise de Jason Statham, genre: "T'es trop bonne, je peux t'offrir un verre au "Fayot d'or" juste au coin là-bas?" Là, stupéfaction, après quelques minutes de palabres, la fille a accepté.

Conclusion immédiate: l'approche ne tient donc pas du harcèlement, mais de la technique de drague qui marche parfois. Je suppose très rarement, mais sûrement suffisamment pour ne pas inciter à se remettre en cause.

Au final, comparaison hasardeuse de ma part, se plaindre de cette méthode d'approche est comparable à se plaindre du SPAM (genre ceux qui prétendent que vous êtes l'heureux légataire de la fortune d'un mystérieux oncle angolais) et le problème du SPAM est bien connu: tant que 0,00001% des destinataires tomberont dans le panneau, ce n'est pas près de s'arrêter!

Mademoiselle Catherine a dit…

@Emma: C'est la façon dont Sophie Peeters le montre et sa sur-médiatisation qui me posent problème. Je trouve en outre ses conclusions nauséabondes: de quel droit peut-elle faire des "statistiques" sans jamais quitter le microcosme d'Anneessens?
Les comportements sexistes émaneraient-ils de, je cite, "personnes allochtones dans 95% des cas" si la même caméra cachée avait été réalisée au sein de n'importe quelle grande entreprise?
J'en doute.

(je vous invite par ailleurs à lire les conclusions de l'asbl Garance qui lutte depuis plus de 10 ans contre les violences basées sur le genre et dont la directrice était invitée au débat qui a suivi l'avant-première de "Femme de la rue")

@Don Juan de La Macha: En effet, bien vu, le parallèle avec le spam...

Augure a dit…

Je sais pas si tu es blanche. Mais putain qu'est-ce que t'es intelligentes. Enfin une qui ne tombe pas dans le panneau du racisme de cette vidéo.

Ce qui est dommage, c'est la plupart des femmes ignorent complètement l'autre côté de la scène et des changements futurs...

Mademoiselle Catherine a dit…

Heureusement, je ne suis pas la seule (blanche) à être de cet avis, et l'éloquente Anne Löwenthal en parle bien mieux que moi.

Ce que je trouve dommage, pour ma part, c'est que la jeune femme s'est accordé le luxe de réaliser un "documentaire" (les guillemets s'imposent) sur base de son ressenti personnel alors qu'elle n'a été confrontée que de façon très anecdotique et très ponctuelle au problème.
Or, aux dernières nouvelles, la jeune réalisatrice a quitté Bruxelles pour une ville plus petite.
Et moi de me demander dans quelle mesure cette fuite de Bruxelles ne décrédibilise pas sa démarche...

Dany a dit…

Oh putain."Ya pas mort de femme"... Donc tant que t'es pas morte, le mec peut t'insulter, te promettre que si vous étiez seuls il t'aurait violée (on appelle ça une "menace"), te harceler même si tu le jettes, te suivre, te tripoter.
ça me rappelle le "ya pas mort d'homme" de Jack Lang.
Donc en gros, tant que qu'on meurt pas, on a pas le droit de s'offusquer. Cool. Faudra transmettre le message aux pompes funèbres quand même.

Mademoiselle Catherine a dit…

Il n'y a pas mort d'homme, exp.
s'emploie à propos d'une situation que l'on juge moins grave que ce qui en est dit.

Je croyais pourtant que l'expression était connue de tou/tes et que, même au féminin, personne ne la prendrait au pied de la lettre, car je trouve effectivement la situation moins grave qu'elle ne l'est présentée dans "Femme de la rue".

Et je me permets de préciser que je parle ici uniquement des cas d'interpellations grossières telles que celles qui sont présentées dans le reportage, car j'appelle généralement un chat un chat, surtout quand il est question de violences: dans ce reportage, il n'est question ni de menaces, ni de harcèlement caractérisé, ni d'attouchements, trois comportements reconnus par la loi comme étant des délits.

Comme j'ai pu le dire dans plusieurs de mes précédents commentaires, j'estime qu'il existe bien des domaines au sujet desquels il conviendrait de légiférer en priorité.
Ce serait d'ailleurs gentil de les lire, les commentaires, ainsi que les liens vers lesquels je renvoie: ça m'éviterait d'avoir à me répéter... Merci.

Jez a dit…

Merci mam'zelle Cath, vous mettez le doigt sur ce que beaucoup refuse de comprendre ; stigmatisation, démagogie des médias, manipulation médiatique et finalement débat faussé, pour ne pas dire aucun débat. Ce documentaire est encore plus machistes que les hommes qui insultent dans la rue, mais combien sont en mesure de comprendre cela? Ce n'est certainement pas de cette manière que l'on sortira de la société de machos, le problème est général et pas uniquement dans les rues de Bxl.
Merci encore

Mademoiselle Catherine a dit…

Sans aller jusqu'à dire que ce reportage est machiste, je le trouve certainement très tendancieux. En ce sens, cela me gêne beaucoup qu'il soit présenté comme un "documentaire" alors qu'il s'agit avant tout d'un coup de gueule, certes bien légitime.
Ce n'est pourtant jamais que le ressenti personnel de Sophie Peeters (partagé, je n'en doute pas, par beaucoup d'autres femmes, sans quoi les retombées médiatiques ne seraient pas telles).

Mais selon moi, "Femmes de la rue" manque de nuance, de substance et, surtout, de subtilité dans ses conclusions: jamais Sophie Peeters ne quitte le registre de l'affect.
Or, le propre du cinéma documentaire est d'être... documenté - à travers des statistiques, des repères historiques, etc. Ainsi eut-il été intéressant d'écouter des activistes qui luttent au jour le jour, et parfois depuis bien longtemps, contre les violences liées au genre (je pense notamment à la Marche Mondiale des Femmes, à l'asbl Garance ou encore au collectif Hollaback) (des membres de ces deux dernières organisations étaient d'ailleurs invitées au débat qui a suivi la première du film).

Dans tous les cas, il est vrai que le problème est beaucoup plus profond que les remarques désobligeantes dont ce reportage fait l'état, et j'ai bien peur que sa récupération médiatique et politique ne soit de très mauvais augure...

(par contre, si vous me permettez la remarque, je n'aime pas du tout qu'on m'appelle "Cath", mais vous n'étiez pas supposé/e le savoir :))

Jez a dit…

Oui, Mademoiselle Catherine, je ne le savais pas mais j'aurai pu avoir la délicatesse de vous appeler par votre nom ou pseudo, bref, je suis d'accord avec le fait que ce ne soit pas un documentaire, ce reportage est en effet trop tendancieux et un max racoleur. C'était une manière de parler ( d'écrire ).
Aussi, lorsque j'évoque la qualité machiste d'un tel procédé, c'est qu'il abonde dans le sens de la société phallocratique en place depuis toujours, il fait l'apologie de la haine raciale et stigmatisme sans aucune finesse. Il hâtise la haine entre communautés, ce qui arrange bien les médias tous à la solde des industriels etc. L'élève de cinéma n'en peut rien non-plus, elle est née la-dedans et n'a certainement pas le recul pour voir les choses d'une autre manière, elle utilise donc les pratiques auxquelles elle est habituée, c'est à dire démago, affect, dualité....Mais je vous rassure, ce genre de comportement disparaît peu à peu pour faire place à la mise à l'honneur de La Femme, cela peut paraître à contre courant de ce à quoi on assiste tous les jours dans les médias, mais justement, plus l'obscurantisme se montre au grand jour et plus il fait place à la compréhension du public, nous ne sommes pas dupe, sauf ceux qui ne veulent pas voir la réalité et je sais qu'ils sont encore nombreux. Ceux-là périront et laisseront place à l'amour sur la terre.
Et ce sera aussi grâce à celles et ceux que vous citer que le monde changera. On les en remercie.
Même certains homme ressentent de plus en plus leur féminité, ce n'est pas un hasard, et j'en suis. Merci

Jez a dit…

Autre chose, il est bien connu que La Femme a obtenu sa "liberté' avec décolleté et mini-jupe, qu'en pensez-vous? Et si c'est ça, n'est-ce pas l'inverse de l'épanouissement de la femme, elle même ne pourrait-elle pas être libre par d'autres moyens, notamment intellectuels ou par simple auto-détermination ou libre arbitre? Le décolleté et mini-jupe ne serait-il pas le leurre qui leur faire croire en cette liberté? C'est encore un truc de mecs pour en faire de femmes objets. La aussi, beaucoup ne sont pas prêts à ouvrir les yeux. Alors d'abord, il faut faire le tri entre féminisme vrai et celui qui n'est qu'un machisme déguisé ( pareil pour l'écologie et d'autres thèmes). Il y a ceux qui sont financés pour détruire toute réelle initiative sincère et qui relayé par les médias, brouillent les pistes, se basant sur l'affect pour convaincre une partie des moutons et brebis égarés par la peur...Merci, vous me faites réfléchir

Mademoiselle Catherine a dit…

Ah, mais ce qui me troue le c*l, si vous me permettez l'expression, c'est que justement, elle n'est pas née là-dedans: elle n'a découvert ces comportements qu'en arrivant dans le quartier d'Anneessens à Bruxelles (pour ses études, donc), et c'est bien pourquoi elle n'a aucun recul face à la situation.

Je dois être terriblement désenchantée, car contrairement à vous, je ne suis pas du tout convaincue que les comportements de démagogie, d'affect et de dualité tendent à disparaitre.
Je ne les perçois pas de manière flagrante dans mon entourage proche, car je choisis mes fréquentations, mais il me semble que la masse (terme générique) est de plus en plus apathique face aux évolutions de la société.
Les langues se délient sans doute plus facilement que par le passé, mais les discours restent au mieux superficiels, au pire vindicatifs.
Rares sont les propos réfléchis et modérés (et les miens n'ont certainement pas la prétention de faire partie de ces derniers!).

Concernant la tenue vestimentaire, je revendique haut et fort le droit de porter ce que je veux. Si je suis en jupe ou robe courte 99,9% du temps, c'est avant tout par confort, et ni les gros lourdeaux ni quelques féministes autoproclamées ne me feront changer ma garde-robe!

La liberté commence par là! Et elle ne se discute pas!
Pas pour rien que je me sens merveilleusement en sécurité à Londres où l'on peut déambuler en mini à n'importe quelle heure du jour et de la nuit sans risquer d'attiser les convoitises (voir cet article édifiant au sujet des habitudes vestimentaires des Anglaises).

Après, on pourrait discuter des fautes de goûts de bon nombre de mes contemporaines, mais ça, c'est un autre débat ;)

Anonyme a dit…

Aaah, enfin j'entends des réactions nuancées vis-à-vis de cette vidéo. J'avais fini par me résigner au fait qu'il n'était pas politiquement correct de la critiquer, et que cela passait pour du machisme (par exemple) si on était un homme, et pour de la jalousie (par exemple) si on était une femme.

Aaricia

Mademoiselle Catherine a dit…

Si tu savais comme je me bats l’œil du politiquement correct... ;)

Anonyme a dit…

Je partage à 200% le point de vue de stephdanslalune. Tu relèves toi-même que "ce quartier" (qui malheureusement n'est pas le seul dans notre belle capitale, loin s'en faut) est réputé être infréquentable pour une femme seule. Est-ce que cela veut dire que tu trouves dès lors acceptable qu'il y aie des zones de non-droits, des lieux qui nous sont inaccessibles parce que nous sommes des femmes ? Personnellement je trouve que Sofie Peeters a assuré, aucune "erreur de jeunesse" dans ce documentaire. En venant à "la rencontre" et en tentant la discussion, elle a même offert la parole et l'occasion de s'exprimer aux habitants du quartier. Que ce film existe a permis à beaucoup de mes amis hommes de comprendre de quoi nous leur parlions, ils pensaient auparavant que nous nous plaignions d'une simple drague un peu lourde. Maintenant ils ont compris et sont écoeurés. Le seul tord de Sofie Peeters est d'être une jolie femme et selon moi c'est très bien comme ça !

Mademoiselle Catherine a dit…

Un an après publication, je continue de trouver ce reportage assez douteux pour toutes les raisons que j'énonce (et qui, évidemment, n'engagent que moi).

Je comprends bien que sa diffusion a soulagé et/ou interpellé énormément de gens - femmes et hommes - et libéré la parole, ce qui, en soi, est une très bonne chose.
Je continue cependant de déplorer son parti pris et pense comprendre aujourd'hui ce qui me gène tellement dans l'angle choisi pour aborder la question: c'est le fait de présenter les femmes comme des victimes qui me chiffonne terriblement.

Maintenant, en effet, ce film a permis d'ouvrir le débat au niveau politique et de mettre en place des sanctions pour insultes sexistes, inexistantes jusqu'alors.

Doit-on s'en réjouir? Oui et non.
Oui parce que les discriminations liées au genre commencent enfin à être prises au sérieux par les pouvoirs politiques belges.
Non parce que le fond du problème reste à mon sens l'éducation et que la répression est bien souvent génératrice de frustrations quand elle est dépourvue de pédagogie. Oh, bien sûr, on va leur dire "Ce n'est pas bien, monsieur", et ils répondront sans doute "Oui, oui", mais est-ce réellement suffisant? L'avenir nous le dira...

Comme l'a signalé la ministre Joëlle Milquet, et je suis totalement d'accord avec elle, "les mentalités doivent changer".
Et si la politique sert à changer les lois, je pense que les mentalités, elles, évoluent principalement à travers la culture et l'éducation. Selon moi, les deux sont complémentaires et se doivent d'aller de pair.
Libre à Sofie Peeters de faire ce qui lui semble juste (et j'ai tout à fait conscience que son film à ému un très grand nombre de spectateurs et spectatrices). Libre à moi, cependant, d'adopter un autre "angle d'attaque" (bon, là, j'avoue n'avoir pas encore exactement trouvé lequel, mais j'y réfléchis intensément).