lundi 17 septembre 2012

Il m'arrive...

...de poser pour un artiste dont j'admire le travail.
Même que j'en suis drôlement fière !

Pas que ça me soit arrivé souvent, mais il est des occasions qui, si je les laissait filer, me feraient me mordre les doigts jusqu'à l'os – des occasions qui se sont présentées au cours de mes deux derniers séjours à Londres dont j'ai profité pour rendre visite, à une heure en train de mon pied à terre, au créateur d'une œuvre étonnante dont j'ai déjà dit tout le bien que je pense.

Arrivée en avance à l'atelier de Jamie McCartney en une belle journée de printemps, ce dernier, en retard sur ses activités (il préparait alors sa première exposition individuelle dans une galerie privée), me propose alors d'aller prendre un verre dans un pub tout proche, histoire de calmer ma légère nervosité.
Une heure plus tard, les joues rougies par une pinte de cidre et l'air marin de Brighton, je retourne sur les lieux désormais vides de toute présence humaine, si ce n'est l'artiste dont le sourire et la disponibilité me mettent immédiatement à l'aise.

Pour l'avoir brièvement rencontré l'année précédente au cours de la première présentation de The Great Wall of Vagina et avoir suivi ses travaux depuis, je me sentais parfaitement en confiance, sans quoi, je ne me serais certainement pas jetée à l'eau : sa démarche étant sincère et fondée sur un profond respect des femmes, il me fut facile de tomber le bas (toison incluse), moi qui ne m'étais pourtant jamais désapée devant un gynécologue de sexe masculin.

Malgré la position inconfortable, à aucun moment je n'ai ressenti de gêne : nous papotons tout du long de façon décontractée, et en vertu de ses années d'expérience dans la reproduction par moulage de différentes parties du corps, les gestes de l'artiste sont rapides et précis sans jamais être déplacés.
En 10 minutes chrono, le moule est prêt. La dernière étape, elle, attendra la fin de son exposition.

Une exposition qui nous donne un merveilleux sujet de conversation (avec, en vrac, la météo ou encore la Trabant rose de l'artiste) au cours de ma visite suivante, quatre mois plus tard.
Après s'être plongé corps et âme dans ce qui restera sans doute l'œuvre d'une vie, Jamie McCartney se tourne désormais vers la 2D avec la série Physical Photography, des corps "photographiés" au scanner dont j'ai tout de suite aimé l'imagerie et pour laquelle il recherchait des modèles de seins, de fesses et de pubis (si possible avec des poils, ce qui tombait drôlement bien, les miens ayant largement eu le temps de repousser depuis ma précédente séance de pose).

Peut-être moins lourde de sens que The Great Wall of Vagina, cette série est néanmoins beaucoup plus immédiate, l'esthétique étant sans doute un peu plus "classique".
Dans la mise en place, en revanche, et bien que cela ait été rapide, la pose fut moins aisée que pour l’œuvre précitée : inutile de vous dire qu'un scanner n'a pas la flexibilité de l'alginate de moulage.

À nouveau, c'est prestement et dans la bonne humeur que s'est déroulé le travail en cette matinée de Gay Pride, me permettant de profiter pleinement de la parade en bord de mer.

Quant à savoir si je poserai encore une fois, ne dit-on pas "jamais deux sans trois ?

Fond sonore : Jon LaJoie, "Show me your genitals".

11 commentaires:

Geof a dit…

Franchement, dommage qu'on puisse pas voir l'oeuvre...

Mademoiselle Catherine a dit…

Dis donc, Geof, tu ne veux pas cent balles et un Mars aussi, tant que tu y es?!

Plus sérieusement, les œuvres ne sont pas visibles puisque pas terminées, et dans les deux cas, je n'en serai jamais qu'une infime partie.

alleluia a dit…

J'arrive pas à expliquer pourquoi, mais je trouve ça dingue et génial à la fois !

Peut-être parce que mes copines ont toutes été très pudiques de ce côté là (sauf une). Et je trouve ça dommage et frustrant, parce que, si je peux me permettre l'expression, je trouve ça plutôt joli une chatte ! ^^

En tout cas bravo pour le courage, il en faut bien qui se dévouent; j'ai posé une fois pour une amie peintre, mais j'avais pas osé me mettre totalement à nu.

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est marrant à quel point les gens associent souvent le fait de poser nu/e à du courage, alors que dans mon esprit, la question ne s'est même pas posée: quand on a l'occasion de participer (de façon parfaitement anonyme qui plus est) à une œuvre qui nous laisse pantois/e, je pense qu'on ne réfléchit pas longtemps (parce que, oui, c'est plutôt joli, une chatte =^.^=).

Ici, l'artiste cherchait des modèles, je me suis proposée, il a accepté. Simple as that.
Et le fait qu'il représente des détails du corps n'est certainement pas étranger à mon enthousiasme, car cela permet de garder une certaine distance, malgré le (ou justement à cause du) fait que ce ne soient pas les parties les plus exposées habituellement.

Cocotte a dit…

Si tu avais eu affaire à des gynecologues masculins, ça aurait été probablement moins... difficile/gênant... ?

En tout cas j'imagine que ça fait partie des expériences qu'on n'oublie pas ^_^

Mademoiselle Catherine a dit…

Où as-tu lu que cela m'ait été difficile ou gênant? Au contraire, j'ai ressenti tout le processus avec énormément de légèreté et ne peux m'empêcher de repenser à cette très belle phrase qu'Anna Mouglalis avait prononcée au sujet du tournage du film "La Vie nouvelle": "J'ai porté la nudité comme un costume; la pudeur est ailleurs".

Cocotte a dit…

Mademoiselle Catherine, non seulement je mets un point d'interrogation à "diffile/gênant", mais plus simplement je lis ton billet. J Mcartney et toi, N'êtes-vous pas allés boire un verre histoire de calmer ta légère nervosité ?

Personnellement je trouve ça normal... ce n'est pas une démarche banale, même si on porté la nudité comme un costume et que la pudeur est ailleurs.

Mademoiselle Catherine a dit…

En effet, ce n'était peut-être pas tout à fait clair: le coup du verre était surtout une boutade.
Quand je suis arrivée en avance à l'atelier et qu'il avait du retard, il m'a demandé comment je me sentais, ce à quoi j'ai répondu que j'étais un peu nerveuse (un sentiment bien légitime). C'est alors qu'il a dit "Get a drink!" en riant, ce qui, en plus de faire passer le temps, n'était somme toute pas une mauvaise idée ;)
(et je suis allée boire le verre seule puisqu'il était occupé - en revanche, j'ai eu le thé à son atelier la deuxième fois)

Je ne suis néanmoins pas certaine d'avoir été moins nerveuse si j'avais déjà eu à faire à un gynécologue masculin (c'est largement au dessus de mes forces, mes voies internes restant strictement réservées à mes partenaires, ainsi qu'aux médecins de sexe féminin ^-^).

Cocotte a dit…

Voila c'est ce que je voulais dire, c'est légitime qu'une telle démarche soit un peu difficile ou gênante, en tout cas qu'elle provoque un peu de nervosité.

Des gynécologues hommes j'en ai vu quelques uns et je crois bien que je ne suis encore pas tout à fait à l'aise. Me dénuder devant un inconnu ce n'est pas quelque chose que je fais aussi aisément que de boire une tasse de thé. Mais quand même, à la longue on y arrive ^_^


Il y a des femmes à qui ça ne pose aucun problème. Je suppose que l'environnement dans lequel on a grandi, l'éducation, tout ça a beaucoup d'importance dans ce qui nous rend pudique ou pas.... en plus d'un caractère plus ou moins timide, plus ou moins réservé, non ?

Bravo. Ce devait être sympa ^_^

Les tests de Gridou a dit…

Marrant, j'ai toujours eu des gynécologues masculins. Je préfère, on n'a pas le même sexe...

Mademoiselle Catherine a dit…

C'est bien parce que nous n'avons pas le même sexe que je m'en méfie comme de la peste: est-ce que je vais donner conseil aux mâles au sujet de leur prostate?!