lundi 29 octobre 2012

Confessions d'une improductive

Après des recherches infructueuses et avant de signer un contrat de quinze jours pour les fêtes de fin d'année, laissez-moi faire le point sur ces derniers mois passés dans les rangs des improductifs.

Dans un premier temps, j'avoue ne pas avoir anticipé à quel point je vivrais mal le fait d'être au chômage, principalement en raison des dénominatifs réservés aux "sans profession", "sans emploi", "sans occupation" avec lesquels je refuse encore et toujours de m'identifier. Je me suis donc assez vite lancée dans la recherche d'emploi pour apaiser ma conscience, les espoirs cédant la place à autant de déceptions, parfois cuisantes (quand il ne s'agissait pas d'humiliations en bonne et due forme).
Au fur et à mesure, je me suis pourtant rendue compte que je ne me sentais pas du tout prête à m'investir dans un nouveau travail, en tous cas pas sur le long terme : je n'envisage pas de me lancer dans un boulot sans être convaincue de pouvoir le faire au mieux, car j'ai beaucoup trop conscience de mes limites.
Ceci dit, et bien qu'il soit encore trop tôt pour en parler, les choses se précisent petit à petit quant à ma réorientation professionnelle, mais nous y reviendrons en temps voulu.

Financièrement, je commence à m'accommoder de la situation. Pas que les pertes aient été telles que je me sois retrouvée à devoir vendre mes culottes usagées à des Japonais en mal de compagnie (puisque je travaillais à mi-temps), mais il a fallu une période d'adaptation que ma légendaire rigueur germanique avait anticipée dès le début de mon préavis. Ainsi ne me suis-je à aucun moment retrouvée dans le rouge, malgré certaines fins de mois difficiles, et dans le fond, la seule différence notable tient en une phrase : avant, je faisais mes courses au Delhaize, aujourd'hui, je vais chez Aldi.

En outre, et c'est probablement la chose qui m'a le plus pesée, le fait de ne plus avoir d'emploi du temps à respecter m'a largement déboussolée, car je manque de discipline pour m'imposer des plages horaires consacrées, par exemple, à la création, la lecture, la cuisine ou l'apprentissage de nouvelles choses. En ce sens, je me sens toujours un peu perdue, bien que cet état de fait se soit finalement révélé positif pour moi qui avais jusqu'alors toujours été une fervente partisane de la maîtrise du temps : au fil des mois, j'ai appris à céder la place à l'improvisation et à ne plus me laisser irriter par les changements de dernière minute (pour peu que ceux-ci ne soient pas systématiques).

En revanche, l'absence de rapports sociaux en milieu professionnel ont largement entamé la diplomatie que je m'efforce pourtant de maintenir à un niveau acceptable, et je déplore que mon honnêteté parfois insultante reprenne le dessus en diverses occasions.

Mais le fait d'en avoir conscience n'est-il pas déjà un signe de rédemption ?

Fond sonore : Fink, "Honesty".

6 commentaires:

éric a dit…

D'une manière générale, étant donné que cette situation va toucher de plus en plus de monde pour des périodes de plus en plus longues (voire définitives), il serait peut-être utile de la mettre au programme des écoles ?

Ça pourrait permettre de dédramatiser, d'appréhender, de prévoir, de mieux s'organiser sans redouter les autres et leur putain de regard de nantis dédaigneux... mais je m'égare, restons diplomates ! ;)





Mademoiselle Catherine a dit…

Justement, de plus en plus de personnes se penchent sur la question avec un regard bienveillant, comme l'équipe ayant mis en place ce formidable projet documentaire autour du chômage et du bénévolat.
Je ne remercierai d'ailleurs jamais assez Sainte-Cécile (la seule et l'unique) de m'avoir fait découvrir cette série de reportages absolument remarquables.
Ne reste plus qu'à convaincre les pouvoirs publics, mais ça, c'est une tout autre histoire, j'en ai bien peur :/

Arnaud a dit…

Sers toi de ta bonne vieille rigueur germanique pour t'audo discipliner feignasse ;)

Mademoiselle Catherine a dit…

J'aimerais bien, mais j'ai bien peur d'avoir hérité d'une l'autodiscipline de type plutôt latine.
La rigueur germanique me permet surtout de ne jamais être dans le rouge et d'être une pro du chipotage (comme, à tout hasard, classer les livres par ordre de couleurs) (non, j'déconne!).

Pour faire court, je suis maniaque, mais je me soigne.

Mes origines germaniques justifient en outre les sarcasmes que j'exprime de façon courante, mais c'est surtout un prétexte commode, à vrai dire...




P.S. C'est quoi, l'audo discipline? Un nouvel art martial?

lalydo a dit…

Je me retrouve assez dans cette réflexion j'avoue...

Mademoiselle Catherine a dit…

Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en désoler... ;)