mercredi 20 mars 2013

Nid de guêpes

Voici une note que j'aurais voulu ne pas avoir à écrire, ou tout du moins ne pas en ressentir le besoin.

Voyez-vous, le hasard des chromosomes a voulu que je sois une femme, et jusqu'à présent, cela ne m'avait jamais porté préjudice de façon récurrente.
Pourtant, dans l'état actuel des choses, j'en viens à me demander comment j'ai pu traverser les mailles du filet pendant 35 ans, et en jetant un coup d'œil en arrière, je me rends compte que mes choix de vie et mon sale caractère m'ont largement préservée des goujateries au quotidien : d'une part, je me suis donnée les moyens d'évoluer dans un secteur professionnel philanthrope tout en m'accordant le luxe de bien choisir mes fréquentations privées (en me trompant parfois, certes), et d'autre part, j'ai bien intégré le fait que l'on est parfaitement en droit de refuser les choses que l'on n'accepte pas (et ça marche).

Cette lapalissade me vaut aujourd'hui quelques déboires, car je me trouve confrontée à des personnes qui, de toute évidence, ne voient pas les choses du même œil. Plus précisément, une toute petite poignée d'individus semble n'avoir pas apprécié ma liberté d'expression en diverses occasions et me l'a fait comprendre dans un langage fleuri, usant d'un volume sonore que je qualifierai d'assourdissant.
Devant témoins, bravo messieurs !

Avant de poursuivre, je tiens à préciser que je n'ai ni vu venir ni compris ces réactions que je juge disproportionnées et auxquelles j'ai répondu avec tout le calme dont j'étais capable, selon l'adage "La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe". Un calme doublé d'un profond mépris, force m'est de l'avouer, et qui n'a d'ailleurs pas beaucoup plu à ces mâles dominants ayant visiblement des difficultés à admettre que la liberté d'expression des femelles est acquise dans nos contrées depuis une période bien antérieure à leur naissance.

Il me faut constater aujourd'hui que rien n'est jamais acquis et que, comme le disait si bien l'artiste Meret Oppenheim, la liberté ne nous est pas donnée : il nous faut la prendre.

Ma liberté à moi, c'est celle de refuser la violence – physique, verbale – car personne ne me fera jamais croire qu'elle se justifie. Au contraire, celle-ci est bien souvent le dernier recours des gens en manque d'arguments. Et quand les Allemands disent "Wer nicht hören will, muss fühlen" ("Celui qui ne veut pas entendre doit sentir"), j'estime pour ma part qu'il est de bon ton d'arriver à toucher ses semblables autrement que par des cris, des menaces ou un poing dans la gueule (quand bien même ce n'est pas l'envie qui manque, parfois).
Or, pour atteindre quelqu'un, il faut que ce dernier soit disposé à s'ouvrir un minimum, ce qui n'est pas chose aisée, car la vie pousse chacun d'entre nous à ériger des protections allant de la petite clôture champêtre pour les uns aux forteresses imprenables pour les autres. Et là, plusieurs éléments portent à croire que si je me heurte à un mur, c'est de par ma condition féminine, car je n'entre pas dans les critères que d'aucuns se font de "La Femme".

Ceux-là sont rares, fort heureusement, mais assez proches hélas pour générer de profondes remises en question, pas tant sur le plan privé que sur le plan professionnel, car je ne me sens pas du tout armée pour affronter ce climat hostile sur le long terme.
Et surtout, il est exclu que je mette d'immenses quantités d'énergie dans un combat perdu d'avance...


Fond sonore : James Brown, "It's A Man's Man's Man's World".

23 commentaires:

michelvandam.over-blog.com a dit…

dimanche, fin d'aprem, en vélo, deux jeunes femmes en voiture qui ont failli m'envoyer dans le décor en m'engueulant ensuite parce que je prenais trop de place... (je suis un mec en vélo et je peux affirmer que ce genre d'incident cycliste/madame est fréquent... et que je ne suis pas misogyne... et que les filles deviennent peut-être aussi con que des mecs dès qu'elles se retrouvent derrière un volant)

Mademoiselle Catherine a dit…

Bienvenue, Michel.
C'est juste dommage que ce ne soit pas le sujet de cette note qui traite principalement du milieu professionnel (ce n'est peut-être pas très clair: j'avoue l'avoir écrite à chaud, ce qui m'arrive rarement).

Il faut en effet garder à l'esprit que les femmes qui réussissent dans des milieux traditionnellement masculins sont encore trop souvent considérées comme "exceptionnelles", et la "preuve" que les femmes ne devraient pas travailler dans ce secteur si elles échouent (quand leur évolution professionnelle n'est pas tout simplement freinée).

Et très étrangement, c'est depuis que je suis au chômage, et donc probablement plus sensible aux injustices, que je me pose ces questions liées au genre, car je commence effectivement - après avoir travaillé pendant 10 ans et n'avoir eu aucun problème - à être confrontée à des comportements ouvertement misogynes qui m'inquiètent pour la suite de mon parcours professionnel (sans oublier que je suis désormais plus près des 40 que des 30 ans).

Comme je l'expliquais dans cette précédente note, je suis très attachée à l'égalité des chances. En revanche, une chose que je n'aime pas, mais alors pas du tout, ce sont les généralisations.
Ainsi, permettez-moi de changer votre "les filles deviennent peut-être aussi con que des mecs dès qu'elles se retrouvent derrière un volant" en "certaines filles deviennent peut-être aussi con que des mecs dès qu'elles se retrouvent derrière un volant" :)

Bonne journée!

éric a dit…

Pour me faire l'avocat incompétent d'un diable qui n'existe pas, je dirais que le "milieu professionnel" est encore - nonobstant la dureté de l'exercice - l'écosystème le plus "ouvert" à la "female touch"...
Ce qui, à mon avis, motive la forte accentuation mise sur les revendications professionnelles - dont l'égalité salariale, préjugée plus "simple" à obtenir - comparée aux combats pour l'égalité des droits sociaux, combats tolérés par la gent maschuline (le ch est volontaire, merci) que lorsqu'ils sont menés par des "Chiennes de garde" ("ça les occupe...") plutôt que par des femmes "ordinaires" (mère, soeur, épouse, amie, voisine ou collègue...).

Sinon, je propose qu'on te clone le caractère et qu'on l'injecte aux filles à naître ! Et bon courage messieurs !! :D :D

Mademoiselle Catherine a dit…

Je n'ai rien ni personne à combattre, justement: j'attends juste un minimum de respect (ce qui me parait légitime). Et quand je ne le rencontre pas, j'ai tendance à l'avoir plutôt mauvaise...

Le bon côté de la chose, c'est qu'avec toutes ces questions que je me pose, je me fais des réflexions parfois intelligentes, comme: les MLF ont largement contribué à faire changer les lois, à nous de faire changer les mentalités.

C'est pas gagné, j'en ai bien peur, d'autant moins que les femmes dites "ordinaires" semblent être en passe de baisser les bras.

Quant à me "cloner le caractère", si les scientifiques pouvaient y injecter un tout petit peu d'indulgence au passage, ce ne serait pas du luxe ;)

Les tests de Gridou a dit…

Je me permets juste de dire que personnellement, je ne t'ai jamais (j'insiste : jamais !) vue comme quelqu'un manquant d'indulgence.

Certes ta si précieuse mauvaise foi suscite parfois une certaine ire sur la toile mais dans la vraie vie, je te vois plutôt comme tolérante quant aux défauts et désirs des autres... Et puis tes avis parfois tranchés permettent le questionnement, bon dieu que c'est précieux !

Mademoiselle Catherine a dit…

Ah la la, Gridou, comme je t'aime, toi ♥

Disons que mon seuil de tolérance est très variable selon la personne qui est devant moi, et j'avoue qu'il a tendance à chuter de manière tragique quand je suis confrontée à la bêtise et/ou la violence.
Comme Jacques Brel, j'aime pas les gens bêtes parce que la bêtise c'est de la paresse (...), c'est une espèce de graisse autour du coeur et autour du cerveau (ici).
Et on peut très bien avoir des avis tranchés tout en étant ouvert à la discussion, ce qui, je l'espère, est mon cas. Comme tu le dis, ça permet le questionnement, et c'est d'autant plus précieux que cela permet bien souvent d'arrondir certains angles et de trouver des terrains d'entente.

Quant à mon sale caractère (ou "tempérament" pour... tempérer un peu), il m'a sauvé la mise tellement souvent que c'est une part de moi-même dont je ne songe absolument pas me séparer ;)

waldorf a dit…

bienvenue dans le monde moderne, celui de la régression culturelle et de la non-éducation…

Nath a dit…

En tant que "femme ordinaire", je ne peux que t'inviter à ne pas baisser les bras...Personnellement, je crois que mes défenses tiennent plus de la barrière champêtre (et encore...le temps passant voyez ce qu'il reste de la barrière!),et ma foi...les paquerettes repoussent toujours...d'aucuns diront qu'elles poussent même mieux là ou le sol est piétiné!

Mademoiselle Catherine a dit…

@waldorf: Effectivement, certains comportements ont beau ne plus m'étonner en raison de la dite régression culturelle et non-éducation, il n'en demeurent pas moins choquants quand je me les prends de face.
Le rétablissement de la peine de mort est-il une option raisonnable?

@Nath: Ne pas se laisser faire, ça me semble primordial.
D'ailleurs, le lisier a du bon ;)

Dans le fond, ce qui me désole le plus, c'est le fait que, parmi les six témoins présents, aucun (comme dans "zéro", "nada", "rien du tout") n'est intervenu, et c'est hélas symptomatique de la société dans laquelle nous vivons.

Anna E. a dit…

Je n'ai pas grand chose à dire, si ce n'est pour ton "appel à témoignage" que les hommes ne sont pas toujours les plus méprisants à l'égard des femmes - le plus gros problème que j'ai eu dans un milieu masculin (et quand je dis "gros problème", je veux dire " avoir de quoi faire passer ladite personne en commission disciplinaire pour harcèlement"), c'était avec une femme qui m'avait prise en grippe pour je ne sais quelle raison, et avait décidé de me casser. Voilà !

Ah, et puis bon courage, si tu dois régulièrement fréquenter ces malotrus !

Mademoiselle Catherine a dit…

Bien sûr que les mentalités se doivent d'évoluer de part et d'autre, c'est pourquoi je me considère comme "humaniste" et non comme "féministe" (un terme que je rejette catégoriquement).

Les injustices me révoltent, quelles qu'elles soient, et à plus forte raison quand mes proches (ou moi-même) en font les frais. Il se trouve que dans le cas présent, j'ai eu affaire - pour la première fois de ma vie - à des types ostensiblement misogynes, alors j'en parle et je m'interroge, car ce n'est malheureusement pas un cas isolé.
Après, ce n'est pas ça qui va me faire détester les hommes ou me lancer dans une carrière de Femen (que je n'apprécie pas, pour toutes les raisons évoquées ici), car je reste convaincue que le dialogue et "l'éducation" (au sens large du terme) restent les meilleures solutions sur le long terme.

Et je refuse de me laisser marcher dessus sous prétexte que des merdeux n'ont pas intégré que les hommes et les femmes bénéficient aujourd'hui des mêmes droits (dans nos contrées, j'entends), tout comme je vomis les esprits étriqués qui s'opposent aux droits des communautés LGBT ou étrangères.

Des lois existent pour assurer l'égalité des chances (quand bien même elles seraient mal foutues), et j'estime qu'il est aussi de ma responsabilité de citoyenne de le rappeler aux gens ignorants.
Car s'est hélas, dans la grande majorité des cas, le manque (voire l'absence) d'information qui pousse les gens (hommes ou femmes) à adopter des comportements stupides.


Ah, et puis merci hein !

Clymence a dit…

Hello ma Belle,

Je ne suis pas certaine que ce genre d'individus aux neurones simiesques soient si rares que ça!

Quitte à passer pour parano- conspirationniste, je pense que beau nombre de "mâles alpha" n'osent se découvrir de leur masque "socio-gentil".

L'homme, le mâle, soutenu par une certaine frange (toujours existante!) de la psychologie, pense que la "soumission" de la femme est ATAVIQUE (oui oui!)

"Jacques, sort de tombe et vient refaire Incroyable Mais Vrai!"

PEACE

Mademoiselle Catherine a dit…

On en revient au vieux cliché de la femme douce et docile alors que les choses ont beaucoup évolué ces 30-40 dernières années, et je n'arrive pas à m'expliquer comment des hommes (parfois très jeunes) puissent encore suivre des schémas ancestraux (la mort d'Alicia Damoiseaux étant un exemple récent tristement célèbre).

Les changements sont pourtant visibles à l'oeil nu, il me semble: les femmes occidentales travaillent, conduisent des voitures, retapent des maisons, demandent le divorce...
Or, j'ai aujourd'hui l'impression que l'émancipation féminine serait plus acceptable aux yeux de certains si elles pouvait rester totalement silencieuse, et c'est là que je ne suis pas d'accord: si quelqu'un (homme ou femme) me manque de respect, il m'est primordial de le lui faire comprendre.

Mademoiselle Catherine a dit…

J'ajouterai aussi une phrase que la magistrate Fabienne Nicolas a prononcé dans le cadre des auditions autour du mariage pour tous en France (dernière intervenante): "La paix sociale, c'est le Droit. A un moment donné, aux rapports de force, on substitue du Droit pour ne pas que ce soit la jungle".

Véro a dit…


Indulgence signifie : « facilité à excuser et à pardonner les fautes, les défauts. » Je ne te connais pas suffisamment, Mademoiselle Catherine pour prétendre le contraire, mais je ne suis pas certaine non plus que l’indulgence soit ton premier… « réflexe » ! ^_^ (tu avoues toi-même être rancunière…) S’il y a de l’indulgence en toi je crois surtout qu’elle vient de ta capacité à réfléchir et à tout remettre en question (toi notamment), mais ça ne va pas de soi !

A travers internet –et tout ce que tu as pu y écrire- je te perçois d’avantage comme quelqu’un d’exigeant… et entre l’indulgence et l’exigence le monde est vaste ! L’indulgence c’est surtout commode pour autrui qui a vite fait de comprendre qu’il peut se comporter comme il veut –puisqu’on ne lui en tient pas rigueur- … quant à l’exigence elle tend à laisser peu de place à l’humain -et son cortège de défauts- et plus on place la barre haut dans les attentes, plus il est difficile d’y répondre.

Véro a dit…

Je crois toujours que ce qui guide la plus part de nos actes, au plus profond, c’est la peur, et des hommes qui se comportent comme des machos, ce sont des hommes qui ont peur… bon, c’est assez basique, peut-être un peu facile, mais j’y reviens sans cesse : La peur n’est jamais loin ! A travers tous ces comportements machistes les hommes s’accrochent, j’imagine… trop peur de perdre leurs prérogatives ? trop peur de ne plus être des dominants ?

Bien que travaillant dans un milieu très masculin, je n’ai pas de soucis de ce côté-là, mais aussi je ne marche pas sur leurs platebandes, je conduirais un engin de chantier, j’en prendrais plein la tête ^_^ (les soucis que j’ai eu dans le milieu professionnel je le dois surtout aux femmes…). Bref, l’indulgence chez les hommes est perçue comme une qualité, chez les femmes comme une faiblesse. Pour qu’une femme puisse évoluer, pour qu’elle soit respectée elle doit généralement se montrer plus dure et plus intransigeante, ce qu’on va forcément lui reprocher. Je trouve ça triste et dommageable pour tout le monde !

Jusqu’à maintenant, dans la situation que tu décris, je n’ai observé que deux tendances : ou c’est la guerre ouverte simplement parce que tu fais front, que tu réclames le minimum syndical, à savoir le respect… et tu passes pour une harpie ! Ou bien tu entretiens un simulacre de paix, et cela grâce à cette vieille chère méthode qu’on appelle la « manipulation » et qu’on attribue si facilement aux femmes… c’est-à-dire : tu mènes ton chemin, tu tires éventuellement les ficelles en laissant croire aux hommes qu’ils sont les boss… Au mon Dieu, Edouard, mais qu’est-ce que je ferais sans toi !!! Il n’y a pas si longtemps j’ai répondu à quelqu’un qui reprochait aux femmes d’être sournoises et manipulatrices : Le jour où les femmes taperont sur la table en disant : « Je suis la femme c’est moi qui décide », ce sera terminé !!! » ^_^

Mademoiselle Catherine a dit…

Que de clairvoyance dans tes propos, Véro!

A commencer que la vie m'a effectivement rendue (très) exigeante (et je me montre aussi exigeante envers moi-même qu'envers les autres), tout simplement parce qu'à un moment donné, il m'a fallu faire un choix: soit, je continuais de "laisser pisser" au risque d'épuiser dangereusement mes réserves d'énergie, ou alors, je mettais des limites pour ne pas me laisser marcher dessus.
Comme c'était nouveau pour moi et que je ne savais pas vraiment comment faire, j'ai monté des barricades que je m'efforce aujourd'hui de déconstruire petit à petit pour les remplacer par une petite haie.
Et bien sûr, ça prend du temps.

Je pense qu'il faut souvent passer d'un extrême à l'autre pour trouver un juste milieu, et j'ai bien conscience de ne pas encore l'avoir trouvé. Mais j'y travaille!

Quant à la peur, c'est bien elle qui guide bon nombre de nos pas.
En ce qui me concerne, j'avoue que la peur de m'écraser à nouveau comme j'ai pu le faire par le passé est présente. Je conçois d'ailleurs fort bien que ce soit difficile à croire quand on voit la personne que je suis devenue.
Pourtant, je me rends compte du chemin parcouru... comme de celui qui m'attend. Et ça, en revanche, ça ne me fait pas peur du tout, parce que j'ai bon espoir que je gérerai bien mieux les obstacles avec le temps. Il faut dire que j'aspire à devenir une vieille dame digne, respectable et agréable à vivre (attention: j'ai pas dit "facile" ^-^).
Tant qu'à faire, autant devenir quelqu'un de meilleur, pas de pire...

Véro a dit…

Il faut dire que j'aspire à devenir une vieille dame digne, respectable et agréable à vivre

Hi, hi, moi aussi. Tu parles d'une ambition !

Je crains qu'il n'y ait pas de formule miracle. La main de fer dans le gant de velours fonctionne pas mal ! ^_^ Pas très compatible avec le côté brut de décoffrage, mais bon... c'est dans le milieu professionnel que l'hypocrisie sévit le plus, j'ai bien peur (tu choisis tes amis, tu supportes ta famille... quant aux collègues, inchallah !!!).

Allez, je te fais confiance pour gérer les obstacles de main de maître... ^_^

Mademoiselle Catherine a dit…

Voilà, tu as tout compris: je ne dois pas être assez hypocrite pour manier la main de fer dans le gant de velours ;)
C'est comme quand je dois présenter des excuses à quelqu'un alors que je ne suis absolument pas désolée: c'est consternant à quel point ça sonne faux. Je compte cependant arriver à un équilibre un jour parce que j'ose espérer ne pas être quelqu'un de mauvais, dans le fond.

On en revient finalement au franc-parler, et tu l'as d'ailleurs très bien résumé dans un précédent commentaire: "Pour qu’une femme puisse évoluer, pour qu’elle soit respectée elle doit généralement se montrer plus dure et plus intransigeante, ce qu’on va forcément lui reprocher".

Je pense que ce n'est pas trop cher payé pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Véro a dit…

Je compte cependant arriver à un équilibre un jour parce que j'ose espérer ne pas être quelqu'un de mauvais, dans le fond

Dans le fond... tu es même quelqu'un de bien, de vraiment bien. C'est juste l'enveloppe qui pique un peu ^_^

Mademoiselle Catherine a dit…

...d'où la citation du jour...

Anonyme a dit…

Je suis fatiguée que la femme soit le sujet central de moqueries et vulgarités à l’égard de son sexe. Je suis fatiguée d’être un stéréotype, cloisonnée dans une cuisine, ou juste bonne à procréer. Je suis fatiguée de revenir chez moi chaque soir, laminée, humiliée dans mon intégrité, réduite au rang d’animal, souillée par leurs rires gras, et leurs regards qui bafouent mon intimité. Leurs pensées n’exigent que la dominance, le paraître d’un homme qui pour se sentir viril, se complet dans une sinistre vulgarité concernant ses exploits accomplis, son sexe à la main. Certes il a joui, partout, surtout partout. Et c’est ce qui compte. Peu lui importe le nombre de pleurs. Peu lui importe la satisfaction sexuelle de cette femme. Il l’aura baisée, comme il aime le souligner. Et il sous- entendra qu’elle a dû aimer cela réciproquement. Parce que c’est une salope. Et les salopes elles aiment se faire sauter. Ce genre de désoeuvrement existe encore et toujours à notre époque, et j’en reste bouche bée. Bien évidemment il touche une partie de la population. Je ne me permettrais pas de faire des généralités.

Mademoiselle Catherine a dit…

Je me rassure en me disant que leur domination est avant tout fantasmée: les types dont il est question - et tu le sais aussi bien que moi - n'ont ni éducation, ni savoir-vivre, ni vocabulaire, et leur Q.I. est inversement proportionnel à leur taux de THC dans le sang. Alors forcément, ça les rend cons, paranos et agressifs parce qu'ils se sentent totalement démunis face à tout raisonnement un tant soit peu réfléchi et que la meilleure défense reste l'attaque.
Et quoi de mieux, pour asseoir leur hypothétique pouvoir, que de s'attaquer à plus "faible" qu'eux (dans leur esprit limité, tout du moins), comme les femmes, les homosexuel/les ou les supporters des "mauvaises" équipes de foot?
Ils communiquent leur frustration à travers des rapports de force, et je m'interdis de leur donner raison. Je redoute néanmoins de m'épuiser en cours de route...