vendredi 9 août 2013

Bas les pattes !

Quand j'ai fait actualiser mon premier tatouage vieux de 18 ans le mois dernier, je m'attendais à des regards curieux, car, situé à cheval sur l'épaule et le décolleté, il n'est jamais visible dans son intégralité (sauf quand je porte la superbe robe-bustier Cora Kemperman dénichée aux dernières soldes ).
Et comme cela prend parfois un peu de temps avant de se sentir à nouveau chez soi dans son propre corps après transformation, j'ai décidé de le promener pour la première fois à l'air libre au cours de mes dernières vacances en Angleterre, où le tatouage est une seconde nature.
Hormis quelques remarques très gentilles que je n'ai à aucun moment ressenties comme intrusives (et qui m'ont fait sincèrement plaisir), les gens passent très vite à autre chose : quand on a un salon de tatouage à – littéralement – chaque coin de rue, on est tout de suite moins vite impressionné.

C'est en rentrant sur le continent que j'ai vite regretté la retenue et la politesse du Sud-Est anglais. Parce qu'ici, il arrive qu'un tatouage soit perçu comme le ventre d'une femme enceinte : certains s'imaginent qu'il appartient à la communauté et se donnent le droit de toucher sans même avoir demandé.

Dans mon cas, je n'étais pas rentrée depuis une semaine qu'une femme que je ne connaissais ni d’Ève ni d'Adam s'approchait de moi chez une connaissance commune et, tirant sur la bretelle de ma robe, me demandait "Je peux ?".
Avec les mêmes réflexes qu'une mère de famille empêchant son enfant de mettre les doigts dans une prise de courant, je lui ai tapé sur la main en lui faisant remarquer assez sèchement que ça ne se fait pas de déshabiller les gens ainsi.

Parce que bon, si on commence comme ça, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtre : est-ce que je soulève les t-shirts des gens parce que je les soupçonne d'avoir de beaux pectoraux ? Non. Tout simplement parce que, d'après les règles de savoir-vivre qui sont les miennes, ça ne se fait pas.

Mais peut-être suis-je désespérément prude et vieux-jeu...

Fond sonore : Siouxsie and the Banshees, "Tattoo".

4 commentaires:

lalydo a dit…

Tu n'es pas prude, c'est elle qui est sans-gêne! Ça me gonfle des gens comme ça d'ailleurs...

Véro a dit…

"est-ce que je soulève les t-shirts des gens parce que je les soupçonne d'avoir de beaux pectoraux ?"

Tout compte fait, p'têt bien qu'il faudrait revoir les règles du savoir vivre ! ;)

Et est-ce que si je te demande ce que représente ton tatouage c'est indiscret ? J'avoue J'aimerais bien savoir :)

éric a dit…

@Véro : pour le savoir il faudra l'accompagner lors de son prochain périple britton. :)

Sinon, il y a peut-être aussi l'explication "association d'idées primaire" style "utérus = enfant", ce qui ici donnerait :
"tatouage = exhibition" donc je regarde et j'enlève ce qui gêne... :)

Tu lui a dis que tu arrêtais les enfants et que c'était un patch ? :D

Mademoiselle Catherine a dit…

@lalydo: C'est une façon de voir les choses qui me convient très bien, merci :)

@Véro: Cela me fait penser que j'observais, émue, des ouvriers travailler torse nu sur un toit de maison hier en attendant le bus et que ce n'était pas désagréable ^-^
J'avoue néanmoins préférer découvrir ces choses en privé, sinon, où est le mystère?

Pour le reste... ;)

@éric: Les interprétations des autres sont souvent étonnantes, en effet, d'autant plus que c'est un acte éminemment personnel. Pourquoi devoir toujours tout expliquer?

Et j'ajoute qu'arte avait réalisé un reportage passionnant (et trop court!) sur le sujet, entre les Pays Bas, la Nouvelle Zélande et le Japon: trois pays, trois façons d'appréhender cet art.