dimanche 22 septembre 2013

Questions existentielles

Je connais très mal les écrits de Max Frisch, dont le "Homo Faber" est pourtant un monument de la littérature en langue allemande et à qui l'on doit, accessoirement, la célèbre phrase Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles.
Il est cependant un de ses ouvrages que je garde toujours à portée de main : son "Fragebogen". Extraits du "Journal 1966-1971", ces onze questionnaires de 25 questions chacun abordent des thématiques telles que l'espoir, l'humour, l'amitié, la possession ou la mort et m'offrent une petite bulle de réflexion plus ou moins profonde à chaque fois que la paresse intellectuelle me guette.
Morceaux choisis :
  • Êtes-vous certain que la préservation de l'espèce humaine vous importera encore quand vous et tout votre entourage aurez disparu ?
  • Qu'avez-vous pour habitude de dire quand un couple de votre connaissance se sépare, et pourquoi ne pas l'avoir dit au préalable aux principaux intéressés ?
  • Avez-vous de l'humour quand vous êtes seul/e ?
  • Savez-vous de quoi vous avez besoin ?
  • Quelle est votre idée de la pauvreté ?
  • Voudriez-vous être immortel ?
Si la traduction française des seuls questionnaires de Max Frisch parue chez Cent Pages est hélas épuisée, le "Journal" dont ils sont tirés est toujours disponible chez Gallimard.

Fond sonore : Elliott Smith, "Question Mark".

12 commentaires:

Véro a dit…

Je suppose qu'on est autorisé à répondre ?! Je me lance dans ces premières réflexions de la semaine... :)

1. Oui, la préservation de l'espèce humaine m'importe dans la mesure où je contribue à la perpétuer. C'est idiot mais on se soucie de l'avenir de nos enfants, et des enfants des enfants... et même si le siècle à venir à quelque chose d'un peu abstrait, voir carrément abscons, ça prend de l'importance !

2. C'est au cas par cas. Pour mes parents j'ai pensé : Enfin, il était temps ! Tout en éprouvant une immense tristesse... Tristesse qui revient à chaque fois qu'un couple se sépare même si ça devient une nécessité. On ne peut pas dire grand chose, chacun fait ses choix selon son ressenti et ses aspirations...

3. J'en sais rien... jamais fait gaffe :)

4. Oui. D'espace, de mouvement, de temps...

5. La première idée est celle de l'usage le plus courant, celle qui caractérise la situation d'un individu qui ne dispose pas des ressources réputées suffisantes pour vivre dignement dans une société. Insuffisance de ressources matérielles affectant la nourriture, l’accès à l'eau potable, les vêtements, le logement, ou les conditions de vie en général. Mais également insuffisance de ressources intangibles telles que l’accès à l’éducation, l’exercice d’une activité valorisante, le respect reçu des autres citoyens ou encore le développement personnel. (dico). La deuxième idée (la plus importante peut-être (?!)) c’est que nous sommes pauvres de tout ce qui nous manque… nous pouvons vivre dans le luxe et être pauvre de cœur et d’esprit…

6. Je trouve que l’immortalité a quelque chose d’aussi effrayant que la mort ! De toute façon nous ne connaîtrons jamais ni l’un ni l’autre (une fois que tu es mort est-ce que tu en as conscience ?!! ;) )

Wouah… pour un lundi matin, c’est costaud !

Véro a dit…

Par rapport à la première question. J'y ai souvent réfléchi. C'est très difficile d'être un humain sur terre, déjà... qui je suis ? où je vais ? touça... avoir des enfants multiplie la difficulté car tu projettes (c'est en tout cas mon cas) toutes ces questions sur eux... tu n'as pas assez de tes propres problèmes et de tes souffrances, tu récupères les leurs... Je ne sais pas où est l'égoïste ? Couper le cordon, c'est rendre la liberté mais en même temps c'est se détacher de leurs émotions ! P'tain, quel poids !

éric a dit…

Euh... Véro, sur la première question je crois que tu es hors-sujet.
Le monsieur te demande si ça t'intéressera APRÈS avoir mouru (le plus tard possible je te souhaite).
Autrement dit il interroge ta foi.
Ou tu crois à quelque chose après la vie terrestre et la réponse dépend de ta foi en cette croyance.
Ou tu ne ne crois à rien et tu ne peux que répondre non.
Ce qui signifie, dans le deuxième cas, et pour ceux qui sont intéressé par cette préservation, une part d'égoisme puisqu'ils ne s'en soucient que s'ils y participent !

Ce monsieur Frisch m'a l'air bougrement intéressant à poser de telles questions pièges ! :)

Véro a dit…

OK... Mais, cher éric, il me semble avoir raconté un jour que je voyais dans nos enfants une forme d'immortalité, comme si la vie continuait à travers eux ; le sang, les gênes... comme un fil conducteur à travers le temps -qui sait, ça explique peut-être pourquoi les parents ont une fâcheuse tendance à vouloir modeler leurs gosses à leur image ?! ;)- En tout cas ça explique pourquoi, à mes yeux, le monde ne s'arrête pas à ma mort et pourquoi la préservation de l'être humain m'importe ! C'est pour eux -les enfants- mais à travers eux c'est aussi pour moi ! Est-ce une forme de croyance ? Si c'est le cas c'est complètement tordu et avec une part d'égoïsme aussi... Alors je suis peut-être hors sujet, mais c'est ma réponse quand même !

Bisous... :D

Mademoiselle Catherine a dit…

Je reformule la question d'ouverture du questionnaire de Max Frisch, car ma traduction n'est peut-être pas très claire (qui a bien pu inventer une langue aussi inexacte que le français, nom d'un chien?!):

êtes-vous certain que la conservation de l'espèce humaine, une fois toutes les personnes que vous connaissez et vous-même disparus, vous intéresse réellement?

Pour la part, la réponse est clairement non (d'ailleurs, même vivante, la conservation de l'espèce humaine m'importe peu).

éric a dit…

Véro, c'est plus clair avec ces précisions. Bisous itou. :)

Mademoiselle Catherine :
«(qui a bien pu inventer une langue aussi inexacte que le français, nom d'un chien?!)»

Euh... sûrement des gens qui aimaient polémiquer sur tout et n'importe quoi et qui ont cherché à contourner ces rabats-joie que sont le "dernier mot" ou le "mot de la fin"... :D

Ce n'est pas pour rien que le français a longtemps été la langue des diplomates !

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Après pour la reformulation de la question...
S'agit-il de conservation sous-vide ou en baril de saumure ?
Pour le sous-vide, il suffit d'allumer la télé ! :D
Pour la saumure, si on pouvait remplacer par du rhum, il se pourrait que je m'intéresse au sujet... Merci.

Véro a dit…

C'est une question, en tout cas, que je poserais bien aux politiciens de tous poils... Etes-vous certain que la conservation de l'état et de ses citoyens, une fois toutes les personnes que vous connaissez et vous-même ayez disparus du monde politique, vous intéresse réellement ?

Mademoiselle Catherine a dit…

...à des politiciens, des chefs d'entreprises et bien d'autres castes d'individus, j'ai l'impression...

(éric, pour le sous-vide, on peut aussi passer par la case latex :D)

éric a dit…

Hé, bé ! Il a bien grandi Steve ! :D

Mademoiselle Catherine a dit…

Je l'ai écrasé par inadvertance hier :'( (il était sur le sol de mon entrée quand je suis rentrée à la maison hier... Je ne me le pardonnerai jamais !)

éric a dit…

Oh merde ! :(

Passe une annonce sur la toile pour un nouveau locataire ! ;)

(Et la bise pour atténuer la peine.)

Mademoiselle Catherine a dit…

Sinon, un vivarium, mais je n'aurai plus la surprise de me retrouver nez à nez avec lui au réveil.

(pour info, Steve, c'est lui, et c'est mon pote !)