jeudi 22 janvier 2015

Il m'arrive...

...de rester bouche bée devant une série télévisée...
De quoi apporter de l'eau à mon moulin...
(traduction partielle en commentaire)


Comité de visionnage : "Utopia".

8 commentaires:

Mademoiselle Catherine a dit…

- A tes souhaits
- Pardon, il est un peu grippé
- Oui, c'est dans l'air.
(...)
- Nous partons en vacances dans le Sud de la France.
- C'est un long trajet en car.
- Je sais. C'est juste... vous savez... l'environnement. Je pense que nous avons tous une responsabilité.
- Oui, vous avez raison, nous avons tous une responsabilité. Pourquoi l'avoir eu alors ? Rien ne consomme du carbone comme un être humain occidental. Pourtant, vous en avez créé un. Pourquoi ? Au cours de sa vie, il produira 515 tonnes de carbone. Ça équivaut à 40 camions. Ça représente environ 6500 vols vers Paris. Vous auriez pu voler 90 fois par an, aller et retour, sans pour autant avoir le même impact sur la planète que ne l'a eue sa naissance. Sans oublier les pesticides, détergents, les quantités énormes de plastique, les combustibles nécessaires à lui tenir chaud... Sa naissance était un acte égoïste. C'était brutal. Vous avez condamné les autres à souffrir. (...)

Anonyme a dit…

j'ai envie de dire à la lecture de cela qu'un individu adulte qui dit cela devrait se regarder dans un miroir et se donner le même discours. Puis se suicider s'il est encore d'accord avec ce qu'il dit car il sait tout cela, sa vie pollue aussi la planète et pourquoi lui aurait le droit de le faire mais pas cet enfant? je lui retournais exactement le même discours. Je respecte tous les choix, celui d'avoir des enfants, celui de ne pas en avoir mais dans le respect... ce qui est loin d'être le cas ici. C'est très radical.

Mademoiselle Catherine a dit…

En l'occurrence, il s'agit ici d'une série télévisée. Ce n'est donc pas à prendre au pied de la lettre.
En ce qui me concerne, je trouve cette séquence remarquable de part son ambiance terriblement perturbante et le contenu du discours ultra-radical. Séquence qui résume bien l'esprit de la série, je trouve.

Je ne suis évidemment pas blasée au point d'être entièrement en accord avec cela (j'ai d'ailleurs modéré mon introduction). En revanche, j'avoue que cette tirade à fait écho en moi, remettant en perspective certaines choses que j'avais perdues de vue ces derniers mois.

Quant à savoir si l'homme de l'extrait est cohérent, je vous invite à regarder la série pour en avoir le cœur net :)

Et sinon, à qui ai-je l'honneur ?

Anonyme a dit…

Je m'appelle Marianne et je suis les articles de ce blog avec beaucoup d'intérêt. Mais à beaucoup de niveau dans le débat pour ou contre les enfants, je ressens souvent le radicalisme dans les deux camps et celui présent ici, non modéré. les enfants d'aujourd'hui sont d'une part nécessaire au fonctionnement de demain si nous voulons que la société perdure partiellement comme elle fonctionne aujourd'hui. D'autre part, je trouve cette argumentaire complètement fallacieux. Si c'est une série, certes, l'absence de commentaire laisse penser un accord sur le contenu. Alors je voudrai dire ici, en tant que être humain responsable, il y a bien pire que les enfants en terme de pollution : les adultes irresponsables. Et ma pratique au quotidien me fait dire que mes enfants polluent beaucoup moins que beaucoup d'adultes. parce que je suis quelqu'un de responsable et que je les éduque à le devenir. Très peu de détergents, que des savons, des couches lavables rentabilisées et qui feront encore des heureux, peu de viande, de la récup, pas de voyages en avion, les loisirs simples,vêtements qui ont plus que vécu et quasi toujours en occase, pas de collation individuelles, légumes et fruits locaux voir cultivés à la maison ... de plus, on ne chauffe pas plus notre maison pour eux que pour nous auparavant. Alors...

éric a dit…

Salut Marianne (et Catherine).

Je n'ai pas regardé la vidéo (le débit de la bibliothèque est assez faible et doit consommer plus de ressources qu'un routeur puissant mais optimisé... bref). :)

La radicalisation a deux facettes. Au moins dans le discours puisqu'on peut parler et échanger des arguments. On a vu récemment que la radicalisation actée était plutôt nihiliste pour les deux camps...

Comme Marianne, je pense que le personnage qui tient ce discours anti-enfant est finalement bien plus égoïste que celui ou celle qui fait des enfants, puisq'en filigrane de son discours sur le manque de ressources (je m'en tiens à la traduction de Mademaoiselle Catherine qui parle mieux anglais que moi de toute façon), on trouve la peur de manquer.
Un grand classique des sociétés bourgeoises qui accumulent des biens, des sous, des soucis qui, d'une part, prive une partie de leur génération d'un peu de ces ressources et, d'autre part, plombe les générations suivantes en laissant à leurs enfants le fardeau de ce cumul que ces derniers ont appris à reproduire.

Deuxième facette (et sans défendre nôtre hôtesse, je pense pouvoir la situer sur cette échelle instable), la simple provocation. Amener à réfléchir collectivement pour affiner ses arguments et tout compte fait tenir des discours intelligents et responsables puisque réfléchis et argumentés par la confrontation.

Ceci dit, (no kid inside, too) il est clair que le problème de la surpopulation est un défi majeur (peut-être le plus grand) pour l'avenir des groupes humains.
Après, évidemment, personne ici ne pense à exterminer purement et simplement les marmots surnuméraires pour engraisser les champs de maïs transgéniques qui nourriront le bétail servi dans les restaurants de luxe ! :)

Mais il faudra bien un jour, arriver à limiter, voire à planifier - oui, je sais c'est un gros mot mais l'urgence de la situation me donne l'occasion d'un discours radical - il faudra donc planifier ces naissances incohérentes en nombre au regard des ressources disponibles, les renouvelables comme les non renouvelables.

Ingrid a dit…

Toute naissance d'enfant est à la base un geste égoïste vu qu'il n'a rien demandé. Que ce soit pour lui donner des coups ou des bisous n'y change rien. Et qu'il pollue n'y change rien non plus. Donc sa naissance est à mes yeux un acte égoïste.

Maintenant, personnellement, j'ai trouvé l'argumentaire de ce monsieur relativement radical, certes, mais mis dans un contexte même de la série, il doit prendre tout son sens.

éric a dit…

Je viens de regarder la vidéo et et fait un tour pour voir ce qu'en disait le Web.
Ça ne me donne pas envie d'en savoir plus mais je suis très mauvais piublic pour tout ce qui est SF ou anticipation.

Cela dit, ça ne change rien aux propos déjà échangé : l'argumentaire anti-procréation du bonhomme est moins convaincant ceux de Catherine dans son billet référencé. D'autant que, répétons-le, ce n'est pas parce qu'on dispose de certains organes qu'on est obligé de s'en servir.
Ceux-ci représentent une potentialité (donc un choix), pas une nécessité.

Et je reste persuadé qu'il y a toujours moins de gens qui n'utilisent pas leur utérus que de gens qui n'utilisent pas leur cerveau ! :)

Mademoiselle Catherine a dit…

Moi, pour ce que j'en dis, c'est que chacun fait bien ce qu'il veut de sa vie. En revanche, je lui sais gré de ne pas chercher à m'imposer ses choix et/ou idéaux, ou de me demander de justifier en permanence les miens. Simple as that.

Concernant la vidéo, tant mieux si elle fait débat. Ceci dit, je l'ai surtout postée parce qu'Utopia a été une énoOorme claque dont cette scène en résumé à merveille l'esprit en quelques minutes.
Plus proche de moi et bien plus subtil, il y a le documentaire "Femmes dans enfant, femmes suspectes" de Colombe Schneck que je vous invite à (re)voir.